szmtag

08.01.2009

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 15.12.2006

 

À LA UNE

Le débat sur l'unité de la Belgique est relancé

La RTBF, chaîne francophone de la télévision publique belge, a frappé un grand coup en diffusant, mercredi 13 décembre, une émission spéciale très réaliste mettant en scène la partition de la Belgique. Cette fiction a provoqué un vif émoi dans le pays.

Extraits des publications suivantes:
De Standaard - Belgique, Le Soir - Belgique, Libération - France, El País - Espagne

De Standaard - Belgique

"Nous en avons marre en Flandre que les médias francophones ne fassent pas correctement leur job", dénonce l'éditorialiste du quotidien conservateur flamand. "Ils n'arrivent pas à donner une image nuancée de ce qu'est réellement la Flandre. 'L'émission spéciale' du service public RTBF et les réactions à ce propos dans certains journaux francophones le démontrent. Cette audace déplacée est mortelle pour la crédibilité des médias. Ce n'était pas des étudiants en communication. C'est une chaîne publique qui a étudié et préparé le projet durant deux ans.(...) Mais le plus grave était ce retour aux clichés. (...) Si on veut vraiment engager un débat sérieux, ça ne doit pas être au sujet 'des obsédés de l'indépendance' mais plutôt d'une organisation bonne et efficace d'un Etat fédéral belge." (15.12.2006)

Le Soir - Belgique

David Coppi estime dans le quotidien francophone que "l'émission de la RTBF a répandu le sentiment d'une sorte d'état d'urgence qui va contraindre les quatre présidents [des partis politiques wallons] à se rencontrer 'au sommet', à se montrer unis, afin de 'rassurer' les gens qui, crédules ou non, ont été marqués par les séquences de la RTBF. (...) La RTBF a remis le débat institutionnel à la une (elle l'a popularisé), en posant l'accent sur le scénario extrême, celui de la scission du pays. Ce qui contraindra les présidents de partis à se positionner bien plus assurément qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent par rapport à la question qui inquiète, celle de l'indépendance de la Flandre, et du sort, dans ce cas, des Wallons et des Bruxellois francophones. Ils n'y couperont pas - ou plus." (15.12.2006)

Libération - France

Jean Quatremer, correspondant du quotidien à Bruxelles, considère que le débat sur la "fin de la Belgique" est "récurrent". "La volonté d'indépendance de plus en plus affirmée de la Flandre, la région la plus peuplée et la plus riche du royaume, n'est pas vraiment une nouveauté. Mais les francophones (Bruxelles et Wallonie) ont longtemps refusé de voir la réalité en face, croyant qu'ils parviendraient à maintenir l'unité de la 'Belgique de papa' en concédant à chaque élection toujours davantage de pouvoirs aux régions. Le problème est que désormais, après quarante ans de fédéralisme, les revendications flamandes, notamment en matière sociale, s'apparentent à un véritable démembrement de l'Etat. Les élections générales du printemps 2007 s'annoncent donc tendues et sans doute décisives pour l'avenir du pays." (15.12.2006)

El País - Espagne

Ana Carbajosa, correspondante du quotidien à Bruxelles, analyse les conséquences de la "bombe" larguée par la RTBF. "Les épées sont sorties à six mois des élections générales et les harangues nationalistes se multiplient depuis quelques semaines, notamment du côté des Flamands qui affirment que leurs voisins pauvres du Sud sucent le sang du Nord prospère. Et à ces paroles s'ajoutent les actes. Les récentes élections municipales ont montré l'ascension irrésistible du Vlaams Belang, le parti flamand d'extrême droite et séparatiste. Le Vlaams Belang (Intérêt flamand), qui plaide ouvertement en faveur de l'indépendance de la Flandre et qui a maintes fois tenté de faire entendre ses aspirations au Parlement, a obtenu plus de 30 % des voix dans un bon nombre de municipalités du pays. (...) La version belge de 'La guerre des mondes' n'a fait que rendre la situation plus explosive encore." (15.12.2006)

