szmtag

02.12.2008

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 13.02.2007

 

À LA UNE

Que faire des anciens terroristes ?

Brigitte Mohnhaupt, une des figures historiques de la Fraction armée rouge (RAF), ancien mouvement terroriste d'extrême gauche allemand, sera remise en liberté conditionnelle le 27 mars. Un tribunal de Stuttgart a estimé, lundi 12 février, que Mohnhaupt, qui purgeait une peine de prison à vie pour neuf assassinats, "ne présentait plus de dangerosité". Dans le même temps, l'Espagne débat du sort du détenu José Ignacio de Juana Chaos, un ancien chef de l'organisation séparatiste basque (ETA).  Quelle attitude un Etat de droit doit-il adopter vis-à-vis de ses anciens terroristes ?

Extraits des publications suivantes:
Berliner Zeitung - Allemagne, Hospodářské noviny - République tchèque, Le Temps - Suisse, El País - Espagne

Berliner Zeitung - Allemagne

"L'histoire de la Fraction armée rouge (RAF) est aussi l'histoire d'erreurs jamais admises et jamais réparées", écrit Christian Bommarius. "La plus grande menace terroriste en Allemagne ne venait pas de la RAF mais de la propension initiale des politiques, de la police et de la justice à concéder aux terroristes ce qu'ils désiraient si ardemment - être reconnus en tant que criminels politiques. Cela n'a certes pas légitimé les crimes mais a irrévocablement ôté à l'Etat sa légitimation en tant qu'Etat de droit. Le mobile d'un criminel peut jouer un rôle dans la qualification juridique de ses actes mais les mêmes lois doivent s'appliquer à tous les criminels - quels que soient leurs mobiles, leurs points de vue, leur vision du monde. (...) C'est pourquoi la décision du tribunal de Stuttgart de suspendre la peine de prison à vie de Brigitte Mohnhaupt après 24 ans d'enfermement n'est pas surprenante. C'est tout simplement la routine." (13.02.2007)

Hospodářské noviny - République tchèque

Pour Adam Cerny, l'annonce de la libération de la terroriste de la RAF Brigitte Mohnhaupt après 24 ans d'emprisonnement a un goût amer. Selon lui, deux conditions doivent être remplies : il faut qu'un certain laps de temps se soit écoulé depuis les faits et que la coupable manifeste du remord. "Malheureusement, aucune once de regrets du côté de Brigitte Mohnhaupt. C'est pourquoi la scène politique et l'opinion publique n'ont jamais été aussi partagées sur un thème comme celui-là. Les familles des victimes éprouvent encore de la douleur.(...) Si Brigitte Mohnhaupt ne finit pas à un moment ou à un autre par montrer du remord, il faudra la remettre en prison." (13.02.2007)

Le Temps - Suisse

Yves Petignat salue la décision de la justice allemande. "En résistant à la voix de la rue qui criait 'pas de pitié pour les sans-pitié; pas de liberté pour les ennemis de la démocratie', le tribunal de Stuttgart n'a pas seulement redonné sa liberté - conditionnelle - à l'organisatrice des attentats les plus meurtriers. Il a aussi libéré un peu plus l'Allemagne du poids du passé. 'Pour l'Etat de droit, l'absence de pitié des criminels ou leur manque de regrets envers les victimes n'est pas un argument', prévenait un grand quotidien national. Il ne peut pas y avoir de droit particulier, même pour ceux qui se déclaraient en guerre contre l'Etat. (...) C'est un geste de réconciliation. Ce qui est toujours impressionnant, c'est la capacité de l'opinion allemande à mener des débats de fond sur le rôle de l'Etat, le sens de la démocratie et l'humanisation de la justice avec autant de passion que d'autres en mettent à palabrer sur la liberté des chiens de combat. Oui, la Suisse s'élèverait parfois à admirer l'Allemagne." (13.02.2007)

El País - Espagne

Le Tribunal Suprême espagnol a décidé lundi 12 février de réduire de 12 à 3 ans de prison une condamnation infligée pour menaces terroristes au détenu basque José Ignacio de Juana Chaos, en grève de la faim depuis début novembre. Alors que l'Audience nationale - la principale instance pénale - doit désormais se prononcer sur sa remise en liberté, le quotidien juge nécessaire que De Juana Chaos "manifeste clairement avoir renoncé aux buts et aux moyens de la lutte terroriste. Il faudra s'habituer à quelque chose d'aussi élémentaire que le fait que dans un Etat de droit, les terroristes, y compris des personnages aussi sanguinaires que De Juana [il a déjà effectué vingt ans de réclusion criminelle pour 25 assassinats], sortent de prison une fois qu'ils ont purgé leur peine, de la même manière que tout autre délinquant. On ne peut pas établir de fait la prison à vie, en passant au-delà de la Constitution et du Code pénal." (13.02.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Sonja Margolina décrit l'indifférence russe vis-à-vis des critiques occidentales

