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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 05.02.2007

 

À LA UNE

La violence dans le football italien

Un policier italien est mort vendredi 2 février lors d'affrontements qui ont éclaté à Catane en marge d'un derby sicilien. Tous les matchs de football prévus ce week-end en Italie ont été suspendus par les autorités, qui réfléchissent à l'adoption de nouvelles mesures pour tenter de mettre un terme à cette violence.

Extraits des publications suivantes:
La Repubblica - Italie, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, Le Figaro - France

La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Umberto Galimberti cherche à comprendre comment la violence prospère dans les stades italiens. "A Catane, ils ont tué un policier et en ont blessé d'autres. Qui ? Les criminels du stade. Ceux qui chaque dimanche, dans toutes les villes italiennes, à une cadence rituelle, provoquent des incidents. Avec leurs passe-montagnes baissés car la violence est lâche ; avec leurs fumigènes qui embrument l'atmosphère pour garantir leur impunité (...). L'orgie de cruauté se répète avec la même monotone régularité que la succession des samedis et dimanches de championnat. Comme un rite, les tifosi les plus excités suivent la routine. Et comme la routine est ennuyeuse, tels des drogués, les criminels du stade ont besoin de doses de plus en plus fortes pour éloigner une lassitude toujours plus présente". (05.02.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Stefan Ulrich commente les "mesures draconiennes" enisagées par le gouvernement italien après la mort d'un policier à Catane. "Les matchs ont été suspendus, le ministre de l'Intérieur menace de ne plus envoyer aucun policier dans les stades, un autre ministre demande que les arènes soient définitivement fermées. Suivant cette logique, Naples devrait être rayé de la carte à cause de la Camorra, et la Sicile à cause de Cosa Nostra. Au lieu de capituler, l'Etat doit reconquérir les terrains - en instaurant un catenaccio [un système de jeu verrouillé qui favorise l'efficacité au détriment du spectacle] contre la violence, ce 'verrou' que les footballeurs italiens maîtrisaient si bien autrefois. Ce ne sera pas facile, mais c'est possible. Il ne faut pas chercher à comprendre pourquoi les arènes du pays champion du monde font partie des plus dangereuses et des plus sordides d'Europe. D'autres pays ont montré à quel point les stades modernes sont sûrs. En outre, les clubs italiens et ceux des fédérations d'autres pays pourraient être contraints à mettre fin à leurs relations avec les supporters extrémistes. Les joueurs qui excitent leurs supporters avec le salut fasciste, comme cela s'est vu à Rome, doivent s'en aller." (05.02.2007)

Der Standard - Autriche

"Comme toujours en Italie, les lois sont là pour être contournées", déplore Gerhard Murmelter. "La loi visant à endiguer la violence dans les stades de football, promulguée en 2005, n'a pas été appliquée à cause de la résistance des clubs qui maintenant, à la télévision, déplorent cette violence. Le grand nettoyage du football italien, entamé avec le déclassement de la Juventus de Turin, a été étouffé par la victoire de l'Italie en Coupe du monde. Les demi-dieux discrédités ne se sont-ils pas rachetés, et n'ont-il pas racheté la nation par la même occasion ? N'ont-ils pas prouvé aux tifosi déconcertés que le football, qui passait pour mort, est bien vivant ? Fabio Cannavaro, capitaine de la Squadra Azzurra, n'a-t-il pas été désigné joueur de l'année 2006 ? L'entraîneur victorieux de l'équipe d'Italie en Coupe du monde, Marcello Lippi, paraît aujourd'hui 'désorienté'. Après les scènes d'horreur de Catane, il fait une suggestion intéressante : 'peut-être les clubs devraient-ils se payer des soldats à la place des attaquants'." (05.02.2007)

Le Figaro - France

L'éditorialiste Yves Thréard déplore la "sale mentalité" qui plane sur le football et qui dévalorise le jeu. "L'Italie est aujourd'hui sur la sellette après le décès d'un policier à Catane. Il est douloureux de s'avouer que la nation championne du monde, où le football est une seconde nature, est aussi la terre de toutes les dérives. Matchs arrangés qui ont valu la rétrogradation de la célèbre Juventus Turin, insultes racistes et banderoles néonazies dans les tribunes, joueurs et arbitres régulièrement agressés, scènes d'émeutes à la fin des rencontres : dans pareil contexte, comment aimer encore le jeu ?(...) Une sale mentalité habite aujourd'hui l'univers du football, dont on retient davantage un coup de boule qu'un exploit technique, les prestations publicitaires d'un joueur que la belle victoire d'une équipe, les emportements d'un entraîneur qu'un geste valeureux." (05.02.2007)