RÉFLEXIONS

Pravda - Slovaquie

Kai-Olaf Lang et les suites de l'élargissement

D'après le politologue berlinois Kai-Olaf Lang, la seule chance de l'Europe est que les Européens aient l'impression de profiter de l'élargissement et de l'intégration. Dans une interview conduite par Dana Cikelova, l'auteur décrit une situation paradoxale. "En Autriche ou en Allemagne, par exemple, la lassitude vis-à-vis de l'élargissement gagne du terrain, alors que les deux pays en ont tiré de grands bénéfices. L'économie allemande a profité des exportations à destination des pays de l'Est et a construit de nombreuses usines dans les nouveaux pays membres. Mais il est vrai que certaines régions des anciens pays membres ont souffert de l'élargissement, et il est difficile de faire comprendre à leurs habitants que le pays profite de l'élargissement quand leur entreprise met la clé sous la porte et que leurs emplois sont délocalisés là où la main-d'oeuvre est moins chère". (15.12.2006)

die tageszeitung - Allemagne

Wilhelm Heitmeyer et les musulmans d'Allemagne

Le sociologue Wilhelm Heitmeyer s'est entretenu avec Stefan Reinecke et Eberhard Seidel d'une étude intitulée 'L'état de l'Allemagne', réalisée par l'Institut de recherche sur les conflits et la violence, de Bielefeld. L'étude montre que si les gens instruits sont moins enclins à déprécier les minorités, ce n'est pas le cas lorsqu'il s'agit des musulmans. "Les immigrés se trouvent dans une situation complexe. La majorité de la société leur demande de faire des efforts pour s'intégrer, alors qu'elle-même n'est pas prête à les considérer comme des égaux. Or, si les musulmans ne peuvent s'intégrer ni sur le plan politique, ni sur le plan professionnel, le dernier capital dont ils disposent est la religion. Personne n'a le droit de la critiquer, car elle est leur dernière ressource, et c'est pourquoi ils la défendent autant. Une telle situation engendre un cloisonnement et empêche toute autocritique. Nous autres, membres de la société majoritaire, participons donc étroitement à ce processus." (15.12.2006)

POLITIQUE

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Rita Verdonk perd ses prérogatives en matière d'immigration

Alors que les négociations continuent aux Pays-Bas sur la formation du gouvernement après les élections législatives du 22 novembre, le pays vient de traverser une crise politique provoquée par la ministre de l'Intégration Rita Verdonk. Celle-ci était déterminée à poursuivre son action, prévoyant l'expulsion de plusieurs milliers de demandeurs d'asile. Elle s'est finalement vu retirer ses prérogatives en matière d'immigration, confiées au ministre de la Justice. "Le noyau de l'affaire reste toutefois le maintien de Verdonk au sein du gouvernement sortant", explique le quotidien. "Verdonk reste quand même en fonction alors qu'elle a été désavouée au sujet de ses fonctions les plus essentielles [elle ne conserve que l'intégration]. Une motion de défiance contre elle a même été adoptée par l'Assemblée nationale. Il ne lui reste donc qu'une possibilité, celle de démissionner." (15.12.2006)

Wprost Online - Pologne

Le bras de fer commercial entre l'UE et la Russie

Dans la crise commerciale qui oppose l'UE à la Russie, Moscou a menacé Bruxelles d'étendre l'embargo sur la viande polonaise à toute l'UE au 1er janvier. A l'origine de la crise, le veto polonais aux négociations sur un nouvel accord de partenariat russo-européen, par lequel Varsovie entendait protester contre l'embargo russe sur la viande polonaise. Pour Gzregorz Sadowski, l'UE doit prendre garde à ne pas se laisser diriger par Moscou. "Le jeu des Russes sera un test intéressant pour l'UE (...). Bruxelles est à l'aube - sans doute à cause de la Pologne - d'une crise grave avec Moscou. Certes, ce qui ne nous tue pas ne peut que nous rendre plus forts, mais seule une réponse ferme des capitales européennes peut renforcer l'Union. Toute reculade ou toute hésitation serait interprétée comme une faiblesse, et la politique étrangère commune ne resterait un voeu pieux". (15.12.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

