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08.01.2009

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 09.01.2007

 

À LA UNE

La dépendance énergétique de l'Europe

La Russie a fermé lundi 8 janvier un oléoduc qui transite par la Biélorussie et qui approvisionne principalement l'Allemagne et à la Pologne. A l'origine de cette décision se trouve une nouvelle querelle énergétique entre Moscou et Minsk. Le débat sur la sécurité énergétique de l'Europe, et sa trop grande dépendance vis-à-vis de la Russie, est relancé.

Extraits des publications suivantes:
Wprost Online - Pologne, Berliner Zeitung - Allemagne, Mladá fronta DNES - République tchèque, Romania Libera - Roumanie

Wprost Online - Pologne

En raison du différend énergétique qui oppose la Biélorussie à la Russie, l'oléoduc 'Droujba' ('amitié') ne livre plus une seule goutte de pétrole russe à la Pologne. "Nous importons de Russie presque 100 % de notre pétrole, et les deux tiers de notre gaz", explique Jan Pinski. "Cette dépendance vis-à-vis d'un seul pays ne peut que mal se terminer. L'arrêt de l'approvisionnement de pétrole prouve que les lubies du dictateur biélorusse Alexandre Loukachenko ou le moindre accès de mauvaise humeur de Vladimir Poutine peuvent avoir des conséquences dramatiques sur l'économie polonaise (...) La situation actuelle de la Pologne fait penser à la roulette russe. Les chances de survie sont grandes, mais si on perd, on meurt immédiatement." (09.01.2007)

Berliner Zeitung - Allemagne

"Même si elle le désirait, la Russie ne pourrait pas garantir à elle seule la sécurité énergétique", constate Katia Tichomirova, correspondante du quotidien en Russie. Elle fait observer que les fournisseurs d'énergie des régions instables sont interdépendants. "La Russie est également un pays importateur. Elle s'approvisionne en gaz et en pétrole auprès d'ex-républiques soviétiques, le Kazakhstan et le Turkménistan. Personne ne peut prédire ce qui va se passer là-bas dans les prochains mois. Le gouvernement kazakh a donné sa démission. L'autocrate turkmène Niazov vient juste d'être enterré. La possession de matières premières donne aux Russes une nouvelle assurance. La Russie n'en extrait toutefois pas assez pour remplir ses contrats de livraison si ses propres importations venaient à être interrompues, même provisoirement. Comme on peut le voir, elle ne peut disposer de son réseau d'oléoducs qu'en bonne intelligence avec ses voisins. La Russie n'est pas une bonne garante de la sécurité énergétique." (09.01.2007)

Mladá fronta DNES - République tchèque

Pour Teodor Marjanovic, les plaintes des Européens de l'Est quant à leur dépendance vis-à-vis de l'énergie russe ne sont pas particulièrement productives. "Les Américains pourraient se lamenter de la même façon en ce qui concerne leur dépendance par rapport aux matières premières étrangères. Ils se libèreraient également volontiers du joug des Arabes ou des populistes comme le Vénézuélien Hugo Chavez. C'est l'ironie des temps modernes : l'Occident n'a pas de pétrole, contrairement aux parties du monde qui, de notre point de vue, ne sont pas particulièrement démocratiques. C'est sacrément injuste (...). Ainsi, au lieu de chercher sans relâche d'autres sources d'énergie, il serait plus judicieux de contraindre les pays pétroliers à devenir plus dignes de confiance et plus fiables." (09.01.2007)

Romania Libera - Roumanie

La politologue roumaine Alina Mungiu-Pippidi juge que son pays devrait chercher des alternatives à l'approvisionnement russe, et regarder vers la France et la Finlande qui misent sur l'énergie nucléaire. "A mon avis, une politique énergétique qui s'appuie sur la région instable du Caucase, ou qui consiste à s'approvisionner en gaz dans les Balkans et en pétrole au Kazakhstan, n'offre pas une véritable solution de remplacement. Les coûts énergétiques et les risques politiques sont élevés, et la dépendance par rapport à ces états est considérable. Une politique énergétique valable devrait reposer sur une industrie efficace et sur des ressources qui n'ont pas à traverser un continent entier, comme le soleil, l'eau, le vent ou le bois (...). Nous devrions également nous pencher plus sérieusement sur l'énergie nucléaire. Sur ce point, nous devrions prendre des décisions qui soient dans l'esprit du XXIe siècle, et non plus celui du XXe siècle." (09.01.2007)

