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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 26.03.2007

 

À LA UNE

L'UE se donne deux ans pour se réformer

Le cinquantième anniversaire de l'UE célébré dimanche 25 mars à Berlin a abouti à la signature de la 'Déclaration de Berlin'. Il y est question d'un nouveau traité fondamental plutôt que d'une nouvelle Constitution, ce texte devant offrir à l'UE de nouvelles règles de fonctionnement d'ici la mi-2009. Un processus de réformes est-il vraiment lancé ?

Extraits des publications suivantes:
The Guardian - Royaume-Uni, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Politiken - Danemark, La Croix - France, Le Temps - Suisse, Lidové noviny - République tchèque, La Stampa - Italie

The Guardian - Royaume-Uni

"A peine les dirigeants européens avaient-ils vidé leurs coupes pour célébrer hier un demi-siècle d'unité qu'ils souffraient des effets de la traditionnelle gueule de bois en pensant à ce que leur réservent les cinq décennies à venir", commente le quotidien. "Mme Merkel a concentré ses efforts sur la sortie de l'impasse de la réforme institutionnelle. Elle souhaite une conférence intergouvernementale qui devra s'entendre sur un projet de traité d'ici décembre. Celui-ci devra être approuvé par les 27 gouvernements d'ici février de l'année prochaine. Mais, après une longue période de réflexion, chacun veut toujours des choses différentes : l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie espèrent préserver une grande partie du texte original de la Constitution maudite. La Pologne est réticente à l'idée d'abandonner le droit de vote avantageux qu'elle a obtenu avec l'Espagne grâce au Traité de Nice. La France veut une partie centrale allégée. Le Royaume-Uni ne veut pas de traité du tout. Tout le monde dit vouloir être pragmatique, mais personne n'a une vision claire de l'avenir." (26.03.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pour Martin Winter, "le réveil tant attendu" ne s'est pas produit à la cérémonie de Berlin. Cela ne signifie pas pour autant que la déclaration de Berlin, négociée laborieusement, n'a aucune valeur. "Au contraire, il s'agit d'un document d'une grande sincérité. L'Europe s'est tendu un miroir et ce qu'elle voit doit désenchanter tous ceux qui espéraient un approfondissement politique après le grand élargissement. (...) Si elle a eu besoin de plusieurs semaines de négociations pour pouvoir déclarer à Berlin que l'euro est une réussite, si le modèle social européen doit être fortement restreint par des clauses, si les thèmes de la politique étrangère et de la sécurité ne sont perceptibles dans la déclaration qu'au prix d'efforts d'interprétation démesurés, c'est que l'Europe est dans un bien piètre état. Bien entendu, Angela Merkel a remporté un succès en imposant aux autres pays la fin des réformes pour 2009. Mais quelles réformes ? Si le Saint-Esprit du bon sens politique européen ne guide pas encore tous les chefs d'Etat et de gouvernement européens, nous n'assisterons qu'à une mini-réforme, visant à maintenir Bruxelles en état de fonctionnement." (26.03.2007)

Politiken - Danemark

Le quotidien danois critique la déclaration de Berlin. "Avec la chancelière Angela Merkel à sa tête, l'UE veut tenter une nouvelle fois de définir des règles du jeu, afin de rendre l'Union à 27 membres aussi compétente qu'une Union à 12 ou 15 membres. C'est le noyau dur du traité, qui doit prendre la forme d'une Constitution simplifiée si possible avant l'élection d'un nouveau Parlement et d'une nouvelle Commission en 2009. Si cela n'est pas possible, nous risquons de devoir attendre cinq ans de plus. Pour éviter un fiasco, il faudrait cette fois soumettre la constitution aux Parlements et non aux électeurs, ce qui ne fera qu'aggraver le déficit démocratique dont souffre non seulement l'UE, mais aussi les pays membres." (26.03.2007)

La Croix - France

L'éditorialiste François Ernenwein considère que les "manques" de l'UE "ne seront pas compensés par la déclaration de Berlin, sorte de contrat programme minimum d'ici à 2009. La politique des petits pas qui a accompagné la construction européenne pendant cinquante ans, qui a assuré jadis ses succès, a aujourd'hui épuisé ses ressources. Le projet européen est menacé de mort lente s'il ne se transforme pas en volonté beaucoup plus explicite, en ambition plus ample que la construction d'une zone élargie dédiée au libre-échange. Il faut de nouvelles énergies. Elles se trouvent dans les espoirs sans cesse formulés des Européens. L'Europe déçoit, non pas par trop d'audaces, mais parce qu'elle tarde encore à dessiner clairement son projet." (26.03.2007)

