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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 14.05.2007

 

À LA UNE

L'Eurovision prend un air politique

L'Eurovision prend un air politique

 

La chanteuse serbe Marija Serifovic a remporté, samedi 12 mai, le 52e concours Eurovision de la chanson. Le travesti ukrainien Verka Serduchka est arrivé en seconde position, suivi du trio féminin russe Serebro. Les journaux européens débattent de la dimension politique prise par ce concours à la lumière des résultats du vote.

Extraits des publications suivantes:
Le Temps - Suisse, Sega - Bulgarie, Aftonbladet - Suède, El Mundo - Espagne, The Times - Royaume-Uni

Le Temps - Suisse

"On ne pourra plus regarder l'Eurovision comme avant", écrit Lisbeth Koutchoumoff. "On pensait jusque-là avoir toujours avoir affaire à un bête télé-crochet qui revenait chaque année remplir un samedi soir télévisuellement mort. Eh bien non. Même l'Eurovision se complique. Pour suivre, il faudra désormais tenir sur les genoux un atlas géopolitique, géostratégique, géohistorique, enfin géo en tous les cas. Tout ça parce que cette année, c'est la chanteuse serbe Marija Serifovic qui a gagné samedi soir à Helsinki devant 120 millions de téléspectateurs et qu'en analysant la provenance des votes, comme l'a fait Jean-Marc Richard pour la TSR [Télévision Suisse Romande], on ne pouvait que constater une nette solidarité entre Européens de l'Est. (...) Recalés en fin de peloton, les pays de l'Atlantique nord, comme figés par une glaciation de guerre froide." (14.05.2007)

Sega - Bulgarie

Pour Ivaïlo Ditchev, les résultats du concours de l'Eurovision, où la Bulgarie est arrivée cinquième, correspondent à un vote politique. "Quiconque regrette la désintégration de la Yougoslavie ou l'Union soviétique aurait dû regarder le vote de samedi. (...) Je ne cherche en aucun cas à affirmer que les sympathies nationales étaient en jeu et que le concours n'était pas intéressant ou objectif, mais il s'agissait de bien plus que de simple musique. On peut même en conclure que la Bulgarie n'a plus d'amis - tout du moins, aucun pays ne nous a vraiment soutenus. Nous n'avons pas été le premier choix de la Roumanie ou de la Moldavie, ni de la Macédoine ou de la Serbie. Les Grecs nous ont certes placé en tête et l'Espagne nous a donné un nombre de points relativement important. Mais cela tombait sous le sens car plusieurs milliers de Bulgares vivent dans ces pays. On a assisté au même phénomène avec les Turcs en Allemagne et aux Pays-Bas [qui ont voté pour leur pays d'origine]. (...) Il est étonnant que la Croatie ait donné le maximum de points à la Serbie, un pays contre lequel elle était encore en guerre dans les années 1990, et que la Russie les ait accordés à l'Ukraine, malgré les différends qui opposent ces deux pays." (14.05.2007)

Aftonbladet - Suède

"C'est le début d'un nouveau chapitre pour la Serbie," écrit Tommy Svenson à propos de la victoire de la chanteuse serbe Marija Serifovic qui suscite un immense enthousiasme dans son pays. La prestation de Marija Serifovic - contrairement à celle de la plupart des autres pays d'Europe centrale et de l'Est - n'était pas dans un style traditionnel ou folklorique. C'était une véritable chanson : la chanteuse est apparue sur scène vêtue d'un costume noir. Et sa victoire a même interrompu les débats parlementaires à Belgrade. Pour Tommy Svensson, c'est la preuve de l'orientation européenne du pays. "Je crois que les Serbes, en particulier les jeunes, souhaitent faire partie de l'Europe, aussi bien culturellement que politiquement. Ce sont les dirigeants de l'ancienne génération et la malédiction du nationalisme qui posent problème. Les Serbes peuvent choisir de s'isoler et d'entretenir les mythes nationalistes, ou bien décider de s'orienter vers l'Europe. (...) Ce concours de chansons n'est bien évidemment qu'un jeu, mais je crois que grâce à Marija Serifovic , les Serbes vont choisir cette dernière voie." (14.05.2007)

El Mundo - Espagne

Le quotidien réagit à la liesse qu'a déclenchée dans les rues de Belgrade le triomphe de la Serbe Marija Serifovic. "L'utilisation patriotique de cette victoire de l'Eurovision nous fait penser à ce que le régime de Franco avait fait en 1968 avec celle de [la chanteuse] Massiel, ou, plus récemment, à la manière dont le président ukrainien Viktor Iouchtchenko avait utilisé ce festival pour montrer au monde les 'bienfaits' de la 'révolution orange'. On discute au sein de la vieille Europe de la nécessité de changer le système de votes pour éviter que les pays voisins échangent systématiquement leurs suffrages. Des nations qui, malgré leurs brouilles historiques, montrent qu'elles peuvent s'épauler le temps d'un concours. Il convient d'en déduire que les pays d'Europe de l'Est ont trouvé avec l'Eurovision la meilleure vitrine pour montrer qu'ils veulent cette fois être les vainqueurs de l'Histoire." (14.05.2007)