Alors que la Russie inquiète de plus en plus l'Occident, la population russe se sent de mieux en mieux sous l'ère Poutine, écrit l'essayiste d'origine russe Sonja Margolina. "Les résultats des réformes entreprises au début des années 90 ont enfin fini par profiter au Russe moyen. Monsieur Tout-le-monde, qui peut maintenant réaliser ses nombreux rêves de consommation à coup de crédits bon marché, s'intéresse peu à la démocratie et aux droits de l'Homme. Les assassinats d'Anna Politkovskaïa ou d'Alexandre Litvinenko ne l'émeuvent pas plus que ça et il se fiche des critiques de l'Occident. Le Russes moyen a acquis après la déconfiture de la guerre froide une certaine confiance en lui et il approuve la politique du Kremlin, qui consiste à se comporter comme une grande puissance." Margolina juge que le changement doit venir de l'intérieur. "L'Occident ferait bien de ne plus se poser en maître à penser, d'exiger du peuple russe qu'il adopte les valeurs occidentales et de s'indigner lorsque ce tranfert de valeurs ne fonctionne pas si facilement." (13.02.2007)

Romania Libera - Roumanie

Herta Müller et le comportement de la Roumanie vis-à-vis du communisme

Le président roumain Traian Basescu a officiellement condamné le communisme en Roumanie, sur la base d'un rapport d'une commission d'historiens qui lui a été remis en décembre dernier. Dans un entretien avec Ionut Chiva, l'auteure germano-roumaine Herta Müller critique cette position. "Si nous voulons une démocratie, nous devons d'abord revoir notre mentalité, puis nous devons mettre sur pied une justice qui fait son travail. Comment peut-on juger le communisme alors que les dossiers de la Securitate [ex-police politique] sont encore tenus secrets, comme les dossiers me concernant ? Les communistes ont commis des crimes graves sur lesquels nous ne savons toujours rien et dont la société civile doit débattre. Le président Basescu ne peut pas juger le communisme. Des historiens lui ont fait parvenir un tas de papiers, et il a qualifié sur cette base le communisme de 'régime criminel'. Mais ce n'est pas lui qui a subi ce 'régime criminel, c'est moi. Je trouve naïf de faire de tels gestes symboliques 17 ans après le tournant de 1989. C'est pour moi un spectacle vide de sens." (12.02.2007)

The Sunday Business Post - Irlande

Tom McGurk sur l'interaction entre la presse et la politique

Alors que des élections législatives doivent se dérouler en Irlande d'ici le mois de juillet 2007, Tom McGurk, journaliste et poète irlandais, s'interroge sur l'efficacité des groupes-témoin, des enquêtes d'opinion et des sondages permanents visant à informer les hommes politiques des désirs des citoyens dans une société très influencée par les médias. "Le problème (...), c'est la notion de 'ce que veut l'électorat'. Le choix démocratique exige une information démocratique : l'oxygène du système démocratique réside dans la capacité des citoyens à savoir ce qui se passe dans la société. Mais ce qui arrive de plus en plus, c'est que cette connaissance passe par les médias qui ne sont plus rien d'autre qu'une part intégrante du système économique, et simplement une autre forme de marketing. Est-ce que 'l'infotainment' ['l'info-divertissement'] a remplacé l'information au détriment de la démocratie ? Avons-nous atteint un tel point de ruine démocratique qu'au lieu de voir la presse réagir aux politiques, les politiques réagissent tout bonnement à la presse ?" (11.02.2007)

POLITIQUE

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

L'hystérie injustifiée autour du discours de Poutine

Pour Juris Paiders, le discours prononcé samedi 10 février par le président russe Vladimir Poutine lors de la Conférence sur la sécurité internationale (organisée à Munich) n'a certainement pas déclenché une nouvelle guerre froide. "Vladimir Poutine a fait comprendre au monde avec son style bien à lui que la Russie est sortie du coma dans lequel elle était tombée après l'effondrement de l'Union soviétique, et qu'elle souhaite être respectée en tant que grande puissance nucléaire et énergétique qui défend ses propres intérêts et ne veut plus se laisser marcher sur les pieds. Cette entrée en scène de Poutine n'était pas surprenante. En vérité, les commentaires du monde démocratique, qui considère que l'aspiration de la Russie à une égalité des droits est une proclamation de la guerre froide, sont beaucoup plus surprenants." (13.02.2007)

