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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.04.2007

 

À LA UNE

L'Ukraine vit une nouvelle crise politique

Lundi 2 avril, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a dissous l'Assemblée nationale et a convoqué des élections législatives anticipées. Le Premier ministre Viktor Ianoukovitch a immédiatement déposé plainte devant la Cour constitutionnelle. L'Europe voit d'un oeil inquiet ce nouveau bras de fer entre ces deux hommes, deux ans et demi après une élection présidentielle épique.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Népszabadság - Hongrie, The Times - Royaume-Uni, Diena - Lettonie, Der Standard - Autriche, Postimees - Estonie

Le Figaro - France

L'éditorialiste Pierre Rousselin considère que "la dissolution apparaît davantage comme un geste désespéré que comme une démarche calculée de la part du chef de l'État. (...) Les institutions elles-mêmes, le Parlement d'un côté et la présidence de l'autre, sont devenues l'enjeu de la bataille entre prorusses et pro-occidentaux. Contrairement aux espoirs soulevés par la 'révolution orange', l'Ukraine n'a pas basculé d'un seul coup dans le camp occidental, comme la Pologne, la Hongrie ou la Tchécoslovaquie l'avaient fait lors du démantèlement du rideau de fer. Prisonnière d'une géographie très différente, l'Ukraine reste ancrée dans le monde russe. Elle dérive aux confins de notre Europe, sans que les dirigeants issus de la démocratisation aient su trouver le moyen de piloter leur pays." (04.04.2007)

Népszabadság - Hongrie

"La division de l'Ukraine en deux parties, prorusse à l'Est et pro-européenne à l'Ouest, n'est pas près de disparaître. Toutefois, les carences démocratiques pourraient être éliminées, dans l'intérêt du pays tout entier", affirme Endre Aczel. "Il serait maladroit de réduire les problèmes de l'Ukraine au seul fait que le président Viktor Iouchtchenko veut collaborer avec l'OTAN, et le Premier ministre Viktor Ianoukovitch avec la Russie. Le véritable problème est que le Parlement ukrainien n'est toujours pas capable, bien que le tournant de 1989 soit déjà loin, de doter les instances centrales de compétences définies. La Constitution ukrainienne ne dit pas clairement quels sont les pouvoirs du président, du Premier ministre et du Parlement. En d'autres termes : les instances de l'Etat de droit démocratique fonctionnent de manière assez chaotique. La Constitution a été modifiée plusieurs fois, mais toujours selon les intérêts du moment de la coalition gouvernementale." (04.04.2007)

The Times - Royaume-Uni

Bronwen Maddox trouve des raisons d'être optimiste au sujet de la crise politique actuelle en Ukraine. "Le plus encourageant est que les deux parties s'appuient sur la Constitution et les tribunaux pour défendre leurs positions. (...) Ce qu'on peut espérer de mieux, pour ceux qui souhaitent une Ukraine plus européenne, c'est que les élections donnent à Iouchtchenko un Parlement plus favorable, et qu'il se réconcilie avec Ioulia Timochenko, ex-Premier ministre, pour former un gouvernement pro-occidental et libéral solide. Le pire scénario serait un durcissement du blocage : soit si Ianoukovitch insiste pour attendre une décision de la Cour constitutionnelle, ce qui pourrait prendre des mois, soit parce que l'élection produit un autre Parlement sans une majorité claire. (...) Tout ce que l'UE peut espérer faire est d'aider Iouchtchenko à tirer l'Ukraine un peu plus vers l'Ouest. Et l'UE commettra une erreur coûteuse si elle ne parvient pas à lui lancer quelques perches." (04.04.2007)

Diena - Lettonie

Askolds Rodins soutient la décision du président ukrainien de dissoudre le Parlement. "Les structures du pouvoir au Parlement ont changé peu après les élections de l'année dernière car beaucoup de députés ont fait des allers et retours incessants entre les groupes parlementaires, ignorant la volonté des électeurs qui les avaient choisis. A cet égard, Viktor Iouchtchenko a raison. Le président est le chef suprême des armées, le ministre de la Défense a déjà proclamé la loyauté des forces armées. (...) La position de la Cour constitutionnelle sera décisive. Les manifestations peuvent également avoir de l'influence, à condition qu'elles soient aussi massives que lors de la 'révolution orange'." (04.04.2007)

