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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.03.2007

 

À LA UNE

Quelle coalition pour la Finlande ?

Dimanche 18 mars, la Finlande a élu un nouveau Parlement. Les deux partis qui composaient la coalition gouvernementale (le Parti du centre et le Parti social-démocrate) ont perdu des voix, tandis que les conservateurs de l'opposition se sont hissés au rang de deuxième force politique du pays. Les résultats de ces élections législatives constituent-ils un nouveau pas en direction d'une Europe conservatrice, ou sont-ils une nouvelle preuve du succès du modèle de consensus finlandais ?

Extraits des publications suivantes:
Hufvudstadsbladet - Finlande, La Vanguardia - Espagne, Postimees - Estonie, die tageszeitung - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Hufvudstadsbladet - Finlande

Max Arhippainen analyse les résultats des élections législatives en Finlande et réfléchit à la coalition qu'il convient maintenant de constituer. "On repère rapidement les gagnants et les perdants. Le Parti de coalition nationale a remporté une victoire brillante et le meilleur résultat de tous les temps, tandis que les sociaux-démocrates ont remporté leur plus mauvais score depuis 45 ans. Le Parti du centre est autant gagnant que perdant : il a perdu des sièges mais il demeure majoritaire et Premier ministre [Matti Vanhanen] va conserver son poste." Max Arhippainen se demande si une alliance entre le Parti du centre et celui de coalition nationale, avec sa courte majorité, n'aurait pas besoin d'un troisième partenaire. "Il serait bon qu'un troisième petit parti se joigne aux deux grands, mais lequel ? Les Verts pourraient entrer dans la danse, mais également le parti de la minorité suédoise." (20.03.2007)

La Vanguardia - Espagne

"Même si elle fait moins l'objet de gros titres ou d'analyses que l'Irlande ou l'Espagne - deux autres pays européens chez qui l'adhésion à l'UE a entraîné une modernisation réussie - la Finlande, qui a rejoint l'UE en 1995, incarne une autre réussite", estime le quotidien. "Longtemps parent pauvre des pays nordiques, la Finlande a été obligée de se réinventer en tant que pays, après la fin de l'Union soviétique avec laquelle elle partageait une frontière sensible pendant la guerre froide. Elle l'a fait en misant sur la recherche et le développement, ainsi que la technologie, une option soutenue par la grande majorité de la population. (...) Dans ce contexte d'autosatisfaction et de consensus, les renversements électoraux sont rares et les résultats électoraux de dimanche ne vont probablement pas amener de grands bouleversements politiques. Mais il faut tout de même noter l'avancée des conservateurs du Parti de coalition nationale, dont la progression électorale correspond exactement à la régression du Parti social-démocrate." (20.03.2007)

Postimees - Estonie

Selon le journal estonien, les élections en Finlande confirment un certain virage à droite en Europe, l'Allemagne, la Suède et l'Estonie étant déjà passées aux mains des conservateurs. "Il est difficile de trouver un seul reproche à faire à Matti Vanhanen [Premier ministre finlandais]. (...) Son point faible était surtout la politique étrangère, marquée par une certaine passivité et un manque d'inventivité, et cela a pu contribuer à renforcer les conservateurs. En tant que nouveaux partenaires de coalition du Parti du centre, ils vont injecter du sang neuf dans le gouvernement, ce qui fera le plus grand bien à la Finlande, surtout en ce qui concerne son rôle au sein de l'UE." (20.03.2007)

die tageszeitung - Allemagne

Pour Reinhard Wolff, le fort désir de consensus en Finlande masque le fait que le pays connaît également des problèmes. "La Finlande ne s'est jamais aussi bien portée, déduit-on des statistiques économiques. Mais en même temps, le nombre de laissés-pour-compte ne cesse d'augmenter. Ces dix dernières années, l'écart entre le haut et le bas de l'échelle sociale n'a cessé de s'agrandir. Le chômage est 2 à 3 fois plus élevé que dans le reste de la Scandinavie et semble se stabiliser à ce niveau. L'Etat social est un peu plus grignoté chaque année. En cas de coalition entre le centre et la droite - sans les sociaux-démocrates - ce phénomène va encore s'accentuer. La Finlande vit aujourd'hui à crédit. Une politique sans vision aura rapidement des conséquences fâcheuses." (20.03.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Peu importe quels partis vont former la nouvelle coalition - "d'une manière ou d'une autre, la Finlande bénéficiera d'une stabilité enviable," affirme Jürg Dedial. "Bien évidemment, la Finlande a déjà connu des temps agités. Les années qui ont suivi l'effondrement de l'Union soviétique, qui n'avait laissé à la Finlande qu'une marge de manoeuvre étroite pendant plusieurs décennies, ont nécessité des réformes économiques et sociales profondes. Les Finlandais ont dû alors faire de grands sacrifices. Toutefois, ce traitement de choc a aujourd'hui des retombées positives pour le pays. La Finlande enregistre la meilleure croissance économique de tous les pays de la zone euro, l'un des taux de chômage les plus bas et des ressources fiscales enviables. Même la politique étrangère ne comporte que peu d'aspects controversés. Voilà les piliers sur lesquels repose la stabilité politique et sur lesquels s'appuie un nouveau consensus tous les quatre ans." (20.03.2007)

