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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 05.01.2007

 

À LA UNE

Comment remettre l'Europe en mouvement ?

De nombreux observateurs attendent de la présidence allemande qu'elle remette l'Europe en marche. Ils avancent différentes idées pour y parvenir, comme la réanimation de la Constitution européenne ou la création d'un noyau dur européen.

Extraits des publications suivantes:
Die Presse - Autriche, Le Jeudi - Luxembourg, The Economist - Royaume-Uni, Heti Világgazdaság - Hongrie

Die Presse - Autriche

Après la débâcle de la guerre en Irak, Michael Prüller juge évidente la perte de suprématie des Etats-Unis. Reste à savoir qui va leur succéder au rang de superpuissance mondiale. Michael Prüller craint que seules la Russie et la Chine puissent prétendre à ce titre - et non l'Europe. En effet, celle-ci serait "définitivement dépassée au niveau administratif depuis l'adhésion précipitée de la Roumanie et de la Bulgarie et, ce qui est bien plus grave, complètement désorientée en ce qui concerne ses propres valeurs, missions et objectifs. Les dirigeants de l'Europe 'unie', embourbés dans une crise d'identité profonde, louvoient entre l'irréalisme et un populisme fatigué. Plus personne ne propose de vision forte dans le dialogue avec la population, ce qui serait pourtant essentiel. Toutefois, on peut s'attendre à ce qu'un continent qui voit en Angela Merkel une personnalité politique de premier plan manque d'autorité en matière de politique internationale." (05.01.2007)

Le Jeudi - Luxembourg

L'éditorialiste Jacques Hillion estime que "sans Constitution ou traité pouvant lui redonner une impulsion, l'Union européenne continuera de vivoter, de marcher sur trois pattes. La présidence allemande, qui vient de débuter, et la volonté de la chancelière Angela Merkel de relancer la machine sont une chance, même si le calendrier électoral français empêchera de prendre de grandes décisions. Et, cerise sur le gâteau amer du désamour européen, l'euro, pourtant une réussite technique, est dans le collimateur des Européens. En d'autres termes, il y a encore du pain sur la planche et il faut sérieusement mettre la main à la pâte pour redonner du tonus à une Europe qui, quoi qu'en disent les plus pessimistes et les eurosceptiques, a de réelles capacités d'intégration. Présente et future. Pour son bien et le nôtre." (04.01.2007)

The Economist - Royaume-Uni

"Le Traité constitutionnel avait été bâclé, et son rejet a offert une précieuse seconde chance de le corriger", écrit l'hebdomadaire. "Une bonne Constitution aurait réparti les pouvoirs entre les différentes branches et niveaux de gouvernance. (...) Et elle aurait tenté de rendre plus responsables ceux qui exercent le pouvoir. Au lieu de cela, le document rendu public en 2004 a fait quelque chose de fort différent. (...) La déclaration de Laeken (2001), qui a lancé la rédaction de la Constitution, avait défini trois objectifs : la redistribution du pouvoir vers le bas, la réduction du fossé entre les citoyens et l'UE, et une meilleure efficacité des institutions. Mais les auteurs de la Constitution n'ont fait que mentionner les deux premiers, préférant se consacrer au troisième. Le danger est que la présidence allemande conforte cette vision asymétrique, car le désir du gouvernement allemand est de privilégier la rapidité." (04.01.2007)

Heti Világgazdaság - Hongrie

Le politicien européen Péter Gottfried prend la défense de l'UE contre ceux qui la critiquent. Finalement, elle serait une réussite, tous les objectifs de ses fondateurs ayant été atteints. Même leur rêve le plus audacieux, la réunification de l'Europe, est aujourd'hui une réalité. Et cette réussite doit se poursuivre. "Si les pays les moins développés de l'UE rattrapent progressivement les autres, la compétitivité de l'Union s'en trouvera renforcée. En même temps, la politique de cohésion doit demeurer souple, afin que les Etats membres qui souhaitent poursuivre leur intégration ne soient pas obligés d'attendre les autres. L'euro et la Convention de Schengen ont été créés par 'un groupe de pays en pointe au sein de l'UE'. Il est très important que tous les Etats membres considèrent ce genre de noyau comme une étape provisoire, afin de préserver l'unité de l'ensemble. La Hongrie doit rejoindre ce noyau aussi vite que possible. C'est dans son intérêt et dans celui de l'Europe." (05.01.2007)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Thomas Ferenczi et l'enjeu de la mer Noire

