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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 25.09.2006

 

À LA UNE

La Suisse durcit sa législation sur le droit d'asile

Plus des deux tiers des Suisses ont voté en faveur d'un durcissement des lois sur l'immigration et le droit d'asile lors d'un référendum organisé ce week-end. Ils suivent ainsi une proposition de loi du ministre de la Justice, Christoph Blocher. Quelles peuvent être les répercussions du vote suisse sur la politique d'immigration en Europe ?

Extraits des publications suivantes:
24 heures - Suisse, Der Standard - Autriche, Die Welt - Allemagne

24 heures - Suisse

Thierry Meyer espère que l'approbation à une très large majorité (66 %) des nouvelles lois sur l'immigration va calmer les esprits. "Ce serait la vraie bonne nouvelle d'une campagne qui a reflété non seulement la polarisation affirmée de notre sérail politique, mais aussi le désarroi perceptible d'une population qui, à l'instar de l'Europe entière, peine à comprendre l'évolution déroutante des flux migratoires mondiaux. Pourquoi croire en un apaisement ? D'abord, la netteté du résultat rend impossible toute argutie sur la ligne à suivre, mais elle procure aussi une base claire à partir de laquelle construire une politique globale d'immigration et d'intégration. On sent très bien l'inclination tripale de la droite nationaliste à demander toujours plus. Mais elle a peut-être rempli sa besace – et son office. (...) Aujourd'hui, après ce vote limpide, comment exiger un durcissement ultérieur sans verser dans la politique xénophobe ?" (25.09.2006)

Der Standard - Autriche

Au yeux de Josef Kirchengast, le vote suisse envoie de mauvais signaux à l'Europe. "La Suisse se dote aujourd'hui de l'une des législations les plus dures d'Europe en matière de droit d'asile (...). Les opposants suisses au projet de loi du gouvernement pouvaient compter sur un argument de poids : la nouvelle législation est tout bonnement inhumaine et rappelle fatalement la politique d'accueil des réfugiés en vigueur pendant la Deuxième guerre mondiale, lorsque les juifs étaient refoulés en nombre à la frontière, et donc condamnés à une mort presque certaine. Toutefois, cet argument n'a pas semblé peser bien lourd face aux images quotidiennes de bateaux remplis de réfugiés africains, qui représentent une menace potentielle pour la normalité européenne en général et pour le modèle de prospérité suisse en particulier. C'est bien là le coeur du problème. Si l'Europe est tant prisée des réfugiés comme des immigrants, c'est en raison de sa prospérité, mais aussi en raison de son système de valeurs - l'un et l'autre étant étroitement liés. L'Europe est encore loin d'avoir trouvé une réponse commune au problème des réfugiés et de l'immigration". (25.09.2006)

Die Welt - Allemagne

Pour Roger Köppel, les Suisses ont fait le bon choix en adoptant une réforme du droit d'asile - "assez anodine si on la compare aux autres législations européennes". "La révision du droit d'asile, conduite par le ministre de la Justice Christoph Blocher, limite les risques de fraude et donne plus de moyens à l'Etat. Pour autant, ces amendements ne règleront pas à eux seuls le problème de l'immigration. Les opposants à Christoph Blocher ont fait fausse route en criant au scandale et en soutenant que la Suisse trahissait sa vocation humanitaire. Des responsables du collectif d'opposants ont dû admettre à contre-coeur qu'ils ne connaissaient pas la nouvelle législation en détail et qu'ils étaient simplement contre 'sur le fond'. En réalité, les réfugiés qui n'ont pas de papiers auront toujours la possibilité de déposer un recours pour ne pas être expulsés et celle de faire appel aux associations qui les aident. Le réflexe anti-Blocher des militants de gauche déforme leur vision de la réalité. Le peuple, souvent plus perspicace que ses dirigeants, s'est montré ici plus lucide et plus réaliste." (25.09.2006)

