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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 02.04.2007

 

À LA UNE

Que doit faire l'UE face à l'Iran ?

Quinze marins britanniques sont aux mains des autorités iraniennes depuis le 23 mars. Téhéran soutient qu'ils se trouvaient dans ses eaux territoriales au moment de leur capture, une affirmation réfutée par la Grande-Bretagne qui assure qu'ils effectuaient une mission de routine dans les eaux irakiennes. Cette crise réveille l'inquiétude de la communauté internationale qui se demande comment réagir face au régime iranien.

Extraits des publications suivantes:
The Observer - Royaume-Uni, El Periódico de Catalunya - Espagne, die tageszeitung - Allemagne, Correio da Manhã - Portugal

The Observer - Royaume-Uni

Malcolm Rifkind, député conservateur et ancien ministre des Affaires étrangères et de la défense, déplore le manque de volonté européenne pour mettre "la pression sur l'Iran de façon à mettre le régime au pied du mur, sans provoquer d'escalade dans la crise et sans pousser les Iraniens à une reculade humiliante. (...) Les membres de l'UE aspirent à une politique étrangère commune. Quel meilleur dossier pourrait-il y avoir sur lequel nos alliés français, allemands et italiens et nos partenaires pourraient montrer leur solidarité avec le Royaume-Uni et démontrer les bénéfices de l'action concertée ? Les assurances crédit export qui aident au commerce entre l'Iran et l'Europe de l'Ouest sont le meilleur moyen de pression. Celles-ci, avec d'autres mesures bancaires et financières, sont le talon d'Achille des Iraniens et leur retirer provoquera des dégâts pour leur économie déjà faible. (...) Cette absence de consensus [sur la pression économique] montre à quel point les espoirs d'une politique étrangère commune européenne sont trompeurs." (01.04.2007)

El Periódico de Catalunya - Espagne

Le quotidien estime que la crise actuelle ravive la tentation chez certains d'appliquer la politique du 'gros bâton' suivie autrefois par les Etats-Unis. "En sa faveur jouent la méfiance générale à l'égard de l'Iran et la décision de Téhéran de se doter d'un programme nucléaire propre. En sa défaveur, la conversion récente au réalisme de la diplomatie américaine et la catastrophe irakienne, chaque jour plus incontrôlable. Dans la crise actuelle, la prudence manifestée par les organisations internationales - ONU, OTAN et UE - montre la crainte qu'une erreur de calcul puisse avoir des conséquences imprévisibles. Et même si la négociation peut avoir des coûts très lourds pour le gouvernement britannique, ainsi que, dans une moindre mesure, pour l'administration Bush déjà très affaiblie, le choix d'une autre option contribuerait à détériorer encore plus les relations entre l'Occident et une grande partie du monde musulman." (02.04.2007)

die tageszeitung - Allemagne

Pour Jürgen Gottschlich, deux scénarios sont possibles dans l'affaire de la crise irano-britannique : "la recherche fructueuse d'une solution permettant aux deux belligérants de garder la face, ou l'escalade des menaces mutuelles, avec le risque de déclencher la guerre redoutée depuis si longtemps." Selon lui, la Russie et la Turquie pourraient éventuellement empêcher cette guerre. "Il pourrait être très utile que le voisin occidental de l'Iran, la Turquie, contribue à freiner l'escalade de la violence entre l'Iran et l'Occident, d'autant plus qu'elle a proposé d'intervenir. Par ailleurs, Téhéran ne considère pas les gouvernements russes et turcs comme des ennemis. Ils sont donc mieux placés que quiconque pour faire comprendre au président Ahmenidjad et à ses sous-fifres qu'une escalade ne sert que ceux qui cherchent une occasion supplémentaire de faire la guerre." (02.04.2007)

Correio da Manhã - Portugal

Face à la crise des soldats britanniques prisonniers en Iran, le journaliste Octavio Ribeiro pointe les hésitations occidentales. "Quinze Britanniques continuent d'être prisonniers sous l'autorité [du président iranien Ahmad Ahmadinejad. Il y a eu par le passé des guerres qui ont commencé pour moins que cela. La discussion sur la démarcation frontalière [entre les eaux irakiennes et iraniennes] est un simple prétexte pour éviter le pire, avec en toile de fond un Occident embourbé dans le marécage irakien. (…) Pendant ce temps, pensons également aux 70 millions d'Iraniens. Des gens si proches de nous qu'ils pourraient habiter Lisbonne ou Porto, comme le montre le film 'Ten', de l'Iranien Abbas Kiarostami. Une guerre peut avoir de grands desseins pour celui qui la dicte, mais elle est toujours profondément injuste pour ceux qui vont la subir." (02.04.2007)

