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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.11.2006

 

À LA UNE

L'UE envisage de rappeler à l'ordre la Turquie

Alors que la Commission européenne doit adopter dans une semaine un rapport sur l'avancée des réformes en Turquie en vue de son adhésion à l'UE, la presse européenne a déjà publié quelques extraits de ce document. Son contenu devrait être critique, la Commission reprochant à Ankara de ne pas respecter certains de ses engagements.

Extraits des publications suivantes:
Financial Times - Royaume-Uni, Der Standard - Autriche, Libération - France

Financial Times - Royaume-Uni

"L'UE juge que la Turquie, en dépit de nombreuses réformes pour renforcer les droits de l'Homme, la démocratie et les droits des minorités, n'a pas fait assez pour protéger la liberté d'expression et empêcher la torture, et doit encore établir le contrôle civil sur ses armées. Ankara estime que les Européens sont de mauvaise foi, qu'ils placent toujours la barre plus haut pour la Turquie et encouragent les préjugés islamophobes, particulièrement en France, en Allemagne et en Autriche", résume le quotidien britannique. "Tous deux ont raison, jusqu'à un certain point. Il faut désormais que chaque partie prenne du recul et mesure les enjeux. L'intégration de la Turquie représente pour l'UE la meilleure manière de tester l'efficacité de son 'soft power' ('force douce'). A une époque où les conflits entre les pays musulmans et l'Occident sont chroniques, le projet turc doit prouver que le mariage entre islam et démocratie est possible sous la bannière européenne, et que des musulmans-démocrates peuvent émerger, comme les chrétiens-démocrates dans la majeure partie de l'Europe." (01.11.2006)

Der Standard - Autriche

Dans un entretien avec Sonja Fercher, le politologue Andreas Marchetti, du Centre de recherche sur l'intégration européenne de Bonn (ZEI), doute que le rapport de l'UE sur la Turquie "fasse état d'importants progrès". "Je pense que l'UE enverra un message à la Turquie : les négociations ont débuté, il est temps de vous mettre au travail". Le coeur du rapport portera, selon lui, sur le rôle de l'armée. "Bien que l'influence de l'armée pose des problèmes fondamentaux, celle-ci a joué un rôle très positif pour le développement du pays dans certains domaines. Dans une certaine mesure, elle apporte la garantie que le pays ne donnera pas plus de place à la religion. Le problème est désormais de savoir comment donner à l'armée l'impression qu'elle joue un rôle important dans le processus tout en réduisant ses 'droits traditionnels' ou son rôle politique. C'est la mission première de l'UE à l'égard de la Turquie". (01.11.2006)

Libération - France

Le commissaire européen à l'élargissement, Olli Rehn, explique dans un entretien avec Jean Quatremer pourquoi l'UE ne doit pas rompre les négociations avec Ankara. "Nos relations avec ce pays sont schizophréniques. Dans l'Union, nous sous-estimons son importance stratégique, alors qu'à l'inverse, en Turquie, on la place à un tel niveau qu'on estime possible d'obtenir une plus grande mansuétude dans l'appréciation des critères. Ce ne sera pas le cas. A cela s'ajoute la spirale négative qui s'est enclenchée depuis quelque temps : en Turquie, il y a un sentiment de déception car on pense que 'les Européens ne veulent pas de nous dans l'Union'. L'Union, elle, est déçue par la lenteur des réformes, qui ne sont pas assez crédibles, ce qui suscite la méfiance des opinions publiques. C'est un véritable cercle vicieux que je veux briser et il sera difficile de le faire si on suspend les négociations d'adhésion." (01.11.2006)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Andrzej Stasiuk parle de la Fête des morts

L'écrivain polonais Andrzej Stasiuk explique pourquoi la fête de la Toussaint est la plus belle journée du calendrier polonais. "C'est une journée curieuse, anachronique. Elle ne correspond en rien à notre époque. Elle nous détourne du pragmatisme quotidien. Nous perdons du temps à traverser le pays par milliers pour nous rendre sur la tombe de ceux qui nous furent proches autrefois. C'est une journée ancestrale, sauvage (...). Une fois par an, nous balisons avec des flammes les lieux où sont enterrés nos morts, afin qu'ils continuent à exister, afin que nous puissions les retrouver. Personne ne témoigne mieux qu'eux de notre existence. Que serait l'homme sans ses ancêtres ? Question absurde. Chaque année, nous posons donc des bougies afin que le cosmos vide, noir et infini, sache que nous menons une lutte contre lui, contre son nihilisme, son indifférence. Lorsque le soir tombe, les visiteurs partent, s'installent dans leur voiture ou leur bus et rentrent, laissant derrière eux des cimetières éclairés, vides. C'est une des images les plus fortes qu'il soit donné de voir en Pologne". (31.10.2006)

