"Chaque société hallucine avec une fin du monde métaphorique", explique l'écrivain espagnol Félix de Azúa en dressant une liste des épidémies qui ont frappé l'humanité. "Maintenant que nos corps sont devenus des produits de luxe, quelle culpabilité torture les opulents, les sages, les beaux ? Il pourrait s'agir de la syphilis de la terre, connue comme le changement climatique, un phénomène qui touche la planète depuis qu'elle existe et qui est accéléré par une hyper-technicisation inévitable et implacable. (...) Dans cette légende, comme dans celles de la tuberculose ou de la peste, on généralise. Pourtant, si cette fin du monde devait se produire, elle ne concernerait qu'une partie des habitants de la planète. (...) Il y aura des victimes du changement climatique comme il y a eu des pestiférés, des tuberculeux, des syphilitiques. Mais même en envisageant le pire, l'hécatombe climatique, si elle existe, épargnera une grande partie de la planète : celle qui vit tous les jours la fin du monde sans ressentir la moindre culpabilité." (10.05.2007)
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