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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 11.01.2007

 

À LA UNE

L'extrême droite s'organise au Parlement européen

Un nouveau groupe est sur le point de naître au Parlement européen, celui de l'extrême droite. Depuis 1994, les eurodéputés de cette famille politique n'arrivaient plus à constituer un bloc officiel. La donne a changé avec l'arrivée de députés roumains et bulgares qui permettent à l'extrême droite de remplir les conditions requises et de retrouver ainsi une visibilité européenne.

Extraits des publications suivantes:
La Vanguardia - Espagne, Népszabadság - Hongrie, Libération - France

La Vanguardia - Espagne

"Les vents néo-fascistes qui soufflent de plus en plus fort dans pratiquement tous les recoins de la vieille et de la nouvelle Europe ont franchi pour de bon les murs du Parlement", explique Fernando García, correspondant du quotidien à Bruxelles. "S'il n'y a pas de désertions ou de différends de dernière minute au sein de leurs rangs peu fournis, les vingt eurodéputés les plus ultras de l'hémicycle se constitueront lundi en un groupe parlementaire sous l'éloquente dénomination 'Identité, Tradition et Souveraineté' (ITS). (...) Il y aura un peu de tout dans ce groupe : depuis les jeunes chiots ou membres peu connus de la droite ultranationaliste de l'Est jusqu'aux noms beaucoup plus célèbres, ceux des descendants des haute lignées qui évoquent le fascisme traditionnel en Europe occidentale, comme le dirigeant du Front national (FN) français, Jean-Marie Le Pen, ou bien la petite fille héritière du Duce, Alessandra Mussolini." (11.01.2007)

Népszabadság - Hongrie

"La nouvelle fraction parlementaire offrira plus de moyens et de visibilité aux partis d'extrême droite mais n'accroîtra pas pour autant leur influence politique", estime László Szőcs, correspondant du quotidien à Bruxelles. "Entre traitements et subventions, cette nouvelle fraction au nom ronflant, 'Identité, Tradition, Souveraineté' (ITS), va percevoir en tout et pour tout un million d'euros. Avec vingt députés, elle atteint tout juste le seuil exigé pour la formation d'un groupe. C'est l'arrivée des députés bulgares et roumains qui a rendu cette formation possible. Les cinq parlementaires du Parti de la Grande Roumanie (PRM) sont bien connus en Hongrie pour leurs idées antisémites et leurs propos désobligeants envers la minorité hongroise de Roumanie. Dimitar Stoïanov, du parti bulgare Ataka, n'a pas non plus bonne presse : il a offensé la député hongroise issue de la minorité rom Lívia Járóka par ses propos racistes et sexistes lorsqu'elle a été nominée pour le Prix du meilleur parlementaire européen de l'année 2006." (11.01.2007)

Libération - France

"Le Front national a tout lieu de se réjouir d'un élargissement qu'il a pourtant critiqué", note Jean Quatremer, correspondant du journal à Bruxelles. "Grâce à l'adhésion, le 1er janvier, de la Bulgarie et de la Roumanie, deux pays qui emmènent dans leurs bagages des députés d'extrême droite, il peut, enfin, fonder un groupe politique au sein du Parlement européen alors que, depuis 1994, il était contraint de siéger sur les bancs des 'non-inscrits'. (...) Réunir des partis dont la principale caractéristique est d'être nationaliste n'a jamais été chose aisée. (...) L'extrême droite a le sentiment d'avoir le vent en poupe : la vague eurosceptique et nationaliste qui traverse les anciens Etats membres n'épargne pas, bien au contraire, les anciennes démocraties populaires." (11.01.2007)

RÉFLEXIONS

Cotidianul - Roumanie

Marius Cosmeanu et l'image de la Roumanie

Le journaliste roumain Marius Cosmeanu regrette que son pays véhicule invariablement une image négative. Il est grand temps de faire connaître au monde entier la "véritable Roumanie, avec ses bons et mauvais côtés". Le journaliste se réclame de l'expert britannique en marketing Simon Anholt, qui a mis au point la discipline du 'Nation-Branding' et a notamment enseigné à la Slovénie comment prendre soin de son image de marque. "Selon Simon Anholt, la Roumanie est associée à un cadavre, un corps étendu sur le sol dont se repaissent deux vampires : Dracula et Ceausescu. Deux personnages qui aujourd'hui encore caractérisent le pays. En outre, d'autres aspects négatifs viennent encore ternir l'image de la Roumanie : les enfants orphelins, les malades du sida, les Roms et les autres émigrants roumains qui passent pour des criminels dans les pays occidentaux. Simon Anholt estime que la Roumanie est le pays industrialisé qui possède l'image la plus négative et la plus injuste." (11.01.2007)