Libération - France

Ségolène Royal face au sexisme

Le sociologue français Eric Fassin estime que Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, est victime du rôle traditionnel assigné aux femmes en politique. "C'est ce qui faisait [le] succès [de Ségolène Royal] hier encore : n'être pas un homme politique comme les autres, ­pas un homme, donc pas tout à fait politique. Qu'on la célèbre naguère ou qu'on la dénonce depuis peu, c'est la même illusion : cette énarque qui a fait une longue carrière politique n'incarne pas plus ni moins qu'un autre la société civile, et elle n'est ni plus ni moins professionnelle ou compétente qu'un autre. La voici prise dans les mâchoires d'un piège qui encourage les femmes à s'élever en jouant d'une féminité censée les rapprocher des 'vraies gens' pour mieux les écarter ensuite du pouvoir. C'est la ruse de la raison sexiste que découvre Ségolène Royal : pour les femmes politiques en France, les conditions du succès risquent d'être aussi celles de leur disqualification." (13.02.2007)

La Repubblica - Italie

Un groupe terroriste arrêté dans le nord de l'Italie

La police italienne a démantelé lundi 12 février un groupe terroriste d'extrême gauche s'inspirant des Brigades rouges des années 70 et 80. Ce groupe de quinze personnes s'apprêtait à commettre une série d'attentats dans le Nord du pays. L'éditorialiste Giuseppe d'Avanzo s'inquiète du retour possible de la terreur dans la péninsule. "Ainsi, le fantôme que nous pensions avoir définitivement chassé de notre vie, de notre horizon, serait de retour. Nous sommes en train de réaliser avec stupeur que le spectre du terrorisme refait surface (...). Il s'agit d'un terrorisme cynique, assassin mais pas désespéré car il est conscient de pouvoir peser sur les divisions sociales, sur la rage des plus jeunes, sur les frustrations des travailleurs, sur la peur des communautés." (13.02.2007)

Correio da Manhã - Portugal

Les inconnues de l'après-référendum au Portugal

Pour Manuel Queiroz, la légalisation de l'avortement doit s'accompagner d'un appel à la responsabilité. Dimanche 11 février, "les Portugais ont répondu 'oui' au référendum sur la légalisation de l'avortement au cours des dix premières semaines de grossesse et il est juste que la démocratie s'applique sur ce sujet. Même si le seuil de 50 % requis pour que ce résultat soit contraignant n'a pas été atteint. Le 'oui' s'est fédéré autour de l'idée de décriminalisation de la femme. En simplifiant le message, la réponse a été indiscutable. Reste maintenant à faire la loi - ce qui risque d'être compliqué - et à mettre en oeuvre la réglementation qui en découle, c'est-à-dire résoudre tous les problèmes qui sont restés sans réponse pendant la campagne : qui paye, comment va fonctionner le système hospitalier et, surtout, quel signal va-t-on envoyer aux jeunes sur la responsabilité de leur vie sexuelle, étant donné que nous leur avons, bien entendu, donné un message de permissivité ?" (13.02.2007)

ÉCONOMIE

Eleftherotypia - Grèce

La Grèce mise sur le projet d'oléoduc Bourgas-Alexandroupolis

"La Grèce peut-elle enfin faire partie de la cour des grands sur le marché du pétrole en Europe ? La réponse est oui, selon les membres du gouvernement qui viennent de signer [avec la Bulgarie et la Russie] un accord pour la construction d'un oléoduc entre la mer Noire et la mer Egée", explique Mihali Kaitantzidis. "Cet oléoduc, en discussion depuis 14 ans, acheminera chaque année jusqu'à 35 millions de tonnes de pétrole de la mer Caspienne vers l'Europe occidentale en contournant les détroits turcs. (...) Cet oléoduc vient s'ajouter au projet de gazoduc entre la mer Caspienne et l'Italie, en passant par la ville de Komotini [la Grèce et l'Italie ont signé un accord le 31 janvier]. Cependant, la concurrence est forte [dans le secteur énergétique], et l'optimisme compréhensible du gouvernement grec né de ces deux grands chantiers ne diminue pas le danger." (13.02.2007)

