szmtag

08.01.2009

euro|topics illustration
euro|topics
 

Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.04.2007

 

À LA UNE

Quel danger représentent les armes à feu en Europe ?

Trente-deux personnes ont été tuées lundi 16 avril sur le campus américain de Virginia Tech par un étudiant qui a ensuite retourné son arme contre lui. La presse européenne commente ce massacre en se demandant si les pays du Vieux Continent sont à l'abri de ce type de tragédie.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Frankfurter Rundschau - Allemagne, The Independent - Royaume-Uni, 24 heures - Suisse

Le Figaro - France

"L'Amérique est violente. Les statistiques le confirment. Comme la peine de mort, la surpopulation carcérale, les ravages de la drogue, c'est un trait de société qui incite beaucoup d'Européens à se sentir supérieurs. Ils oublient qu'une tuerie comme celle de Virginia Tech avait fait 18 morts à Erfurt en Allemagne en 2002, qu'un autre forcené avait tué 16 enfants et leur institutrice avant de se suicider à Dunblane, en Ecosse, en 1996, sans oublier les 8 morts du conseil municipal de Nanterre [dans la banlieue de Paris], en mars 2002. La folie meurtrière n'a malheureusement pas de frontière," commente Pierre Rousselin. L'éditorialiste estime que c'est le droit au port d'armes qui distingue les Etats-Unis de l'Europe. "Ce qui pour nous, est un archaïsme reste, pour beaucoup d'Américains, un droit fondamental, un droit de rester armé, qui se révèle de plus en plus coûteux. Voilà toute la différence entre eux et nous." (18.04.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Christoph Heider-Albrecht compare les Etats-Unis à l'Allemagne, où une réglementation restrictive sur la possession d'armes a été promulguée à la suite du massacre perpétré dans un lycée d'Erfurt, en Thuringe, voilà près de cinq ans. "On a assisté à une réaction presque habile du monde politique. La plupart des citoyens l'attendaient, et l'ont acceptée. Les forcenés sont souvent des criminels résolus à se suicider. Le fait de leur rendre l'accès aux armes plus difficile permettra-t-il de les arrêter ? On peut se demander si les Allemands sont plus convaincus de l'efficacité de telles mesures que les Américains, mais là n'est pas la question. En Allemagne, on ne s'attaque pas à un sujet tabou lorsque l'on cherche à désarmer la société civile. De là vient la principale différence." (18.04.2007)

The Independent - Royaume-Uni

La journaliste Deborah Orr considère que "le Royaume-Uni est aussi enclin à se détourner de ses propres problèmes liés aux armes à feu - et à la violence - qu'à critiquer ces mêmes problèmes aux Etats-Unis. La criminalité liée aux armes à feu au Royaume-Uni, certainement contenue grâce à notre vision moins ambivalente des dangers des armes, demeure largement circonscrite à ce que nous aimons appeler 'la communauté noire'. Tony Blair, en affirmant que ce sombre phénomène culturel n'est pas lié à la société britannique dans son ensemble, a montré à quel point nous sommes prêts à entretenir ce faux-semblant selon lequel ça ne concerne en rien les affaires de la classe moyenne. [Cette violence] résiderait plutôt dans les instincts et les choix particuliers de jeunes hommes noirs qui s'enrôlent dans les gangs. Ce n'est pas très différent de la vision américaine, selon laquelle ce ne sont pas les armes qui tuent les gens, mais les forcenés dans les mains desquels elles tombent facilement." (18.04.2007)

24 heures - Suisse

En Suisse, tous les hommes en âge de servir dans l'armée suivent une formation de base, se perfectionnent lors de cours réguliers et reçoivent une arme de guerre qu'ils gardent chez eux. "En Suisse plus encore qu'aux USA, n'importe quel déséquilibré a sous la main de quoi perpétrer un massacre", écrit Adrien Bron, en mentionnant une fusillade qui a eu lieu la semaine dernière dans un café de Baden et qui a fait un mort et plusieurs blessés. "Résultat, le nombre de morts par balles y est supérieur aux pays voisins. Plus personne ne perçoit la justification militaire de maintenir le pays armé 24 heures sur 24. En revanche, cette tradition liée à l'avènement d'une société de plus en plus violente créé une situation explosive. Clairement, armer tous les foyers représente aujourd'hui un danger bien supérieur pour les Suisses eux-mêmes que pour leurs agresseurs militaires potentiels." (17.04.2007)