Die Zeit - Allemagne

Jeremy Paxman garde un sens profond de la monarchie

Alors que le film de Stephen Frears 'The Queen' sort ce jeudi 11 janvier en Allemagne, Jeremy Paxman, présentateur de la BBC et biographe de la reine, explique pourquoi il demeure soumis à sa souveraine, même s'il considère la monarchie comme démodée, illogique et antidémocratique. "Dans le fond, sa force réside dans le fait d'être inaccessible. Tous les peuples cherchent à exprimer leur sentiment national, que ce soit par des drapeaux, des hymnes ou de simples slogans politiques sur le destin de la nation. Dans une démocratie présidentielle telle que celle qui existe aux Etats-Unis ou - sous une autre forme - en France, la fonction suprême est assurée par une personne qui cherche à satisfaire son ambition politique. En revanche, un monarque a le privilège de rouler en carrosse doré, loin de toute considération politique. C'est ainsi." (11.01.2007)

POLITIQUE

Woxx - Luxembourg

La désunion de la gauche européenne

"La gauche pro-européenne et alter-européenne ne fait pas le poids, paralysée par ses divisions et ses rancunes", juge Raymond Klein, qui examine le débat autour de la Constitution européenne. "D'un côté, les partisan-e-s du 'oui critique' auraient besoin d'allié-e-s à gauche pour pousser vers un approfondissement de l'Union dans les domaines économiques et sociaux. Mais comment faire appel aux tenant-e-s du 'non' alors que c'est eux qui ont 'tout gâché' en combattant un texte considéré comme 'le moins pire possible'. De l'autre côté, les partisan-e-s du 'non européen' ne peuvent pas se contenter d'un ajournement sine die du processus de construction actuel s'ils veulent vraiment faire émerger une 'autre Europe'. Mais pour amorcer une reconstruction allant dans ce sens, ils doivent s'allier avec les 'oui critiques' - les 'traîtres', comme ils les appelaient. Ni les uns, ni les autres ne semblent sérieusement envisager un tel rapprochement. L'affirmation d'une identité partisane semble importer plus que les convictions européennes." (05.01.2007)

Capital - Roumanie

La réforme de la justice roumaine

Alors que la Roumanie vient tout juste d'entrer dans l'UE, la réforme de son appareil judiciaire demeure sous la surveillance de la Commission européenne. Si elle s'écartait de la voie de la réforme, elle risquerait de perdre le bénéfice des subventions européennes. Ionut Popescu se félicite des efforts de réforme de la ministre de la Justice Monica Macovei. "Elle a convaincu les représentants européens qu'un ministre de la Justice en Roumanie ne protège plus sa famille politique, et n'utilise plus la justice contre ses adversaires politiques. (...) Pour la première fois, des poursuites pénales ont été engagées contre d'anciens ministres et Premiers ministres mais également contre les ministres actuels, jusqu'au vice-Premier ministre. Il y a deux ans, il était encore inimaginable de poursuivre des préfets ou des maires. Le milieu des affaires serait-il devenu honorable ? Des fonds publics seront certainement encore détournés. Mais personne, que ce soit un ministre ou un député, n'osera plus téléphoner à un procureur ou à un juge pour lui demander de se montrer clément dans telle ou telle affaire par peur de nuire à sa carrière politique." (11.01.2007)

Der Standard - Autriche

La fin de l'ère Schüssel en Autriche

Pour Robert Misik, le départ du chancelier autrichien Wolfgang Schüssel marque la fin d'une "époque plutôt poussiéreuse". Le journaliste rappelle la grave crise européenne déclenchée par le chancelier en 2000, lorsqu'il avait fait entrer le parti populiste de Jörg Haider, le FPÖ, au gouvernement, et les conséquences pour l'Autriche. "Le pays était divisé en deux - et l'est resté jusqu'au bout : la coalition noire-bleue (conservateurs et extrême droite) d'un côté, opposée à tous les autres. L'objectif du gouvernement était le suivant : écarter les rouges (les sociaux-démocrates, considérés comme des bons à rien). Il a tenu jusqu'à la fin, même si on s'en rendait de moins en moins compte pour deux raisons : d'un côté, parce que Haider et ses acolytes ont perdu de leur pouvoir de nuisance en raison  du déclin, puis de la scission, de leur parti, et d'un autre côté, parce qu'on avait fini par s'habituer à certaines choses qui ailleurs auraient fait scandale (...). Avec le départ du gouvernement des deux partis issus de la scission [de l'extrême droite], le BZÖ et le FPÖ, les agitateurs d'extrême droite n'auront plus d'emprise directe sur la politique, et leur élévation symbolique comme représentants de l'Etat appartient désormais au passé. C'est là un sacré progrès de civilisation." (11.01.2007)

