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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 22.02.2007

 

À LA UNE

La réduction des effectifs militaires européens en Irak

Le Premier ministre britannique Tony Blair a annoncé mercredi 21 février le retrait de 1 600 soldats déployés dans la ville irakienne de Bassorah. Le Danemark veut lui aussi retirer la majeure partie de ses quelque 460 soldats déployés dans le sud de l'Irak. La presse européenne se penche sur les raisons de politique intérieure qui président à ces retraits.

Extraits des publications suivantes:
Le Soir - Belgique, The Independent - Royaume-Uni, Die Presse - Autriche, Politiken - Danemark, Evenimentul Zilei - Roumanie

Le Soir - Belgique

"C'est affublé d'un masque de Janus que Tony Blair a annoncé hier une réduction substantielle des troupes britanniques en Irak", estime l'éditorialiste Jurek Kuczkiewicz. "Alors qu'une bouche laissait entendre aux électeurs britanniques désabusés que cette retraite marque le début du retrait souhaité, rendu possible par une 'amélioration' de la situation sur le terrain, l'autre faisait savoir que les Britanniques n'abandonnaient pas leurs alliés américains, puisqu'ils étaient prêts à rester 'le temps qu'on nous le demandera'. Chacun le sait : les deux bouches mentaient. Et par son annonce, Tony Blair a prononcé une douloureuse oraison funèbre. Celle de l'aventure irakienne d'abord. Par allusion ou par omission, l'annonce du Premier ministre britannique est l'aveu que l'opération militaire n'a pas apporté en Mésopotamie la paix et la démocratie, mais un chaos et une violence invraisemblable. Ce faisant, c'est sa propre oraison funèbre que signait ce Premier ministre, le plus flamboyant de l'après-guerre, aujourd'hui terrassé par le désastre irakien dans lequel il a foncé à la suite de George Bush." (22.02.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Le quotidien considère que l'annonce de Tony Blair "évoque le scénario classique d'un leader vaincu qui décide de déclarer la victoire et de fuir. Bien que Tony Blair insiste sur le fait que les conditions pour la réduction des troupes sont remplies, que les Irakiens sont maintenant assez entraînés pour endosser la responsabilité de la sécurité et que Bassorah n'est pas Bagdad, son discours devant la Chambre des communes invite au scepticisme. En partie parce qu'il était parsemé d'incertitudes et d'ambiguïtés. Ce qui a été présenté comme un retrait massif apparaît en fait plus réduit que ce qui avait été suggéré. Le calendrier est resté imprécis, et même si 1 600 hommes sont retirés cet automne, cela signifie que 5 000 restent, probablement jusqu'à la fin 2008. (...) Et pourquoi s'est-il justifié en affirmant que la violence n'était pas sectaire, mais dirigée contre les troupes britanniques ? Sir Richard Dannatt, chef d'Etat major de l'Armée britannique, avait dit la même chose voilà presque six mois, conseillant alors un retrait rapide." (22.02.2007)

Die Presse - Autriche

"Le calme relatif [qui règne au sud de l'Irak] permet d'entretenir l'illusion que les troupes britanniques ont réussi leur mission et qu'elles vont se retirer en vainqueur. Tony Blair peut ainsi mettre fin à l'aventure dont il est en partie responsable avec un dernier reste d'approbation nationale et en gardant la tête haute", estime Michael Prüller. Le journaliste voit l'avenir de l'Irak d'un oeil très sceptique. "La dislocation des forces alliées en Irak est inéluctable. C'est une tragédie dans un pays où des régions entières sont plus que jamais à la merci de dangereux criminels - mais c'est également l'expression de la résignation la plus profonde de la part de l'alliance occidentale. Et le plus désespérant dans l'affaire, c'est que les Britanniques tentent de nous vendre ce retrait comme un signe d'espoir. Comment peut-on continuer de faire confiance aux dirigeants du monde libre, alors que les dernières traces de leurs efforts de sincérité se sont envolées ?" (22.02.2007)

Politiken - Danemark

Pour Toger Seidenfaden, la décision du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, annoncée mercredi 21 février, de retirer soldats danois stationnés en Irak est une réponse à l'état d'esprit qui domine dans son pays. "Le Danemark et les soldats danois peuvent se réjouir que notre Premier ministre ne soit pas aussi obstiné que le président Bush. Anders Fogh Rasmussen souhaite être réélu, ce qui explique sa décision - une perspective que George W. Bush ne peut plus caresser. Ce qui constitue un échec pour la politique intérieure du Danemark est une véritable tragédie pour les Irakiens. La situation s'aggrave de jour en jour et aucune solution n'est encore en vue. Même un retrait des troupes américaines n'améliorerait pas la situation." (22.02.2007)