RÉFLEXIONS

Le Soir - Belgique

Alain Minc juge logique le recul économique européen

Dans une interview réalisée par William Bourton, l'essayiste français Alain Minc explique que "le leadership [économique], qui était passé des mains de l'Europe dans les mains américaines, passe désormais dans plusieurs mains asiatiques. Donc, l'Europe est vouée à devenir une 'grosse Suisse', c'est-à-dire une zone extrêmement civilisée, vieillissante, avec un taux d'épargne élevé, une monnaie forte et un art de vivre... Mais ça n'est plus là que, globalement en tout cas, battra le pouls du monde. (...) C'est un phénomène irréversible. C'est normal : il y a des stades de développement économique, des stades de richesse. Ce n'est pas de cela qu'il faut s'inquiéter. Ce qu'il faut simplement, c'est que dans un monde qui croît vite, tiré par le nouveau centre de l'économie-monde qui est le centre asiatique, on arrive à trouver un rythme de croissance suffisant pour que le recul ne soit pas un déclin. Que l'Europe recule est normal; qu'elle décline en tant que telle serait le résultat de nos erreurs." (17.04.2007)

Die Welt - Allemagne

Bernard Lewis et l'immigration musulmane en Europe

L'islamologue Bernard Lewis se demande si cette religion ne va pas conquérir l'Occident par le biais des immigrants musulmans. "Les immigrants musulmans présentent quelques atouts clairs : ils font preuve d'une ferveur et d'une conviction qui se sont grandement affaiblies dans la plupart des pays occidentaux, voire qui leur font carrément défaut. Ils sont convaincus que leur cause est juste, alors que nous passons beaucoup de temps à nous avilir. Loyauté et discipline les caractérisent, et, le plus important peut-être, ils ont la démographie de leur côté. L'accroissement naturel allié à l'immigration, qui entraînent de grands bouleversements dans la structure de la population, pourraient conduire dans un avenir proche à la constitution de majorités musulmanes dans quelques villes européennes, voire des pays entiers. Mais les démocrates occidentaux ont également quelques atouts, dont les plus importants sont le savoir et la liberté." (18.04.2007)

POLITIQUE

Corriere della Sera - Italie

Le général polonais Jaruzelski poursuivi pour 'crime communiste'

"La nouvelle inquisition", titre le philosophe et journaliste Piero Ostellino face à la mise en accusation du général Jaruzelski, âgé de 83 ans, par le tribunal régional de Varsovie. Le général Jaruzelski, dernier dirigeant communiste polonais [1981-1989], est poursuivi pour 'crime communiste' et pour avoir 'dirigé une association armée à caractère délictueux'. Cette accusation s'inscrit dans le cadre de la décommunisation lancée par les frères Kaczynski, président et Premier ministre du pays. "Aujourd'hui la Pologne démocratique, dans un débordement de fureur anticommuniste, semble vouloir mettre en place une sorte de Terreur jacobine, analogue à celle qui avait dévoré en France les enfants de la grande Révolution de 1789. Même Walesa, Kuron, Michnik et Geremek, les hommes qui ont mis à genoux le régime soviétique, risquent de passer pour des collaborateurs (...). Jaruzelski avait connu l'inquisition stalinienne, ce serait vraiment un paradoxe qu'il revive le même cauchemar dans la Pologne indépendante". (18.04.2007)

Lidové noviny - République tchèque

La Pologne est menacée de régresser d'un siècle

"La situation de la Pologne n'est pas si grave que le laissent entendre les gros titres des journaux tchèques. Elle est en réalité beaucoup plus grave," écrit Lubos Palata. "Le gouvernement des frères Kaczynski n'est pas seulement catastrophique parce qu'il pousse la Pologne du centre vers la lisière de l'Europe et parce qu'il réduit à néant les efforts entrepris, ces quinze dernières années, par les élites allemandes et polonaises pour définir de nouvelles relations entre Berlin et Varsovie. Il l'est surtout parce qu'il rétablit les valeurs nationales-catholiques du XIXe siècle." Lubos Palata explique qu'au lieu de s'occuper de la modernisation de l'économie, du système des retraites ou de l'assainissement du budget, le pouvoir cherche à durcir l'interdiction de l'avortement ou à introduire l'uniforme scolaire à l'école. "A première vue, l'économie se porte bien. Mais les 5 % de croissance enregistrés par ce pays pauvre sont bien inférieurs à ses capacités. La quatrième République des frères Kaczynski ne ramène pas seulement la Pologne dix ou vingt ans en arrière, elle la fait reculer d'un siècle dans certaines domaines." (18.04.2007)

