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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 19.01.2007

 

À LA UNE

Le Kosovo, enjeu des élections serbes

La Serbie élira un nouveau Parlement dimanche 21 janvier. Ce scrutin est décisif pour l'avenir de la province du Kosovo et va révéler si les Serbes sont prêts à s'engager sur la voie de l'Europe.

Extraits des publications suivantes:
El País - Espagne, Népszabadság - Hongrie, die tageszeitung - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, The Economist - Royaume-Uni

El País - Espagne

Le quotidien estime que la Serbie a le choix, ce dimanche, entre "gravir une marche de plus en direction de l'Europe ou s'ancrer plus encore dans le 'paléonationalisme' qui a conduit ce pays des Balkans au désastre. Les derniers sondages anticipent un coude à coude entre l'option réactionnaire exprimée par le Parti radical serbe (SRS) - crédité de 30 % dans les sondages - et dont le héros, Vojislav Seselj, comparaît devant le Tribunal de La Haye, et l'option civilisée du Parti démocrate (DS) dirigé par le président serbe Boris Tadic - qui a 2 points de moins dans les sondages. Le troisième protagoniste, et possible joker, est le parti conservateur et nationaliste (Parti démocratique de Serbie, DSS) du Premier ministre sortant, Vojislav Kostunica, qui aspire à un nouveau mandat après trois années d'instabilité à la tête d'une coalition minoritaire." (19.01.2007)

Népszabadság - Hongrie

Anikó Nánási s'interroge à propos des objectifs du Parti démocrate (DS) du président serbe Boris Tadic, et ceux du Parti radical serbe (SRS). Les démocrates promettent "l'intégration européenne de la Serbie, une société civile démocratique, un Etat de droit, un essor économique, une amélioration du niveau de vie et un recul de la criminalité. Ils tiendraient probablement ces promesses s'ils n'étaient pas constamment sur la corde raide, entre la sauvegarde de l'identité nationale et la poursuite des idées européennes (...) Quant au Parti radical serbe, il invective quiconque souhaite se conformer aux exigences de la communauté internationale. Il demeure attaché à la vision d'une Grande Serbie et considère le présumé criminel de guerre Ratko Mladic comme un héros qu'il ne faut en aucun cas livrer à la Cour internationale de justice. Le SRS veut conserver le Kosovo, même si le prix à payer est une nouvelle guerre. Le candidat tête de liste du SRS, Tomislav Nikolic, croit-il vraiment que ces objectifs sont réalistes ? (17.01.2007)

die tageszeitung - Allemagne

Erich Rathfelder brosse le portrait du Premier ministre serbe Vojislav Kostunica. "Il se définit volontiers comme un démocrate conservateur. Toutefois, de tels qualificatifs demeurent incongrus dans ce pays. Le paysage politique serbe fonctionne selon ses propres points de repère." Ces derniers temps, le ton de Vojislav Kostunica s'est fait de plus en plus chauvin, note le journaliste. C'est pourquoi un grand nombre de ses compatriotes le considèrent comme un "modernisateur du nationalisme". Erich Rathfelder fait le pronostic suivant : "Le Parti radical va redevenir le premier parti, avec probablement 35 % des voix. Vojislav Kostunica, avec son parti qui devrait recueillir 20 % des voix, et son partenaire de coalition, le Mouvement du renouveau serbe, qui peut certainement compter sur 10 % des voix, devrait être en mesure de se faufiler entre les extrêmes et former un nouveau gouvernement. C'est exactement ce qu'il souhaite. (...) En Serbie, tous les chemins mènent à Kostunica." (18.01.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

A la veille des élections législatives en Serbie, Martin Volker spécule sur les éventuelles coalitions et leur conséquences politiques. Tout dépendra surtout de la position que le futur gouvernement adoptera vis-à-vis du Kosovo. "Que se passera-t-il si les propos de Vojislav Kostunica, qui évoque le Kosovo comme une partie inaliénable de la Serbie, sont bien plus qu'une simple rhétorique électorale et qu'en dépit du bon sens, il finit par s'allier avec les radicaux, qui sont idéologiquement les plus proches de lui ? (...) Un tel scénario entraînerait inévitablement la colère de la province séparatiste du Kosovo, avec des conséquences graves pour toute la région." (17.01.2007)