"L'importance stratégique de la mer Noire, lieu de passage du gaz et du pétrole de la mer Caspienne et moyen d'accès à la Méditerranée par les détroits du Bosphore et des Dardanelles, n'est plus à démontrer. Elle explique les convoitises dont cette zone est l'objet depuis longtemps", note le chroniqueur Thomas Ferenczi après l'adhésion à l'UE de deux Etats riverains de la mer Noire, la Roumanie et la Bulgarie. "Pourtant l'Union européenne manque d'une stratégie claire à l'égard des pays de la région. En réalité, elle en a trois, souligne Marius Vahl, chercheur au Centre for European Policy Studies (CEPS), un institut bruxellois : l'adhésion pour la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie, la politique de voisinage pour l'Ukraine et la Géorgie, un nouveau partenariat stratégique pour la Russie. Alors que l'Europe s'efforce de développer à ses frontières à la fois une 'dimension nordique' et une 'dimension euroméditerranéenne', elle ne s'est pas encore dotée, regrette cet expert, d'une 'dimension mer Noire' (...)." (05.01.2007)

El País - Espagne

Hugh Pope défend la candidature de la Turquie

Le journaliste Hugh Pope, spécialiste de la Turquie, signe un plaidoyer en faveur d'un nouvel élargissement de l'UE. "De la même manière que la Turquie a changé diligemment pour s'adapter à l'UE, une nouvelle manière de concevoir l'Europe serait d'accueillir le pragmatisme euro-musulman qui règne en Turquie. Pour certains européens qui reprochent à 'l'islam' ses mauvaises manières, son oppression des femmes ou ses habitudes vestimentaires, cela est impossible. Ces problèmes réels ont pourtant moins à voir avec la religion que le manque d'éducation, de richesse ou d'expérience du milieu urbain. A une certaine époque, les Européens du Nord traitaient aussi avec condescendance l'Espagne et l'Italie, en considérant que ces pays n'étaient pas européens. Mais plus personne ne remet en question aujourd'hui les avantages de la diffusion de la richesse ou de l'évolution de l'image que l'Europe a d'elle-même, des avantages qui ont permis d'intégrer ces deux pays." (03.01.2007)

La Libre Belgique - Belgique

Fouad Laroui et les dangers de la religion

L'écrivain marocain Fouad Laroui enseigne la littérature française et la culture arabe aux Pays-Bas. Il revient dans une interview réalisée par Gérald Papy sur les relations entre chrétiens et musulmans. "Je suis, bien entendu, favorable au dialogue entre les religions et d'une façon générale entre tous les hommes de bonne volonté. Mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions. Par définition, toute religion postule que les autres religions sont fausses. On peut se faire des guili-guili toute la journée, il n'en reste pas moins qu'il y a des arrière-pensées des deux côtés. (...) C'est pourquoi je pose clairement dans mon livre ['De l'islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux'] la distinction entre la foi, la foi individuelle qui n'embête personne, et la religion. La religion, parce qu'elle suppose un groupe, exclut tous ceux qui ne font pas partie du groupe. C'est potentiellement dangereux." (04.01.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Catalin Avramescu et l'abus de biens publics en Roumanie

