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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 17.04.2007

 

À LA UNE

La place de l'Europe dans le débat politique français

A cinq jours du premier tour de l'élection présidentielle française, la presse se penche sur la manière dont les candidats en lice ont abordé le sujet de l'Europe au cours de la campagne et dresse le bilan de la politique européenne de Jacques Chirac.

Extraits des publications suivantes:
Les Echos - France, La Vanguardia - Espagne, Gazeta Wyborcza - Pologne

Les Echos - France

"Si la politique extérieure et la place de la France dans le monde ont été largement absentes de la campagne présidentielle, l'Europe tire un peu mieux son épingle du jeu", considère l'avocat et essayiste Laurent Cohen-Tanugi. "Le 'non' au référendum du 29 mai 2005 ayant placé la France dans une situation pour le moins problématique par rapport à son héritage et à son 'avenir' européens, les principaux prétendants à la magistrature suprême n'ont pu en effet se dispenser d'indiquer aux électeurs comment ils envisagent de sortir le pays - et l'Union européenne avec lui - de l'impasse. L'Europe est donc, une fois n'est pas coutume, l'un des discriminants de ce scrutin. (...) Le futur occupant de l'Elysée, quel qu'il soit, devra se départir de l'ambivalence qui grève depuis trop longtemps la politique européenne de la France." (17.04.2007)

La Vanguardia - Espagne

"L'Europe a pratiquement disparu de la carte pendant la campagne électorale française", écrit Lluís Uría, correspondant du quotidien à Paris. "Pour un pays qui a donné le coup de grâce au projet de Constitution européenne, cela est plutôt étonnant. Alors que la France est sur le point d'élire un nouveau président de la République et de débuter une nouvelle étape politique, la question européenne, qui a divisé voilà deux ans le pays, est étrangement absente du débat électoral. (...) Selon un sondage CSA réalisé à l'occasion du cinquantenaire de l'UE, les Français se disent fiers d'être européens (71 %) mais se méfient de l'Europe libérale en cours de construction ainsi que du processus de mondialisation auquel ils attribuent tous les maux économiques dont souffre la France. (...) Et au lieu de tenter de convaincre les citoyens des bienfaits du projet européen, les dirigeants politiques français alimentent régulièrement la méfiance à l'égard de Bruxelles." (17.04.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Après 12 ans passés au pouvoir, le mandat du président français Jacques Chirac touche à sa fin. Le journaliste polonais Aleksander Hall fait le bilan de la politique européenne du président. "Jacques Chirac voulait que la France soit puissante. C'est certainement la principale raison pour laquelle il s'est converti à la 'religion' européenne - malgré son euroscepticisme initial, et bien qu'il ait mis des bâtons dans les roues de l'Espagne et du Portugal lors de leur cheminement vers l'Europe. Au travers de l'Europe, il a cherché à renforcer l'aura de la France. (...) J. Chirac souhaitait que l'UE devienne une véritable puissance politique. Si l'on s'intéresse de plus près à la politique menée par le président français, on peut se demander quel devrait être le rôle de l'Europe unie dans le monde. On a parfois l'impression qu'elle doit jouer le rôle d'une anti-Amérique, et non celui d'un bastion de la civilisation occidentale, deuxième pilier de l'Occident après les Etats-Unis." (14.04.2007)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Margriet de Moor voit les Pays-Bas comme un laboratoire

L'auteure néerlandaise Margriet de Moor signe un essai dans lequel elle espère que l'Europe puisse être à l'origine d'une réforme de l'islam. "Ma logique hollandaise pragmatique me dit que l'Irak est le dernier endroit où un islam libéral puisse se développer. Elle me dit également que les relations sociales sont - et doivent être - compatibles avec la théologie pour que la réforme réussisse. Ma logique 'polderienne' me dicte une idée assez osée : si l'islam connaît vraiment une réforme, elle ne naîtra pas de l'enfer duquel est issue la religion, mais de notre Occident prospère. Et il se pourrait tout à fait que le Martin Luther de ce mouvement, dont la voix mettra en avant les arguments, soit une femme. Comme je regrette [l'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne] Ayaan Hirsi Ali ! (...) Dans mes accès d'optimisme, je vois les Pays-Bas, petit pays laconique, peu enclin à la grandeur et à la théâtralité, comme un laboratoire situé à la lisière de l'Europe." (17.04.2007)