Le Temps - Suisse

"La chancelière allemande, qui a bataillé dur pour inclure dans la déclaration de Berlin la date butoir de 2009 pour la réforme institutionnelle de l'UE, connaît les contraintes du calendrier", explique Richard Werly. "Aussi ambitieux soit-il, son plan pour sortir l'Europe de la crise dans laquelle l'ont placée en 2005 les rejets français et néerlandais de la Constitution, pourra seulement, d'ici à la fin de la présidence allemande le 30 juin, être mis sur la table à Bruxelles. Or le nouveau chef de l'Etat français, élu le 6 mai, évitera à l'évidence de s'engager sur le sujet quelques semaines après son entrée en fonction. (...) Le pari le plus audacieux d'Angela Merkel vise le second semestre 2008. A ce moment-là, six mois durant, la France présidera l'UE. (...) Cette stratégie comporte deux risques : celui d'irriter les détracteurs de l'axe franco-allemand, et celui de ne pas trouver dans le successeur de Jacques Chirac le partenaire rêvé." (26.03.2007)

Lidové noviny - République tchèque

Pour Petr Zavadil, c'est en grande partie la faute des Tchèques si la déclaration de Berlin est si si terne. "Prague s'est bruyamment opposée à tout : à la Constitution, à tous ses éléments nouveaux, aux propositions de la chancelière allemande Angela Merkel et à sa méthode de négociation sans compromis. La République tchèque et la Pologne se sont montrées plus britanniques que les Britanniques. Nous verrons bien si ces manoeuvres de bac à sable seront efficaces au moment de la véritable bataille. Le combat autour de l'avenir de la Constitution européenne commence tout juste. L'UE ne se donne qu'un semestre pour négocier les détails. Elle doit donc se décider entre deux options, l'une excluant l'autre : le respect de cet ultimatum ou un grand bond en avant vers l'intégration, qui prendra beaucoup de temps. Tout semble indiquer que l'on optera pour la seconde option, ce que préfère la République tchèque." (26.03.2007)

La Stampa - Italie

L'éditorialiste Andrea Romano déplore certains passages de la déclaration de Berlin, notamment la phrase disant que "le modèle européen concilie la réussite économique et la solidarité sociale". "Ces banalités ne figureraient même pas dans le manifeste d'une quelconque association de bienfaisance. Elles ne peuvent servir qu'à se sentir une nouvelle fois satisfaits d'être nés dans cette partie bénie du globe (...). L'Europe a choisi le confort de la rhétorique, avec le risque que l'Union européenne, à l'instar du modèle amish, se referme béatement sur elle-même, en contemplant sa chance et en profitant de sa sécurité pendant que le moteur du projet communautaire montre de plus en plus de signes de fatigue. Tout autour de nous, le monde aurait pourtant besoin de la part de cette Europe d'un supplément de leadership et d'engagement". (26.03.2007)

RÉFLEXIONS

Le Soir - Belgique

Marc Fleurbaey met en balance capitalisme et démocratie

Auteur de 'Capitalisme ou démocratie ? L'alternative du XXIe siècle', l'économiste français Marc Fleurbaey explique dans une interview réalisée par Dominique Berns pourquoi il est difficile de concilier ces deux concepts. "Autant je pense que l'économie de marché est notre horizon, parce qu'elle est la plus efficace, mais aussi parce qu'elle est juste à certains égards - en particulier en tant qu'outil de promotion de l'autonomie des individus -, autant sa forme actuelle n'est pas vouée à perdurer. Pourquoi ? Parce qu'il y a un décalage extraordinaire entre notre culture, imprégnée de valeurs démocratiques, et le fonctionnement de l'économie qui, aussi bien de manière générale qu'au sein des entreprises, reste très peu démocratique. (...) Il y a un décalage, que tout le monde admet, entre la sphère d'action de la démocratie, qu'elle soit politique ou sociale, et le champ d'action des opérateurs économiques, et notamment des investisseurs, qui dépasse de très loin le niveau des Etats-nations et du dialogue avec les partenaires sociaux." (26.03.2007)