Le philosophe roumain Catalin Avramescu déplore dans un essai que de nombreux Roumains abusent encore des biens publics, comme à l'époque du communisme. "Dans ce pays, nous avons tous l'impression que l'Etat s'est immiscé dans notre vie privée et qu'il a détruit l'individualisme. Nous sommes persuadés qu'il est notre ennemi et que la réforme urgente à mettre en oeuvre pour rétablir un tant soit peu de civilité dans la société est une réforme de l'Etat. Je suis tout à fait d'accord avec la conception selon laquelle l'Etat roumain - notamment dans sa variante stalinienne - a causé du tort à ses citoyens. Toutefois il n'est pas faux de dire qu'en Roumanie, l'individu a toujours abusé des biens publics. De fait, notre Etat collectiviste fonctionnait comme la propriété privée de la famille Ceaucescu. En conséquence de quoi les paysans travaillaient pour leur compte avec le matériel du kolkhoze, et les ouvriers complétaient leur salaire avec des pièces volées à l'usine. Les maçons crépissaient nos maisons avec des matériaux volés sur les chantiers, et le médecin de l'hôpital considérait son cabinet comme sa propriété privée." (05.01.2007)

POLITIQUE

Dziennik - Pologne

Le passé de collaborateur du nouvel archevêque de Varsovie

Stanislaw Wielgus doit succéder, dimanche 7 janvier, au cardinal Jozef Glemp à la tête de l'archevêché de Varsovie. Cette semaine, de nombreux medias ont publié un dossier des services secrets conservé à l'Institut de mémoire nationale (IPN). Il en ressort que Stanislaw Wielgus a surveillé ses confrères pendant plusieurs années pour le compte des services secrets communistes. L'intéressé, qui était jusqu'à présent évêque de Plock, conteste ces accusations. Pour Robert Krasowski, rédacteur en chef du quotidien, "le fait que Wielgus se soit vu conférer le titre d'archevêque est un scandale moral. ... Son investiture à ce moment précis, soit quelques jours après que son passé ait été exhumé, est perçue comme une prime spéciale pour tous ses mensonges et ses services rendus en tant qu'agent de renseignement. Cela n'a rien à voir avec la lustration [épuration des cadres communistes des organes du pouvoir]. C'est juste une question de principes." (05.01.2007)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Une nouvelle loi religieuse en Roumanie

Presque chaque foyer roumain possède son icône. C'est ainsi que les Roumains manifestent leur foi orthodoxe. Le pouvoir de l'Eglise orthodoxe se trouve encore renforcé par une nouvelle loi religieuse visant à protéger les églises traditionnelles de leurs concurrentes qui s'ancrent de plus en plus en Roumanie par leurs actions caritatives. Le quotidien critique la nouvelle loi, qui punit toute forme d'hostilité et de diffamation mais également toute offense à l'égard des symboles religieux. "Avec cette loi, le président Traian Basescu s'incline devant l'Eglise orthodoxe et le patriarche, après les avoir offensés en prenant différentes mesures : il a autorisé les homosexuels à vivre au grand jour, il a permis l'ouverture des archives de la Securitate [ex-police secrète], qui concerne également des prêtres. Avec cette loi, qui renforce le pouvoir financier de l'église et son influence, le président Basescu ignore les critiques de la société civile." (05.01.2007)

24 heures - Suisse

La France est responsable de l'exode fiscal

Thierry Meyer critique durement le député français Arnaud Montebourg qui a reproché à la Suisse de favoriser l'exode fiscal. "Il faudrait, dit Montebourg, empêcher la Suisse d'attirer les riches Français, mais aussi des milliers d'entreprises internationales, à coup d'impôts forfaitaires. En organisant un blocus, s'il le faut. Passons sur le grotesque de cette dernière proposition. (...) Y a-t-il, tout de même, du vrai dans ce qu'avance le porte-parole opportuniste de la candidate [Ségolène] Royal ? La réponse est négative. La Suisse offre moins, en matière d'avantages fiscaux, que la Grande-Bretagne ou l'Irlande, membres de l'UE. Le problème que soulève Arnaud Montebourg est d'abord français. C'est celui d'un Etat qui, à gauche comme à droite, ne sait toujours pas régler le curseur entre providence et concurrence. (...) Faut-il, Arnaud Montebourg, exiger le blocus de la Manche? Ce serait moins facile que de tirer contre 'la Confédération helvétique'." (04.01.2007)