The Times - Royaume-Uni

Le quotidien britannique estime que le concours n'a plus "rien à voir" avec un concours musical. "Le vote par bloc était la règle de la soirée, alors que les ex-pays satellites de l'Union soviétique se sont donnés entre eux le maximum de points et que les Etats des Balkans ont soutenu leurs voisins. Dans une telle configuration, une nation insulaire n'avait aucune chance. C'était encore plus joué d'avance que les élections à la tête du Parti travailliste. Nous avons suivi les règles, bien sûr, et le public ici a voté pour la Turquie - un choix un peu excentrique certes, mais qui concerne un pays très éloigné de notre giron. La plupart des autres, franchement, ont triché. Il est tentant d'abandonner tout simplement cette compétition partisane. Mais, d'un autre côté, il vaut mieux que les nouveaux pays européens aient l'habitude de voter les uns pour les autres plutôt que celle de s'envahir. Une nouvelle stratégie est donc nécessaire. Seule l'Irlande (qui a fait partie du Royaume-Uni) et Malte (une ancienne colonie) nous ont soutenu. Donc, la définition (manifestement flexible) de l'Europe doit être étendue vers le sud pour intégrer le Commonwealth. Faites entrer l'Australie et la Nouvelle-Zélande." (14.05.2007)

RÉFLEXIONS

Libération - France

Sophie Duchesne juge compatibles les identités française et européenne

Dans un entretien mené par Véronique Soulé, Sophie Duchesne, chercheuse au CNRS, considère l'identité européenne comme un prolongement de l'identité nationale. "L'Europe est particulièrement difficile à accepter pour les Français, parce qu'elle implique une communauté politique bâtie sur la reconnaissance des différences des valeurs et des intérêts, à commencer par les différences nationales, et une autre conception du pouvoir politique. Je ne crois pas pour autant à un antagonisme entre une identité française et une identité européenne. Au contraire, l'identification à la nation ouvre la voie à l'identification à l'Europe : l'Union européenne est une communauté politique lointaine, on n'a pas beaucoup de chance de la comprendre, de sentir qu'on en fait partie si on n'a pas déjà fait l'expérience de la communauté politique nationale, si on ne ressent pas le fait d'être citoyen dans son pays." (12.05.2007)

Die Welt - Allemagne

Theodore Dalrymple évoque 'l'apartheid' dans les banlieues françaises

Pour le psychiatre et auteur britannique Theodore Dalrymple, la situation des jeunes dans les banlieues françaises rappelle celle de l'Afrique du Sud à l'époque de l'apartheid. Il pense que Nicolas Sarkozy, qui prendra le 16 mai ses fonctions présidentielles, pourrait bien remédier à cette situation, et ce même s'il est détesté dans les banlieues. "Paradoxalement, Nicolas Sarkozy offre de l'espoir aux habitants des banlieues. Ségolène Royal ne leur proposait que des remèdes qui ont fait la preuve de leur inefficacité depuis bien longtemps. En premier lieu, Nicolas Sarkozy a la réputation d'être un jusqu'au-boutiste lorsqu'il s'agit de punir le crime. Pour les intellectuels de gauche, cela caractérise une attitude autoritaire et une hostilité envers les pauvres. C'est exactement le contraire : dans n'importe quel pays, les pauvres sont les premières victimes des crimes, non les riches. Et le nombre de victimes sur les territoires les plus touchés par la pauvreté est plus important que le nombre de criminels. (...) Ainsi, le crime est la cause de la pauvreté plutôt que sa conséquence. Nicolas Sarkozy a mieux saisi ce principe fondamental que n'importe quel autre politicien français." (14.05.2007)