El País - Espagne

Monika Zgustova dénonce les assassinats de journalistes en Russie

Le journaliste russe Ivan Safronov est mort au début du mois de mars en tombant du quatrième étage d'un immeuble à Moscou. Il enquêtait sur des ventes d'armes russes à la Syrie et à l'Iran. Son journal, le quotidien moscovite 'Kommersant' doute qu'il se soit suicidé. "Qui en Russie ne veut pas que la vérité se sache ?", se demande l'écrivaine et traductrice tchèque Monika Zgustova. "Beaucoup de gens, si l'on compte les 256 journalistes assassinés depuis la chute de l'Union soviétique. (...) Malgré le fait que la Russie contemporaine offre aux citoyens plus de libertés que ne le faisait l'Union soviétique, les méthodes visant à se passer de ceux qui dérangent sont plus difficiles à prévoir ou à décrypter. Alors que les autorités soviétiques envoyaient les dissidents en exil, au goulag ou les enfermaient dans des asiles, on se débarrasse aujourd'hui en Russie des gêneurs avec un passage à tabac, une balle, un poison ou une explosion. Ou bien on les jette par la fenêtre, comme Ivan Safronov." (17.04.2007)

POLITIQUE

Trouw - Pays-Bas

Pour Blair et Balkenende, l'UE n'a pas besoin de Constitution

"[Jan Peter] Balkenende et [Tony] Blair en campagne contre la Constitution européenne", titre le quotidien après la rencontre qui a réuni lundi 16 avril à Londres le Premier ministre néerlandais et son homologue britannique. L'éditorialiste Wouter Bax rappelle que "Balkenende s'est longtemps tu au sujet de la Constitution européenne, exprimant seulement sa volonté de contribuer au débat 'de manière constructive'. Il a rompu le silence en déclarant que 'la Constitution européenne n'est pas nécessaire à l'UE'. (...) Les Pays-Bas jouent avec le feu.(...) Notre position peut entraîner une perte de prestige national. On constate depuis longtemps que les Pays-Bas ne sont pas trop habiles dans le choix des alliances politiques. (...). Et Blair n'est pas la meilleure personne pour construire une alliance. Il est encore Premier ministre, mais seulement jusqu'au 7 juin prochain." (17.04.2007)

La Stampa - Italie

L'Europe manque de cohérence face à la Russie

"Poutine laisse l'Europe sans voix", déplore le journaliste Andrea Romano en s'en prenant à la désunion affichée par les Européens face à la Russie. "Le style autoritaire que Vladimir Poutine a imprimé au pouvoir russe montre une fois de plus la grande faiblesse de l'Europe. Cette fois-ci, toutefois, nous ne sommes plus aux prises avec l'habituelle absence de politique étrangère commune et les habituelles lamentations sur la fuite en avant européenne. Il s'agit d'une faiblesse plus grave parce qu'elle est née de la faillite des différentes politiques que l'UE a tenté de mettre en place envers Moscou ces dix dernières années (...). Si l'Europe ne réussit pas à se faire entendre en Russie, la Russie de Poutine continuera à jouer un rôle perturbateur dans notre zone. Il serait bon de s'en souvenir la prochaine fois que nous célèbrerons avec ostentation l'anniversaire de l'Union". (17.04.2007)