RÉFLEXIONS

Le Figaro - France

Umberto Eco et la fin des empires

"Le prétendu retour des nationalismes - notamment dans les pays d'Europe centrale et orientale - découle essentiellement du processus de liquidation de l'empire soviétique", estime l'écrivain italien Umberto Eco dans un entretien avec Marie-Laure Germon. "Pris dans le tourbillon contemporain, nous en oublions le temps long de l'Histoire qui s'étire sur des siècles. J'avais demandé à Jacques Le Goff, directeur d'une collection sur l'histoire de l'Europe, qu'il fasse écrire un livre sur le coût de la fin des empires. Cette entreprise est tellement vaste que personne ne s'y est encore risqué, hélas. Un tel ouvrage serait pourtant fondamental pour la compréhension du monde contemporain. (...) Les nationalismes occidentaux contemporains relèvent de la tectonique des impérialismes : après le choc de l'effondrement, il faut des siècles entiers pour que les 'plaques' nationales se stabilisent et que les ondes de choc s'estompent". (25.09.2006)

Népszabadság - Hongrie

Péter Esterházy et la crise politique en Hongrie

Dans une interview avec Zsolt Greczy, l'écrivain hongrois Péter Esterházy défend le discours confidentiel du Premier ministre de Hongrie, Ferenc Gyurcsany, dans lequel il confesse avoir menti à ses électeurs pendant la campagne électorale. La divulgation du discours a déclenché la plus grande vague de manifestations du pays depuis 1989. "Nous nous mentons à nous-mêmes lorsque nous prétendons ne pas savoir que les politiques mentent. Nous le savions, et dans une certaine mesure, nous l'attendions un peu de leur part. Nous souhaitions une version embellie de la réalité. La société hongroise n'est pas parvenue à créer un climat de sincérité - notre façon d'aborder le passé de la Stasi en témoigne (...). Le roi a dit lui-même qu'il était nu. C'est pourquoi nous ne pouvons pas en rire comme s'il s'agissait d'un conte de fées". (23.09.2006)

La Libre Belgique - Belgique

A qui appartient la révolution belge de 1830 ?

L'historien belge Guido Fonteyn a publié le 18 septembre dans le quotidien 'De Morgen' un article dans lequel il avance que "la révolution belge a été l'oeuvre des Bruxellois flamands". Pour sa consoeur et compatriote Sylvie Lausberg, il est anachronique de vouloir attribuer aux seuls Flamands les journées du 23 au 26 septembre 1830, au cours desquelles les insurgés belges ont mis en échec les troupes hollandaises de Guillaume d'Orange. "Injecter dans la Révolution belge les enjeux linguistiques d'aujourd'hui relève d'un amalgame, dont je pense pas qu'il soit innocent". Elle juge que Guido Fonteyn livre "une interprétation étriquée et fallacieuse de notre histoire. En l'occurrence, sa version de notre révolution nationale alimente sur de fausses bases un esprit de revanche. (...) L'histoire n'est pas un grand bazar duquel on peut sortir l'un ou l'autre élément pour le faire coller aux aspirations du temps." (25.09.2006)

POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

La Roumanie et la Bulgarie, candidates de seconde catégorie

"Soyez les bienvenus, demi-membres !", ironise Petr Pesek à propos de la décision que doit prendre le 26 septembre la Commission européenne. Elle ne laisserait en effet entrer la Bulgarie et la Roumanie dans l'UE en janvier 2007 que sous certaines conditions très strictes. Pour le journaliste, ces conditions "remettent le processus d'adhésion en question". "Le statut de membre se trouve dangereusement déprécié. Après la limitation de la liberté de circulation - pourtant l'un des principes fondateurs de l'UE - avec laquelle nous devions composer, voilà maintenant que l'on évoque la possibilité de ne pas reconnaître les jugements de tribunaux roumains et bulgares au sein de l'UE ou de réduire les subventions à destination de ces pays, ce qui contredit également l'un des piliers de l'UE. Il ne fallait sans doute pas fixer une date aussi précoce pour l'adhésion des deux pays. Mais si la méthode ne change pas, les futures adhésions européennes seront encore plus 'édulcorées'. S'agirait-il d'un coup d'essai avant la Turquie ?" (25.09.2006)

Népszabadság - Hongrie

La nouvelle stratégie de la droite hongroise

Selon le politologue hongrois et défenseur des droits du citoyen Peter Tölgyessy, le premier parti de l'opposition hongroise, le Fidesz, tente d'accéder au pouvoir en suivant le modèle polonais des frères Kaczynski : en s'alliant aux populistes de droite et aux mouvements anti-démocratiques. "Par le biais d'une politique dite 'de révolution nationale', le Fidesz accueille depuis l'été des électeurs d'extrême droite dans son système d'alliances (...). Si la crise politique devait perdurer, cela pourrait avoir de graves conséquences pour la Hongrie". (23.09.2006)

