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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 23.02.2007

 

À LA UNE

L'instabilité politique italienne

Le Premier ministre italien Romano Prodi a présenté mercredi 21 février sa démission après l'échec essuyé par sa majorité au Sénat sur la politique étrangère. Pour la presse européenne, cette situation est symptomatique de la profonde crise que connaît la vie politique italienne, marquée par un grand nombre de partis et une durée de vie très courte des gouvernements.

Extraits des publications suivantes:
Hospodářské noviny - République tchèque, Svenska Dagbladet - Suède, Der Standard - Autriche, Le Temps - Suisse

Hospodářské noviny - République tchèque

Adam Cerny commente la fin provisoire du gouvernement de Romano Prodi, le Premier ministre italien pouvant être reconduit dans ses fonctions par le président Giorgio Napolitano. "Le gouvernement Prodi n'est pas tombé à cause des réformes, même si la marge de manoeuvre de la coalition composée de neuf partis n'était pas spécialement importante. L'extrême gauche lui a fait un croche-pied pour la troisième fois, cette fois-ci pour des questions de politique étrangère. Cette démission, provoquée par deux sénateurs qui n'approuvent pas que les soldats retirés d'Irak soient envoyés en Afghanistan, ne doit pas affoler grand monde à l'étranger. Mais le parti de Silvio Berlusconi a également voté contre le gouvernement, bien que l'ancien Premier ministre italien ait soutenu sans réserve la politique du président Bush en Irak et en Afghanistan. Que doit-on penser d'un pays dont le gouvernement se raccroche à des accords du passé, et dont l'opposition oublie qu'elle avait elle-même pris ces engagements ?" (23.02.2007)

Svenska Dagbladet - Suède

Le journal estime que la crise gouvernementale en Italie était prévisible. Car avec une coalition gouvernementale réunissant des partis aussi divers que les chrétiens-démocrates et les communistes, il est tout simplement impossible de former une majorité. "Dans les faits, les alliances électorales 'Ulivo' ('L'Olivier', centre-gauche) et 'Forza Italia' [conservateurs] ne sont pas si éloignées l'une de l'autre, de manière qu'elles pourraient se mettre d'accord sur un programme commun de réformes. Cela réduirait l'influence des petits partis de droite et de gauche. Il convient de changer la situation et d'accepter de prendre ses responsabilités. C'est ce qu'ont fait les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates en Allemagne après que les électeurs les y ont contraints. Pour que cela soit possible en Italie, il faudrait que les deux adversaires, Romano Prodi et Silvio Berlusconi, laissent la place à des politiciens étrangers à cette guerre." (23.02.2007)

Der Standard - Autriche

Dans un entretien avec Gerhard Mumelter, Stefano Folli, ancien rédacteur en chef du quotidien italien 'Corriere della Sera', exprime ses doutes quant à la capacité d'une grande coalition à sortir l'Italie de la crise. "Cette solution aurait eu plus de chances de fonctionner immédiatement après les élections [d'avril 2006] que maintenant. Les élections ont fait émerger deux grands blocs de force pratiquement égale. Aujourd'hui, la gauche considèrerait une grande coalition comme un échec. Je ne crois pas que ce serait la solution. Un gouvernement institutionnel sous l'autorité du président du Sénat, qui se mettrait d'accord sur certains points du programme et dont la durée de vie serait limitée à environ un an, est plus envisageable. (...) Il est toutefois essentiel de définir une nouvelle législation électorale qui empêche le morcellement du paysage politique et garantisse un changement avec une majorité raisonnable, sans quoi de nouvelles élections sont inutiles." (23.02.2007)

Le Temps - Suisse

Pour l'éditorialiste Stéphane Bussard, la gauche extrême de la coalition au pouvoir "ne s'est jamais faite à l'idée que le ministre Massimo D'Alema puisse mener une politique extérieure digne d'un Etat européen responsable, qui s'est retiré d'Irak mais qui juge nécessaire de rester en Afghanistan sous l'égide de l'ONU. (...) L'ingouvernabilité comme finalité, voilà une étrange conception des responsabilités. Mais l'occasion est peut-être belle de perdre l'illusion d'une gauche plurielle dont le seul ciment semble être l'antiberlusconisme. D'autant qu'un embryon de changement est perceptible. Les deux partis les plus centristes du gouvernement sont prêts à créer un pôle réformiste (le Parti démocratique) afin d'échafauder une politique gouvernementale durable. Quitte même à jeter des ponts à un centre droit modéré disposé à inventer un 'blairisme' italien sans faire resurgir le spectre d'une Démocratie chrétienne omnipotente." (23.02.2007)