Der Standard - Autriche

Dans un entretien réalisé par Julia Damianova, le politologue ukrainien Volodymir Nikitine décrit la situation de son pays comme "calme dans le fond. Il y a quelques manifestants, mais ce sont en quelque sorte des manifestants professionnels. Ils se concentrent au centre de Kiev, et le calme règne absolument partout. Le peuple n'est pas énervé. On discute, c'est tout (...). Les deux protagonistes, le président comme le gouvernement, violent la loi en permanence. C'est le principal problème. La réforme de la justice n'a pas encore été menée à bien, les institutions judiciaires ne fonctionnent pas et le peuple n'est pas convaincu de la nécessité de respecter la loi. (...) On nous avait promis la démocratie, mais on ne s'est occupé que de la nouvelle répartition des richesses et du pouvoir." (04.04.2007)

Postimees - Estonie

Le journal estonien considère d'un oeil sceptique la situation en Ukraine. "Avec la Géorgie et la Moldavie, l'Ukraine est l'un des principaux bénéficiaires des aides versées par l'Estonie. En tant qu'ancien bloc de l'Est, nous savons pertinemment à quel point il est important de se tourner vers l'Ouest, et que la perspective d'une intégration à l'UE et à l'OTAN peut ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire. Mais rien ne sert de tendre la main lorsqu'un pays n'est pas prêt à s'engager sur la voie de la démocratie et que ses hommes politiques ne coopèrent pas (...) La Cour constitutionnelle va maintenant devoir départager Iouchtchenko, Ianoukovitch et Timochenko, car les élections anticipées ne sont pas la solution. Ianoukovitch les gagnerait de nouveau, tandis que l'UE assisterait à la tragédie en espérant des temps meilleurs." (04.04.2007)

RÉFLEXIONS

Die Zeit - Allemagne

Benjamin Korn souhaite la suppression en France de la fonction de président de la République

"Le président [français] a un poste très enviable. Il trône bien au-dessus des nuages, là où le ciel est toujours bleu. Très loin au-dessous de lui, c'est le chaos et l'enfer. Ses pauvres collègues politiciens malchanceux sont éclaboussés par le scandale, démissionnent, sont jugés, tandis qu'il lance des éclairs avec colère, annule une loi votée par le Parlement ou nomme gracieusement un cardinal chevalier de la légion d'honneur, et comme un enfant qui s'amuse avec ses soldats de plomb, joue avec les institutions politiques de son pays", écrit le metteur en scène allemand Benjamin Korn, installé en France. Il voit la présidence comme une "violation permanente de toutes les règles démocratiques." En ce qui concerne la puissance quasi monarchique du président, il ne voit qu'une issue. "Appliquons la seule proposition pertinente de Ségolène Royal pour changer la société, la 'décentralisation de la France'. Elle doit commencer par la suppression du poste de président. Il centralise et monopolise tout le pouvoir de l'Etat. Il est la tête immortelle de l'hydre, il ne sert donc à rien d'abattre les autres têtes. Il n'y a qu'une solution : supprimer le poste de président. Mais même pour cela il faut l'autorisation du président." (04.04.2007)

Foreign Policy Edición Española - Espagne

Gianni Riotta appelle l'UE à faire plus dans le dossier irakien

Dans le cadre d'un dossier sur les "gagnants" de l'intervention militaire en Irak, le journaliste italien Gianni Riotta analyse les conséquences pour l'UE. "En 216 avant JC, Hannibal a gagné la bataille de Cannes. (...) Mais Hannibal ne sut pas que faire du pouvoir obtenu de manière brillante. Et Rome n'eut besoin d'attendre qu'une décennie pour se venger. De la même manière, l'histoire montrera que la Vieille Europe a gagné la bataille de Bagdad. (...) Mais que fait-elle de cette victoire morale ? Va-t-elle perdre son élan, comme les troupes d'Hannibal parties se reposer à Capoue tandis que Rome se réorganisait (...). Car même si les diplomates de la Vieille Europe sont persuadés d'avoir raison, il n'existe pas de plan de pax europea, et il n'y a pas à Bagdad de drapeau bleu étoilé. (...) La Vieille Europe avait certes raison d'un point de vue tactique en 2003, mais n'a toujours pas de nouvelle stratégie mondiale. Si elle ne s'en dote pas, elle court le risque de voir Pékin, Moscou et Téhéran être les vrais vainqueurs de la folie de Bush." (04.04.2007)