ÉCONOMIE

Eesti Päevaleht - Estonie

L'Estonie a raté le train de l'euro

A l'origine, l'Estonie voulait adopter l'euro le 1er janvier 2007, comme la Slovénie, mais l'introduction de la nouvelle monnaie a été reportée à l'horizon 2010. Pour Indrek Neivelt, cette date est trop éloignée. "Sommes-nous vraiment prêts à renoncer à cet objectif important aussi rapidement ? (...) On parle depuis suffisamment longtemps d'une Europe à deux vitesses, ou du noyau dur de l'Europe. Si on en arrivait à une telle division, il serait alors logique que l'on trouve d'un côté les pays qui ont adopté l'euro, et de l'autre, ceux qui ne l'ont pas adopté. Quoiqu'il advienne en Europe, nous voulons que l'Estonie fasse partie du noyau dur." (05.01.2007)

CULTURE

Dnevnik - Bulgarie

La pop-folk bulgare

La chalga est une sorte de musique populaire bulgare agrémentée d'aspects orientaux, également dénommée "pop-folk" ou "pop balkanique". Les mélodies sont rythmées, les textes évoquent principalement les sentiments ou l'amour du pays. Les chanteuses sont souvent habillées de manière aguicheuse et sont très attirantes. Boïko Pentchev, spécialiste de la culture et de la littérature de Sofia, décrit ce phénomène musical extrêmement en vogue en Bulgarie. "La chalga est une fête pour l'âme, qui est ce que nous possédons de plus romantique. Elle peut s'accompagner d'agressivité et de sexe, mais dans sa manière de s'exprimer, sa forme, jamais dans son contenu (...) Ce contenu peut être mis en valeur par un balancement des hanches, en y mettant beaucoup de sentimentalité et d'âme. Une âme qui aspire à vivre une vie loin des règles et des normes, hors de la société, et qui est finalement bien éloignée de la réalité." (05.01.2007)

The Times - Royaume-Uni

Le Vatican recommande la lecture d'Oscar Wilde

"C'est un paradoxe que l'auteur aurait apprécié... Des épigrammes d'Oscar Wilde ont été incluses par le Vatican dans un recueil de 443 apophtegmes sacrés à l'usage des croyants. Parmi les maximes choisies figure : 'Je peux résister à tout, sauf à la tentation'. Tous les bons mots d'Oscar Wilde ne sont pas aussi exaltants", remarque le quotidien. "Oscar résumait tous les systèmes dans une phrase, et toutes les existences dans une seule épigramme. (...) Il fût paradoxalement vilipendé comme un dégénéré par ses contemporains, en raison de son homosexualité. Ses pièces sont légères. Mais, entre les lignes, elles attaquent une société faite de codes stricts et d'intolérance hypocrite. On a la preuve qu'il s'agissait d'un homme courageux qui protesta avec emphase contre la vulgarité de son époque. Et pourtant, sur le plan artistique, il savait lui-même faire preuve d'un tout autre genre de vulgarité. Par une ironie de l'Histoire, Oscar et le Pape ne se regardent plus en chiens de faïence." (05.01.2007)

COULEURS LOCALES

The Irish Times - Irlande

Les Irlandais parlent-ils encore leur langue ?

L'écrivain et documentariste irlandais Manchán Magan a parcouru l'Irlande en ne s'exprimant que dans sa langue natale, l'irlandais (ou gaélique), qui est devenu la 21e langue officielle de l'UE le 1er janvier 2007. Il ne cache pas avoir été surpris par les réactions. "Les derniers sondages indiquaient qu'un quart de la population affirmait parler cette langue régulièrement. J'ai toujours douté de ces chiffres. J'ai décidé pour les vérifier de traverser le pays en ne parlant que l'irlandais, et de voir comment je me débrouillerai. La plupart des gens essayaient d'engager la conversation avec moi, pour échanger les quelques mots d'irlandais scolaire qui leur revenaient en mémoire. (...) On m'a indiqué de mauvaises directions, servi de la nourriture que je n'avais pas commandée, et coiffé n'importe comment. (...) A la fin du périple je me sentais plutôt abattu, mais j'ai entrevu quelques signes d'espoir. Dans certaines endroits d'Irlande du Nord, où le gaélique a effectivement été interdit au début des années 90, j'ai pu constaté un formidable retour de cette langue." (05.01.2007)

 

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