RÉFLEXIONS

Diário de Notícias - Portugal

Ruben de Carvalho défend la suprématie de la société sur l'individu

La télévision publique portugaise organise un concours du plus grand Portugais de l'Histoire dont les résultats seront connus début mars. Parmi les dix sélectionnés figure l'ancien dictateur Salazar (1899-1970). Le journaliste portugais Ruben de Carvalho juge ridicule ce genre de programme. "Il est totalement pathétique de vouloir identifier, dans l'immensité d'une réalité appelée Portugal et chez ceux qui ont habité et construit ce pays, un supposé 'plus grand'. (...) C'est une régression en termes de civilisation que de mettre en avant le dangereux concept de l'homme providentiel au détriment de l'idée, plus riche et plus exacte, que n'importe quelle Histoire ou civilisation est le fruit d'un processus collectif (...). Il serait sans doute abusif de supposer que celui qui a conçu cette idiotie cherchait à réhabiliter Salazar. On peut néanmoins se poser la question sur le sens de ce type d'entorse intellectuelle - et sur l'origine conceptuelle du concours - qui finit par coïncider avec les tentatives plus générales de réécrire l'Histoire en banalisant le fascisme." (22.02.2007)

Vasabladet - Finlande

Peter Ehrström loue le multilinguisme des minorités

Pour le journaliste finlandais Peter Ehrström, le concept d'Etat-nation sous sa forme classique recule en Europe. A part l'Islande, tous les pays européens comptent des minorités nationales - Catalans, Tyroliens du Sud, Gallois, Sorabes ou Suédois de Finlande - qui ont tous profité du développement économique pour renforcer leurs régions. "Dans une Europe sans frontières règne l'idée que les représentants des minorités linguistiques sont particulièrement bien lotis. La plupart d'entre eux sont nécessairement bilingues, quand ils ne sont pas polyglottes. Et s'il y a quelque chose dont l'Europe du futur a vraiment besoin, c'est bien d'Européens dotés de compétences linguistiques solides. Le 'broken English' [anglais rudimentaire et plein de fautes] a beau être la première langue du monde, cela ne suffit pas. Trois langues, quatre, voire cinq... Pour les représentants des minorités linguistiques, c'est une nécessité et même une évidence, à la différence des autres Européens. La connaissance des langues n'est pas un fardeau dans la mosaïque européenne : au contraire, c'est un véritable avantage." (23.02.2007)

Le Monde - France

Bernhard Schlink croit à l'idée de "culpabilité collective"

L'écrivain allemand Bernhard Schlink décrit dans son dernier roman 'Le Retour' ('Die Heimkehr') les rapports difficiles entre un fils et son père, un ancien nazi. Il explique dans une interview menée par Florence Noiville comment une génération peut hériter de la culpabilité d'une autre. "En Allemagne, la deuxième génération a décidé non pas de rejeter mais d'intégrer la précédente dans son cercle de solidarités. Les pères, les oncles ont été acceptés en tant qu'hommes politiques, magistrats, professeurs... Ce faisant, les 'fils' ont implicitement endossé la faute des 'pères'. (...) Je crois à l'idée de culpabilité collective, lorsque la faute de celui qui a commis un crime devient aussi la faute de celui qui ne l'a pas commis. En Allemagne, ce sentiment est manifeste pour la plupart des écrivains de la première comme de la deuxième génération. En dépit des différences, ce qui les relie, c'est une 'littérature de la culpabilité'. L'expression d'une honte vécue dans leur chair mais enfouie et souvent refoulée comme toute forme de véritable culpabilité." (23.02.2007)

POLITIQUE

Berlingske Tidende - Danemark

La contribution du Danemark à la lutte contre le terrorisme

Conjointement à l'annonce mercredi 21 février du rappel des soldats danois basés en Irak, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a déclaré que plusieurs centaines de militaires vont être prochainement envoyés en Afghanistan. Le quotidien salue cette décision. "Au moment où le Danemark plie ses tentes en Irak, il est important pour la politique étrangère du pays de s'engager ailleurs pour la paix, comme cela a été habituellement le cas. Pendant la guerre froide, l'OTAN s'est chargé de ce combat, puis plus tard l'Union européenne et les Nations unies. Aujourd'hui, on assiste au retour d'un certain idéalisme. Et il est bon pour notre pays de participer au combat contre le terrorisme." (23.02.2007)

Le Soir - Belgique

L'absence de projet européen du nouveau gouvernement néerlandais

Le nouveau gouvernement néerlandais, une coalition de centre-gauche à la tête de laquelle se trouve toujours le chrétien-démocrate Jan Peter Balkenende, a été investi officiellement jeudi 22 février, trois mois après les élections législatives. Le sociologue néerlandais Paul Schnabel se penche dans une interview réalisée par Didier Burg sur le projet européen de cette nouvelle équipe. "L'Europe est devenue un problème pour les Néerlandais. Et les Pays-Bas sont à leur tour devenus un problème pour l'Europe. Durant un passage récent à la Haye, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a évoqué un traité avec les Pays-Bas sur une future Constitution [les Pays-Bas ont rejeté la Constitution par référendum en juin 2005]. Mais l'accord [de coalition] du prochain gouvernement ne dit rien à ce sujet. De toute façon, les Pays-Bas ne peuvent pas rester isolés et doivent s'amarrer de nouveau à l'Europe. Cela va être un gros travail car le cabinet comporte des opposants farouches à la Constitution européenne." (22.02.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Le Royaume-Uni à la traîne en matière de parité salariale

