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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 09.03.2007

 

À LA UNE

Le phénomène Bayrou dans la campagne électorale française

François Bayrou, candidat de l'UDF (centre-droit) à l'élection présidentielle française, talonne désormais dans les sondages la socialiste Ségolène Royal, tandis que Nicolas Sarkozy, représentant de la droite, est toujours donné gagnant. A six semaines du premier tour, la presse européenne tente de décrypter la percée du candidat centriste.

Extraits des publications suivantes:
The Independent - Royaume-Uni, L'Humanité - France, ABC - Espagne, Der Standard - Autriche

The Independent - Royaume-Uni

"La lubie Bayrou est une autre façon d'éviter le changement, pas de le provoquer", considère John Lichfield, correspondant du quotidien à Paris. "Après les culs-de-sacs de l'extrême gauche et de l'extrême droite, la France est maintenant tentée par le cul-de-sac de l'extrême centre. Depuis 24 ans, depuis que François Mitterrand a abandonné le socialisme en 1983, la France a été gouverné par des gouvernements consensuels, étiquetés de droite ou de gauche, qui se débrouillent tant bien que mal. Les 'clivages' idéologiques sont loin d'être le problème de la France. M. Bayrou a une ou deux idées assez raisonnables, sur la dette nationale ou les charges sociales tueuses d'emplois. Il a quelques idées antédiluviennes et corporatistes sur l'agriculture et l'éducation. Il n'a pas la base politique nécessaire pour opérer les changements économiques et sociaux dont la France a besoin et qu'elle réclame. Son parti, l'UDF - les restes de la coalition anti-gaulliste de droite et du centre fondée par Valéry Giscard d'Estaing - manque de fonds, est trop petit et désorganisé pour lui donner la majorité parlementaire lors des élections législatives de juin." (09.03.2007)

L'Humanité - France

"Le syndrome Bayrou est un symptôme - ou plutôt un stigmate - d'une sorte de nécrose de notre architecture politique", affirme Claude Cabanes, rédacteur en chef du quotidien communiste. "Quand Ségolène Royal s'écarte des repères fondamentaux de la gauche, quand Nicolas Sarkozy bavarde à l'ombre de Jaurès et de Blum (et par exemple se fait l'avocat de l'État contre 'les prédateurs, les spéculateurs et les fraudeurs'), quand Jean-Marie Le Pen s'autoproclame du 'centre droit', la confusion gagne du terrain. (...) Comme le mouvement des plaques tectoniques, la société française dérive vers les valeurs conservatrices du chacun pour soi. Faute d'une alternative de société. (...) M. Bayrou semble ramasser les fruits amers d'une sorte de 'sauve-qui-peut' électoral général. C'est une impasse totale et une illusion. Il est à Nicolas Sarkozy ce que Pepsi-Cola est à Coca-Cola." (09.03.2007)

ABC - Espagne

Le quotidien conservateur estime que François Bayrou peut représenter une véritable menace pour Nicolas Sarkozy, à la différence de Ségolène Royal "qui a largement démontré qu'elle ne possédait pas de programme concret (...). C'est précisément ce manque de consistance de la candidate socialiste qui semble avoir favorisé l'ascension de François Bayrou. Il se présente comme un centriste mais défend, en réalité, plutôt l'héritage de Jacques Chirac, basé sur une conception politique particulière baptisée le 'ninisme' par les politologues français : à savoir un hypothétique point médian qui ne permet pas d'affirmer s'il s'agit de socialisme ou de libéralisme. Mais pour ceux qui ont découvert qu'ils ne pouvaient pas voter pour une candidate aussi creuse que la socialiste, Bayrou peut représenter un choix plus présentable au sein du front anti-Sarkozy." (09.03.2007)

Der Standard - Autriche

Pour Stefan Brändle, François Bayrou profite certes de la faiblesse de ses adversaires, "mais il est loin d'avoir gagné. Il s'est attiré les bonnes grâces des Français dans les derniers sondages parce que ces derniers entendent bien montrer qu'il veulent être les seuls à décider qui sera le prochain occupant de l'Elysée -  se démarquant ainsi des partis ou des médias, pour lesquels le duel 'Sarko-Ségo' est inévitable. Ces entêtés de Français ont donc le même réflexe qu'en 2002, lorsqu'ils ont fait sensation en portant l'extrémiste de droite Jean-Marie Le Pen au second tour - surtout parce qu'ils ne voulaient pas d'un duel Chirac-Jospin. On est alors en droit de se demander si tout cela ne va profiter à un quatrième homme. Se pourrait-il que Nicolas Sarkozy et François Bayrou se neutralisent au point que Le Pen arrive au second tour fin avril ? Lorsque les autres candidats ne tiennent pas compte du peuple, le candidat du Front national en ressort toujours renforcé." (09.03.2007)