RÉFLEXIONS

Dnevnik - Bulgarie

Julian Popov dépeint un triste paysage politique bulgare

L'écrivain et journaliste bulgare Julian Popov explique avec embarras qu'il n'existe aucun message politique clair dans son pays. "Au cours des premières années qui ont suivi 1989, les antagonismes politiques étaient encore relativement clairs. On trouvait d'un côté les partis qui avaient tiré les ficelles pendant plusieurs décennies, et de l'autre côté les partis qui revendiquaient la fin de l'hégémonie politique. (...) Toutefois, les idées manquaient. Les bleus occupaient la droite de l'échiquier politique, les rouges la gauche, et ils ont fini par tous se mélanger. Sans différenciation politique, il n'existe pas de véritable démocratie. Le peuple n'a pas le choix. C'est comme s'il se trouvait dans un grand supermarché qui ne vendrait que des conserves de chou farci bulgare ou de choucroute. (...) Dans un monde civilisé, il existe bien plus de nuances entre le camp de la gauche et celui de la droite." (05.02.2007)

Le Soir - Belgique

Roger-Pol Droit défend un usage quotidien de la philosophie

Le penseur français Roger-Pol Droit se penche dans une interview réalisée par William Bourton sur la place qu'occupe la philosophie dans la vie quotidienne. "Evidemment, elle peut aider à vivre. Mais pas du tout en édictant des règles à suivre semblables à des règles monastiques ou aux préceptes d'une secte ! Réfléchir sur ce qu'on est, ce qu'on fait, ce qu'est le monde, ou le pouvoir, ou encore le bien, le mal, la justice, la liberté et la mort, cela importe essentiellement à la manière dont on mène son existence ! Dans l'Antiquité, adopter une philosophie - devenir stoïcien, épicurien, cynique, sceptique... -, c'était aussi adopter un mode de vie, et même un vêtement, des façons de se nourrir. Tout cela est derrière nous, mais on a redécouvert que réfléchir à son existence n'était pas coupé du quotidien, des actions et des décisions concrètes. Socrate le disait déjà : 'Une vie qui n'est pas examinée ne vaut pas la peine d'être vécue'". (05.02.2007)

Znak - Pologne

Olga Stanislawska à propos de la renaissance des religions

Dans le cadre d'un entretien avec Krystyna Straczek et Lukasz Tischner, l'écrivaine et journaliste polonaise Olga Stanislawska constate une renaissance des religions en Europe de l'Est et dans les Balkans. C'est en effet "le seul moyen dont ces régions disposent désormais pour se forger leur propre identité. En Bosnie, les prêtres et les imams avec lesquels j'ai discuté savent pertinemment que les gens ne retournent pas à l'église ou à la mosquée à des fins religieuses mais plutôt parce qu'ils ont besoin de faire partie d'un groupe, d'évoluer dans un espace plus sûr. En effet, les institutions de l'Etat dans lequel elles vivent ne remplissent plus leur rôle." (03.02.2007)

POLITIQUE

Le Temps - Suisse

L'impérative lutte contre le réchauffement climatique

"Difficile de deviner ce que le quatrième rapport mondial sur le climat, sous le patronage de l'ONU, va changer. En revanche, une chose est certaine, il y aura un avant et un après", juge François Modoux après la publication le 2 février du document réalisé par le Groupement intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). "La communauté internationale scientifique renvoie, sans ambiguïté, les décideurs politiques occidentaux à leurs responsabilités. La question n'est plus maintenant essentiellement scientifique, mais politique. Comment les sociétés humaines vont-elles - ou non - modifier leur fonctionnement pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et éviter un réchauffement trop nuisible à l'humanité ? En Suisse, les conclusions du rapport à peine connues, les partis politiques ont aussitôt réclamé qui un débat urgent, qui une session spéciale sur le climat et l'énergie. Les gesticulations de ce week-end sont touchantes quand elles sont le fait de formations ou d'hommes politiques qui, pendant des années, ont nié le problème ou l'ont relativisé. Aujourd'hui, plus question d'enfouir la tête dans le sable. Impossible de tergiverser : le réchauffement confirmé réclame une mobilisation immédiate des élus ainsi que des citoyens." (05.02.2007)