RÉFLEXIONS

La Stampa - Italie

James Lovelock et l'accélération des changements climatiques

Le scientifique britannique et pionnier de l'écologie, James Lovelock, auteur de 'l'Hypothèse Gaïa', met en garde contre le réchauffement climatique et appelle les partis écologistes à faire preuve de raison. "L'humanité est aujourd'hui face à l'épreuve la plus dure qu'elle ait connue. L'accélération actuelle des changements climatiques va balayer l'environnement confortable auquel nous sommes habitués (...). Même si nous ne pouvons pas revenir aux splendides années 1800 quand nous n'étions qu'un milliard, nous pouvons quand même faire quelque chose pour limiter les conséquences du réchauffement global (...). Politiquement, je suis un écolo, mais je suis avant tout un scientifique. C'est pourquoi je demande toujours à mes amis écologistes de revoir leur confiance dans le développement durable et les énergies renouvelables. Avant toute chose, les Verts devraient abandonner leur opposition obstinée au nucléaire". (09.01.2007)

Tribune de Genève - Suisse

Georges Mink et la 'décommunisation' de la Pologne

Georges Mink, enseignant à l'antenne polonaise du Collège d'Europe (Natolin), explique dans une interview réalisée par Jean-François Verdonnet comment la Pologne affronte son passé. "Le pouvoir doit son élection à la revendication d'une 'décommunisation' résolue. La Pologne a été le premier pays de l'Est européen à se détacher du camp soviétique. A l'époque, la sortie avait été négociée en échange d'une politique de clémence envers ceux qui avaient servi le régime communiste. Or, les termes de l'accord sont aujourd'hui dénoncés par les tenants de la majorité. Longtemps différé, le processus de 'lustration' est maintenant défendu par des responsables qui s'en emparent aussi pour se positionner sur la scène politique. Avec le risque souligné naguère par Jacek Kuron : l'ancien dirigeant de l'opposition démocratique comparait la lustration à une 'grenade lancée dans une fosse septique, qui éclabousse tout autour d'elle, pendant longtemps'." (09.01.2007)

Heti Világgazdaság - Hongrie

András Gerő et le nationalisme bourgeois des Hongrois

Le sociologue hongrois Andras Gerö reconnaît certes que les Hongrois sont d'ardents patriotes, mais explique qu'ils s'enfuient au galop dès que plane la menace de conséquences politiques concrètes. "La décision par référendum des Hongrois de refuser la nationalité hongroise aux millions de leurs compatriotes vivant dans les pays voisins est une mesure pragmatique. Leur naturalisation se serait avérée compliquée et coûteuse (...) Emotionnellement, ils s'identifient aux Hongrois expatriés : l'hymne des Sicules (Hongrois de Transylvanie) est chanté à Budapest lors des réunions politiques, le culte de la Transylvanie est répandu à travers tout le pays. La couronne, symbole de la Grande Hongrie, est considérée comme sainte (...) Le pays vit dans l'illusion d'un nationalisme bourgeois. Dans la réalité, les Hongrois sont très rationnels, mais laissent le champ libre à leurs émotions. Et inversement : les illusions auxquelles ils s'identifient émotionnellement ne trouvent pas d'écho politique." (05.01.2007)

POLITIQUE

ABC - Espagne

Le fantôme de l'extrême droite hante le Parlement européen

Les partis d'extrême droite représentés au Parlement européen doivent se réunir ce mardi 9 janvier pour tenter de trouver un accord permettant la création d'un groupe politique. Vingt députés venant de cinq pays membres sont pour cela nécessaire, un seuil que pourrait atteindre l'extrême droite grâce aux députés roumains et bulgares. "Il peut sembler gênant que de telles forces s'unissent au sein du Parlement européen, mais il n'est pas mauvais qu'elles soient représentées dans la mesure où elles existent", écrit Valentí Puig. "C'est l'un des paradoxes de l'UE : ceux qui vont être les alliés du Parti de la Grande Roumanie au sein du Parlement européen se sont opposés radicalement à l'intégration roumaine dans l'UE, par peur d'une l'avalanche migratoire que nous connaissons bien en Espagne. Le fait de former un groupe offre la possibilité de bénéficier d'un soutien économique auquel ces forces n'avaient pas droit à titre individuel. Les vieux et les nouveaux fantômes de l'Europe dansent autour du feu comme les sorcières dans 'Macbeth'." (09.01.2007)