Kaleva - Finlande

La Finlande a un nouveau gouvernement

Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen, qui est sorti vainqueur des élections législatives du 18 mars avec le Parti du centre, a formé une coalition avec le Parti de coalition nationale, le Parti du peuple suédois [environ 5 % de la population parlent suédois] et le Parti écologiste. Pour la première fois depuis longtemps, les sociaux-démocrates sont absents du gouvernement. Le journal se demande si cela va conduire à des changements radicaux. "La politique extérieure et de sécurité nationale fait l'objet d'une refonte, mais le gouvernement bleu-vert n'a pas encore clairement évoqué une adhésion à l'OTAN, se réservant simplement cette possibilité. Toutefois, ce gouvernement réduit le risque que la transformation de la politique du marché du travail conduise à des problèmes. On a manifestement retenu une leçon du gouvernement conservateur d'Esko Aho [1991-1995] : aujourd'hui, les syndicats ont une meilleure opinion des gouvernements de droite." (17.04.2007)

Rzeczpospolita - Pologne

Le parti des frères Kaczynski connaît une nouvelle crise

A la suite du rejet de sa proposition de durcissement de la loi anti-avortement, Marek Jurek, président de la chambre basse du Parlement polonais, a démissionné de ses fonctions et a quitté le parti au pouvoir Droit et justice (PiS), dont il était le vice-président de longue date. Les médias polonais le soupçonnent de vouloir fonder un nouveau parti conservateur. Pour Piotr Semka, "la démission de Marek Jurek va sans aucun doute affaiblir le PiS, surtout du côté de son électorat catholique traditionaliste. En outre, l'opposition annonce que cette démission marque le début de la fin du camp des ambitieux frères Kaczynski. La force d'un parti réside dans sa capacité à concilier pragmatisme et idéalisme. La crise qui frappe le PiS depuis vendredi [13 avril] vient du fait qu'une partie des politiciens, Marek Jurek en tête, sont convaincus que le rapport entre les deux est déséquilibré." (17.04.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

L'hystérie des Polonais autour de la procréation

La jeune auteure polonaise Dorota Maslowska est indignée par le débat dans son pays sur le durcissement du droit à l'avortement, déjà très restrictif. "L'hystérie qui règne en Pologne autour des enfants, à laquelle je commence à être confrontée en tant que mère, est effrayante. Cette hystérie serait tout à fait louable si elle n'était pas seulement constituée de bonnes intentions et de voeux pieux, et qu'elle était suivie de conséquences. (...) Un curieux débat national fait rage dans les médias : devient-on citoyen polonais au moment de la naissance, de la conception ou lorsque l'on est encore à l'état de gamètes ? (...) La protection des enfants à naître est admirable. Mais à peine le citoyen est-il né, à peine a-t-il respiré sa première bouffée bienfaisante d'air polonais, que cet écran de protection vole en éclat. Ceux qui l'ont défendu avec tant de bravoure et de désintéressement sont rentrés à la maison et ont tiré les rideaux avant que la citoyenne qui l'a mis au monde ait eu le temps de dire ouf." (17.04.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

L'avenir démocratique de l'Ukraine en péril

"Le décret imposant la dissolution du Parlement et l'organisation d 'élections législatives anticipées, pris par le président ukrainien Viktor Iouchtchenko ce mois-ci, n'est rien de moins qu'une tentative de coup d'Etat, apparemment avec la complicité des puissances occidentales", considère Adam Swain, géographe de l'Université de Nottingham. "Pour Iouchtchenko, cette tentative est un moyen de retrouver une partie de son pouvoir perdu au sein du Parlement. Pour ses soutiens occidentaux, c'est un moyen d'intégrer de manière irréversible l'Ukraine dans les structures géopolitiques et économiques de l'Ouest. (...) Paradoxalement, Iouchtchenko est revenu à l'autoritarisme du passé, et a mis en péril non seulement son avenir mais aussi l'avenir démocratique de son pays. En agissant ainsi, il a renoncé à son droit d'héritier de la révolution orange." (17.04.2007)