Open Democracy - Royaume-Uni

Le plan onusien pour l'avenir du Kosovo

"Après presque huit ans de bouleversements, de querelles et de négociations post conflit, l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari a proposé le 2 février un 'compromis' aux Serbes et aux Albanais pour le statut futur du Kosovo", écrit le journaliste T.K. Vogel. "Ahtisaari a su éviter la controverse lorsqu'il a présenté son plan. (...) Mais le contenu du document est lui plus polémique. (...) En coulisses, les eurocrates réfléchissent à la forme que prendra la présence internationale dans le Kosovo indépendant. (...) La transition de la mission de l'ONU (http://www.unmikonline.org/) vers une mission européenne de suivi, qui sera sans doute l'effort le plus important jamais consenti par l'UE hors de son territoire, risque fort de s'avérer difficile. Le passage de relais prendra quelques mois, peut-être jusqu'à un semestre, repoussant davantage la quasi indépendance du Kosovo. Et le tout pourrait encore dérailler si la Russie refuse de voter une résolution du Conseil de sécurité endossant la nouvelle mission. Et comme souvent dans les Balkans, l'UE n'a pas de plan B." (02.02.2007)

Sme - Slovaquie

Les Hongrois de Slovaquie inspirés par l'exemple du Kosovo?

En Slovaquie, de nombreuses personnalités politiques de premier plan ont émis des réserves sur la question de l'indépendance du Kosovo. Leur argument est le suivant : la minorité hongroise de Slovaquie pourrait prendre exemple sur le Kosovo et chercher à prendre son indépendance. Les représentants de cette minorité rejettent cette insinuation. Milan Nic, de l'université de Bologne, trouve aberrants les soupçons des politiciens slovaques à l'égard des Hongrois. "Quiconque se sert du Kosovo comme d'un précédent pour brandir la menace d'une sécession hongroise au nez des citoyens est revenu au siècle dernier. Une solution particulière adoptée dans les Balkans ne sera jamais élevée au rang de norme en Europe centrale, et encore moins au sein de l'UE. Il est affligeant que le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement slovaque, Boris Zala, mais également le ministre des Affaires étrangères, Jan Kubis, entrent dans ce jeu. Nous devons nous conformer à la position de nos partenaires européens et de l'OTAN, et pas à celle de Moscou ni de Belgrade." (05.02.2007)

Gândul - Roumanie

La démission du ministre roumain des Affaires étrangères

Le ministre roumain des Affaires étrangères Mihai-Razvan Ungureanu a été limogé le 2 février pour avoir dissimulé au Premier ministre Calin Tariceanu l'arrestation de deux ouvriers roumains - qui auraient filmé illégalement une base américaine en Irak -, alors qu'il en avait informé le président Traian Basescu. Bogdan Chirieac commente cette affaire qui illustre une nouvelle fois la brouille entre Mr Basescu et Tariceanu. "Si le ministre des Affaires étrangères était destitué à la suite d'élections, tout serait en règle. Toutefois, ce n'est pas Mihai-Razvan Ungureanu que Bruxelles considère victime des dissensions régnant actuellement en Roumanie en matière de politique intérieure mais la politique étrangère roumaine. Les personnalités politiques européennes vont maintenant se demander à qui elles doivent s'adresser si elles ont besoin de contacter Bucarest : au président, à l'encontre duquel le Parlement roumain a lancé une procédure de destitution, au Premier ministre, auquel on a reproché ses nombreux mensonges et infractions à la loi, ou au ministre des Affaires étrangères, qui a été chassé comme un moins que rien ? Si la Roumanie ne le sait pas elle-même, comment Bruxelles pourrait-elle le savoir ?" (05.02.2007)

ÉCONOMIE

Les Echos - France

L'Espagne en passe de perdre son géant énergétique Endesa

Le groupe d'énergie allemand E.ON a augmenté le 2 février son offre d'achat pour l'entreprise espagnole Endesa et devrait en réussir à réaliser une opération que le gouvernement espagnol a vainement tenté de freiner. Pour Patrick Lamm, rédacteur en chef du quotidien, les Etats et les opérateurs énergétiques obéissent "à des logiques différentes. (...) Après le retrait de son concurrent [espagnol] Gas Natural et le relèvement de son offre, le groupe d'électricité allemand est désormais tout près du but. Son succès, s'il se confirme, constituera la plus importante acquisition transfrontalière en Europe dans un secteur où les considérations de souveraineté nationale sont restées jusqu'à présent prépondérantes. Elle marquera la victoire des marchés sur les Etats puisque le gouvernement de José Luis Zapatero a tout fait pour barrer la route à E.ON afin de privilégier l'émergence d'un grand champion espagnol." (05.02.2007)