Público - Portugal

Le droit de dénoncer les activités illégales de la CIA

L'eurodéputée portugaise Ana Gomes - membre de la commission d'enquête du Parlement européen sur la détention et le transfèrement par la CIA de détenus en Europe - a déclenché une polémique en évoquant le probable passage de prisonniers via la base militaire américaine de Lajes située dans les Açores. José Vitor Malheiros prend sa défense. "On reproche avec force à Ana Gomes de faire part de ses soupçons sans détenir de preuve, et de faire montre d'anti-américanisme. L'idée que l'on ne peut pas porter de soupçons sans preuve est curieuse – a fortiori lorsqu'il s'agit d'une eurodéputée membre d'une commission d'enquête. (...) Un député peut et doit enquêter dans le cadre de l'organe de souveraineté auquel il appartient, et il peut émettre des soupçons à loisir. L'immunité parlementaire sert à cela. (...) Que certains députés ne le fassent pas et préfèrent jouer de la lyre ne doit pas nous faire oublier quelle est leur mission." (09.01.2007)

Der Standard - Autriche

Une grande coalition pour l'Autriche

Après trois mois de négociations, l'Autriche s'est enfin dotée d'un gouvernement de coalition composé des sociaux-démocrates (SPÖ) et des conservateurs (ÖVP). Le chef du Parti social-démocrate, Alfred Gusenbauer, a été nommé chancelier. Un chancelier qui, selon Michael Völker, jouit de peu de légitimité. "L'ÖVP a perdu les élections et remporté les négociations (...) Au moment même de son entrée au gouvernement, le SPÖ a déjà rompu pratiquement toutes les promesses et les annonces faites pendant la campagne électorale. Au  vu de la situation initiale désespérée, ces promesses électorales étaient terriblement exagérées et n'ont jamais semblé véritablement réalisables. Toutefois, le fait qu'aucune de ces promesses n'ait trouvé sa place dans le programme du gouvernement de coalition constitue un handicap sévère (...) Alfred Gusenbauer débute son mandat de chancelier avec un lourd fardeau de promesses non tenues, une liste de portefeuilles presque risible et un programme que les partisans du SPÖ vont avoir du mal à avaler." (09.01.2007)

Dagens Nyheter - Suède

Le ministre suédois des Affaires étrangères soupçonné de corruption

Le parquet a ouvert une enquête contre le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, soupçonné de corruption et de délit d'initié. Avant son entrée en fonction au mois d'octobre 2006, le ministre siégeait au conseil d'administration de la société suédoise d'investissement Vostock Nafta (qui appartient majoritairement à la société russe Gazprom) et a reçu des stock-options en guise de rétribution, dont la vente lui a permis de réaliser un gain de près d'un demi-million d'euros. Le journal ne comprend pas bien l'agitation autour de cette affaire. "On entend maintenant dire que Carl Bildt n'aurait pas dû accepter les stock-options, afin de ne pas se sentir redevable envers ses anciens patrons. C'est manquer de perspicacité. Les gains de M. Bildt n'ont pas modifié ses rapports avec les entreprises ou la politique internationale. Il a construit son réseau de contacts au fil des ans et continuera de l'entretenir une fois son mandat ministériel terminé. Ces contacts sont connus, comme ceux qui existent entre un gouvernement social-démocrate et les syndicats. Quant à savoir s'ils influencent les décisions du ministre, ce n'est pas prouvé. Et si, contre toute attente, ils devaient entraîner des problèmes, c'est tout le gouvernement qui devrait être mis en cause." (09.01.2007)

Politis - France

Le visage de la pauvreté en France

Les questions de l'exclusion, de la pauvreté et du manque de logements ont récemment fait irruption dans la campagne électorale française, grâce au combat de plusieurs associations qui luttent pour les sans-logis. Partant de ce constat, l'éditorialiste Denis Sieffert conseille la lecture de l'ouvrage collectif 'La France invisible', un livre qui "rend visages et histoires à ces exclus, ces égarés, ces expulsés, ces déclassés qui tous d'ailleurs ne sont pas 'SDF' [sans domicile fixe]. C'est peu dire que ce livre éclaire sur les événements de ces derniers jours. Sur cette façon que nous avons de redécouvrir l'évidence, puis de nous en détourner. Et plus encore, il nous éclaire sur l'attitude de certains politiques. Cette sorte de panique qui s'empare d'eux quand les caméras de télévision, fugitivement, montrent l'invisible. (...) Voir la France invisible, ce n'est pas seulement voir les pauvres, mais le système qui les fabrique." (05.01.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

L'ETA peut-elle suivre la voie de l'IRA ?