L'image de Tony Blair se dégrade

Jeudi 14 décembre à Downing Street, Tony Blair a été interrogé par Scotland Yard à propos d'une affaire de financement illicite du Parti travailliste. Au même moment, à la Chambre des lords, l'attorney général a annoncé l'abandon, sous la pression de l'Arabie Saoudite, d'une enquête du Serious Fraud Office [service de lutte contre la grande délinquance financière] sur le groupe aéronautique BAE, accusé d'avoir versé des pots-de-vin à des dirigeants saoudiens pour conclure un juteux contrat de ventes d'armes. Le quotidien commente : "La journée d'hier a entaché de manière durable l'image de M. Blair. Ces affaires s'ajoutent à l'ambiance de dissimulation et de pratiques louches qui entourent ce gouvernement et qui menacent de devenir l'héritage de Blair à son successeur. (...) Ce qui n'arrange rien, c'est l'impression assez forte que Downing Street avait prévu cet interrogatoire, et peut-être aussi l'annonce de la décision dans l'affaire de la BAE, pour le jour où d'autres nouvelles [le rapport très attendu de l'enquête sur la mort de la princesse Diana] minimiseraient leur impact." (15.12.2006)

To Vima - Grèce

Première sanction dans un scandale d'écoutes téléphoniques en Grèce

L'autorité grecque de protection des communications téléphoniques a infligé une amende de 76 millions d'euros à l'entreprise Vodafone pour sa responsabilité dans une affaire d'écoutes téléphoniques illégales d'une centaine de représentants politiques grecs. "On a tous en tête le scandale des écoutes téléphoniques qui ont été opérées pendant la période des Jeux olympiques de 2004. Les coupables n'ont toujours pas été découverts mais l'amende est tombée", explique Panos Bouloukos. "Si Vodafone considère cette amende injuste et trop élevée, cette sanction est un véritable exemple pour le pays en matière d'écoute. La dernière affaire remonte à 1993, quand le Premier ministre de l'époque avait demandé de mettre sur écoute certains de ses collaborateurs. Mais dans l'affaire Vodafone, le gouvernement était victime, et non donneur d'ordre." (15.12.2006)

Lidové noviny - République tchèque

L'Autriche veut poursuivre la République tchèque

Jeudi 14 décembre, le parlement autrichien a demandé au gouvernement de saisir la justice européenne à l'encontre de la République tchèque, qui vient de mettre en service la centrale nucléaire de Temelin, située non loin de la frontière autrichienne. La nouvelle a suscité des protestations virulentes à Prague, où le président Vaclav Klaus a parlé de "scandale". Le commentateur Lubos Palata est plus mesuré. "Si la République tchèque respecte à la lettre le protocole de Melk (Prague s'était engagée à tenir Vienne informée de l'actualité de la centrale), Vienne n'aura aucune plainte à déposer et les tribunaux n'auront pas d'affaire à juger. En revanche, les autorités autrichiennes ont enfreint clairement le protocole de Melk en autorisant les barrages à la frontière tchèque, ce que Prague ne devrait pas tolérer". (15.12.2006)

Die Presse - Autriche

Des anciens de la Stasi en charge de leurs propres archives

Detlef Kleinert est scandalisé par la révélation de la présence, au sein de l'office chargé de la gestion des archives de la police secrète est-allemande (Stasi) d'anciens collaborateurs de cette même Stasi. "Autrement dit, les pyromanes se sont transformés en pompiers." Une enquête sur les quelque 2 000 employés de l'office a révélé que 52 d'entre eux avaient collaboré avec la Stasi, preuve à l'appui. Cette affaire montre bien "le peu de moyens dont dispose l'Etat pour éplucher les archives de la dictature. Les collaborateurs de la Stasi ont été embauchés à l'époque des grands bouleversements, et selon Marianne Birthler [directrice de de l'office], il n'est plus possible aujourd'hui de les licencier : 'Le droit du travail ne le permettrait pas'. Selon elle, il faut voir au cas par cas et ne pas accuser d'emblée les anciens collaborateurs de la Stasi de déloyauté. Mais tout cela ne soulage pas les victimes de la Stasi". (15.12.2006)

Diario Sur - Espagne

La loi de 'Mémoire historique' examinée par le Parlement espagnol

Le Parlement espagnol a entamé jeudi 14 décembre l'examen du projet de loi dite de 'Mémoire historique' qui prévoit une reconnaissance "morale" de "l'injustice" des jugements sommaires prononcés par les tribunaux d'exception sous la dictature franquiste (1939-75). "Le projet de loi a passé hier sa première étape parlementaire en faisant ressurgir les divisions les plus profondes de la politique espagnole", explique le quotidien dans un éditorial. "Le pacte tacite signé par la société espagnole à la fin du franquisme, et qui a débouché sur la promulgation de la Constitution, ne pouvait pas traiter tous les aspects induits par la transition d'une dictature née d'une guerre civile à une démocratie. Et certains besoins et demandes légitimes restent en souffrance. C'est la grande injustice qu'engendre toute confrontation entre civils." (15.12.2006)