Evenimentul Zilei - Roumanie

A l'inverse du Royaume-Uni ou du Danemark, la Roumanie a indiqué par la voix de son ministre de la Défense Sorin Frunzaverde qu'elle allait maintenir en Irak ses quelque 600 soldats et ne prendrait une décision au sujet d'un éventuel retrait qu'en accord avec ses alliés. Pour Emilian Isaila, "la Roumanie est prise entre deux fronts. En raison du nouveau contexte, la politique étrangère de la Roumanie va prendre une autre direction, le président Basescu devant nuancer son discours guerrier et pro-américain. Qu'avons-nous encore à gagner en restant là-bas ? Pas grand chose a priori. Une fois que les Britanniques auront commencé à se retirer, on ne pourra plus parler d'une promesse non respectée. (...) Nous faisons partie de l'OTAN et nous sommes membres de l'UE. Nous ne suivons plus une stratégie en matière de sécurité mais une option purement diplomatique." (22.02.2007)

RÉFLEXIONS

Die Zeit - Allemagne

Jörg Lau décrit le "don" de l'islam à l'humanité

Le journaliste allemand Jörg Lau tente d'expliquer en quoi l'islam se distingue des autres religions monothéistes. "Les aînés de l'islam, le judaïsme et le christianisme, sont des religions empreintes de pathos : l'idéal du judaïsme est de délivrer le peuple élu de ses souffrances, et le christianisme promet une rédemption individuelle au travers de la passion du Dieu de l'amour. Point de théâtralisation des relations entre Dieu et l'homme dans l'islam. La sobriété de ces relations (qui effraierait presque les chrétiens) donne à la dévotion musulmane une touche unique. Dans nulle autre religion monothéiste le caractère absolu et la transcendance de Dieu ne sont aussi aboutis. L'homme est placé directement face à un Dieu omnipotent qui doit garder ses distances même avec le plus pieux des hommes. Cette expérience de Dieu entre proximité et transcendance absolue est le don de l'islam à l'humanité. Elle est aujourd'hui ensevelie sous des montagnes d'idéologie politique et d'érudition stérile. Mais les fouilles ont commencé." (22.02.2007)

El País - Espagne

Salvador Giner analyse la transformation de la société espagnole

L'Espagnol Salvador Giner, qui vient de se voir remettre le Prix national de sociologie et de sciences politiques 2006, analyse dans une interview réalisée par Carles Geli l'évolution sociale et politique de l'Espagne. "Ce qui a pris 120 années dans le Nord de l'Europe s'est fait en 30 ans ici. Tout le monde parle de transition politique, mais c'est au niveau culturel que cela a été le plus extraordinaire. L'Espagne était un pays qui brûlait les églises et dans lequel les catholiques tuaient les francs-maçons. Quarante ans après, les églises sont vides. On a remplacé l'incendie des églises par une indifférence envers elles. C'est un saut brutal. A l'inverse, le saut ethnico-culturel n'a pas été très important : le 'catalanisme' ou 'l'andalousisme' se sont renforcés. Les identités collectives hispaniques se sont intensifiées. C'est peut-être le résultat d'un processus compensatoire découlant de la perte de cette personnalité. (...) Nous n'avons plus de croyances : nous nous montrons aussi indifférents envers l'Eglise qu'envers le Parti communiste." (22.02.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Timothy Garton Ash analyse la logique du capitalisme

Timothy Garton Ash examine la prescience de Karl Marx à la lumière du capitalisme mondial d'aujourd'hui. "Marx pensait que le capitalisme aurait des difficultés à trouver des consommateurs pour les produits que l'amélioration des techniques de production permettrait de fabriquer en série. En réalité, le capitalisme est devenu expert dans une nouvelle branche industrielle : l'industrie des désirs. Le génie du capitalisme contemporain n'est pas simplement qu'il donne aux consommateurs ce qu'ils veulent mais qu'il leur donne le désir de ce qu'il a à donner. C'est une logique centrale de désirs toujours nouveaux qui est insoutenable à l'échelle mondiale. Mais sommes-nous prêts à l'abandonner ? Nous sommes peut-être contents de mieux isoler nos greniers, de recycler nos journaux et d'aller au travail à vélo, mais sommes-nous prêts à avoir moins pour que les autres aient davantage ? Suis-je prêt à cela ? L'êtes-vous ?" (22.02.2007)