Le Monde diplomatique - France

Stefan Durand et le mythe du complot "islamo-fasciste"

Le chercheur Stefan Durand réfute l'argument néoconservateur rapprochant l'islamisme du fascisme. "Les mouvements islamistes instrumentalisent la religion et cherchent à s'en servir comme d'une idéologie, mais il n'y pas volonté de créer un homme nouveau, comme ce fut le cas en Europe. Il s'agit plus de vieux archaïsmes religieux ou sociétaux que d'une idéologie globale et cohérente. De surcroît, le succès populaire de ces mouvements découle souvent de facteurs autres qu'idéologiques. (...) Unir sous une même bannière, celle 'd'islamo-fascistes', des dizaines de mouvements disparates, souvent en conflit les uns avec les autres, et ayant des objectifs très divers, permet d'enraciner le mythe d'un complot islamiste mondial, d'occulter les questions géopolitiques purement profanes, et donc de ne plus évoquer les causes qui ont entraîné la naissance de la plupart de ces mouvements." (01.11.2006)

POLITIQUE

Göteborgs-Posten - Suède

La Suède et l'euro

Le nouveau gouvernement de droite souhaite que la Suède appartienne au noyau dur de l'UE. Pour le journal, cependant, le pays est encore trop timoré. A la suite d'une rencontre avec ses homologues des pays nordiques, le ministre des Finances Anders Borg a expliqué que l'introduction de l'euro n'était pas encore à l'ordre du jour. Il faut d'abord que le peuple révise son point de vue. La ministre des Affaires européennes, Cecilia Malmström, vient de publier un programme dans lequel l'euro n'est même pas mentionné. Le journal rappelle que "si la Suède doit devenir membre de l'union monétaire européenne - ce qui est un préalable nécessaire à une intégration dans le noyau européen -, elle ne pourra pas se contenter de rester les bras croisés, soumise au bon vouloir du peuple. Il faut que nos politiques prennent leur courage à deux mains et tentent de convaincre les Suédois. Attendre un revirement de l'opinion revient à laisser le champ libre aux détracteurs de l'euro et à leurs semblables, à savoir les eurosceptiques". (01.11.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

Le Parlement britannique n'enquêtera par sur l'Irak

La chambre des Communes a voté mardi 31 octobre à une faible majorité contre la création d'une commission d'enquête sur la gestion du dossier irakien, au motif que des soldats britanniques participent encore au conflit. Cette décision inspire du dégoût au chroniqueur Simon Jenkins. "La Grande-Bretagne n'a pas vu passer de dossier d'enquête sur les mensonges d'avant-guerre ou le manque de planification de l'invasion. Les Communes ont interrogé les diplomates et militaires de retour d'Irak avec une déférence navrante. (...) Il n'y a pas de moment plus indiqué pour un examen démocratique que lorsqu'un gouvernement est engagé dans une guerre controversée à l'étranger. Et c'est encore plus urgent lorsque les troupes semblent piégées et sur le point de connaître la défaite. Les députés doivent pouvoir débattre lorsqu'ils le souhaitent. Il n'y a rien qui empêche la création d'une grande commission pour enquêter sur la guerre. Et celle-ci doit pouvoir exiger tous les documents nécessaires, et assigner à comparaître toutes les personnes qu'elle désire." (01.11.2006)

Berliner Zeitung - Allemagne

L'Autriche peine à former un gouvernement

Un mois après les élections législatives, l'Autriche n'a toujours pas de gouvernement, les négociations sur la formation d'une grande coalition composée du SPÖ (Parti social-démocrate) et de l'ÖVP (Parti populaire, conservateur) ayant provisoirement échoué. Norbert Mappes-Niediek lance un appel à la modération. "Les chamailleries autour de la formation du gouvernement ne sont pas plus tragiques qu'un meurtre sur la scène du Burgtheater [de Vienne]. Tous les protagonistes ont du bon sens, et le perdant des élections, Wolfgang Schüssel, (ÖVP) sait mieux que quiconque ce que signifie la défaite essuyée voilà quatre semaines. Si l'ÖVP fait tant de manières et joue l'offensé, c'est parce qu'il entend tirer le meilleur parti d'une position inconfortable. Ils finiront par trouver un terrain d'entente - mais tous les acteurs auront le sentiment d'avoir assisté à une tragédie. Naturellement, ce poker viennois pour la formation du gouvernement est purement tactique. Mais il ne manque pas d'élégance". (01.11.2006)

