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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 28.03.2007

 

À LA UNE

La Lettonie règle enfin son différend frontalier avec Moscou

La Lettonie et la Russie se sont mises d'accord mardi 27 mars sur un traité frontalier, mettant ainsi un terme à plus de quinze années de débat. Cet ancien pays satellite de l'Union soviétique avait dû, tout comme l'Estonie, céder une partie de son territoire à la Russie après la Deuxième Guerre mondiale. Contrairement à la Lettonie, l'Estonie n'a toujours pas trouvé de terrain d'entente avec son voisin russe.

Extraits des publications suivantes:
Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie, Postimees - Estonie, Le Soir - Belgique

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

Pour Anita Daukste, le traité frontalier est un succès pour le gouvernement d'Aigars Kalvitis. Elle regrette pourtant que la petite ville de Pytalovo (en letton : Abrene) tombe finalement aux mains des Russes. Lors d'une première tentative de négociation, en 1997, la Lettonie avait refusé de céder la ville. "Aujourd'hui, on pourrait pousser un soupir de soulagement du fait que le problème du traité frontalier soit enfin résolu. Plusieurs gouvernements s'y sont penchés durant de nombreuses années, et il a fallu faire beaucoup de compromis, mais cette fois le pas est bel et bien franchi. La perte d'Abrene est un événement symbolique, et non pas pratique ou physique. Mais ce sont souvent les symboles qui suscitent le plus d'émotion, et nous ne pouvons pas nous y soustraire." (28.03.2007)

Postimees - Estonie

Maintenant que la Lettonie a signé un traité frontalier avec la Russie, le quotidien note que, des trois pays Baltes, seule l'Estonie manque encore à l'appel. "L'Estonie a de nombreux points communs avec la Lettonie. Toutes deux ont pris leur indépendance après l'effondrement de l'empire des tsars, toutes deux ont été de nouveau occupées en 1940 et toutes deux ont perdu une partie de leur territoire au profit de la Russie après la guerre. Qui est responsable du fait que l'Estonie soit le seul état Balte à ne pas avoir signé de traité frontalier ? Est-ce Moscou, qui persiste à dire que l'Estonie a rejoint l'Union soviétique de son plein gré, et qui ignore le traité de 1920 ? Les Lettons subissent encore davantage de pression que nous, et ils ont malgré tout ratifié le traité. Ils savent en effet que leur vie quotidienne ne va pas s'en trouver bouleversée, et qu'ils sont désormais dans une situation plus confortable en ce qui concerne la politique étrangère, comme Helsinki en son temps. Difficile de prévoir quand Tallinn parviendra à la même conclusion." (28.03.2007)

Le Soir - Belgique

Antoine Jacob, correspondant du quotidien à Riga, explique pourquoi la question des frontières entre la Russie et les Etats baltes est difficile à résoudre. "Moscou en voulait aux Baltes d'avoir été les premiers à sortir de l'URSS. Leur volonté d'intégrer l'UE et l'OTAN était perçue comme un exemple risquant de faire tache d'huile dans la sphère d'influence russe. (...) Les négociations frontalières ont été compliquées par un contentieux juridique. Lettons et Estoniens souhaitaient que leurs Etats soient reconnus dans la continuité des traités frontaliers signés en 1920 avec l'URSS. Pour Moscou, cela reviendrait implicitement à reconnaître l'occupation de ces pays, ce qu'elle se refuse à faire, de crainte que cela n'aboutisse à des dédommagements financiers et à la rétrocession de parcelles de territoires. La Lettonie a finalement fait une croix dessus. Pour elle, mieux vaut profiter du dégel actuel que de reporter le problème frontalier à l'après-Poutine. Qui sait si le futur président russe sera aussi bien disposé ? L'Estonie, elle, campe sur ses positions." (28.03.2007)