Rzeczpospolita - Pologne

Péter Esterházy envie la continuité historique de l'Europe de l'Ouest

L'écrivain hongrois Péter Esterházy note d'énormes différences entre l'évolution historique des pays d'Europe de l'Ouest et celle des ex-pays communistes d'Europe de l'Est. Dans un entretien réalisé par Krzysztof Maslon, il explique qu'en Europe de l'Ouest, l'histoire connaît un déroulement linéaire. "Selon moi, le fait d'interrompre l'histoire et de repartir une nouvelle fois de zéro est un phénomène spécifique à l'Europe centrale. Nous ne possédons pas d'institutions ayant gardé la même forme et le même emplacement depuis des siècles. A Londres, il existe un pub qui jouit d'un privilège royal depuis le XVIIIe siècle : il peut rester ouvert sept minutes de plus que les autres - suffisamment pour une dernière tournée. C'est tout de même grandiose. Parce qu'un monarque a pris une certaine décision il y a plusieurs centaines d'années, je peux rentrer chez moi un quart d'heure plus tard. (...) Mais quelles conséquences ont les paroles du roi Matthias Corvin [1440-1490] pour la Hongrie ou celles d'tIstván Báthory [1533-1586] pour la Pologne ? Se passe-t-il quelque chose à Budapest ou à Varsovie ayant un lien effectif avec un événement qui s'est passé il y a plusieurs siècles ? C'est une différence importante entre les deux parties de l'Europe. Nous portons en nous des histoires qui n'ont pas été racontées jusqu'à la fin, dont nous ne pouvons nous défaire, et que nous ne pouvons pas conclure." (12.05.2007)

POLITIQUE

Gazeta Wyborcza - Pologne

La loi polonaise de lustration déclarée anticonstitutionnelle

Vendredi 11 mai, la Cour constitutionnelle polonaise a jugé que la loi sur la lustration, qui obligeait quelque 700 000 Polonais à déclarer par écrit s'ils ont collaboré avec les ex-services secrets communistes, était contraire aux principes démocratiques. L'eurodéputé Bronislaw Geremek pourra conserver son mandat, qu'il risquait de perdre pour avoir refusé de soumettre à cette loi. Jaroslaw Kurski, dont le journal 'Gazeta Wyborcza' était opposé à cette loi, salue la décision de la Cour. "Le déroulement des négociations a confirmé que le PiS [Parti Droit et Justice] des frères Kaczynski voulait gouverner avec l'aide des dossiers des services secrets. Il en a même fait usage contre les juges de la cour, sans succès. La cour lui a donné une bonne leçon dans le domaine de l'Etat de droit. Elle a montré où se trouvait la différence entre la loi et la vengeance, entre l'épuration et les représailles. C'est une grande défaite pour le PiS. Les juges ont non seulement anéanti le projet phare des partisans de la lustration, ils ont également créé un cadre juridique strict pour cette loi, qui ne pourra être remis en question. La Cour a résisté aux pressions exercées par le PiS et a défendu l'Etat de droit en Pologne. Pour cela, les juges méritent respect et reconnaissance." (12.05.2007)

La Repubblica - Italie

Les catholiques italiens se mobilisent pour défendre la famille

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont manifesté à Rome samedi 12 mai, baptisé 'Family Day' (jour de la famille)  par les associations catholiques. Elles avaient appelé à un grand rassemblement pour défendre des valeurs familiales, et s'opposer au projet de contrat d'union civile que veut faire adopter le gouvernement de centre-gauche. Le journaliste et écrivain Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien, déplore la mainmise de l'Eglise sur la société italienne. "Le Vatican et les diocèses italiens ont transformé l'Eglise en un lobby très puissant. Ils ont voulu le rassemblement de Rome pour prouver leur force politique (...). Je ne voudrais pas utiliser de mots trop durs, mais la journée du 12 mai a affaibli la démocratie italienne. Non pas parce que de très nombreuses personnes se sont réunies pour faire entendre leur adhésion aux valeurs familiales, mais parce que ces mêmes personnes ont été manipulées par la droite et par l'Eglise." (13.05.2007)

Le Soir - Belgique

Le retour du sentiment religieux en Europe

Après la manifestation catholique organisée samedi 12 mai à Rome, et un grand rassemblement de musulmans à Bruxelles ce week-end, l'éditorialiste Jurek Kuczkiewicz constate que "partout dans le monde, la religiosité est en croissance. (...) Nous ne faisons que commencer à le comprendre : l'Europe ne fait pas exception à la résurgence du religieux, et la laïcité à l'européenne, qui consiste à faire cohabiter la diversité des croyances philosophiques et religieuses, n'en est qu'au début de son chemin...de croix. Ceux qui croient réaffirmeront de plus en plus leurs croyances et leur volonté de participer au débat public sur les valeurs. Sans moins de légitimité que ceux qui ne croient pas. Dieu est partout. Et la découverte la plus déconcertante, surtout pour les non-croyants, est qu'il faut réapprendre à vivre avec lui." (14.05.2007)