El Periódico de Catalunya - Espagne

La Catalogne renouvelle son Parlement autonome

Le quotidien détaille les enjeux des élections régionales anticipées organisées ce mercredi 1er novembre en Catalogne pour renouveler le Parlement autonome. "La faible participation (légèrement inférieure à 50 %) lors du référendum sur le statut catalan le 18 juin dernier avait été interprétée comme le symptôme de la faiblesse démocratique de la Catalogne (...). Le caractère imprévisible du scrutin qui a lieu aujourd'hui fait qu'il a plus d'intérêt que les autres élections catalanes. A l'issue d'une campagne qui n'a pas été particulièrement brillante, mais ponctuée de coups de théâtre qui ont suscité un débat politique entre les citoyens, il s'agit désormais de se rendre aux urnes pour se prononcer sur les thèmes abordés lors des meetings des deux dernières semaines. Des sujets transcendantaux comme l'éducation, la santé, les infrastructures et l'intégration au sein de la société catalane de ceux qui sont nés en dehors". (01.11.2006)

The Irish Times - Irlande

La difficile formation de l'exécutif nord-irlandais

"Le sentiment de frustration ne cesse de grandir à Londres et Dublin en raison du manque de volonté du Sinn Féin et du Parti unioniste démocrate (DUP) de respecter les termes des accords de St Andrews et la mise en place d'un exécutif", note le quotidien, trois semaines après la tenue de négociations sur un partage du pouvoir en Irlande du Nord. "Alors que la date de la dissolution de l'Assemblée d'Irlande du Nord approche, on redoute que les différentes parties prépare les conditions d'un échec et se renvoient la balle comme à leur habitude. Jusque-là on a constaté une nette absence de courage politique et d'autorité. (...) Les deux parties principales doivent arrêter leur comédie et accepter d'ici le 10 novembre les termes de l'accord de Saint Andrews, pour que se réalise la promesse d'une vie meilleure pour tous. Cela ne sera pas facile. Mais la seule alternative est de voir une classe politique disparaître dans l'échec, comme l'a remarqué Peter Hain, le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord." (01.11.2006)

Diena - Lettonie

Le Kosovo, futur modèle des séparatistes ?

Aivars Ozolins se demande quelles répercussions peut avoir le récent référendum approuvant une nouvelle constitution serbe sur les négociations autour de l'indépendance du Kosovo. "Si Washington considère qu'il s'agit d'un cas isolé, [le président russe] Poutine a déclaré que l'indépendance du Kosovo risque de servir de modèle à d'autres séparatistes. Recourant à des méthodes toujours plus agressives, Moscou tente de gagner de l'influence chez ses voisins et, ce faisant, risque d'attiser les conflits en Abkhazie, en Ossétie du Sud et en Transdniestrie. En septembre dernier, cette dernière a d'ores et déjà organisé un référendum - non reconnu par la communauté internationale - demandant aux habitants de se prononcer pour l'indépendance ou pour l'annexion à la Russie". (01.11.2006)

Diário de Notícias - Portugal

Le thème de la sécurité dans la campagne présidentielle française

Le chroniqueur du Diogo Pires Aurélio pense que la lutte contre l'insécurité devrait être le thème principal de l'élection présidentielle en France. "Si l'on en juge par l'agressivité croissante à laquelle est confrontée la police française dans les banlieues, on comprend que cette dernière ne peut plus assurer le contrôle de la situation, ou sa normalisation, et que le cadre juridique actuel est insuffisant. La sécurité sera donc au oeur des prochaines présidentielles. (...) Celui qui voudra vraiment gagner ne pourra prétendre régler la question en modifiant la très difficile donne sociale des banlieues. La majorité des électeurs voudra des solutions à court terme. Et il serait préférable que les partis politiques responsables, en France comme dans le reste de l'Europe, ne laissent pas, par omission, ces questions aux mains d'aventuriers et de populistes." (31.10.2006)

CULTURE

ABC - Espagne

L'écrivain italien Saviano menacé de mort par la mafia

Juan Vicente Boo, correspondant du quotidien à Rome, relate l'histoire de l'auteur italien Roberto Saviano qui a reçu des menaces de mort après la publication de son livre 'Gomorra', un récit-enquête sur la pègre napolitaine. "Pour donner une leçon à Saviano et intimider ceux qui souhaiteraient l'imiter, les 'capos' [chefs] ont décidé de le tuer. Quand le ministre de l'Intérieur Giuliano Amato a pris connaissance de cette 'fatwa', il a envoyé une protection policière, tandis qu'Umberto Eco, la plume la plus connue d'Italie, a lancé à la télévision un manifeste pour la défense de son jeune collègue [un site de soutien a été créé], qui est également journaliste, afin qu'il ne termine pas de la même manière que Giancardo Siani, rédacteur du quotidien local 'Il Mattino', tué par balles dans les rues de Naples [en 1985]. Avec une moyenne d'un assassinat par jour la semaine dernière, Naples fait à nouveau la une de l'actualité nationale (...)." (01.11.2006)