POLITIQUE

La Libre Belgique - Belgique

Romano Prodi présente sa démission

Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a présenté mercredi 21 février sa démission après l'échec essuyé par sa majorité au Sénat sur la politique étrangère. L'éditorialiste Gérald Papy commente la crise politique qui s'ouvre dans la Péninsule. "En n'approuvant pas le programme du ministre des Affaires étrangères Massimo D'Alema de poursuite de la présence italienne en Afghanistan et d'extension de la base américaine de Vicenza, les élus de Forza Italia n'ont-ils pas renié leurs propres engagements au nom de considérations bassement politiciennes ? Il reste que la chute du gouvernement Prodi-D'Alema est plus fondamentalement un nouveau symptôme de la maladie de la politique italienne : un émiettement des forces du gouvernement de centre-gauche et, plus généralement, de l'ensemble de la classe politique. Car il faut bien reconnaître que ce gouvernement formé après une victoire tout de même étriquée n'a jamais été véritablement en mesure de diriger la péninsule de façon cohérente et durable." (22.02.2007)

La Repubblica - Italie

Romano Prodi victime d'une idéologie de gauche dépassée

Le Premier ministre italien Romano Prodi a présenté le 21 février sa démission après que la composante la plus à gauche de sa majorité a refusé d'approuver la politique étrangère de son gouvernement. Pour Ezio Mauro, directeur du quotidien, "l'étonnant est que cette politique correspond parfaitement au programme annoncé de la coalition Prodi et qu'elle serait applaudie par la gauche de n'importe quelle autre pays européen. Mais pas en Italie. (...) La crise devenait alors inévitable car sans majorité sur la politique étrangère, le pays n'est pas gouvernable. Ce que révèle l'extrémisme radical [celui des acteurs les plus à gauche de la coalition gouvernementale] est que l'Italie n'est pas seulement en manque d'une majorité mais d'une idée claire d'elle-même qui lui indique la marche à suivre au jour le jour, qui lui permette de savoir quelle est sa place dans cette partie du monde que l'on nomme Europe et Occident, si nous ne voulons pas l'habiter par hasard ou par erreur, étrangers dans notre patrie, orphelins à cause d'une idéologie désastreuse et dangereuse". (22.02.2007)

Der Standard - Autriche

La situation précaire des minorités du Kosovo

Stephan Müller, ancien délégué de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) chargé des minorités au Kosovo, fait remarquer la situation précaire des minorités au Kosovo. "Près de 100 000 Serbes et 100 000 Roms, Ashkali, Egyptiens, Turcs, Bosniaques, Gorani et Croates vivent actuellement au Kosovo. Cela laisse penser que pendant les sept années d'administration de la province par l'ONU, il y a eu plus de représentants des minorités qui ont quitté le Kosovo que de personnes déplacées qui y sont revenues. Pourquoi la situation devrait-elle s'améliorer dans un Kosovo indépendant ? (...) Ce problème n'a pas été abordé lors des négociations et n'est pas pris en compte dans la proposition de [l'envoyé spécial de l'ONU] Martti Ahtisaari. Selon la conception erronée de l'équipe de négociateurs, le Kosovo est d'abord réservé aux Albanais et ensuite aux Serbes (car pour l'instant la province leur appartient). Seuls ceux qui n'ont aucun intérêt à ce que la situation change peuvent prétendre que les choses vont s'améliorer." (22.02.2007)

To Vima - Grèce

Chypre et la Turquie s'opposent sur l'exploitation de ressources pétrolifères

En visite à Athènes mercredi 21 février, le président chypriote Tassos Papadopoulos a reproché à la Turquie de suivre "une politique de menaces et de provocations" au sujet de l'exploration de champs pétroliers et gaziers au large de l'île. Le quotidien se penche sur cette nouvelle pomme de discorde entre Nicosie et Ankara. "La Turquie, dont l'armée occupe le Nord de Chypre depuis 1974, ne supporte pas l'idée que M. Papadopoulos puisse détenir du pétrole. Le Premier ministre Grec [Costas Caramanlis], comme la Commission européenne, ont rappelé que Chypre est un Etat indépendant et souverain qui peut légitimement signer des accords bilatéraux. La question touche directement la Grèce qui craint que cet incident ne refroidisse les relations gréco-turques, puisque la Turquie menace d'envoyer des navires d'exploration dans toute la mer Egée. Les appels au calme des Nations unies et de la Commission européenne n'apaisent pas les tensions et Chypre ne compte pas reculer". (22.02.2007)

ÉCONOMIE

Postimees - Estonie

L'Estonie doit-elle suivre le modèle irlandais ?