The Economist - Royaume-Uni

"Peu après les élections législatives du 21 janvier, l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari, chargé par les Nations unies d'établir un plan sur l'avenir du Kosovo, présentera son projet. Le Kosovo est depuis 1999 sous administration onusienne. La province est techniquement intégrée à la Serbie, mais 90 % de ses deux millions d'habitants sont des Albanais qui réclament leur indépendance. Le plan de M. Ahtisaari prévoit que le Kosovo devienne indépendant sous certaines conditions", indique l'hebdomadaire. "L'une de ces conditions est claire : le Kosovo ne devra s'unir ni à l'Albanie, ni avec les parties albanaises de la Macédoine. Durant les années 1990, quand l'ex-Yougoslavie s'est disloquée dans le sang, les Serbes et les Croates ont tenté de tailler une Grande Serbie et une Grande Croatie. Pour de nombreux Serbes, ce n'est qu'une question de temps avant que les Albanais aspirent à une Grande Albanie. Pourtant, les hommes politiques prônant l'union n'ont jamais eu beaucoup de succès au Kosovo ou en Albanie." (19.01.2007)

RÉFLEXIONS

Die Weltwoche - Suisse

Roger Köppel juge défectueuse la mécanique de l'Europe

Le Suisse Roger Köppel, rédacteur en chef et éditeur de l'hebdomadaire 'Weltwoche', profite d'un article signé par Roman Herzog, président de l'Allemagne entre 1994 et 1999, pour évoquer les "faiblesses institutionnelles" de l'Europe. Roman Herzog se plaint qu'un nombre croissant de lois allemandes soient imposées par Bruxelles - au mépris de la démocratie parlementaire. Le journaliste partage cet avis. "La législation de l'UE est principalement influencée par le Conseil des ministres. Cet organe rassemble les membres des exécutifs des pays de l'UE, qui, à Bruxelles, deviennent membres du législatif. En d'autres termes, l'UE, qui se présente elle-même comme une garante de la démocratie et de l'Etat de droit, bafoue en son sein le principe de la séparation des pouvoirs en déléguant aux représentants de l'exécutif ses fonctions législatives essentielles. (...) L'UE est en somme une mécanique institutionnelle défectueuse qui a besoin d'une révision urgente. La Suisse a bien fait de garder ses distances." (18.01.2007)

Le Monde - France

Elfriede Jelinek et le mythe de l'innocence autrichienne

Elfriede Jelinek, Prix Nobel de littérature 2004, évoque dans un entretien avec Nicolas Weill son livre 'Enfants des morts'. L'auteure autrichienne explique qu'il est de son devoir d'arracher "le masque de l'innocence" de l'Autriche. "Haider comme figure, c'est-à-dire la nouvelle droite politique qu'il a naguère en quelque sorte personnifiée, signifie la continuité d'un fascisme moderne sous l'habit d'un (autrefois encore) nouveau 'Führer' jeune et séduisant. A partir de Haider, on n'avait plus, pour le représenter et bien le vendre, les vieux nazis avec leurs histoires de guerre, mais un jeune homme sportif et à la mode. Ce genre de créature, leur éternel retour, égratigne naturellement le mythe de l'innocence éternelle de l'Autriche, longtemps entretenu, jusqu'au milieu des années 1980 (...), d'une Autriche qui s'était elle-même érigée en victime isolée, en petit pays sans défense agressé par Hitler (...)." (19.01.2007)

POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

Edmund Stoiber fait ses adieux à la politique

A la suite d'une lutte de pouvoir au sein de son parti (la CSU, l'Union chrétienne-sociale), le ministre-président bavarois Edmund Stoiber a annoncé son départ pour septembre. Les médias tchèques ont suivi cet événement avec une attention toute particulière. En effet, les Allemands des Sudètes, chassés de Tchécoslovaquie après la guerre, sont placés sous son patronage. Lubos Palata commente : "Edmund Stoiber a parcouru le monde entier, il a été accueilli à Washington, à Pékin, à Moscou. En revanche, le chef de gouvernement des douze millions de Bavarois n'est jamais venu en visite officielle à Prague. Seul le gouvernement fédéral [à Berlin] est considéré comme le partenaire du gouvernement tchèque. Edmund Stoiber a pris totalement à coeur le rôle de protecteur des Sudètes, 'quatrième tribu de Bavière' expulsée de Bohème, qui lui est conféré par la Constitution bavaroise. Avec le départ d'Edmund Stoiber, la République tchèque perd un partenaire avec lequel elle entretenait un rapport émotionnel. Toutefois, même sans lui et les Sudètes, aujourd'hui en voie de disparition, la Bavière demeure un voisin important, le plus important après l'Allemagne." (19.01.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Marcin Zaborowski et la querelle germano-polonaise

L'écrivain et chercheur polonais Marcin Zaborowski, spécialisé dans la politique européenne, analyse les relations entre l'Allemagne et la Pologne. "En tant que plus grand Etat de l'ancienne Europe communiste, la Pologne occupe une place à part dans la politique étrangère allemande. Les responsables politiques polonais estiment quant à eux que la route de l'Europe passe directement par Berlin. Il y a eu des signes d'harmonie entre les deux pays : Berlin a soutenu les efforts de la Pologne pour rejoindre les institutions de l'Ouest, les exportations allemandes vers la Pologne ont explosé et le processus de réconciliation a rapidement progressé. Aujourd'hui, ces relations ont viré aux chamailleries. (...) Varsovie et Berlin sont en désaccord au sujet du pipeline de la mer Baltique et de leurs relations avec la Russie. Mais le plus inquiétant, c'est qu'ils se disputent de plus en plus sur les interprétations du passé. Comment expliquer que cela se produise après que la Pologne a rejoint l'UE ? L'adhésion était censée accélérer le processus de rapprochement, et non le faire reculer." (19.01.2007)

Cotidianul - Roumanie

L'influence des oligarques en Roumanie

Le président roumain Traian Basecu, qui est en guerre ouverte avec son Premier ministre Calin Tariceanu, a présenté cette semaine un billet signé par ce dernier dans lequel il demandait au chef de l'Etat d'intervenir en faveur de l'un de ses amis poursuivis par la justice. Traian Ungureanu commente cette situation qui montre comment la politique de la coalition gouvernementale libérale-démocrate au pouvoir est guidée par les intérêts des oligarques locaux [les hommes d'affaires]. "La Roumanie subira-t-elle le même sort que la Russie ? Deviendra-t-elle un Etat à cent pour cent oligarque, une marionnette qui rapporte de l'argent aux patrons ? Ou se trouve-t-elle à l'aube d'une époque plus juste ? Ce serait un grand pas pour notre pays. Voilà la lutte qui se déroule depuis deux ans devant nos yeux, et le plus grand problème de notre pays." (19.01.2007)

To Vima - Grèce

Près de 20 % des Grecs vivent sous le seuil de pauvreté

"Près d'un Grec sur cinq  [19,6 %] vit en dessous du seuil de pauvreté !" s'étonne le quotidien en commentant les résultats d'un rapport officiel publié le 18 janvier. "Sur onze millions d'habitants, c'est alarmant! (...) Comment croire à la volonté gouvernementale de réformer le système d'aides sociales ? Cela revient à affronter le Minotaure ! Avec un salaire minimum à 591 euros et une économie parallèle [le travail non déclaré] qui représenterait environ 40 % du produit intérieur brut, comment apporter des solutions viables ? C'est la question que se pose aussi l'opposition socialiste qui accuse le gouvernement d'avoir appauvri les pauvres et enrichi les riches. Mais ce n'est pas un débat électoral ! Il faut réagir, quand on sait que 27,9 % sont des personnes de plus de 65 ans et n'ont pas de quoi se nourrir !" (19.01.2007)

Diário de Notícias - Portugal

Les Portugais doivent-ils se prononcer sur la question de l'avortement ?