RÉFLEXIONS

Przekrój - Pologne

Agnieszka Graff voit le nationalisme comme un danger pour les femmes

Dans un entretien réalisé par Piotr Najsztub, l'universitaire polonaise Agnieszka Graff explique quels rapports existent entre nationalisme et droits des femmes. "En ce moment, la montée du sentiment nationaliste exerce une grande influence sur les droits des femmes. Le nationalisme possède en effet la propriété de rabaisser les femmes (...) Il s'agit d'un phénomène universel : la féminité idéalisée symbolise le pays auquel le nationaliste est tellement attaché, ou dont il fait partie. En Pologne, il s'agit d'un mélange entre la mère de Dieu et 'Polonia', la mère Pologne. Nous entendons encore et toujours les propos de députés de droite, qui idéalisent cette féminité, laquelle doit se sacrifier pour eux. (...) Les recherches nous ont appris que plus la féminité est placée sur un piédestal, plus les femmes sont rabaissées." (08.03.2007)

die tageszeitung - Allemagne

Karl-Martin Hentschel et le secret du modèle scandinave

Karl-Martin Hentschel, représentant d'une coalition écologiste régionale en Allemagne, s'enthousiasme pour le modèle scandinave, qui sait concilier croissance économique et état social malgré une fiscalité lourde. "Le secret de cette réussite : la proximité avec les citoyens. L'Etat, ce sont les communes. Elles encaissent par exemple la plus grande part de l'impôt sur le revenu (...) En Suède, près de la moitié des dépenses publiques sont réalisées par les communes, et au Danemark, les deux tiers. Le citoyen n'a affaire à l'Etat que pour les questions militaires, policières ou judiciaires - les organes classiques d'un Etat dirigiste. Etant donné l'importance des communes, rien d'étonnant à ce que les citoyens soient prêts à payer plus d'impôts. Ils ont un aperçu concret de ce qui est fait de leur argent." (09.03.2007)

Le Jeudi - Luxembourg

Jean Portante défend l'adhésion de la Turquie à l'UE

L'écrivain luxembourgeois Jean Portante, chroniqueur régulier de l'hebdomadaire, refuse que la Turquie paye les conséquences de la crise que connaît actuellement l'UE. "Au sein de l'Union, le désir d'Europe est en berne, même chez les nouveaux venus pour qui, il n'y a pas si longtemps pourtant, l'UE était synonyme d'océan d'espoir. C'est que, pour la plupart d'entre eux, ils avaient fait partie d'un camp dont, même dans leurs rêves les plus osés, ils ne croyaient pas pouvoir se libérer. L'implosion de l'empire soviétique a suscité des désirs qui, aujourd'hui, n'ont plus de vent dans leurs voiles. Or, c'est justement parce qu'ils ne veulent pas tomber sous la domination d'un islamisme radical, qui s'érige à leurs frontières, que les Turcs rêvent de notre Europe et de ses valeurs. Nous sommes pour elle, comme jadis nous l'avons été pour la Pologne ou la Hongrie, le moyen d'échapper à une domination dont elle ne veut pas. Voilà pourquoi, stratégiquement parlant, la place de la Turquie est au sein de l'UE." (08.03.2007)

POLITIQUE

Phileleftheros - Chypre

Les Chypriotes grecs détruisent un mur de séparation à Nicosie

Les Chypriotes grecs ont démoli jeudi 8 mars un mur pour permettre l'ouverture d'un point de passage dans la rue Ledra, une artère emblématique de Nicosie. Les autorités locales parlent d'un "geste de bonne volonté" destiné à relancer les négociations entre les deux parties de l'île. "Les soldats se sont attaqués au mur de séparation entre le quart nord de l'île occupé par l'armée turque depuis 1974 et la partie sud des Chypriotes grecs. Un mur situé au coeur de Nicosie, divisée par ce qu'on appelle gentiment 'la ligne verte'", explique le quotidien. "La réouverture de ce point de passage va se faire contre la volonté des Chypriotes turcs. Ils doivent désormais en prendre leur parti et s'engager à nouveau dans les négociations, ce qu'ont toujours voulu les Chypriotes grecs. Ils ont certes dit 'non' en 2004 par référendum au plan de réunification de l'ONU mais ils ne sont pas opposés à la réunification en elle -même." (09.03.2007)