RÉFLEXIONS

El País - Espagne

Andrés Ortega vante le glorieux passé de l'UE

Le journaliste espagnol Andrés Ortega, spécialiste des relations internationales, regrette que la réussite du projet européen soit masqué par les crises actuelles. "Un triste anniversaire. Voilà ce que l'UE s'apprête à célébrer dimanche prochain lorsque seront commémorés les 50 ans du Traité de Rome. Il s'agit pourtant d'une construction sans précédent dans l'histoire, du plus grand apport réalisé par l'Europe aux systèmes politiques depuis l'Etat nation, d'un grand succès original à maints points de vue - y compris en terme de paix et de prospérité - au sein d'une union qui a su privilégier la volonté sur l'obligation afin de préserver les identités. Les architectes politiques de l'après-Deuxième guerre mondiale ont vu juste. Mais désormais, il manque une vision : l'Europe qui s'est développée contre le mur de la guerre froide ne peut désormais plus se construire contre rien, et doit apprendre à le faire de manière positive." (19.03.2007)

La Vie - France

Bronislaw Geremek imagine l'avenir de l'Europe

Interrogé à l'occasion des 50 ans du Traité de Rome par Christian Troubé, l'historien polonais et député européen Bronislaw Geremek évoque la façon dont les jeunes générations appréhendent l'Europe. "La paix entre les différentes nations européennes leur semble aussi acquise. Comment alors rendre l'Europe attractive quand l'échec du traité constitutionnel montre que l'Union est à la croisée des chemins ? Il faudrait que les jeunes générations retrouvent dans le projet européen des actes qui mobilisent l'imagination. Qu'elles aient la possibilité de se retrouver dans un comportement européen : l'attachement à la dignité de l'homme, à la démocratie, à la tolérance, aux droits humains. Que se crée véritablement un syndrome européen fondé sur le refus de tout régime autoritaire, de tout enfermement, de tout cloisonnement. Le chantier des jeunes générations sera celui de l'ouverture. Créer une société ouverte européenne sans nier nos diversités." (15.03.2007)

Le Soir - Belgique

Pour Pascal Martin, l'Europe manque de ressort

Le journaliste Pascal Martin signe un éditorial dans lequel il regrette le manque de folie de l'UE un demi-siècle après sa création. "L'Europe est devenue extrêmement complexe et chacun comprend qu'il ne suffit plus d'invoquer les mânes des Pères pour la sortir de l'immobilisme. Une des solutions fréquemment avancées réside dans la mise en action de nouvelles coopérations renforcées. Comprenez : un des ces mécanismes qui sous-entendent l'euro ou Schengen, et que l'on pourrait reproduire dans des domaines divers. L'environnement, la défense ou l'immigration. Plusieurs pays s'associeraient, montreraient l'exemple et susciteraient des vocations parmi leurs partenaires. Dans la réalité, il manque un élément clé : ce que Louis Michel [commissaire européen en charge du Développement et de l'Aide humanitaire] appelle - c'est un tic - le 'momentum'. Le moment à ne pas rater. L'Europe a pris son élan sur les ruines de la guerre. Or, le plus difficile à l'heure de son jubilé semble bien de créer l'impulsion qui la poussera à s'élancer." (20.03.2007)

POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

L'Allemagne débat du projet américain de bouclier antimissile

Depuis que le président russe Vladimir Poutine a ouvertement critiqué le projet américain de bouclier antimissile lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, en février dernier, le débat fait rage en Allemagne. Tandis que la chancelière Angela Merkel (CDU, chrétiens-démocrates) plaide en faveur de l'intégration du bouclier dans le système de l'OTAN, Kurt Beck, vice-chancelier et chef du SPD (sociaux-démocrates), met en garde contre une nouvelle course à l'armement. Pour Stefan Kornelius, ce débat "consiste à déterminer si la Russie est notre amie ou notre ennemie, car le comportement de Moscou nous donne le sentiment qu'il est urgent de trancher. La discussion tourne autour de l'armement ou du désarmement, le SPD donnant l'impression qu'il faut maintenant empêcher une deuxième guerre froide. Il concerne la prochaine division de l'Europe (après la guerre en Irak), parce que les Etats voisins satisfont de manière souveraine leur besoin de sécurité. Et comme toujours en Allemagne, il s'agit de tout ou rien, de la guerre ou de la paix, ou tout au moins d'un point de rupture de la coalition. Car la guerre en Irak a montré à quel point le pays s'échauffe facilement lorsqu'on aborde des questions épineuses liées à la politique de sécurité nationale." (20.03.2007)

Romania Libera - Roumanie

L'Europe de l'Est face à son passé

Cristian Pirvulescu commente la loi polonaise rendant obligatoire la divulgation d'une collaboration passée avec les services secrets communistes, dite "loi de lustration", entrée en vigueur voilà une semaine, à la lumière de la prise de conscience du passé qui s'est produite dans les autres pays de l'ancien bloc de l'Est. "L'anticommunisme est à l'ordre du jour dans les pays d'Europe de l'Est, de manière plus ou moins marquée. Lorsque les gouvernements s'appuient sur une coalition à laquelle appartiennent d'anciens partis communistes (Hongrie et Bulgarie), la lustration suscite moins d'ardeur. Dans d'autres cas, la situation est diamétralement opposée (Pologne et République tchèque). En Roumanie, l'enthousiasme provoqué par cette prise de conscience du passé est vite retombé avec l'entrée du pays dans l'UE. La crise politique a fait le reste : pas une réforme morale, pas un scénario politique intégrant la lustration n'ont été menés à bien. Le jugement du communisme était un simple exercice rhétorique du président." (20.03.2007)

La Croix - France

La réforme des institutions françaises en débat

L'éditorialiste François Ernenwein intervient dans le débat sur la réforme des institutions françaises, relancé dimanche 18 mars par Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, qui s'est prononcée en faveur d'une VIe République. "Que la pratique institutionnelle ait été modifiée, au fil du temps, par le maintien au pouvoir de présidents désavoués par les urnes, l'acceptation de la cohabitation, la confusion des rôles entre le président de la République et le Premier ministre, l'amoindrissement du Parlement, aucun doute. Reste que cette crise n'est pas d'abord institutionnelle. Elle est morale. Le doute des Français n'est pas né de textes constitutionnels inadaptés, mais de mauvaises habitudes, où gauche et droite ont des responsabilités partagées. Plutôt que de changer de République, mieux vaudrait donc revoir d'abord les usages. Qu'ensuite des aménagements soient nécessaires, cela va de soi. Mais dans cet ordre des priorités." (20.03.2007)

MÉDIAS

The Guardian - Royaume-Uni

L'éthique dans le journalisme

Ian Mayes, qui répond au courrier des lecteurs pour le quotidien britannique 'The Guardian', est sur le point de publier un livre portant sur la déontologie journalistique ('Journalism Right and Wrong'). Dans ce livre, il se demande "si le 'Guardian' a eu raison ou tort de publier ce qu'il a publié, et de la manière dont il l'a fait. (...) L'intention a été de rendre normal ou naturel un débat public et régulier sur l'éthique du journalisme entre les lecteurs du 'Guardian' et ses journalistes. C'est encore un phénomène assez inhabituel dans le monde du journalisme (...) rarement atteint par les tabous ou impératifs éditoriaux, souvent sur des sujets que la majorité des médias considèreraient comme trop gênant pour être évoqués. (...) Les enseignants dans les écoles de journalisme où je suis intervenu ces dernières années ont aussi vu l'utilité de la chose. Beaucoup d'étudiants au Royaume-Uni viennent de pays où ce genre de conversation et d'examen ne se déroule tout simplement pas. Peut-être cela se produira-t-il à l'avenir." (19.03.2007)