RÉFLEXIONS

Der Standard - Autriche

Slavoj Zizek et la normalisation de la torture

Après les aveux de Khaled Cheik Mohammed, arrachés sous la torture dans la base américaine de Guantanamo, le philosophe slovène Slavoj Zizek met en garde contre la généralisation de la torture, dans les discours et dans la pratique. "S'il y a quelque chose de surprenant dans cette situation, ce sont moins les aveux que le fait que la torture ait été utilisée pour la première fois depuis de nombreuses années et qu'elle soit présentée comme un pratique acceptable (...) Khaled Cheik Mohammed est devenu ce que le philosophe politique Giorgio Agamben appelle un 'homo sacer' : un être juridiquement mort, mais biologiquement vivant. Et Cheik Mohammed n'est pas le seul à vivre entre deux mondes. Les autorités américaines en charge des prisonniers sont en quelque sorte aux antipodes de l'homo sacer : elles se présentent comme une puissance juridique mais opèrent dans un vide certes entretenu par le droit,  mais qui n'est pas réglementé par les lois de l'ordre juridique (...) C'est pourquoi nous autres, le public informé, sommes finalement les plus grandes victimes du recours systématique à la torture. Une part précieuse de notre identité collective est perdue à tout jamais." (02.04.2007)

Le Point - France

Geert Mak et les oublis de l'histoire européenne

Dans une interview menée par François Guillaume Lorrain, le journaliste et écrivain néerlandais Geert Mak raconte sa traversée de l'Europe pendant un an, à la redécouverte des lieux qui ont marqué l'histoire du continent. Il évoque les moments clés méconnus du XXe siècle, "d'autant plus méconnus que les vestiges en sont inexistants". "Parfois, vous devez gratter. Prenez la conférence de Munich, ce grand moment de honte européenne. Le seul vestige ? Une portion de trottoir chic posée en l'honneur de Hitler devant le Führerbau, où elle se déroula, un bâtiment affecté aujourd'hui à une académie de musique. Les Européens sont très forts pour nettoyer leur passé. Cela est d'autant plus facile que l'Europe, à la différence des Etats-Unis, a énormément changé en cinquante ans. (...) C'est cela aussi, l'Europe : d'un côté, l'oubli ; de l'autre, le rituel commémoratif. Un rituel qui débouche parfois sur un Disneyland, comme le musée du bombardement à Londres." (29.03.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Norman Davies et la référence à la religion dans la Constitution européenne

Le gouvernement polonais souhaite qu'il soit fait référence à la religion chrétienne dans le préambule de la Constitution européenne. Dans un entretien réalisé par Katarzyna Janowska et Piotr Mucharski, l'historien britannique Norman Davies, spécialiste de la Pologne, rejette cette idée. "L'Europe chrétienne est un stéréotype. Que signifie 'chrétienne' ? Je présume que les Polonais font référence à la civilisation latine. J'ai l'impression qu'ils oublient que l'Eglise orthodoxe est également chrétienne. La Grèce ne fait-elle pas partie de l'Europe ? Et est-elle catholique ? (...) Par ailleurs, la religion chrétienne n'a jamais eu le monopole, pas plus qu'elle ne l'a aujourd'hui. L'islam est présent de manière ininterrompue sur le continent européen depuis le VIIIe siècle. Il existe des pays européens à majorité musulmane. Quant aux Juifs, ils sont là depuis 2 000 ans. Il convient donc de définir les racines européennes avec plus de subtilité." (31.03.2007)

POLITIQUE

Romania Libera - Roumanie

La coalition gouvernementale roumaine éclate

La coalition gouvernementale roumaine, constituée du Parti national libéral (PNL) et du Parti démocrate (PD), a volé en éclats. Selon les observateurs, le Premier ministre Calin Tariceanu (PNL), qui a évincé les ministres appartenant au PD, s'orienterait maintenant vers un cabinet minoritaire. Et il n'envisagerait pas de conserver la ministre de la Justice Monica Macovei, sans étiquette, une femme très estimée au sein de l'UE. Pour Tom Gallagher, Bruxelles va voir cette décision d'un oeil très critique. "Le Premier ministre doit convaincre l'Occident que le terme 'continuité' aura la priorité sous son gouvernement en ce qui concerne la mise en oeuvre de la réforme de la justice (...) Le commissaire européen en charge de la justice, Franco Frattini, n'a pas manqué de relever l'attitude dédaigneuse de Calin Tariceanu vis-à-vis des recommandations et dispositions de l'UE. L'arrogance du Premier ministre s'est révélée au grand jour lorsqu'il a tenté d'imposer Varujan Vosganian comme commissaire européen, sans accord préalable. Maintenant, il va probablement expliquer à F. Frattini que la réforme de la justice sera poursuivie, mais au rythme fixé par la Roumanie." (02.04.2007)