Cotidianul - Roumanie

La Roumanie en conflit avec la République de Moldavie

La République de Moldavie, ancien membre de l'URSS, refuse l'installation d'un consulat roumain dans sa capitale Chisinau. En effet, elle craint pour son indépendance, car la Roumanie se sent liée au peuple moldave, qui parle également roumain. Marius Cosmeanu commente l'affaire. "Il serait naïf de s'attendre à ce que Chisinau comprenne la politique extérieure menée par Bucarest vis-à-vis des Roumains de Bessarabie [partie anciennement rattachée à la Roumanie]. Tant que la culture politique de la République de Moldavie ne se distinguera pas de la culture soviétique d'avant 1990, nous ne serons pas en mesure d'établir un partenariat efficace et avantageux, et nous ne devrons nous attendre à aucune ouverture de la part des politiciens moldaves. Même si le président moldave Vladimir Voronine et son Premier ministre Vasile Tarlev étaient des démocrates, on pourrait comprendre leur comportement car, après tout, leur pays est un Etat indépendant. La Roumanie aspire à des relations étroites avec la Moldavie, voire à une unification." (09.03.2007)

El Periódico de Catalunya - Espagne

La coexistence démocratique espagnole est-elle en danger ?

A la veille d'une manifestation convoquée par l'opposition contre la remise en semi-liberté du détenu basque José Ignacio de Juana Chaos, le quotidien redoute une polarisation de la vie politique espagnole. "Le parti de Mariano Rajoy [PP, Parti populaire] croit avoir trouvé avec l'affaire Juana Chaos une manière d'unir la droite contre le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero (...). C'est pour cela que le PP s'emploie avec furie, tout en se cachant derrière le 'ruban bleu' [un symbole pacifique], à créer dans les rues une ambiance tendue qui s'avère irrespirable. (...) Une telle stratégie nous semble être très dangereuse car elle nuit à l'une des principales valeurs de notre démocratie, la coexistence. Il a suffit que le PP accuse le gouvernement socialiste de céder au chantage d'ETA [organisation séparatiste basque] pour que l'extrême droite espagnole décide de se placer en tête de la manifestation. Or, le PP n'a pas suffisamment pris ses distances avec ceux qui crient que Zapatero est un traître, voire l'antéchrist, et reprennent des slogans franquistes." (09.03.2007)

Lidové noviny - République tchèque

L'Europe doit-elle investir dans la défense ?

Jugeant que l'OTAN est "faible et peu fiable", certains membres du parti conservateur polonais Droit et Justice (Pis) ont relancé la polémique sur l'installation du bouclier antimissile américain dans le pays, en exigeant la conclusion d'un autre pacte de sécurité avec les Etats-Unis. Le commentateur tchèque Lubos Palata partage ce point de vue. "Non seulement les pays membres de l'UE sont à la traîne par rapport à la Russie, qui est en plein réarmement, mais ils perdent également du terrain par rapport à la Chine ou l'Inde." Selon le journaliste, le fiasco qui s'annonce en Afghanistan constitue "avant tout une défaite du plan européen de l'OTAN : les Polonais ont raison d'affirmer que l'OTAN est faible. Mais si elle est faible, c'est également la faute des Polonais - et des Tchèques, des Allemands ou même des Belges. Quiconque veut la paix doit se préparer à la guerre. Nous autres Européens nous préparons seulement à capituler. Et peu importe si nous capitulons devant la Chine ou la Russie." (09.03.2007)