Dnevnik - Bulgarie

La Bulgarie doit miser sur le nucléaire

Le physicien bulgare Ludmil Vatskichev réfléchit à la forme que pourrait prendre l'approvisionnement énergétique bulgare à l'avenir. "On assiste déjà à une pénurie d'électricité dans les Balkans. Les Albanais se retrouvent souvent assis plusieurs heures dans le noir. La demande augmente en Serbie, et nos voisins se tournent désormais vers nous car nous sommes le centre énergétique de la péninsule. (...) Nous pensons que les réacteurs III et IV de la centrale nucléaire de Kozloduj devraient être remis en service et que la centrale de Belene [dont la construction a commencé en 1987 avec le soutien des Russes] devrait être achevée. L'avenir réside dans l'énergie nucléaire. Cependant, l'UE n'est pas vraiment de cet avis car le souvenir de la catastrophe de Tchernobyl de 1986 y est encore cuisant." (13.02.2007)

CULTURE

Postimees - Estonie

Un Grammy pour l'Estonie

Le choeur philharmonique de chambre d'Estonie [EPCC] dirigé par Paul Hillier a remporté ce week-end aux Etats-Unis le Grammy du meilleur choeur pour l'album 'Da Pacem', une oeuvre du compositeur estonien Arvo Pärt. Immo Mihkelson estime qu'il est important que son pays supporte "musicalement la comparaison avec le reste du monde. Mais Arvo Pärt n'est pas le seul compositeur estonien. En effet, Harmonia Mundi, qui a édité 'Da Pacem', a également sorti un disque de Toivo Tulevi, et la maison de disques allemande ECM présentera en mars 'Oxymoron', l'oeuvre de Erkki-Sven Tüür. En même temps, nous devons prendre conscience que la musique dite classique ne représente qu'une minuscule niche. Même si les Grammy sont un prix d'importance majeure aux Etats-Unis, il convient d'admettre que l'industrie du disque américaine fait souvent beaucoup de bruit pour rien. Les ventes reculent et la rentabilité n'est pas au rendez-vous. Cela ne signifie pas que les gens n'écoutent pas de musique mais qu'ils n'achètent simplement plus de disques." (13.02.2007)

The Evening Standard - Royaume-Uni

Les peintures de William Hogarth exposées à la Tate Britain

Le critique d'art Brian Sewell admire la satire sociale présente dans le travail de William Hogarth, peintre britannique du XVIIIe siècle, dont les peintures sont exposées à la Tate Britain jusqu'au 29 avril. "Quand Hogarth dénonçait la corruption, la cruauté et la décadence de la société de son époque, il utilisait l'art aussi subtilement qu'un bélier. Il sentait intuitivement la nécessité de faire des réformes. (...) Ce qu'il a vu autour de lui dans le Londres de son temps - et il était en vérité un Londonien, né dans la City, résidant pendant longtemps dans ce qui est aujourd'hui Leicester Square - a fait naître la colère et le zèle réformateur de Hogarth. (...) Pendant que les riches se gavaient, les pauvres mourraient de faim, volaient et étaient exécutés ; les fous étaient exposés comme des animaux de foire pour les sains d'esprit, la prostitution des deux sexes était un commerce organisé et le plaisir sexuel obtenu immédiatement et au hasard habituel. (...) L'influence morale de l'Eglise d'Angleterre était en profond déclin et le prêtre de la paroisse était aussi susceptible qu'un autre d'être retrouvé le pantalon sur les chevilles." (09.02.2007)

COULEURS LOCALES

The Guardian - Royaume-Uni

Le passage piéton, une belle invention britannique

Le quotidien fait l'éloge du passage pour piéton visualisé par des zébrures sur la chaussée. "Le passage piéton zébré, immortalisé par la pochette de l'album Abbey Road [des Beatles], est une belle invention britannique qui a été adoptée à travers le monde, sans engendrer les moindres royalties - tout comme la langue anglaise. (...) La plupart des automobilistes s'arrêtent prestement dès qu'un piéton met le pied sur le passage - même si sur les artères très fréquentées, il vaut mieux établir un contact visuel avec le conducteur et remercier poliment après. La pratique est peu habituelle en France, où la plupart des automobilistes ne s'arrêtent pas, en dépit des encouragements du gouvernement, ce qui pousse à s'interroger sur l'utilité de ces passages piétons. Certains suggèrent que les zébrures soient modernisées par des zébrures incurvées, mais cette proposition doit être fermement rejetée pour des raisons esthétiques et de sécurité. Le succès des zébrures réside en partie dans ses lignes parfaitement identifiables, un design brillamment efficace." (13.02.2007)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

CETTE SEMAINE À LA UNE

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31