Wprost - Pologne

Les crises hongroise et polonaise

Piotr Gabryel, rédacteur en chef du journal, s'intéresse à l'éclatement de la coalition gouvernementale polonaise et dresse un parallèle avec la situation que connaît actuellement la Hongrie. "Nous avons en Pologne une clique de politiciens qui, comme les Hongrois Ferenc Gyurcsany - actuel Premier ministre et leader des socialistes - et Viktor Orban - ancien Premier ministre et leader des conservateurs -, ont ruiné à dessein les finances publiques polonaises au fil des ans. Hélas, aucun d'eux n'a encore eu le courage et l'honnêteté de l'avouer, contrairement a ce qu'a fait Ferenc Gyurcsany. En tout cas, aucun enregistrement n'a été diffusé. Nous avons besoin d'un Gyurcsany polonais rapidement si nous voulons que la Pologne surmonte la maladie hongroise, ou ne la contracte pas". (25.09.2006)

Diena - Lettonie

L'Estonie se dote d'un nouveau président

L'eurodéputé social-démocrate Toomas Hendrik Ilves a été élu, samedi 23 septembre, président d'Estonie par un collège électoral réuni à Tallinn. Cette élection a été précédée de deux tours infructueux au Parlement, au cours desquels les partis ruraux et proches de Moscou ont tenté d'offrir un mandat supplémentaire au président sortant Arnold Ruutel. Askolds Rodins attend du nouveau président une politique étrangère plus volontariste. "Ilves a dit un jour que les pays Baltes avaient besoin de plus de dirigeants de la stature de la présidente lettone Vaira Vike-Freiberga. Au cours de la seconde moitié des années 1990, Toomas Hendrik Ilves s'était fait remarquer au poste de ministre des Affaires étrangères en tentant d'extraire l'Estonie des pays Baltes pour l'arrimer à la Scandinavie, ce qui était selon lui la manière la plus rapide de faire entrer le pays dans l'UE et dans l'OTAN (...). Ruutel était le dernier grand dirigeant balte à avoir fait carrière au sein du parti communiste. Ces politiciens se retirent aujourd'hui. Tous les pays Baltes ont désormais des présidents clairement pro-occidentaux". (25.09.2006)

La Stampa - Italie

L'héritage politique de Tony Blair

A quelques mois de son départ de la tête du gouvernement, Tony Blair préside pour la dernière fois le congrès du Parti travailliste (Labour) qui s'est ouvert le 24 septembre à Manchester. L'éditorialiste Marcello Sorgi revient sur la carrière du Premier ministre et plaide pour qu'il ne tombe pas dans l'oubli en restant un modèle pour la gauche italienne. "Un étrange silence accompagne la lente sortie de scène du leader le plus charismatique de l'histoire du parti. Un long adieu qui a commencé à Manchester (...). Blair a été en Europe, et pas seulement en Italie, pour toutes les gauches, traditionnelles ou réformistes, un point de référence indiscutable et sans précédent (...). En Grande-Bretagne, Blair va s'en aller en laissant un pays assaini. Ainsi, le succès d'une politique, le socialisme rénové du New Labour, survivra à son leader et entrera par la grande porte dans l'histoire de la gauche mondiale." (25.09.2006)

El Diario Vasco - Espagne

L'ETA laisse planer la menace terroriste

Six mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu permanent, l'organisation séparatiste basque ETA a diffusé ce week-end un communiqué dans lequel elle rappelle "son engagement à continuer à lutter fermement, les armes à la main, jusqu'à l'obtention de l'indépendance et du socialisme du Pays basque". Face à la confusion créée par cette déclaration, le quotidien estime que "le gouvernement doit expliquer aux citoyens dans quelle situation se trouve le processus de négociations et quelles sont ses possibilités de développement. Il est essentiel, dans cette optique, que l'exécutif utilise tous les canaux de communication avec les parlementaires pour mettre à leur disposition les informations qu'il possède. La clarté et l'unité démocratique face à ceux qui menacent de maintenir en activité le terrorisme sont aujourd'hui plus nécessaires que jamais". (25.09.2006)