RÉFLEXIONS

die tageszeitung - Allemagne

Zafer Senocak propose une approche critique du Coran

L'écrivain allemand d'origine turque Zafer Senocak constate que les érudits musulmans ont une approche purement scolastique du Coran. "Aucun musulman ne critique le Coran. Il est évident que sans analyse critique de ce livre, les musulmans ne peuvent pas avancer dans la société moderne. (...) Leur incapacité à relever les défis d'aujourd'hui a non seulement des conséquences sociales, mais également pathologiques. Surtout pour les hommes, qui doivent descendre de leur piédestal. Elle est également à l'origine de l'image du musulman dangereux et incapable de s'intégrer, derrière laquelle se concentrent toutes les forces qui confortent dans leur position ceux qui ont un problème avec les étrangers. La crise de la société ouverte, l'échec du multiculturalisme se construisent à partir de la crise herméneutique des musulmans, comme s'il existait dans notre monde une forme d'homogénéité culturelle. Soudain, la construction de mosquées dans les villes allemandes et l'appel à la prière du muezzin semblent appartenir au même contexte que le mariage forcé ou les crimes d'honneur." (28.03.2007)

El Mundo - Espagne

Adam Michnik attend une réaction des nouveaux membres de l'UE

Adam Michnik, directeur du quotidien polonais 'Gazeta Wyborcza', regrette que des gouvernements populistes soient au pouvoir dans plusieurs pays est-européens membres de l'UE et les appellent à réagir. "Pour les pays récemment entrés dans l'Union, l'UE n'est pas seulement un pourvoyeur de ressources. C'est aussi un modèle de traditions démocratiques et de culture politique fondée sur le pluralisme et la tolérance. Son canon de valeurs, qui tire ses origines dans les traditions du christianisme, des Lumières et de la pensée démocratique anti-totalitaire, est grandement connu. Et il incombe aux nouveaux pays membres de l'UE de profiter au mieux de ces valeurs et d'apporter à l'Union ce qu'il y a de meilleur chez eux. Etant donné que l'Europe est un chantier inachevé et que la Pologne, ainsi que les autres pays admis voilà peu, peuvent grandement contribuer à son développement, ils devraient choisir de s'atteler à cette tâche." (28.03.2007)

L'Hebdo - Suisse

Pour Jacques Pilet, la Pologne glisse vers le totalitarisme

Le chroniqueur suisse Jacques Pilet revient sur la loi polonaise de lustration entrée en vigueur le 15 mars en vertu de laquelle plusieurs centaines de milliers de Polonais doivent révéler s'ils ont collaboré avec les ex-services secrets communistes. "Aucun pays d'Europe de l'Est n'est allé aussi loin. Et pour cause : quiconque a connu la dictature communiste sait comment elle s'entendait à 'mouiller' les personnalités indépendantes, à travers le chantage, l'intimidation, le mensonge. Tous n'étaient pas des héros. Et beaucoup crurent à l'utopie. Punir la faiblesse ou l'erreur historique d'une telle foule de citoyens près de vingt ans après, ce n'est pas purifier le pays, c'est ouvrir la porte à de nouvelles injustices. Que les leaders des régimes déchus soient tenus à l'écart, personne ne s'y oppose. Inaugurer un nouveau maccarthysme, c'est se diriger vers le totalitarisme. (...) Le plus affligeant est la mollesse des réactions. En Pologne et au-dehors. (...) La Pologne est en train de glisser en douceur vers le totalitarisme. Sous le regard fatigué des Européens et celui, ravi, des néoconservateurs américains." (22.03.2007)

Dnevnik - Bulgarie

Vladimir Levtchev s'interroge sur l'idée de nation européenne

L'écrivain bulgare Vladimir Levtchev réfléchit à l'absence de nation européenne. "Se pourrait-il qu'une nation (ou une conscience nationale) de type américain soit mise sur pied de ce côté-ci de l'Atlantique ? Pourquoi l'expérience de la Yougoslavie a-t-elle échoué ? (...) L'Europe ne s'allie que pour des raisons économiques. En effet, aucun Etat européen ne pourra jamais devenir un grande puissance économique comme les Etats-Unis ou la Chine (...) Cependant, l'union économique de l'Europe n'est pas homogène (encore moins depuis que la Bulgarie et la Roumanie l'ont rejointe). L'idée d'une nation européenne pluriethnique ne pourra se concrétiser que lorsque la paix et l'indépendance économique seront assurées sur le Vieux Continent." (27.03.2007)

POLITIQUE

Przegląd - Pologne

Vers une interdiction totale de l'avortement en Pologne ?