POLITIQUE

Przegląd - Pologne

Les doyens d'université polonais protestent contre le gouvernement

Le 23 mars, la conférence des doyens d'université polonais a critiqué le gouvernement conservateur-populiste, accusé d'avoir mis en danger les fondements de l'Etat de droit démocratique. Elle affirme dans une résolution que l'autorité des tribunaux ne devrait pas être remise en question et que le Parquet ne devrait pas être politisé. L'avocat Jan Widacki, qui réside à Cracovie, est du même avis. "L'élite scientifique a raison de s'inquiéter et ses protestations sont fondées. Mais je ne peux m'empêcher de me poser la question suivante : pourquoi si tard ? Pourquoi seulement maintenant ? (...) Ce sont des accusations sérieuses et elles sont formulées par un organisme compétent. Ces accusations sont si graves qu'elles seraient considérées comme un sérieux avertissement lancé au gouvernement dans un pays normal doté d'une opposition. Chez nous, le gouvernement n'a rien à craindre. Il n'y a pas d'opposition, personne ne mettra à profit ces protestations." (02.04.2007)

Tribune de Genève - Suisse

L'UE possède désormais une représentation en Suisse

Micheline Calmy-Rey, présidente de la Confédération suisse, et Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux relations extérieures, ont inauguré mardi 3 avril à Berne l'ambassade de l'UE en Suisse. Un événement qui, selon Valentine Zubler, a donné lieu à un "formidable échange de piques" entre les deux femmes. "Les bouquets de fleurs et les flashes des photographes n'ont pas réussi à masquer le dialogue de sourds qui oppose définitivement Berne et Bruxelles sur la fiscalité des cantons. Alors, Benita Ferrero-Waldner, amie ou ennemie ? Certes, l'Autrichienne de 58 ans connaît bien et apprécie la Suisse. Mais elle se montre également ferme avec les autorités helvétiques. A l'heure des questions, hier, les deux dirigeantes ont dégainé leurs ripostes respectives. A savoir, du côté de Micheline Calmy-Rey, que Berne conteste toute violation de l'accord de libre-échange de 1972 entre les deux parties. Tandis que la diplomate autrichienne a répété que la Suisse, bénéficiant d'un large accès au marché européen, doit respecter les règles communautaires." (04.04.2007)

ÉCONOMIE

Sme - Slovaquie

La République tchèque suit l'exemple slovaque en matière fiscale

Le gouvernement tchèque a présenté mardi 3 avril un nouveau programme de réformes économiques. Le point essentiel de ce programme est un impôt sur le revenu à taux unique (15 %). Katerina Safarikova se rappelle qu'en 2004, l'actuel candidat à la présidence de la République française, Nicolas Sarkozy, avait vivement critiqué des mesures similaires en Slovaquie, et avait déclaré que l'UE devrait couper les vivres aux pays pratiquant ce 'dumping fiscal'. "Dans les faits, cela ne s'est pas produit. Les nouveaux membres de l'UE sont assurés de recevoir leurs subventions pour les sept prochaines années. La politique fiscale n'a joué aucun rôle et c'est très bien ainsi. Un faible taux d'imposition est très bénéfique, car il remet sur pied une économie bien plus rapidement et efficacement que les chèques de Bruxelles." (04.04.2007)

MÉDIAS

Le Soir - Belgique

La BBC trop snob ?

"Pauvre 'tante Beeb'. La vieille dame de la radio-télévision britannique, la BBC, se fait remonter les bretelles. Elle serait trop intello et s'apprêterait à 'niveler par le bas' la qualité de ses programmes", rapporte Baptiste Aboulian. Une enquête, pas encore publiée, menée auprès des téléspectateurs révèlerait "un décalage entre le contenu et les envies des Britanniques. Les émissions plairaient surtout à la classe moyenne urbaine. Ce public-là se délecte, entre autres, de l'émission dominicale du journaliste politique Andrew Marr, un Ecossais sec comme un haricot. Mais elle doit aussi rebuter un grand nombre de Britanniques qui n'ont pas une inclination particulière pour les interviews de chanteurs d'opéras le dimanche matin. (...) La BBC voudrait se démocratiser et retrouver son aura auprès des jeunes, qui lui préfèrent désormais le câble ou internet. (...) Il reste une question éternelle pour un groupe audiovisuel public : la BBC remplit-elle sa mission ?" (04.04.2007)