ÉCONOMIE

Dagens Nyheter - Suède

Le 'miracle' économique scandinave est un mythe

Outre les conséquences du réchauffement climatique, le sommet européen de Bruxelles des 8 et 9 mars devait également se pencher sur le développement économique des Etats membres. Le quotidien fait remarquer que la Suède est lon d'avoir réglé tous ses problèmes en la matière. "Ces dernières années, la Scandinavie a été qualifiée de modèle. L'essor économique du nord de l'Europe a conduit de nombreux politiciens à voyager jusqu'à Copenhague, Helsinki et Stockholm, afin de s'inspirer de ce modèle. Toutefois, comme le révèle une étude de l'EEAG [sur l'économie européenne], les conclusions qui ont été tirées ne correspondent malheureusement pas à celles que les défenseurs du modèle social auraient aimé tirer. Il est vrai que la Suède et la Finlande, notamment, ont connu un essor économique au cours de la dernière décennie. Mais cet essor économique doit être interprété comme une conséquence de la crise du début des années 90. (...) Certes, l'économie scandinave s'est redressée depuis cette époque, mais il est absurde d'évoquer un miracle scandinave. (...) Comme l'ensemble de l'Europe continentale, la Suède doit accélérer les réformes. Car l'autosatisfaction scandinave ne mène en aucun cas à des créations d'entreprises et d'emplois." (09.03.2007)

CULTURE

Népszabadság - Hongrie

L'architecture politique au service de la démocratie

"Après le grand tournant de 1989, la moitié orientale de l'Europe a préféré conserver les centres de pouvoir de l'ancien régime plutôt que de construire des bâtiments pour accueillir le nouveau pouvoir politique," affirme László Rajk, architecte hongrois et cofondateur du parti libéral SZDSZ, dans le cadre du projet de construction de nouveaux quartiers gouvernementaux à Budapest. Selon lui, l'architecture politique peut servir la démocratie, comme le montre l'exemple de Berlin. "L'Allemagne a suivi une autre voie (...) et a complètement redéfini les bases de son architecture politique. Cela a donné naissance à des 'édifices audacieux', (...) représentatifs du droit fondamental de la société moderne, et qui ont libéré en même temps la notion d'architecture politique de ses aspects négatifs. Reste à espérer que la Hongrie n'optera pas pour la stratégie du moindre risque, et qu'un chef de gouvernement fonceur choisira des bâtiments audacieux et contemporains. Les centres de pouvoir d'un pays moderne doivent prendre la forme de bâtiments novateurs qui soient en même temps représentatifs de la démocratie, et se présentent comme des espaces accessibles et ouverts." (09.03.2007)

Berliner Zeitung - Allemagne

Un regard allemand sur l'Europe

Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles propose actuellement une exposition rassemblant les oeuvres des peintres allemands du XIXe siècle. Cent-cinquante tableaux, "parmi les meilleurs de l'histoire de l'art du pays", portent un regard allemand sur les voisins européens. Harald Jähner a visité l'exposition et trouve que l'Allemagne se présente comme un "pays ambitieux rempli d'Européens 'types', de citoyens européens de tout temps. (...) Cette interprétation de l'Histoire ne repose pas sur un point de vue nationaliste, mais européen. L'exposition nous montre une nation très ouverte et passionnée par la culture de ses voisins, composée d'artistes citoyens du monde. Rien ne leur est plus étranger que les attributs culturels réputés typiquement allemands comme l'excentricité, le secret, la prédilection pour l'obscurité, la gravité et l'autorité." (09.03.2007)

COULEURS LOCALES

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Les fléchettes sont menacées dans les pubs anglais

"Contrairement à ce que pensent certains jeunes, le pub anglais, une des dernières institutions qui vaillent la peine d'être vénérées, n'est pas seulement un endroit où l'on peut boire", explique le quotidien conservateur. "Pendant des siècles, cela a été un endroit pour se retrouver, se divertir de manière innocente avec un compagnon de jeu (ou, en ces temps éclairés, une compagne). Si les dominos [et autres jeux] occupent aussi une bonne place dans cette joyeuse culture, rien ne symbolise mieux les jeux du pub que les fléchettes. Aujourd'hui, à l'heure où nous écrivons, les fléchettes dans les pubs sont menacées. L'émergence du pub gastronomique et la prédominance du bar de style continental jouent contre ce jeu. Un groupe qui fait actuellement campagne pour que ce sport conserve sa place dans le pub du coin mérite un soutien inconditionnel. Depuis des générations, les jeux dans les pubs font partie du processus de civilisation de nos jeunes." (09.03.2007)

 

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