Die Presse - Autriche

L'euro creuse les inégalités en Europe

Dans un texte diffusé par Project Syndicate et repris par le quotidien, l'économiste américain Melvyn Krauss se demande comment l'introduction de l'euro a modifié l'équilibre entre les pays européens. "En 2006, les exportations et le produit intérieur brut (PIB) ont augmenté plus rapidement en Allemagne qu'en France et en Italie. Avant l'euro, le décalage entre l'Allemagne et ses grands voisins en matière de réformes n'aurait pas posé de problème. Les monnaies des autres pays se seraient dépréciées par rapport au mark et il y aurait peut-être eu une baisse des taux d'intérêt. Mais dans le contexte actuel ce n'est plus possible. (...) Le niveau de l'euro adapté aux Allemands est trop élevé pour les Français et les Italiens. A l'inverse, les taux d'intérêt souhaitables pour les Français et les Italiens sont trop bas pour les Allemands. Du fait de l'union monétaire avec une Allemagne de plus en plus compétitive, les pays lents à se réformer, comme la France, l'Italie et le Portugal, se voient dans l'obligation de faire un choix difficile : accélérer leur processus de réforme ou être condamnés à une stagnation perpétuelle." (05.02.2007)

CULTURE

El Mundo - Espagne

L'écrivain turc Orhan Pamuk contraint à l'exil ?

L'auteur espagnol Juan Bonilla commente la situation dans laquelle se trouve l'écrivain turc Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel de littérature en 2006, qui a été contraint d'annuler un voyage en Allemagne la semaine dernière pour des raisons de sécurité et qui est actuellement en voyage aux Etats-Unis. "Orhan Pamuk, auteur de l'un des plus beaux livres dédiés à une ville ['Istanbul'], doit partir de celle-ci. Il a été obligé de faire ses valises à cause de menaces constantes, de l'assassinat du journaliste Hrant Dink, dont l'assassin a désigné Pamuk comme la prochaine victime, de l'air pollué par le fondamentalisme nationaliste. (...) Par chance, Pamuk peut fuir. Il est certes regrettable d'être chassé de l'endroit auquel l'on appartient, du lieu que personne d'autre n'a su recréer littérairement d'une telle manière. Mais il est préférable de s'en aller de chez soi plutôt que de ne rien faire pour empêcher que sa maison ne devienne un sépulcre. Les ultranationalistes turcs fêtent l'exil de Pamuk comme une grande victoire et continueront de lire la littérature désastreuse qui leur permet de faire vivre leurs idées nauséabondes (...)." (05.02.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Les frères Chapman, artistes iconoclastes anti-Lumières

Le chroniqueur Johann Hari n'apprécie pas le travail des frères Jake et Dinos Chapman exposé à la galerie d'art moderne Tate Liverpool jusqu'au 4 mars. Il y voit "une sorte d'art punk qui vous crache au visage (...). L'intention avouée des frères Chapman n'est plus toute jeune, les fascistes et les prêtres ont eu la même pendant les 300 dernières années : éroder et détruire les Lumières. (...) Franscisco Goya fut l'un des plus grands artistes des Lumières. En 1799, dans ses fameuses gravures Los Caprichos, il fait la caricature du clergé qui contrôle l'Espagne tout en louant les figures politiques libérales et laïques qui s'opposaient à l'Eglise. C'est au nom de la volonté des Lumières de montrer la vérité crue qu'il a peint des scènes de guerre telles qu'elles se produisent, ce qui n'avait jamais été fait. (...) En 2003, les frères Chapman ont acheté des originaux des gravures de Goya et les ont vandalisées. Les visages des victimes agonisantes de la guerre dessinées par Goya avec une clarté documentaire ont été recouverts par les visages moqueurs de clowns et de chiots peints par les Chapman." (05.02.2007)

COULEURS LOCALES

Sega - Bulgarie

L'Europe prend un goût de concombre en Bulgarie

Janina Sdrawkowa fait le bilan du premier mois d'appartenance de la Bulgarie à l'UE. "L'adhésion à l'UE s'accompagne du spectre menaçant de l'inflation dans tous les secteurs. Toutefois, elle ne touche pas seulement nos portefeuilles mais s'immisce profondément dans d'autres sphères de notre existence, dans notre mentalité et notre style de vie. Ce sont les bouilleurs de cru qui doivent payer le plus lourd tribut. Par ailleurs, les concombres doivent mesurer 25 centimètres de long et être parfaitement droits pour pouvoir entrer dans la catégorie I (...) Cette semaine, une nouvelle menace est apparue : on n'aura bientôt plus le droit de fumer ailleurs que chez soi. C'est la moitié de leur vie que les Bulgares voient partir en fumée. Car pour un Bulgare, la vie sans schnaps, sans salade et sans cigarettes paraît aussi fade et stérile qu'un concombre." (02.02.2007)

 

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