Monitor - Bulgarie

Les élections européennes ne passionnent pas les Bulgares

Le 20 mai prochain, la Bulgarie élira ses 18 députés européens. Teofan Germanov commente la campagne. "Il n'existe aucun dialogue sérieux entre les partis, les institutions et la société civile. On entend toujours la même réponse : 'ça ne va pas.' Ainsi, il existe une différence claire entre les Américains et nous. Lorsque quelque chose de nouveau est introduit chez nous, on entend : 'ça ne va pas', tandis qu'aux Etats-Unis, c'est plutôt : 'voyons ce que nous pouvons faire'. (...) Les partis n'ont présenté aucun programme clair et pertinent, ils préfèrent miser sur le populisme. (...) Le thème européen est tellement banalisé que les gens changent de chaîne dès qu'ils entendent le son 'Eu'. Leurs oreilles sont de plus en plus réceptives aux incantations populistes et anti-européennes." (18.04.2007)

Népszabadság - Hongrie

Différend autour du souvenir des victimes du camp d'Auschwitz

Le musée d'Auschwitz a repoussé l'ouverture d'une exposition consacrée au rôle de l'Armée rouge dans la libération de ce camp de la mort. Motif de cette décision : un différend autour de la nationalité des victimes. Beaucoup étaient issues des territoires annexés par l'URSS dans le cadre du pacte Ribbentrop-Molotov de 1939. Il fixait le partage de l'Europe centrale et du Nord entre l'Allemagne nazie et l'URSS. Endre Aczél trouve le débat sur la nationalité des victimes indigne. "Les conservateurs polonais du musée trouvent inacceptable que l'exposition qualifie les Juifs polonais ou lituaniens de citoyens soviétiques. Plusieurs millions de Juifs sont effectivement devenus citoyens de l'URSS pendant la nuit, qu'ils l'aient voulu ou non. Les Polonais perçoivent le terme 'citoyen soviétique' comme une légitimation supplémentaire du partage de leur pays. Toutefois, il est indécent de se quereller au sujet de la nationalité des victimes. Elles n'ont pas été déportées à Auschwitz du fait de leur nationalité, mais de leurs origines." (18.04.2007)

The Times - Royaume-Uni

L'UE a encore des progrès à faire

Alan Milburn, député et ancien ministre de la Santé britannique, est considéré comme l'un des successeurs potentiels de Tony Blair. Il doit pour cela réussir à conquérir la tête du Parti travailliste. Pro-européen, il critique néanmoins le fonctionnement de l'UE. "Les gens acceptent l'idée de l'UE en théorie, mais en pratique, ils se sentent exclus. Le taux d'abstention aux élections européennes est comique. (...) Le Parlement européen, en particulier, a besoin de réfléchir à la façon dont la voix de l'opinion publique peut être davantage entendue lors de ses délibérations. Par exemple, en reliant mieux les résultats du vote à la prise de décision, notamment dans la prévision du budget. Ou en donnant le droit au citoyen de proposer de nouvelles lois, ce qui donnera aux peuples d'Europe une voix directe, au lieu du monopole de la Commission européenne sur le législatif. A moins que l'UE soit préparée à combler le fossé entre gouvernants et gouvernés, nous risquons d'être une Europe des bureaucrates, non pas une Europe des peuples. Il est temps que l'Europe se construise vers l'extérieur et non pas vers l'intérieur, qu'elle donne du pouvoir au public et non pas aux politiques. Fini l'élitisme. Place à l'engagement. L'Europe doit apprendre la leçon." (18.04.2007)

To Vima - Grèce

Les jeunes diplômés grecs frappés de plein fouet par le chômage

"La Grèce conserve sa première place en Europe en nombre de jeunes diplômés, mais aussi en nombre de diplômés au chômage", souligne Katerina Kokou. "C'est un record dont nous aurions pu nous passer : le chômage des jeunes diplômés atteint 7 % en Grèce, ce qui est un record par rapport au 27 pays d'Europe qui affichent en moyenne un taux de 4,6 %. Ceci est peut-être dû aux mentalités. Les Grecs reconnaissent accorder une importance extrême aux études. Résultat, dès le bac à sable, les enfants sont conditionnés pour faire des études. (...) Et les étudiants qui n'ont pu être acceptés dans les universités grecques se dirigent vers les autres pays européens. Le problème est que, de retour au pays, les jeunes sont surdiplômés et ne peuvent pas trouver d'emploi adéquat [en Grèce]." (18.04.2007)

ÉCONOMIE

Postimees - Estonie

L'Estonie doit-elle baisser la TVA sur les produits alimentaires ?