Der Standard - Autriche

Les limites de la politique d'élargissement

Pour Christophe Prantner, la crise politique roumaine, qui a notamment conduit au limogeage de la ministre de la Justice Monica Macovei, révèle les faiblesses de la politique d'élargissement de l'UE. "Aujourd'hui, la Roumanie semble avoir moins de motifs juridiques d'intervenir contre la corruption galopante qu'avant son adhésion. En Bulgarie, le Premier ministre Sergueï Stanichev, très apprécié en Europe de l'Ouest, est le seul à se dresser contre une administration publique noyautée par les mafieux et les anciens collaborateurs des services secrets. (...) Les statistiques positives en matière d'exportation - l'Autriche est le premier investisseur en Roumanie et en Bulgarie, l'Allemagne enregistre une croissance à deux chiffres de ses exportations - ne peuvent pas masquer les conséquences négatives des dernières vagues d'élargissement. En outre, l'Union a peu de possibilités d'intervenir de manière efficace. (...) Bruxelles peut au moins retenir de cette déplaisante situation que le fait de fixer des dates précises pour l'adhésion des pays candidats n'a aucun sens car cela ne fait que diminuer leur ardeur réformiste et réduit, en outre, considérablement la marge de manoeuvre de l'UE." (14.05.2007)

Wales on Sunday - Royaume-Uni

Gordon Brown, un nouveau visage ?

Matt Withers, chroniqueur politique de l'hebdomadaire gallois, s'intéresse à Gordon Brown, qui après avoir été ministre des Finances de Blair pendant tout son mandat, doit désormais le remplacer à la tête du Parti travailliste, puis au poste de Premier ministre. "Le problème de Brown est qu'il ne peut pas revendiquer sa nouveauté. Il ne peut pas se présenter comme un nouveau visage et comme une rupture avec la décennie précédente, non seulement parce qu'il pouvait exercer un vrai veto sur toutes les politiques menées  dans le pays par Blair, mais aussi parce qu'il a signé les chèques pour les aventures à étranger, qu'il ait été d'accord ou pas. (...) Par beaucoup d'aspects, Brown est l'équivalent d'une publicité télévisée pour une lessive qui vante les mérites de la nouvelle formule, ce qui est, au fond, une reconnaissance tacite que le produit n'était pas très bon avant. Mais soyons juste et donnons-lui une chance, non ? Après tout, M. Brown a pu, pendant une bonne partie des treize dernières années, réfléchir à ce qu'il allait faire une fois que Blair allait enfin partir. Beaucoup de temps pour trouver de grandes idées." (13.05.2007)

El País - Espagne

Le Kosovo, casse-tête des Européens

Andrés Ortega invite la communauté internationale à régler avec la plus grande prudence la question du statut du Kosovo. "Etant donné l'impatience de Washington et de Londres, le Kosovo (...) peut devenir rapidement un nouvel Etat européen. Mais cela risque de se solder par un nouveau conflit, une division ou un 'trou noir' en Europe. Ce n'est pas pour cela que l'OTAN a fait la guerre, mais pour éviter un nettoyage ethnique. Le Conseil de sécurité de l'ONU va commencer à discuter une proposition occidentale de résolution, qui s'appuie sur l'idée d'une 'indépendance supervisée' par la communauté internationale (...). Si la Russie n'oppose pas son véto (ce qui semble impossible, et ce malgré les pressions exercées sur Moscou), l'UE présentera un front uni et les problèmes diminueront. Mais si la Russie oppose son véto, un énorme problème peut se créer : Pristina annoncera unilatéralement son indépendance, les Américains et les Britanniques s'empresseront de reconnaître ce nouvel Etat et l'UE sera divisée." (14.05.2007)

COULEURS LOCALES

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

L'essor du marché de la construction à Belfast

Arnold Bartetzky rapporte que l'Irlande du Nord vit une période économique très positive et que Belfast connaît un véritable boum de la construction. Ainsi, un immense centre de congrès et de concerts, un stade de hockey sur glace, des bureaux et des immeubles d'habitation ont été construits ces dernières années dans le vieux quartier portuaire, au bord de la rivière Lagan, et d'autres projets sont en préparation. "On ne peut pas dire que cette ville en plein essor définisse de nouvelles normes de qualité architectonique. Les constructions réalisées jusqu'à aujourd'hui constituent un véritable pot-pourri de façades en briques et en pierre de taille parsemées de verre et d'acier, de pignons et d'encorbellements, d'angles arrondis et de coupoles avec des cours et des passages dignes d'un centre commercial. (...) La confiance qui a accompagné la présentation des plans par la ville et les investisseurs est tout à fait unique - une euphorie qui semble plus adaptée à l'époque de la mise à l'eau du Titanic qu'à notre époque opposée à toute forme d'utopie. (...) Toutefois, malgré tous ces bouleversements, la vieille Belfast, ville de l'obstination et de la haine, existe encore : cette nouvelle prospérité n'a manifestement eu un effet thérapeutique et civilisateur que dans le centre et dans certains quartiers privilégiés." (14.05.2007)

 

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