ÉCONOMIE

Svenska Dagbladet - Suède

Vague de privatisations en Suède

Le nouveau gouvernement suédois souhaite vendre les parts que détient l'Etat dans plusieurs entreprises suédoises. Jeudi 14 décembre, la ministre de l'Industrie Maud Olofsson a dévoilé les noms des six premières entreprises présentes sur la liste des privatisations, parmi lesquelles Nordea, OMX et TeliaSonera. Le produit de ces ventes devrait financer la réforme du marché du travail et permettre une réduction de la pression fiscale. Le journal se félicite de voir "le gouvernement suédois tenter de réduire l'influence de l'Etat sur des entreprises qui doivent être compétitives. Mais vendre des parts ne suffit pas. Une partie des bénéfices devrait être reversée directement aux habitants du pays, qui décideraient eux-mêmes de ce qu'ils en feraient." (15.12.2006)

Diena - Lettonie

L'industrie sucrière lettone menacée

Les quotas fixés par l'UE sur la production de sucre menacent la survie de l'industrie sucrière lettone. Peteris Strautins critique l'attitude du gouvernement face au problème, mais estime que tout affolement est inutile au vu du manque de main d'oeuvre dont souffre le pays. "Les inquiétudes actuelles sont difficilement explicables, étant donné que l'évolution de l'industrie sucrière n'a pas de répercussions particulières sur l'économie nationale. Certes, quelques centaines d'agriculteurs subissent des pertes, car la culture de betteraves sucrières était lucrative, mais les gens concernés sont relativement peu nombreux. Lors de la dernière crise traversée par les usines de Jelgava et de Liepaja, d'autres entreprises avaient aussitôt manifesté de l'intérêt pour leurs employés." (15.12.2006)

MÉDIAS

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La vente du groupe audiovisuel allemand ProSiebenSat 1

Michael Hanfeld commente la joie des Bavarois à l'annonce du rachat du groupe de télévision ProSiebenSat 1, basé à Munich, par les fonds d'investissement KKR et Permira. "Tout le monde salue la naissance d'un géant paneuropéen des médias. Le soulagement général est compréhensible. Si la maison d'édition Axel Springer avait repris les chaînes voilà un an, cela aurait donné naissance à un groupe de médias trop puissant. Ou alors, d'autres investisseurs auraient peut-être démantelé le groupe (...). La peur d'une concentration des pouvoirs ou de prises de décision extérieures n'est pas infondée. Les médias sont liés au pouvoir, et les exemples de Berlusconi et de Murdoch montrent bien à quoi cela peut mener. Les investisseurs, mus par le seul amour du profit, sont un moindre mal, même s'ils créent des sociétés dont le terrain d'action s'étend bien au-delà des frontières nationales." (15.12.2006)

CULTURE

Le Monde - France

Une réflexion sur l'antisémitisme et l'identité juive

Le chroniqueur Roger-Pol Droit a lu le livre du philosophe et linguiste français Jean-Claude Milner 'Le Juif de savoir', un méditation sur l'identité des juifs et le retour de l'antisémitisme. "Autour du nom juif, autour d'Israël, on entend de nouveau aujourd'hui, à moins d'avoir décidé de rester sourd, une immense clameur de haine. Hurlée dans presque tout l'Orient, reprise en Amérique latine, répercutée ici ou là en Europe. Elle se fait stridente en Russie, de moins en moins feutrée ailleurs. On la perçoit jusque dans nos douces provinces, comme au bon vieux temps. Beaucoup se bouchent les oreilles. D'autres s'offusquent, s'indignent, s'affolent. Un homme [Jean-Claude Milner] tente de comprendre (...). Son exercice de lucidité tragique est terrible et magistral, radical et passionnant. (...) Milner réussit avec le 'Juif de savoir' un tour de force : rendre intelligible en deux cent pages limpides, l'évolution de trois siècles d'histoire". (15.12.2006)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

CETTE SEMAINE À LA UNE

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31