Postimees - Estonie

L'Estonie espère se débarrasser de la statue de la discorde

L'Estonie vient de voter une loi qui vise à garantir la protection des tombes militaires et prescrit les mémoriaux érigés par des pays ayant occupé le territoire national. Cette législation doit notamment permettre de déboulonner un monument controversé érigé dans la capitale en 1947 par les Russes, une statue de bronze qui rappelle le sacrifice des soldats soviétiques. "Il n'est pas surprenant que la nouvelle loi a suscité des réactions négatives en Russie. Toutefois, elle est loin de signifier la disparition du monument, elle crée seulement un fondement juridique. Même si la statue devait être retirée et les morts exhumés, ce serait fait conformément à la loi et en aucun cas avec violence ou provocation. Une chose est sûre : il ne se passera rien avant les prochaines élections mais nous allons être exposés dans les prochaines semaines aux attaques propagandistes de Moscou."  (11.01.2007)

La Libre Belgique - Belgique

Le débat sur l'indépendance de la Flandre est nécessaire

L'universitaire belge Hugues Dumont a participé à l'élaboration de l'émission fiction diffusée le 13 décembre 2006 par la chaîne de télévision publique RTBF dans laquelle était mise en scène l'indépendance de la Flandre. Il justifie sa participation à ce projet qui a suscité une vive polémique. "Les forces politiques flamandes favorables à une sécession unilatérale au cas où les francophones s'opposeraient durablement à certaines de leurs revendications sont minoritaires, mais elles sont indiscutablement en croissance et présentes au sein de tous les partis traditionnels flamands, de manière explicite ou larvée. Il est irresponsable de minimiser ce danger ou de se mettre la tête dans le sable pour ne pas le voir. Il était donc recommandable que la RTBF sensibilise l'opinion publique francophone manifestement trop peu consciente de l'existence de ce mouvement et de ce risque. Le débat institutionnel n'est pas la propriété des seuls mandataires politiques." (11.01.2007)

ÉCONOMIE

Tribune de Genève - Suisse

Le défi de Bruxelles en matière énergétique

La Commission européenne a annoncé mercredi 10 janvier son 'plan d'action pour l'efficacité énergétique' dans lequel elle souhaite que les pays membres réduisent d'ici 2020 d'au moins 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. "Ces propositions ont-elles la moindre chance d'être entendues ?" se demande Andrés Allemand. "Rien n'est moins sûr, diront les pessimistes. Les Etats rechignent à céder leur souveraineté au profit d'une véritable politique commune européenne. D'ailleurs, Bruxelles se plaint de ce que la libéralisation du marché de l'énergie n'a pas débouché sur une saine concurrence et un abaissement des prix car certains Etats ont tout fait pour maintenir leur champion national au détriment des nouveaux venus (comme en France). De toute façon, ajoutent les sceptiques, les mesures réclamées par la Commission impliquent des contraintes, forcément impopulaires. Mais les optimistes notent que les conditions n'ont jamais été aussi bonnes pour adopter des mesures volontaristes." (11.01.2007)

La Repubblica - Italie

L'Italie et la lutte contre le réchauffement climatique

L'éditorialiste Giovanni Valentini revient sur le plan de réduction des gaz à effet de serre décidé le 10 janvier par l'UE et déplore que l'Italie, ce "pays cigale", ne se sente pas suffisamment concerné. "Tandis que nous nous efforçons de revenir dans les critères financiers de Maastricht, nous sommes très loin des paramètres environnementaux de Bruxelles. En réalité, les deux questions s'entrecroisent parce que les deux concernent notre modèle de développement économique et social. D'une part, le manque de contrôle et de rigueur des comptes publics. De l'autre, le manque d'autonomie et de discipline dans la consommation en énergie d'un pays qui refuse l'austérité, dissipe son patrimoine naturel et saccage son environnement pour aujourd'hui et pour les générations futures." (11.01.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