Wprost - Pologne

Le retour du réalisme socialiste

"Officiellement, le réalisme socialiste n'a duré que cinq ans en Pologne [après 1945]. En réalité, il n'a jamais disparu. Il connaît même une véritable renaissance dans le domaine de la sculpture", constate Lukasz Radwan, se référant notamment à Marian Konieczny, créateur du monument Lénine à Nowa Huta près de Cracovie et, depuis 1989, d'imposantes  sculptures du Pape. "Peu importe leur étiquette, les décideurs de Varsovie ou de province raffolent de l'esthétique du réalisme socialiste", écrit Lukasz Radwan. "Ils sont même persuadés qu'une sculpture ne saurait prendre une autre forme (...). Toujours des chevaux, des sabres et de la grandiloquence. Aucun artiste d'avant-garde n'a réussi à s'implanter sur les rives de la Vistule. L'amateur moyen en matière artistique a accueilli avec soulagement le retour au réalisme, qu'il n'a aucune difficulté à comprendre (...). L'esthétique reste la même, à peu de choses près, seuls les personnages changent. Les sculptures de Lénine ont été remplacées par celles du père Popieluzko, de Pilsudski, et surtout de Jean-Paul II". (30.10.2006)

Lietuvos Rytas - Lituanie

La Lituanie réconcilie Halloween et la Toussaint

Lukas Pileckas constate que si la Lituanie, pays catholique, fête traditionnellement la Toussaint, Halloween y gagne du terrain depuis quelques années. "Lorsque, voilà quelques jours, un personnage au déguisement étrange a frappé à ma porte en récitant un dicton populaire lituanien, je me suis dit qu'il avait perdu la raison. Et puis j'ai compris : c'était Halloween. Aussitôt j'ai pensé que la fête traditionnelle de la Toussaint approchait et j'ai compris que les traditions occidentales pouvaient coexister avec les coutumes lituaniennes. Les débats télévisés donnent l'impression d'une lutte sans merci entre la fête religieuse et Halloween, ce qui a pour effet de diviser la société entre d'un côté les gardiens de la tradition, et de l'autre les modernistes. Or, il est d'autres personnes que la coexistence des coutumes ne dérange pas". (01.11.2006)

COULEURS LOCALES

Élet és Irodalom - Hongrie

L'avenir du quartier juif de Budapest

La mairie de Budapest et les investisseurs souhaitent construire une allée moderne au coeur du quartier juif de la ville, prévoyant la démolition de 40 % des bâtiments historiques insalubres. Les riverains peuvent désormais compter sur le soutien de Berlin et de Bruxelles : les jeunes architectes allemandes Jutta Kliesch et Johanna Porep, lauréates du concours 'Europan' organisé par l'UE, ont développé un projet de développement urbain concurrent, baptisé 'Shake-up-networking'. "Le quartier juif a malheureusement connu de nombreuses transformations irréversibles", explique Jutta Kliesch dans un entretien avec Júlia Váradi. "Mais nous pouvons peut-être empêcher la construction de nouveaux bâtiments encore plus anonymes qui ne correspondent pas à l'esprit du quartier. Actuellement, il n'existe aucune réglementation sur la hauteur des immeubles ou leur aspect esthétique (...). Il ne peut y avoir de projet d'urbanisme sans règles strictes." (27.11.2006)

CHOUX DE BRUXELLES

Hospodářské noviny - République tchèque

Un commissaire européen chargé du multilinguisme

Radek Honzak, correspondant du journal à Bruxelles, se demande en quoi consistera la mission du Roumain Leonard Orban qui va devenir commissaire européen au multilinguisme. "Cela prouve, une fois de plus, que l'UE a un problème de communication et que l'Européen lambda ne comprend plus Bruxelles. La communication 'sur le plan local et dans la langue de la région' est donc l'un des objectifs de la Commission. Le nouveau commissaire roumain fera partie d'un groupe chargé d'améliorer la communication avec les citoyens de l'UE (...). Mais Leonard Orban est peut-être également la bonne personne pour apaiser l'angoisse des Européens de l'Ouest face aux habitants pauvres de l'Europe postcommuniste. En tant que représentant de la Roumanie, pays auquel la plupart des Etats membres ferment leur porte, il agirait dans son propre intérêt." (01.11.2006)

 

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