CULTURE

Dnevnik - Slovénie

Le net art, une discipline hors du temps et de l'espace

A l'occasion de l'exposition virtuelle 'Literarni algoritmi' du pionnier slovène du net art, Jaka Zeleznikar, organisée par la Galerie Bezigrad de Ljubljana, Petja Grafenauer mène une réflexion sur cette forme d'art moderne. "Le net art, l'art sur Internet, démontre clairement qu'un objet d'art peut tout à fait se trouver hors du temps et de l'espace réels. La présence physique dans une pièce concrète n'est plus nécessaire pour consommer une oeuvre d'art. A condition, bien évidemment, qu'un ordinateur soit disponible dans la pièce, ce qui prive du net art une grande partie des régions les plus pauvres du monde. (...) Le caractère enjoué de certains projets et le pouvoir critique dont bénéficie le net art rappellent la poésie visuelle des années soixante, un vaste mouvement artistique qui a également marqué l'art et la littérature slovènes. Aujourd'hui, à l'aide de moyens technologiques, nous pouvons créer un espace qu'une organisation institutionnelle locale ne pourra jamais ouvrir." (20.03.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

La langue française doit s'ouvrir au monde

A l'occasion de la Journée de la francophonie qui se déroule ce mardi 20 mars, Laurent Moyse regrette la manière dont a évolué l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). "Elle n'a fait qu'accentuer l'attitude de ceux qui se recroquevillent derrière la défense d'une langue, en compétition avec d'autres pour maintenir la suprématie dans le monde. Il est intéressant de noter dans ce contexte que 44 écrivains ont lancé un manifeste [publié par le quotidien 'Le Monde'] dans lequel ils saluaient l'attribution en 2006 des principaux prix littéraires français à des auteurs étrangers, ce qui signifie d'après eux la 'fin de la francophonie' et la 'naissance d'une littérature-monde en français'. On ne sait si cette espèce de condescendance culturelle est en train de prendre fin : un tel mouvement a en tout cas le mérite de remettre en selle un dialogue multipolaire qui, s'il n'a jamais cessé, ne s'est pas toujours développé comme il aurait dû." (20.03.2007)

Przegląd - Pologne

Les artistes polonais s'engagent contre les frères Kaczynski

Przemyslaw Szubartowicz a écouté le nouvel album du groupe Masala Sound System, intitulé 'Citoyens du Quart-Monde' et il se félicite que les musiciens alternatifs se rallient aux opposants de Lech Kaczynski, président de la Pologne, et de son frère Jaroslaw, Premier ministre. "Ces musiciens clament ce qu'ils pensent des offenses que le Premier ministre fait à répétition à différents groupes de la société. (...) Dans l'histoire de la Pologne libre, aucun groupement politique n'a eu droit à autant de chansons critiques et protestataires que les frères Kaczynski. Evidemment, tous les hommes politiques ont dû endurer des critiques - et pas des moindres. Mais elles restaient assez générales - la politique est immorale, le pouvoir corrompu et il ne génère que mensonge et exploitation. Les manifestes pubertaires, dans lesquels les gouvernants jouaient le rôle principal, étaient rares." (19.03.2007)

The Independent - Royaume-Uni

La littérature féminine au Royaume-Uni

Suzi Feay, chroniqueuse littéraire du quotidien, relate que "Muriel Gray, romancière, présentatrice télé et directrice cette année du jury du Prix Orange pour la fiction (réservé aux écrivaines), a profité de l'annonce de la sélection pour dénoncer le fait qu'en général, les écrivaines choisies cette année manquaient d'imagination et se concentraient trop sur leur nombril. Les femmes écrivains ne travaillent pas assez dur pour s'affranchir de leur propre sexe et des circonstances - affirme Gray en résumé : elles n'arrivent pas à inventer, ce qui est un préalable nécessaire à toute bonne fiction. (...) Est-ce que 's'affranchir de son sexe' devrait être un des rôles-clés de la fiction ? Il est étrange de voir Gray citer cela comme si c'était évidemment une bonne chose. Généralement les écrivains, hommes ou femmes, ne produisent pas leurs meilleures oeuvres lorsqu'ils se travestissent. Au mieux ce n'est pas convaincant, au pire absurde et embarrassant - rappelez-vous la femme officier de police dans 'Train de nuit' de Martin Amis ? Ou la Charlotte Gray de Sebastian Faulk, qui arrangeait constamment ses dessous incroyablement compliqués ?" (20.03.2007)

 

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