Une fraction du parti conservateur Droit et Justice (PiS) et son partenaire de coalition, la Ligue des familles polonaises (LPR), petit parti d'extrême droite, veulent réglementer encore plus strictement le droit à l'avortement, déjà très rigoureux, par le biais d'une modification de la Constitution. Ce projet est débattu mercredi 28 mars au Parlement polonais. Selon eux, la vie doit être protégée dès que l'ovule est fécondé et les femmes ne devraient être autorisées à avorter qu'après un viol. Wanda Nowicka, présidente de l'association polonaise des femmes et de la planification familiale, s'oppose avec véhémence à ce durcissement et appelle à protester. "Quand les prêtres, les hommes politiques et les journalistes discutent entre eux, les femmes et les groupes qui militent en faveur de l'assouplissement de la loi sur l'avortement n'ont plus qu'à sortir dans la rue. (...) Mais les politiciens font la sourde oreille. Ils répètent à qui veut l'entendre que l'interdiction de l'avortement de 1993 était une solution de compromis. Bien que les personnes les plus concernées n'aient trouvé aucun compromis, on essaie de nous convaincre qu'il faut nous satisfaire de la loi actuelle. Car la situation risque encore de s'aggraver." (26.03.2007)

Le Monde - France

Martti Ahtisaari préconise l'indépendance du Kosovo

Le quotidien soutient le statut 'd'indépendance sous supervision internationale', proposé pour le Kosovo par Martti Ahtisaari, émissaire spécial de l'ONU, dans son rapport final rendu lundi 26 mars. "Pour solder le compte de l'éclatement yougoslave, il faut aller au bout de ces indépendances. Celle de la 'province' du Kosovo a, à cet égard, autant de légitimité que, avant elle, celles des six 'républiques' yougoslaves [Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Monténégro et donc Serbie]. (...) En acceptant l'indépendance du Kosovo, la communauté internationale doit aussi signifier que le mouvement de fragmentation doit s'arrêter là. Car, si le risque existe peu au sein même de l'UE, il persiste à ses marges. Il est donc indispensable de dire aux Serbes de Bosnie, aux Albanais de Macédoine ou aux Hongrois de Voïvodine que l'indépendance du Kosovo sera, sur les ruines de la Yougoslavie, la dernière à être proclamée." (28.03.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

La dernière bataille des Balkans a besoin du soutien de l'UE

Le quotidien insiste sur l'importance du rôle de l'UE dans l'avenir du Kosovo, après la proposition 'd'indépendance supervisée' formulée par Martti Ahtisaari, émissaire spécial de l'Onu. "Il y a beaucoup de pièges potentiels. En appuyant les propositions de M. Ahtisaari, l'UE a maintenu une unité franchement précaire. Les pays comme l'Espagne, la Slovaquie et la Grèce se sont montrés réticents à soutenir l'indépendance, un mot que M. Ahtisaari n'avait pas osé prononcer en public avant cette semaine. Mais si l'UE échoue à soutenir fermement l'indépendance, les chances d'un véto russe au Conseil de sécurité de l'Onu augmenteront sans aucun doute. (...) Les divisions internes de l'UE pourraient aussi encourager les Serbes à tenter une partition du Kosovo, avec le risque de violences qui en découle. (...) Ce coin turbulent de l'Europe est depuis trop longtemps la victime de la négligence du continent. Maintenant, enfin, le monde peut dire clairement ce que l'avenir réserve - et donner son indépendance au Kosovo." (28.03.2007)

Cotidianul - Roumanie

Les cent jours de la Roumanie dans l'UE

Trois mois après l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne, Catalin Avramescu fait le bilan. "Peut-on déjà constater des améliorations 100 jours à peine après notre adhésion ? En réalité, tout va mal. On nous a parlé de stabilité, et tout ce que nous avons récolté, c'est le chaos institutionnel. (...) On nous avait dit que nous aurions des représentants au Parlement européen, mais nous devons attendre presque un an avant de pouvoir élire nos députés européens. (...) La contribution de la Roumanie aux institutions européennes est pour l'instant limitée à la formation d'un groupe parlementaire d'extrême droite avec les Bulgares. Reste maintenant à savoir où est passé l'argent : ne nous avait-on pas promis que les euros couleraient à flot ? Les politiciens nous avaient même affirmé qu'il serait difficile d'administrer cette énorme somme. Nous avons versé une contribution de près 300 millions d'euros à l'UE. Et qu'avons-nous eu en retour ? C'est bien simple : rien du tout." (28.03.2007)