"L'ETA [organisation séparatiste basque] a-t-elle voulu imiter l'IRA [armée républicaine irlandaise], qui, dans une situation de blocage du processus politique le 9 février 1994, avait commis un attentat en plein coeur de Londres, pour forcer la main du gouvernement britannique ?", se demande l'éditorialiste Thierry Labro après l'attentat meurtrier du 30 décembre perpétré à Madrid. "Aucun communiqué n'a encore expliqué le point de vue des terroristes mais une chose est sûre : en annonçant, contraint et forcé, le gel du processus, le Premier ministre espagnol lui a, en réalité, porté un coup d'arrêt sur lequel il lui sera difficile de revenir. (...) M. Zapatero a peu de temps, et encore moins de marge de manoeuvre, pour organiser une vaste action concertée - politiquement s'entend - pour isoler l'ETA et démontrer que les thèses des terroristes n'ont aucune chance de triompher. C'est précisément à ce moment-là, en Irlande du Nord, que l'IRA a déposé les armes et s'est dissoute. Un espoir demeure." (09.01.2007)

CULTURE

Transfuge - France

Le succès des romans biographiques

L'éditorialiste Vincent Jaury s'intéresse au chapitre que le professeur et écrivain britannique David Lodge concacre au genre biographique dans son livre 'Dans les coulisses du roman'. "Le constat est évident pour lui, bel observateur du monde des lettres : le roman biographique, genre récent, est en plein essor, il est aujourd'hui au cœur du travail des romanciers. Désormais, quand ils découpent le réel, ils y trouvent bien souvent une personnalité. Désormais, le roman, genre de la souplesse, a-canonique, qui toujours se cherche, s'analyse, reconsidère ses formes acquises, vient à intégrer de plus en plus la biographie. (...) David Lodge conclut que le roman biographique est en passe de devenir un genre majeur. Quoi qu'il en soit, qu'il ait tort ou raison, Lodge, dans ses 'Coulisses du roman' a le mérite d'oser penser la production littéraire contemporaine (...), chose assez rare chez un professeur d'université pour être soulignée, tant ses confrères, trop souvent, semblent attachés aux valeurs sûres, c'est-à-dire celles des classiques, c'est-à-dire celles du passé." (01.01.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les projets du Louvre à Abou Dhabi

"Le Louvre est-il prêt à vendre son âme et celle de la France par la même occasion ?", s'interroge Lothar Müller au sujet du projet controversé du musée parisien de créer une antenne à Abou Dhabi. Toutefois, bien que le journaliste suppose que ce projet a fort à voir avec l'achat de quarante Airbus par les Emirats Arabes Unis, il le considère surtout comme un affermissement de la France dans la "guerre mondiale culturelle". "On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Les conservateurs de musée, traditionnellement opposés à la circulation des oeuvres, font preuve de méfiance. Ce sentiment s'est encore accru depuis que l'art ne s'échange plus contre de l'art, mais contre de l'argent. (...) L'argent afflue au Louvre, pour son aménagement et la sauvegarde de son patrimoine. Toutefois, le dilemme de l'adage 'nos oeuvres d'art doivent circuler dans le monde' ne dupe plus personne. Il faut le considérer uniquement comme une phrase prononcée en légitime défense, pas comme le programme d'un musée. En effet, chaque grand musée - et le Louvre avant tous les autres - n'a pu devenir grand qu'en empêchant les oeuvres de circuler." (09.01.2007)

COULEURS LOCALES

The Times - Royaume-Uni

Une tempête dans une tasse de thé

"Enfin la fin du bon vieux dilemme : le lait ou le thé en premier ?", écrit le quotidien. "La réponse ne pourrait être plus simple : pas de lait du tout ! C'est la conclusion d'une étude allemande publiée dans la revue de cardiologie 'European Heart Journal'. Elle suggère que le fait d'ajouter du lait dans son thé noir (ne faut-il pas être idiot pour mettre du lait dans le thé vert ?) enlève à la boisson ses vertus cardiovasculaires bien connues en limitant les effets bénéfiques des flavonoïdes contenus dans le thé. (...) Mais cette découverte doit-elle vraiment décourager les quelque 80 millions de Britanniques qui boivent à eux seuls près de 165 millions de tasses de thé par jour ? (...) Dans un article intitulé 'A nice cup of tea' [publié en 1946] , George Orwell se délectait de l'idée que le thé rend les gens 'plus sages, plus courageux et plus optimistes'. La première réponse à toutes les crises, à Downing Street comme dans 'The Royle Family' [une série télévisée], est de mettre la bouilloire sur le feu. Tony Blair n'oublie jamais son mug quand il veut apparaître comme un homme du peuple devant les caméras de télévision." (09.01.2007)

 

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