"La journée d'hier [jeudi 22 février] a été déclarée 'journée pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes' par le Parti socialiste européen", rapporte le quotidien. "Par coïncidence, Wimbledon, dernier bastion du conservatisme dans le circuit du tennis international, a annoncé l'égalité des gains pour les participants des deux sexes. Quiconque remportera le tournoi féminin au All England Club cet été empochera la même somme que son homologue masculin. Certains peuvent avoir du mal à se préoccuper des inégalités de salaire d'une poignée de joueurs de tennis richissimes. Mais les écarts de salaires entre les sexes affectent toute la société, du plus pauvre au plus riche. Il y a une différence salariale de 15 % entre les hommes et les femmes en Europe. La situation est particulièrement grave au Royaume-Uni. (...) Les syndicats du pays demandent des contrôles de salaires obligatoires pour améliorer la transparence. C'est une idée à défendre. Souvent les femmes ne réalisent tout simplement pas qu'un collègue masculin qui fait exactement le même travail est payé plus." (23.02.2007)

ÉCONOMIE

Les Echos - France

Le dossier Airbus au coeur de la rencontre Merkel-Chirac

La journaliste Françoise Crouïgneau explique que le plan de restructuration de l'avionneur européen Airbus sera au centre des discussions entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Jacques Chirac, qui se rencontrent pour un sommet informel en Allemagne ce vendredi 23 février. "Après plus de deux ans de brouille, le temps du compromis et de l'apaisement a-t-il sonné ? Chacun l'espère. Après avoir été porté aux nues lors de sa création aux couleurs de l'Europe, l'avionneur ne peut se permettre de tergiverser indéfiniment s'il veut survivre. Mais comme toujours lorsqu'il est question de fusion ou de douloureuse restructuration, Berlin et Paris oublient vite leur fibre européenne - déjà distendue - pour brandir leur étendard national. Cela avait déjà été le cas quand le groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis était tombé dans le giron français. Ou quand Paris était intervenu pour empêcher Siemens de mettre la main sur le pôle énergie d'Alstom. Les champions nationaux sont insupportables... chez les autres." (23.02.2007)

MÉDIAS

Evenimentul Zilei - Roumanie

Le président roumain fait des siennes à la télévision

Depuis plusieurs semaines, un différend oppose en Roumanie le Premier ministre Calin Tariceanu au président Traian Basescu. Par ailleurs, le chef de l'Etat est menacé par une procédure de destitution lancée par l'opposition. Alors que le Premier ministre était invité à la télévision publique roumaine mardi 20 février, le président a téléphoné en plein milieu de l'émission pour lui dire sa façon de penser. Il s'en est suivi une joute de deux heures entre les deux rivaux. Florin Ciornei commente la stratégie médiatique présidentielle. "Maintenant, tout le monde s'attend à ce que le président appelle pendant les émissions afin de s'immiscer dans la discussion. (...) Le fait qu'il apparaisse de plus en plus souvent à la télévision et écrive des commentaires sur les blogs des journaux montre à quel point il se soucie de son image. (...) Toutefois, en agissant ainsi, il perd de son aura de défenseur du droit, comme il aime tant à se présenter. Sa crédibilité en pâtit." (23.02.2007)

CULTURE

Magyar Narancs - Hongrie

Ferenc Snétberger juge l'essor de la musique rom

Ferenc Snétberger, né dans une famille rom en Hongrie, est aujourd'hui un guitariste de jazz très en vue sur la scène internationale. Dans un entretien réalisé par Zoltán Végső, il explique que les Roms doivent face à des difficultés d'intégration dans leurs pays, mais que leur musique n'en est pas moins internationale. "La musique rom connaît aujourd'hui un essor remarquable, et prend même des accents trop pop. On entend encore très rarement la véritable musique rom, les ballades telles qu'on les chantait à la maison. L'avantage est toutefois que la musique rom est devenue très expérimentale. Elle mélange le flamenco à des rythmes cubains pour en faire du jazz." (23.02.2007)

El País - Espagne

Le dernier livre d'Ariel Toaff est-il antisémite ?

Enric González revient sur la polémique suscitée par l'ouvrage 'Pâque de sang' dans lequel son auteur, l'historien israélien Ariel Toaff, relaie les accusations de meurtres rituels qui auraient été perpétrés par les Juifs au Moyen-Age. Toaff, qui s'est vu reprocher de fomenter des positions antisémites, a choisi de faire retirer de la vente ce livre publié en Italie. "L'Histoire a toujours été une matière volatile et extrêmement explosive", juge Enric González. "Les enquêtes sur le passé impliquent un grand risque quand il s'agit d'aborder des questions relatives aux avatars ou aux tragédies vécus par les Juifs, et pas seulement celles de périodes récentes. (...) L'affaire Toaff illustre pour la énième fois un vieux dilemme qui a déjà souvent été débattu avec le négationnisme, cette thèse qui consiste à dire qu'il n'y a pas eu de génocide du peuple juif pendant la Deuxième guerre mondiale. Faut-il imposer des limites à la liberté d'enquête et d'expression quand existe de danger d'alimenter l'antisémitisme ? Entre censure et diffusion d'idées aberrantes, quel est le pire des maux ?" (23.02.2007)

 

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