La décentralisation des groupes énergétiques européens

Le plan d'action énergétique présenté le mercredi 10 janvier par la Commission européenne recommande de dissocier le secteur énergétique en contraignant les groupes européens à séparer la production d'électricité et l'exploitation du réseau. Werner Mussler trouve que c'est une bonne idée, mais regrette que la Commission ne se soit pas montrée plus dure. "L'expérience britannique montre qu'une décentralisation a des effets positifs sur les prix. Une dissociation obligatoire de la production et de l'exploitation serait sans aucun doute une grande avancée, qui empiéterait sur le droit de propriété des groupes. Il semble néanmoins que ce soit la seule solution pour accroître la concurrence. Le comportement des groupes énergétiques a suffisamment prouvé par le passé que c'est le seul moyen d'avoir prise sur eux. Il ne faut pas retenir comme argument le fait qu'une dissociation soit une atteinte à leur droit de propriété. De telles atteintes sont légitimes si elles conduisent à un accroissement sensible de la concurrence." (11.01.2007)

CULTURE

Le Monde - France

Le musée du Louvre a-t-il failli à sa mission ?

Le quotidien revient dans son éditorial sur le projet controversé de créer un 'petit Louvre' à Abou Dhabi. "Le monde de l'art en France se livre, depuis quelques semaines, à un dialogue de sourds. C'est dommage car le sujet mérite un vrai débat : jusqu'où un musée peut-il se développer, notamment à l'étranger, sans léser son public ni porter atteinte à ses missions ?" L'éditorialiste relève que "le contrat qui devrait lier la France à l'émirat ressemble plus à une note d'honoraires qu'à un échange scientifique. L'ensemble des prestations françaises est pour l'instant facturé autour de 700 millions d'euros. (...) Une autre question agite les esprits : Abou Dhabi pourra-t-il 'bloquer' des peintures de nus ou des tableaux religieux qui heurteraient sa sensibilité ? Le contrat est flou sur ce point. Il y a enfin quelque chose d'étrange à voir ce musée d'Abou Dhabi intitulé 'Louvre' alors qu'il n'aura pas grand-chose à voir avec la maison mère." (11.01.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le dubstep enfin accessible au grand public

Il y a quelques jours, la BBC Radio 1 a diffusé pour la première fois une émission spéciale sur le dubstep. Olaf Karnik se félicite que ce genre musical électronique quitte enfin la clandestinité de l'underground londonien pour paraître au grand jour. Il ne craint pas un amollissement des "sons virils" de groupes tels que Kode 9, Loefah ou Burial. "Ce n'est que depuis ces deux dernières années qu'on assiste un ralentissement du tempo du hip-hop et du reggae et que des paysages sonores plus sombres, des arrangements minimalistes, des rythmes métalliques et des basses tantôt tenaillantes, tantôt profondément vibrantes prennent le dessus. (...) Aucune musique n'avait encore été tout cela à la fois : hermétique et profonde, puissante et entraînante." (11.01.2007)

COULEURS LOCALES

The Economist - Royaume-Uni

Les Allemands auront bientôt le temps de se détendre

"Il fut un temps, en Allemagne, où se lever avec le soleil le samedi matin était une question de survie", note l'hebdomadaire. "Jusqu'aux années 90, la plupart des magasins fermaient pour le week-end le samedi à 14 heures. On peut aujourd'hui faire ses courses chaque jour tard le soir, sauf le dimanche. Et les horaires d'ouverture des magasins sont sur le point d'être complètement libéralisés dans la plupart des Länder. Voilà qui enterrera le mythe qui veut que l'Allemagne soit irrémédiablement opposée à la consommation (...). Les Allemands ont longtemps été regardants sur la question du temps. Il était interdit de le gâcher et la ponctualité était de mise. Quand Robert Levine, de l'Université californienne de Fresno, a tenté de mesurer voilà quelques années le rythme de vie dans différents pays, les Allemands se sont avérés être les troisièmes plus rapides. (...) Avec une économie de plus en plus dominée par les services, le corset du temps se dessert progressivement. (...) Et il y a les technologies numériques : plutôt que d'arriver pile à l'heure, vous pouvez toujours envoyer un SMS pour excuser votre retard (avec 25 millions de message échangées en 2005, l'Allemagne est aussi l'un des champions européens en matière de SMS)." (04.01.2007)

 

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