Die Presse - Autriche

Contre la sollicitation permanente des internautes

Sibylle Hamann critique les invitations constantes sur Internet à donner son avis sur les informations du moment, notamment un sondage sur la maternité d'une Autrichienne de 66 ans. "Une femme cultivée et aisée attend un enfant, son troisième du reste, et ce serait 'irresponsable.' De toute façon, du point de vue des pharisiens, ceux qui se reproduisent ont toujours tort. Ils sont trop pauvres ('tout ce qui les intéresse, c'est l'argent des allocations'), ont la peau trop foncée ('ils veulent nous envahir'), ils sont trop jeunes, trop vieux, trop gros, trop stupides, ils ne parlent pas la bonne langue maternelle. Ou encore, ils sont trop privilégiés ('ils ne font un enfant que parce qu'ils ont les moyens de se payer une nourrice'.) La censure est divisée. Une femme qui n'a pas d'enfants doit s'attendre à devoir constamment rendre des comptes, de même qu'une femme qui attend son cinquième enfant. On a presque peur au milieu de tous ces doigts pointés. Donnez votre avis ! Votez !" (04.04.2007)

CULTURE

die tageszeitung - Allemagne

L'essor du théâtre documentaire en Allemagne

Aureliana Sorrento constate que le théâtre documentaire vit une renaissance en Allemagne. Les plus petites scènes du pays semblent "frappées d'une sorte de fièvre de la réalité. Les artistes qui s'adressent aux hommes authentiques dans cet espace famélique, sont le plus souvent issus de la scène artistique, mais se comportent comme s'ils avaient appris leur métier dans une école de journalisme. Ils découpent des nouvelles apparemment secondaires dans les journaux, amassent des montagnes de documentation et se lancent à corps perdu dans des recherches longues et pénibles, au cours desquels ils cherchent des témoins et leur font subir un interrogatoire détaillé, comparent les déclarations et en examinent la véracité, font des montages, ajustent la langue, fignolent et polissent. Pour finalement mettre sur scène une nouvelle pièce avec son auteur." (04.04.2007)

Lire - France

Mankell et la tradition du roman policier

Dans un entretien mené par Tristan Savin, l'écrivain suédois Henning Mankell, auteur de romans policiers à succès, considère que ce genre littéraire est un "bon moyen" de critiquer la société contemporaine. "Nous savons que la plupart des gens ne lisent rien d'autre que des thrillers. C'est donc un bon moyen de les atteindre. Mais le roman policier peut aussi être une forme très efficace pour raconter une histoire. Il ne faut pas oublier que la fiction criminelle est l'une des plus vieilles formes de littérature. On peut remonter à la Grèce antique : de quoi nous parle Médée ? C'est une pièce de théâtre sur une femme qui assassine ses enfants par jalousie, bref un roman policier écrit il y a deux mille cinq cents ans ! Cette donnée, le fait que les histoires de crimes soient parmi les plus anciennes, est l'une de mes inspirations. Manifestement, nous aimons lire ces histoires, comme il y a deux mille ans." (01.04.2007)

COULEURS LOCALES

Corriere della Sera - Italie

Vers une Venise sans Vénitiens ?

L'éditorialiste Gian Antonio Stella considère que la Sérénissime sera bientôt vidée de tous ses habitants. "Ainsi va Venise : peu d'enfants, des places sans aucun jeux, une ville qui ressemble toujours plus à un hospice. Et ces dernières années, la situation est devenue encore plus pesante. Il suffit de rappeler que vendredi, sauf miracle, malgré les protestations des parents qui contestent le transfert de leurs enfants, la dernière école maternelle du quartier de San Marco va fermer. (...) La ville avait encore en 1966 des dizaines de milliers d'enfants, qui avec l'exode sur la terre ferme sont devenus quelques milliers, destinés à n'être plus que quelques centaines (...). Venise est devenue une espèce de Disneyland de l'art, vide de Vénitiens et quotidiennement violée par des hordes de touristes". (04.04.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

La Libre Belgique - Belgique

Les fonctionnaires européens ont leur propre site de rencontre

Solenn Paulic explique que les fonctionnaires "exilés" à Bruxelles peuvent compter sur un site internet qui leur est réservé pour briser leur solitude. "Quel site ? Eurosingles. (...) Sur Eurosingles, pas d'ambiguïté possible. Ni de mauvaise surprise. Car si on s'y inscrit librement dans un premier temps, on ne passe pas allégrement le filtre du modérateur. Critère d'éligibilité : disposer d'une adresse en ec.europa.eu, cec.eu.int, europarl.eu.int ou encore hq.nato.int (OTAN). Un gage d'authenticité et de salaire équivalent. Et une façon de rester en milieu connu. Pour se rencontrer, on clique sur la page des uns et des autres, se met directement en contact avec lui ou participe aux sorties proposées. (...) Le repli des fonctionnaires ? S'il existe, c'est une affaire de 'caractère et parfois de mauvaise volonté', disent Bernard et Laura [deux des 180 membres de ce site]. Ou de timidité et d'obstacle linguistique." (04.04.2007)

 

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