Selon une étude du FMI (Fonds monétaire international), les pays Baltes font des progrès économiques rapides et pourraient dans un avenir proche rattraper le Portugal. Les chances que le pays connaisse un essor durable, comme l'Irlande, semblent plutôt bonnes. Le journal s'interroge : l'Irlande est-elle vraiment un bon exemple pour l'Estonie ? "Dans l'opinion publique, l'euphorie générale cède la place à un certain scepticisme quant à la persistance de notre croissance. Toutefois, les parallèles avec le Portugal ne sont pas vraiment appropriés, mais il n'est pas non plus possible de prendre directement exemple sur l'Irlande. Bien sûr, le modèle de l'Irlande est fiable, car il règne là-bas un consensus entre les employeurs et les salariés à propos des accords cadres. Cependant, l'Irlande a commencé à relancer son industrie il y a un quart de siècle. Cela peut sembler banal, mais l'Estonie doit fonder son économie sur la science et la recherche. Le Portugal est la lanterne rouge de l'UE à cause de son système éducatif défaillant, qui est bien meilleur en Estonie." (22.02.2007)

CULTURE

Télérama - France

Pour une autre approche de la culture en France

Le journaliste Daniel Conrod estime que les projets culturels des candidats à l'élection présidentielle française, qui s'inscrivent dans la continuité de la politique culturelle actuelle, sont dépassés. "La France vit sur des politiques imaginées et construites pour l'essentiel entre le Front populaire et la Libération. La mondialisation, telle que nous la connaissons, les technologies, telles qu'elles changent notre existence, et la montée des exclusions, telles que nous les redoutons, ne figuraient pas au programme. (...) Mondialisation, chambardement technologique, exclusion, individualisme..., voilà un peu autour de quelles nouvelles réalités pourraient se fabriquer de nouvelles pensées - sinon des utopies possibles -, à la mesure de cette époque et des interrogations qu'elle inspire. Dans un monde instable et fragmentaire, sur une planète devenue elle aussi précaire, comment permettre à chacun l'expérience concrète du sensible, de la beauté et de la vraie gratuité ?" (21.02.2007)

Delo - Slovénie

Débat autour de l'organisation de l'école primaire en Slovénie

Le ministre slovène de l'Education veut réduire de manière drastique l'offre d'options obligatoires pour les trois dernières années d'école primaire. Jusqu'à aujourd'hui, les élèves pouvaient choisir trois heures d'options hebdomadaires parmi 60 matières, comme l'apiculture, la rhétorique et le journalisme. Une deuxième langue vivante, une activité sportive et une matière technique sont désormais obligatoires. Le pédagogue Zdenko Medves s'oppose à cette mesure. "Dès la fin des années 80, nous [les experts de la commission] savions déjà qu'il était nécessaire de dépasser l'aspect figé et l'uniformité de l'école primaire. Nous y sommes parvenus grâce à une diversification des cours et à l'aide des options obligatoires, qui font partie intégrante du programme d'enseignement. Si nous voulons suivre le rythme du développement européen et international, nos élèves doivent certes avoir la possibilité d'accumuler des connaissances, mais ils ne doivent pas non plus perdre de vue leurs propres centres d'intérêts." (22.02.2007)

COULEURS LOCALES

Sme - Slovaquie

Le village slovaque d'Andy Warhol

Voilà aujourd'hui vingt ans que l'icône du Pop Art Andy Warhol, dont la famille était originaire de Ruthénie, une région qui appartient à présent à la Slovaquie, a rendu l'âme. En 1991, un musée consacré à l'artiste a été inauguré dans la petite ville de Medzilaborce, dans l'Est du pays, au sein des locaux de l'ancien palais de la culture socialiste. Il présente de nombreuses oeuvres originales du maître, né Andrej Warhola, qui a ensuite américanisé son nom. Cependant, le musée est aujourd'hui pratiquement vide, rapporte le journal. En effet, les oeuvres ont été prêtées à une grande exposition organisée dans la ville tchèque d'Ostrava. Selon Michal Bycko,  conservateur du musée, "c'est la raison pour laquelle le musée n'offre aujourd'hui que des murs vides. D'une certaine manière, c'est exactement le concept du Pop Art. Mais nous allons allumer une bougie devant le musée en l'honneur d'Andy Warhol." (22.02.2007)

 

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