La chroniqueuse Ana Sá Lopes regrette que la question de la dépénalisation de l'avortement fasse l'objet d'un nouveau référendum au Portugal le 11 février. "La force de la campagne du 'non' [à l'avortement] réside dans sa férocité émotionnelle, fondée sur des questions de foi. Elles sont certes respectables mais inexplicables à la lumière du droit pénal qui tente de régir les problèmes des hommes et non ceux d'un Dieu quelconque. En livrant la révision du code pénal au vote populaire, le législateur a décidé de le soumettre à la foi et aux émotions. Aujourd'hui, on perçoit facilement les raisons de la victoire du 'non' voilà huit ans lors d'un référendum au cours duquel plus de la moitié de l'électorat n'avait vu aucune raison de participer." (19.01.2007)

Libération - France

La France rend hommage à ses 'Justes'

Plus de 2 700 Français ont reçu à ce jour le titre de 'Juste' pour avoir sauvé des Juifs pendant l'occupation allemande. Le président français Jacques Chirac leur a rendu solennellement hommage jeudi 18 janvier au cours d'une cérémonie officielle organisée à Paris au Panthéon. "Il restera à son actif [de Jacques Chirac] d'avoir permis aux Français de regarder leur passé en face", estime Jean-Michel Thénard. "Le rôle d'un chef d'Etat n'est pas d'écrire l'Histoire, mais bien d'aider son peuple à l'assumer dans sa vérité. Premier président de la Ve République à reconnaître la responsabilité de l'Etat français dans la déportation de 75 000 Juifs, en 1995, son discours a tourné la page d'une mythologie gaulliste pernicieuse. (...) Pour avoir été nourris au culte du héros, perpétué par un Mitterrand compromis avec Vichy, les Français tombèrent de haut. La repentance alors a grandi et s'est imposée. (...) Mais la repentance commence aujourd'hui à s'estomper pour laisser place à cette 'lumière' que diffusent les Justes." (19.01.2007)

CULTURE

Dziennik - Pologne

L'implication des écrivains polonais dans les ex-services secrets

En Pologne, le débat fait rage en ce moment autour des espions du SB, les anciens services secrets communistes. Dans son ouvrage paru en 2005, 'Oblawa' ('La Chasse'), l'auteure Joanna Siedlecka décrit l'attitude des services secrets vis-à-vis des écrivains. Dans un entretien avec Maciej Urbanowski, elle explique que ce sont surtout les dirigeants du Syndicat polonais des écrivains qui refusent d'assumer leur implication dans les services secrets. "La police secrète n'espionnait pas elle-même les écrivains. (...) Ce sont les dirigeants, les hommes de lettres au pouvoir et l'establishment qui ont éliminé les rebelles et ont ainsi aidé les services secrets. La plupart du temps, il n'était pas question de littérature, mais de logement, de pouvoir, de postes et de voyages. Les écrivains qui étaient prêts à collaborer étaient récompensés. Ils habitaient allée des Roses ou rue Iwicka - il menaient une vie merveilleuse. (...) Les écrivains ont contribué à leur propre perte. Le SB, les partis ou les ministère de l'Intérieur n'ont été que les instigateurs." (19.01.2007)

COULEURS LOCALES

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les symboles soviétiques dans les pays Baltes

"Les T-shirts rouges imprimés de grosses initiales CCCP, l'abréviation d'Union soviétique en cyrillique, rencontrent un immense succès parmi les jeunes russes de Riga, tout comme les casquettes brodées du marteau et de la faucille", observe le journaliste Thomas Urban. L'Estonie, qui connaît le même phénomène, s'interroge sur l'attitude à adopter vis-à-vis de tels symboles. "Le politologue [estonien] Heiko Paabo, de l'université de Tartu, lance l'avertissement suivant : le marteau et la faucille pourraient, en cas d'interdiction, devenir les symboles de la protestation et servir à provoquer le pouvoir. Ce serait un signal fort pour les nationalistes en Russie. Le politologue invite à ne pas s'affoler face à l'état d'esprit de la jeune génération russe des pays Baltes : une majorité d'entre eux salue l'adhésion de leur pays à l'UE. Non seulement ils en ont pris leur parti, mais ils sont fiers d'être 'euro-russes'. Seule une minorité, certes visible, porte des T-shirts CCCP."  (19.01.2007)

 

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