Perlentaucher - Allemagne

Jürgen Habermas en faveur d'un référendum européen

Dans un entretien réalisé par Matthias Hoenig, le philosophe allemand Jürgen Habermas propose une issue à la crise de la Constitution européenne : l'organisation d'un référendum sur l'Europe à l'occasion des élections européennes de 2009. "Les gouvernements, qui sont les maîtres de la Constitution, doivent reconnaître leur impuissance et 'mettre en jeu la démocratie' à cette occasion. Ils doivent sortir de leur rôle habituel et mener eux-mêmes un combat pour ou contre la Constitution avant les élections - sous la forme des partis politiques qui les composent - dans le cadre d'une campagne européenne (...) Si le référendum est un succès, l'Europe pourra dire définitivement adieu au modèle du convoi, dans lequel le wagon le plus lent impose le rythme. Même dans une Europe composée d'un centre et de satellites, les pays qui préfèrent rester provisoirement en marge ont bien entendu la possibilité de rejoindre le centre à tout moment." (23.03.2007)

POLITIQUE

Rzeczpospolita - Pologne

Comment traiter les combattants polonais de la guerre civile espagnole ?

Des tensions opposent actuellement la Pologne et l'Espagne, le Sénat espagnol ayant appelé Madrid à intervenir en faveur des Polonais encore en vie qui ont combattu contre Franco pendant la guerre civile. Les arguments des sénateurs sont les suivants : les anciens combattants sont concernés par la loi de lustration polonaise, qui exige la divulgation de toute collaboration passée avec les services secrets communistes, et peuvent craindre la suppression de leur pension. Igor Janke commente cette affaire. "En défendant le souvenir de leurs héros, les Espagnols frappent à l'aveuglette et ne savent plus qui ils atteignent. Le gouvernement polonais ne punit personne pour avoir participé à la guerre contre Franco. Il veut mettre fin aux privilèges d'hommes qui ont fait partie d'un appareil de violence et ont voulu étouffer notre indépendance, et qui, à cette fin, ont  pourchassé et torturé les héros qui luttaient pour la liberté et la démocratie de la Pologne." (24.03.2007)

Europa Sur - Espagne

L'Espagne à la rescousse des ex-Brigadistes polonais

José Aguilar commente la "décommunisation' appliquée en Pologne par les frères Lech et Jaroslaw Kaczynski, respectivement président et Premier ministre. Selon lui, ils se sont lancés dans une "opération de destruction de la mémoire historique de leur pays. Le dernier épisode en date est le projet de priver de leurs pensions plusieurs dizaines de Polonais qui ont fait partie des Brigades internationales et se sont battus en Espagne pour défendre la légalité républicaine pendant notre guerre civile. (...) [Les Kaczynski] s'apprêtent à appliquer une sorte de purification idéologique qu'aucun autre ex-pays communiste n'a jamais réalisée. Une vraie chasse aux sorcières contre (...) des personnes coupables d'avoir embrassé une cause qu'ils croyaient juste. (...) Mais il se trouve que ces Polonais, qualifiés de 'traitres et de criminels' par leur président, ont droit à la nationalité espagnole grâce à un décret datant de 1996. Et c'est pour cela que le Sénat va décider, dans une solidarité unanime, de leur offrir un refuge ici." (26.03.2007)

Le Nouvel Observateur - France

L'identité nationale française en débat

Nicolas Sarkozy, candidat de la droite à l'élection présidentielle française, a provoqué un vif débat en France en proposant la création d'un 'ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale'. Pour le chroniqueur Claude Weill, "il n'existe aucune définition incontestable de 'l'être français'. (...) En France, dont la population et le rapport au monde n'ont cessé d'être malaxés par l'histoire, l'identité nationale est une réalité mouvante, plurielle. Et éminemment relative. C'est une interrogation sur le passé, un thème de réflexion pour les philosophes et les citoyens, un inépuisable sujet d'affrontement idéologique. Pas une donnée de nature. (...) Chacun a sa manière d'habiter l'identité nationale - et c'est très bien ainsi. Car elle est à tout le monde. Il n'appartient pas à un ministre, pas davantage à un parti politique ou à une majorité du moment, de décréter 'ce que c'est qu'être français'." (22.03.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Fin du délai pour le partage des pouvoirs en Irlande du Nord