La Repubblica - Italie

Feu vert du Sénat italien sur l'Afghanistan

Le gouvernement de Romano Prodi a remporté le 27 mars une victoire au Sénat. Le projet de loi sur le refinancement du contingent italien en Afghanistan a été adopté grâce à des voix de l'opposition. L'éditorialiste Massimo Giannini analyse le vote sur lequel Silvio Berlusconi n' pas réussi à rassembler son camp. "Au Sénat, l'Afghanistan aurait pu devenir la tombe du gouvernement de centre-gauche, il est devenu au contraire la tombe de l'opposition de centre-droit. Si l'Union [coalition de centre-gauche] confirme la précarité de son autosuffisance politique, minimisée à cette occasion par l'appui des centristes, depuis hier la Casa delle Libertà [coalition de centre-droit], n'existe plus. Berlusconi, Fini et Bossi s'agitent autour des décombres d'un édifice qui s'est écroulé sous les coups du cynisme culturel et du masochisme politique sur lesquels il avait été construit". (28.03.2007)

CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Le surréalisme, un art commercial ?

L'exposition 'Surreal Things', qui s'intéresse à la manière dont le surréalisme a été commercialisé, ouvre ses portes jeudi 29 mars au Victoria and Albert Museum de Londres (V&A). Maev Kennedy évoque le passé. "Les fantômes d'André Breton et de Louis Aragon devraient vraiment se présenter à l'ouverture pour protester. (...) En 1926, ils s'étaient vu reprocher par Max Ernst et Joan Miró de vendre 'leurs âmes aux monde des affaires' en dessinant des décors et des costumes pour les ballets russes de Diaghilev. (...) On peut seulement imaginer ce qu'ils auraient pu penser du magasin de l'exposition dans lequel on trouve des homards en plastique vendus 3 livres ou un torchon vendu 5 livres sur lequel est imprimé le terrifiant Cadeau Audace de Man Ray, un fer à repasser en acier sur la semelle duquel est vicieusement plantée une rangée de clous. (...) La conservatrice du musée, Ghislaine Wood, souligne que le surréalisme 'a marqué l'imagination populaire et reste extrêmement puissant aujourd'hui'." (28.03.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le nouveau cinéma est-européen

A l'occasion d'un festival mettant à l'honneur le cinéma d'Europe de l'Est, Go East, organisé à Wiesbaden, Nikolaï Nikitin, membre du jury, fait état dans un entretien réalisé par Volker Mazassek des mauvaises conditions dans lesquelles travaillent les réalisateurs d'Europe de l'Est - ils dépendent en effet lourdement de l'aide technique et financière des pays de l'Ouest. Nikolaï Nikitin affirme en outre qu'un nouveau langage émerge chez les jeunes réalisateurs est-européens. "Auparavant, il s'agissait surtout de films d'auteur plutôt inaccessibles pour les spectateurs habitués au cinéma occidental. Sous l'ancien régime, les réalisateurs devaient se réfugier dans des thèmes historiques, car la censure était trop forte. Mais ce n'est pas le langage cinématographique qui fait la différence : la grande force des cinéastes d'Europe de l'Est, ce sont les thèmes qui émeuvent le spectateur. Rappelez-vous 'Grbavica', qui évoquait les viols en masse des femmes pendant la guerre des Balkans [1991-1995], et l'impact politique qu'a eu le succès du film à la Berlinale 2006 [il a remporté l'Ours d'or]. Il y a des années qu'aucun homme politique n'est parvenu à un tel résultat." (28.03.2007)

COULEURS LOCALES

Népszabadság - Hongrie

Orthodoxes grecs et russes se disputent une église de Budapest

La visite d'Etat en Hongrie du président grec Carolos Papoulias a été assombrie par une querelle autour d'une église baroque. Pendant la guerre froide, l'Eglise orthodoxe grecque de Budapest est passée aux mains de l'Eglise orthodoxe russe. Or, les Grecs exigent maintenant que l'église leur soit restituée. "Ils soulignent que l'église baroque a été fondée par les Grecs de Budapest. Lors de sa dernière visite, Vladimir Poutine l'a visitée et a allumé un cierge. Le président grec a voulu en faire de même, mais le patriarche russe a posé des conditions irréalisables qui ont empêché la visite. Toutefois, la minorité grecque de Budapest n'a pas manqué d'ériger un monument grec devant l'église." (28.03.2007)

 

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