La Stampa - Italie

Les nouveaux riches peuvent remercier Tony Blair

Le journaliste Marcello Sorgi s'intéresse au bilan économique de Tony Blair. "Si on veut savoir dans quel secteur la croissance a été la plus forte au cours de la décennie Blair, la réponse est la richesse. Non pas la richesse traditionnelle ou familiale, protégée par les bonnes manières ou par les manières désuètes des aristocrates campagnards. Non, il s'agit plutôt de la nouvelle richesse, celle des ultra riches avec ses symboles et ses rites, ses super maisons, ses avions privés, ses maxi yachts (...). Au moment des bilans, maintenant que la sortie de scène du leader approche, le paradoxe d'un gouvernement de gauche qui vole au secours des classes les plus aisées tient en un seul chiffre : en 2006, le patrimoine des dix personnes les plus riches du Royaume-Uni a frôlé les soixante milliards de sterlings (près de 90 milliards d'euros)." (02.04.2007)

Respekt - République tchèque

Vers une radicalisation de la minorité hongroise de Slovaquie ?

Dimanche 1er avril, le Parti de la coalition hongroise [SMK, constitué de trois partis démocrates hongrois] de Slovaquie a élu un nouveau dirigeant, à la surprise générale. Bela Bugar, son président de longue date, doit céder la place à Pal Csaky. Cette nomination renforce l'aile radicale du parti qui revendique une plus grande autonomie. Le rédacteur en chef du quotidien, Martin M. Simecka, ancien directeur du journal slovaque 'Sme', évoque un "week-end noir, dont il ne faut en aucun cas se réjouir. (...) B. Bugar jouissait d'un respect extraordinaire. C'est grâce à lui que même des Slovaques, qui recherchaient désespérément quelqu'un en qui avoir confiance, ont voté pour le parti hongrois. C'est un homme charismatique, plein d'humour, et qui parle parfaitement slovaque. (...) Il est plus doué pour les compromis que la moyenne des hommes politiques, et il tient ses promesses. Après sa défaite de dimanche soir, il a déclaré qu'il se retirerait de la politique à la fin de son mandat. C'est une grande perte pour tout le pays." (02.04.2007)

Le Monde - France

Le terrorisme, obsession du débat politique espagnol

Cécile Chambraud, correspondante du quotidien en Espagne, constate que "les hommes encagoulés de noir et équipés de bombes ont envahi la vie politique espagnole. Les uns ont tué plus de 800 personnes en quarante ans, les autres 191 en quatre minutes [le 11 mars 2004 à Madrid]. (...) On ne les voit presque jamais et on les entend rarement. Pourtant, leur présence est oppressante : depuis un an, il n'est question que d'eux dans la politique espagnole. Comme jamais sous la démocratie, le terrorisme est devenu le principal, et même l'unique thème de ce qu'il est difficile d'appeler le 'débat' politique espagnol, tant, entre l'opposition de droite et le gouvernement de gauche, le ton est à la diatribe et le contenu à la dépréciation, voire à la calomnie.(...) Compte tenu de l'échauffement des esprits, il est probable que les élections législatives, prévues d'ici un an, se joueront au moins en partie sur cette question." (31.03.2007)

ÉCONOMIE

Diario de Sevilla - Espagne

La dérive du projet économique européen

Alors que l'UE vient de fêter ses 50 ans, l'universitaire espagnol Isidoro Moreno se demande ce qu'elle représente aujourd'hui sur le plan économique. "S'agit-il, comme beaucoup le disent, d'un modèle pour le monde, ou bien, comme d'autres l'affirment, d'une figure de proue de la mondialisation capitaliste qui augmente les inégalités et favorise l'exclusion sociale. (...) La seule Europe politique en construction est celle au sein de laquelle les politiques, en assumant le simple rôle de gestionnaires du marché libre, éliminent les obstacles légaux limitant la circulation de l'argent, détruisent les défenses et les lois existantes et coordonnent les directives destinées à améliorer la compétitivité et la productivité du capital. L'indépendance de la Banque centrale, les faiblesses du Parlement européen, qui n'est pratiquement rien d'autre qu'un Parlement de papier, l'absence des peuples sans Etat, qui ne peuvent compter que sur un Comité des Régions anecdotique, sont les signes de la soumission des politiques à des instances ou intérêts économiques non soumis au contrôle démocratique." (02.04.2007)