Le Monde - France

Le succès trompeur de la grande coalition allemande

Henrik Enderlein, professeur allemand d'économie politique, estime que François Bayrou, candidat centriste à l'élection présidentielle française, se trompe en voulant s'inspirer du modèle de grande coalition à l'allemande. "Le gouvernement allemand actuel ne représente certainement pas un 'gouvernement d'union', tel qu'il semble être préconisé par M. Bayrou. Son origine est fondamentalement conflictuelle : l'image du mariage forcé serait plus appropriée. (...) Un contrat de grande coalition (...) repose sur le plus petit dénominateur commun du programme des deux grands partis et rend donc quasi impossibles des choix visionnaires ou courageux. (...) Essayer de convaincre les électeurs français qu'un gouvernement d'union nationale à la française pourrait réussir de la même manière que la grande coalition 'réussit' en Allemagne est un non-sens." (14.04.2007)

ÉCONOMIE

Postimees - Estonie

Protestations contre la visite de Gerhard Schröder en Estonie

Le journal estonien s'emporte contre la visite prévue en mai de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, membre du conseil de surveillance du gazier russe Gazprom. "Quand Gerhard Schröder viendra à Tallinn en mai, ce ne sera pas en tant qu'ex-chancelier allemand. Il ne faut pas le recevoir comme un ancien homme politique, car son objectif est très clair : il veut faire du lobbying en faveur de l'accord gazier germano-russe. Schröder est un politicien corrompu qui a consacré sa dernière année au poste de chancelier à la défense des intérêts de l'empire économique naissant de la Russie et pas du tout à l'Allemagne ou à l'Europe (...). En accueillant Gerhard Schröder, il ne faudra pas oublier que Gazprom est un instrument de la politique étrangère russe et qu'il en est son représentant." (17.04.2007)

CULTURE

Financial Times - Royaume-Uni

Le Paris disparu d'Eugène Atget

"Eugène Atget a passé sa vie à photographier un Paris qui a aujourd'hui disparu", écrit Angel Gurria-Quintal au sujet de l'oeuvre du photographe né il y a 150 ans. "La Bibliothèque nationale a rassemblé la première rétrospective de son travail présentée en France. (...) Cette collection étonnante éclaire la carrière de l'un des maîtres oubliés de la photographie et ramène à la vie une ville qui n'existe plus. (...) Il a été le témoin, durant les années 1850 et 1860, de la destruction de près des deux tiers du Paris médiéval au nom des plans d'urbanisme du Baron Haussmann. Jusque dans les années 1890, quand Atget a décidé de parcourir les rues avec son appareil photo, des pans entiers du vieux Paris continuaient à être démolis. Son travail est devenu une oeuvre de conservation. (...) Il y a une intense nostalgie dans les photographies de cette exposition. Elle ne réside pas dans la distance qui nous sépare des photos prises il y a un siècle, mais dans le sentiment que ce paysage urbain s'évanouissait au moment même où Atget voulait le fixer sur des plaques." (17.04.2007)

COULEURS LOCALES

Dnevnik - Bulgarie

La Bulgarie peut-elle devenir la Suisse des Balkans ?

L'écrivain bulgare Julian Popov, auteur de l'ouvrage 'La Bulgarie anglaise ou la Suisse des Balkans', se demande si son pays est en mesure de devenir la Suisse des Balkans. "Il existe peu d'endroits sur terre dont on pense : 'voici ce à quoi devrait ressembler la Bulgarie.' Aussi étrange que cela puisse paraître, la Suisse est la mieux placée. Elle possède un je-ne-sais-quoi dont nous sentons qu'il n'en serait pas autrement chez nous. Mais quoi ? Les montagnes ? Nous en avons aussi, les plus hautes de tous les Balkans (...) Les Suisses distillent de l'eau-de-vie, tout comme nous (...) Leur lait caillé a le même goût que le nôtre. Et leurs vaches sont identiques aux nôtres, sauf qu'en Suisse, elles prennent des bains. (...) Toutefois, les montagnes, le schnaps et le lait caillé ne suffisent pas (...) Si nous ne pouvons pas renoncer à notre rêve de devenir la Suisse des Balkans, voici ce à quoi nous devons nous en tenir : un faible taux d'imposition, des maisons proches de la nature avec vue sur les montagnes, une autogestion locale et de bons établissements d'enseignement supérieur. Ce n'est pas totalement impossible." (17.04.2007)

 

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