MÉDIAS

Financial Times - Royaume-Uni

John Gapper évoque le nouvel élitisme du web

"Alors que n'importe qui est libre de lancer son blog, de contribuer à Wikipedia ou de publier des photos sur Flickr, seul un petit nombre d'activistes parvient à émerger sur les sites web 2.0", relève le chroniqueur John Gapper. "Sans être rémunérés, ils peuvent pourtant parvenir à un statut d'élite. (...) Le web 2.0 n'en est encore qu'à ses balbutiements, et il est difficile de prévoir à quel point les nouveaux médias ressembleront aux anciens, au sein desquels un petit nombre de personnes filtrent les contenus destinés aux masses. D'un point de vue optimiste, on peut penser que la technologie permettra si facilement de contourner les filtres, que les garde-frontières perdront leur pouvoir. (...) Pourtant, le fait qu'il existe un hit-parade des blogueurs qui glanent une grande partie des liens hypertexte et du trafic indique bien que, si le web est un média ouvert, il n'est pas nécessairement égalitaire." (25.09.2006)

CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Mise en vente de toiles dont Hitler serait l'auteur

Jonathan Jones déplore la mise en vente au Royaume-Uni de peintures dont Adolf Hitler serait l'auteur, lors d'une enchère prévue le 26 septembre. "Même si les peintures qui seront vendues demain sont vraiment signées de la main d'Hitler, l'intérêt manifesté par les médias est un parfait exemple de l'ivresse découlant de la célébrité et de l'infamie. (...) Quand il est arrivé au pouvoir, il a fait la guerre au modernisme, en interdisant les critiques d'art et en confisquant les oeuvres 'dégénérées'. (...) Le fait d'accepter que les peintures vendues demain soient authentiques revient à modifier la biographie d'Hitler. Il faudrait en conclure que lorsqu'il s'en prenait à l'art moderne, il le faisait en qualité d'artiste qui s'y était lui-même essayé. (...) Les journaux, y compris celui-ci, ont parlé de cette vente en reproduisant ces supposées peintures d'Hitler sans faire preuve de scepticisme. En faisant cela, nous contribuons à perpétuer l'horrible et pathétique commerce des souvenirs du Troisième Reich, lequel falsifie l'histoire du XXe siècle." (25.09.2006)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les modes successives de la science historique

Franziska Augstein s'est rendue à la journée des historiens de Constance, placée sous le signe très actuel des 'Images de l'histoire'. "Si les historiens ne parlent pas que des images, c'est parce qu'il existe d'autres sources d'information, comme les textes. La science de l'histoire est soumise à des modes. Et parce que les historiens ne sont pas tous des modèles de modestie, il s'en trouve toujours pour clamer haut et fort qu'ils ont 'enfin' trouvé l'angle décisif : d'abord, on a eu le moment anthropologique, puis ce que l'on a appelé le 'linguistic turn' ('le tournant linguistique', une expression à la mode qui englobe les travaux historiques accordant une certaine importance à la question du langage), ensuite le 'iconic turn' ('le tournant 'iconique' fondé sur l'iconographie) et la découverte de l'espace. Aujourd'hui, c'est au tour du 'visual turn' ('tournant visuel'), qui désigne donc l'intérêt pour l'image, qui n'est pas différent dans la pratique du 'iconic turn'. La science historique est comme un créateur de mode. Car en vérité, il y a belle lurette que l'on connaît l'importance des images". (25.09.2006)

Libération - France

Le film 'Indigènes' dénonce une injustice historique

Deux jours avant la sortie en France du film 'Indigènes', le quotidien consacre sa une à ce long-métrage qui raconte l'histoire des soldats venus des colonies (Afrique du Nord et Afrique subsaharienne) combattre pour la France pendant la Deuxième guerre mondiale. Des combattants qui, après la décolonisation, n'ont perçu que de très faibles pensions. "C'est le privilège des artistes que de faire entendre tout d'un coup ce que d'autres répètent en vain depuis longtemps", écrit Gérard Dupuy. "Dans le cas 'd'Indigènes', qui a remis la question des pensions à l'ordre du jour, il existe une vraie complémentarité entre cette revendication et le propos du film. Celui-ci vise à rendre à la fois, dans la mémoire nationale, la part qui revient aux combattants venus des pays colonisés et, dans la mémoire de leurs descendants, leur part d'enracinement français." (25.09.2006)

 

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