MÉDIAS

Jyllands-Posten - Danemark

Le Parlement européen veut centraliser les droits de retransmission du football

Le journal s'oppose au projet du Parlement européen de réformer le football en Europe. Les eurodéputés veulent notamment centraliser les droits de retransmission à travers l'Union. Pour le championnat allemand de première division, l'attribution centralisée des droits est monnaie courante. Mais ce n'est pas le cas en Espagne ou en Italie, où les clubs gèrent eux-mêmes les droits. "Le football professionnel n'a pas besoin d'une économie planifiée de type social-démocrate ou communiste. Le développement de cette branche de l'industrie du divertissement repose sur l'économie de marché, sur laquelle règnent l'offre et la demande. Sur le marché des droits de télévision, ce sont les téléspectateurs qui prennent les décisions (...) L'UE ne doit pas s'en mêler, et doit préserver l'autonomie du sport." (01.04.2007)

CULTURE

Woxx - Luxembourg

Une exposition sur les gens du voyage fait débat au Luxembourg

L'exposition 'Attention tsiganes ! Histoire d'un malentendu' proposée par le musée d'histoire de Luxembourg vise à dénoncer les préjugés contre ce peuple. Mais elle n'a pas reçu l'assentiment de toute la communauté rom, comme l'explique Luc Caregari. "Il y a une semaine exactement, parvenait à la presse un communiqué du Forum européen des Roms et des gens du voyage (European Roma and Travellers Forum - ERTF). Ce dernier ne fait pas dans la dentelle. Il accuse en outre le musée d'histoire d'avoir mis en place l'exposition 'sans aucune participation d'organisations de Roms et de leur représentants', et considère que le titre de l'exposition est 'une provocation contre les Roms, qui en 1971 lors de leur premier congrès mondial après la Deuxième guerre mondiale, ont revendiqué d'être appelés Roms'. (...) Reste à savoir quelle leçon tirer de ce conflit. Est-ce un simple malentendu de plus ? Ou une mauvaise volonté de l'ERTF, blasée de ne pas avoir été impliquée dès le début des préparatifs de l'exposition ? Ou encore le musée d'histoire a-t-il gaffé ? La réponse se situe peut-être dans le fossé qui sépare les gadjés des gens du voyage." (30.03.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

L'écrivain roumain Vintila Horia traîne un trop lourd passé

L'écrivain germano-roumain Richard Wagner écrit un plaidoyer en faveur de l'auteur roumain Vintila Horia [1915-1992], qui comme Emile Cioran ou Mircea Eliade a entretenu des sympathies fascistes, et qui a été discrédité auprès du public occidental après la guerre par des journaux tels que 'L'Humanité' sur la base de documents fournis par la Securitate. "Certes, Vintila Horia a publié des articles tels que 'Le miracle fasciste' dans les années 30, et il a dû en assumer la responsabilité. Mais qu'ont à voir là-dedans ses riches romans historiques des années 60, dont les protagonistes sont Ovide, Boèce ou Platon, et qui traitent du grand thème de l'exil en tant que forme d'existence ? C'est un peu comme si 'Etre et temps' de Heidegger n'avait pas été publié parce que son auteur s'était rangé aux côtés des nazis, ou si 'Voyage au bout de la nuit' n'avait pas été imprimé parce que Céline est coupable d'avoir écrit 'Bagatelles pour un massacre' et d'avoir été impliqué dans le régime de Vichy. (...) Le cas de Horia est surtout révélateur de la difficulté à définir un nouveau canon après l'effondrement du totalitarisme en Europe de l'Est." (02.04.2007)

COULEURS LOCALES

Dnevnik - Slovénie

La fin du différend immobilier entre Slovènes et Croates

La Croatie et la Slovénie semblent avoir mis un terme à leur "guerre de l'immobilier", qui a alimenté les gros titres pendant plusieurs semaines. Les citoyens slovènes devraient donc bientôt avoir le droit d'acheter des biens immobiliers en Croatie. Le chroniqueur croate Boris Dezulovic commente l'affaire ironiquement. "Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'immobilier ? Les Slovènes sont verts de rage parce que 3 000 demandes d'achats immobiliers en Croatie n'ont pas encore été traitées, tandis que sur l'autre rive de la Mura, trois Croates sont devenus propriétaires d'un petit bout de Slovénie. Ces fébriles Slovènes n'ont manifestement pas compris comme cela fonctionne en Croatie. Comme si l'on pouvait comparer un bien immobilier à du pain, à des yaourts ou à un député croate, c'est-à-dire à quelque chose que l'on peut acheter facilement ! (...) Ce n'est pas aussi simple que cela. Car chez nous, l'Eglise n'a pas encore inscrit tous ses biens fonciers au registre des hypothèques. Et si tous ces bâtiments, parcelles, forêts et champs sont enregistrés, il ne restera plus rien pour les Croates, et donc encore moins pour les Slovènes." (02.04.2007)

 

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