Le 26 mars marque la date limite légale pour un accord sur les termes de la mise en place d'un gouvernement d'union en Irlande du Nord. Selon le quotidien, "le gouvernement britannique a adressé à plusieurs reprises des menaces inquiétantes aux hommes politiques nord-irlandais, les prévenant qu'eux-mêmes et leurs électeurs risquaient la ruine politique et surtout financière s'ils ne parvenaient pas à un accord avant la date limite. Aucun gouvernement ne sera formé aujourd'hui, comme le révérend Ian Paisley [dirigeant du DUP, Parti unioniste démocrate] l'a affirmé clairement ce week-end [en demandant une prolongation de six semaines]. Pourtant, à Belfast, on ne se trouve pas dans une atmosphère de crise. Les choses ne sont pas encore complètement réglées, mais il y a beaucoup de raisons d'espérer [Paisley et Gerry Adams, le dirigeant du Sinn Féin, doivent se rencontrer aujourd'hui]. (...) Londres et les républicains auront alors les yeux fixés sur un enjeu plus grand, la promesse d'un gouvernement d'union en mai." (26.03.2007)

ÉCONOMIE

SL Õhtuleht - Estonie

L'Estonie rêve toujours d'euro

Jarek Mäggi trouve que l'Estonie se porte bien. "Les routes et les écoles sont rénovées, la natalité augmente, le revenus décollent, tous ceux dont la santé est relativement bonne ont du travail et posséder sa propre maison n'est plus un luxe, mais la juste récompense de son travail." Mais il se montre également quelque peu amer. "Les Estoniens ont accumulé une dette de plusieurs milliards d'euros qu'ils doivent rembourser en couronnes, et il faut gagner cet argent. A cette fin, il vaudrait mieux vendre des marchandises et des services à l'étranger. Au lieu de cela, le déficit de la balance commerciale ne cesse de se creuser. En Europe, seuls les Lettons et les Bulgares nous surpassent (...) Nos exportations partent surtout dans les pays de l'UE, c'est pourquoi il serait judicieux d'introduire l'euro. Mais notre inflation, qui atteint 5 %, est trop élevée [l'Estonie a dû repousser au 1er janvier 2008 son entrée dans la zone euro à cause de son taux d'inflation]. Si les salaires augmentent, les prix augmentent également, ce qui fait de nouveau augmenter les salaires. Une croissance des salaires inférieure à 10 % par an ne satisfait plus personne." (26.03.2007)

CULTURE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

La Slovénie à l'honneur à la foire du livre de Leipzig

La foire du livre de Leipzig, qui s'est terminée dimanche 25 mars, a enregistré cette année un record de visiteurs. Le pays invité était cette année était la Slovénie. Joachim Güntner a glané quelques informations linguistiques. "Le slovène a survécu à trois empires, sous le règne desquels il n'a jamais été la langue officielle ; il a été soumis à de nombreuses influences extérieures (notamment celle de l'allemand) mais a pourtant préservé ses particularités au cours de l'histoire. Comme en russe, dans lequel il existe un 'pluriel restreint', le slovène compte le 'duel', une forme grammaticale spécifique signifiant 'nous deux' ('mi dva'). Le slovène n'est-il pas une langue délicieuse pour les amateurs ? Les traducteurs slovènes, comme Urska P. [traductrice et administratrice du stand slovène] rencontrent des problèmes 'avec tout ce qui est impersonnel' : le conjonctif, le passif et les constructions infinitives, un peu comme en allemand." (26.03.2007)

COULEURS LOCALES

Evenimentul Zilei - Roumanie

20 raisons d'aimer l'UE selon la Roumanie

Le quotidien britannique 'The Independent' a publié la semaine dernière 50 raisons d'aimer l'UE. Du point de vue des Roumains, Emilian Isaila en voit 20 autres. "1. Il est devenu moins stressant de chercher du travail, car quand on est en bonne santé, on peut en trouver partout en Europe. 2. Les droits et les libertés individuels ont pris une nouvelle dimension. C'est une chance, surtout lorsque l'on est malmené par la justice roumaine. 3. Plus besoin de passeport pour aller en Bulgarie l'été ! (...) 10. Plus aucune raison de craindre une guerre contre la Hongrie, la Russie ou la Bulgarie (...) 12. Les communistes ne reprendront jamais le pouvoir (...) 17. Nous allons enfin avoir des autoroutes !" (25.03.2007)

 

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