A Helsinki, le nouveau gouvernement envisage de baisser la TVA sur les produits alimentaires de 17 à 12 % afin d'aider les ménages à faibles revenus. Le journal se demande si l'Estonie ne devrait pas faire de même. "L'Estonie se réfère volontiers à la Finlande et aux débats et processus qui s'y déroulent, même si l'on peut se demander si la Finlande constitue toujours un bon exemple pour nous. Nous débattons également d'une baisse de la TVA sur les produits alimentaires, mais cette fois, nos voisins du Nord vont nous devancer. Cette proposition est certes populaire et elle vaut la peine qu'on y réfléchisse, car elle profite réellement à la population (...) Pourtant, quand on constate à quelle vitesse l'inflation galope en Estonie, on se rend compte qu'une baisse des impôts n'est pas pertinente pour le moment. Si le prix des produits alimentaires diminue, l'argent ainsi économisé part dans d'autres biens de consommation, ce qui stimule encore plus l'inflation." (18.04.2007)

MÉDIAS

Le Monde - France

Cafebabel.com courtise les "curieux de l'Europe"

"Il n'est peut-être pas le seul, mais ils ne sont sûrement pas légion. Cafebabel.com est un magazine en ligne, dont la première particularité est d'être disponible simultanément et intégralement en sept langues. Pas une de moins", rapporte le journaliste Olivier Zilbertin, qui a navigué sur le site de cafebabel.com, un magazine animé depuis six ans par un réseau de correspondants bénévoles à travers toute l'Europe. "Au cafebabel.com, on parle français, anglais, allemand, espagnol, italien, polonais et même catalan. Sur la page d'accueil, un petit clic suffit sur un drapeau pour accéder à la totalité du contenu dans le verbe de son choix. (...) 'Nous avons inventé une forme de journalisme participatif transnational et de qualité', se plaît à dire le directeur de la rédaction Adriano Farano. Le site veut s'adresser à tous 'les curieux de l'Europe', et il ne lui déplairait certes pas de participer à la construction d'une 'opinion publique européenne'." (18.04.2007)

CULTURE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Barcelone réunit les oeuvres de deux artistes danois

Le Centre de culture contemporaine de Barcelone (CCCB) consacre une double exposition à deux artistes danois : le réalisateur Carl Theodor Dreyer (1889-1968) et le peintre Vilhelm Hammershoi (1864-1916), qui a fortement influencé Carl Theodor Dreyer. "Ces deux personnages étaient des artistes solitaires, que les courants contemporains touchaient peu. La similitude de leurs représentations est d'autant plus surprenante qu'ils ne se sont jamais rencontrés", rapporte Marius Jakob. "Vilhelm Hammershoi est mort en 1916, à 52 ans à peine. Peu après, lors d'une exposition posthume organisée à Copenhague, Carl Theodor Dreyer, qui préparait alors son premier film, a fait une découverte qui allait le marquer à tout jamais. La représentation figurative de l'ordre spatial - Hammershoi parlait d'une 'attitude architectonique' de ses tableaux - est le procédé le plus adapté pour refléter la psychologie des personnages mis en scène et les rendre encore plus compréhensibles plastiquement. Ainsi, Dreyer a tiré une première leçon de la délimitation de l'espace selon Hammershoi - de ses murs, portes et fenêtres. D'abord la ligne, puis la lumière : cette lumière 'hammerschoïenne' blanche comme une plume tombe sur une porte ou une boiserie vers le centre du tableau, avant de se fondre dans un fin dégradé de gris vers les bords de l'image, et semble recueillir le souffle auquel tient notre existence." (18.04.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Sme - Slovaquie

La stratégie de séduction de Bruxelles

Bono, George Clooney, Martin Sheen, Robin Gibb ou Arnold Schwarzenegger... Pour Katarina Safarikova, l'attrait grandissant que suscitent ces personnalités peut rendre enfin l'UE "séduisante". "L'engagement de ces stars pour des causes à la mode, comme la lutte contre le réchauffement climatique ou l'aide à l'Afrique, accroît leur popularité, mais se révèle également favorable pour l'UE. Une conférence de presse commune de José Manuel Barroso et de Bono touche davantage le coeur des Européens les plus sceptiques que des milliers de campagnes explicatives. José Manuel Barroso le sait : c'est pourquoi il fait appel à Bono." (18.04.2007)

 

Marquer cette page d'un signet sur   del.icio.us    Digg!    YiGG.de    Webnews!    FURL    LinkARENA    Mister Wong    oneview   

D'autre contenu

THÈME

S'ABONNER

Pour recevoir gratuitement euro|topics ou vous désabonner à la lettre d'information, inscrivez votre adresse e-mail:

CETTE SEMAINE À LA UNE

EDITIONS ARCHIVÉES

lu ma me je ve sa di
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31