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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 16.05.2007

 

À LA UNE

La Russie peut-elle diviser l'UE ?

La Russie peut-elle diviser l'UE ?

 

Le sommet UE-Russie s'ouvrira jeudi 17 mai à Samara dans une atmosphère tendue. De nombreux conflits opposent la Russie aux pays de l'Est membres de l'UE, alors que les pays occidentaux espèrent renforcer la coopération entre Bruxelles et Moscou. L'UE élargie va-t-elle trouver un terrain d'entente face à la Russie ?

Extraits des publications suivantes:
Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Latvijas Avīze - Lettonie, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Financial Times - Royaume-Uni

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

L'eurodéputé tchèque Josef Zieleniec, ex-ministre des Affaires étrangères, appelle l'UE à faire front contre la Russie. "A Samara, il ne s'agira de rien de moins que de l'avenir de la communauté politique européenne. Pendant des siècles, les monarques russes ont considéré l'Europe centrale et orientale comme leur zone d'influence naturelle. Ce point de vue fait aujourd'hui partie des piliers de la raison d'Etat russe, sans que l'adhésion à l'UE des jeunes démocraties y ait changé quoi que ce soit. (...) La Russie conteste systématiquement le droit à la souveraineté de ses anciens satellites. Elle saisit toutes les occasions pour les isoler du reste de l'UE et s'en servir contre les membres occidentaux. La grave crise autour d'un monument soviétique en Estonie, les menaces militaires en réaction au projet de bouclier antimissile [américain en Pologne et République tchèque], le blocage des importations de viande en provenance de Pologne, l'utilisation répétée du robinet à gaz comme matraque politique en sont les exemples les plus récents." (16.05.2007)

Latvijas Avīze - Lettonie

Uldis Smits est sceptique quant à l'amélioration des relations UE-Russie lors du sommet. Le conflit entre Moscou et Tallinn au sujet du 'Soldat de bronze' assombrit la rencontre. "Par la haine qu'elle fomente contre l'Estonie, la Russie rend involontairement service aux Pays baltes. Les médias occidentaux ont subitement commencé à s'intéresser aux événements des années 40. La conclusion à laquelle ils sont parvenus en analysant l'histoire n'est pas conforme à l'idéologie officielle de Moscou. Les 'manifestations spontanées' dirigées par le Kremlin sont perçues comme une campagne anti-occidentale orchestrée par Moscou. (...) Le père du nouveau président français Nicolas Sarkozy avait quitté la Hongrie pour fuir l'Armée rouge, et Nicolas Sarkozy lui-même ne cache pas sa sympathie pour les Etats-Unis. (...) Du fait de la disparition de la scène politique de la vieille garde des amis du Kremlin, comme Gerhard Schröder, Silvio Berlusconi et Jacques Chirac, Moscou aura davantage de difficultés à atteindre ses objectifs en Europe." (15.05.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Pour Hansrudolf Kamer, l'Europe n'a pas encore trouvé de réponse convaincante à la 'grossière politique russe'. Il demande que la politique étrangère commune de l'UE prenne en considération les conflits opposant les pays d'Europe de l'Est à la Russie. "La vieille Europe doit avoir conscience du fait que l'élargissement de l'UE aux anciens pays satellites et membres de l'ex-Union soviétique met à mal les relations avec Moscou. L'UE n'a pas le choix, elle accomplit son devoir. Elle ne peut pas tenter de régler ses problèmes avec la Russie aux dépens de ses nouveaux membres. Prague, Varsovie et Tallinn, pour ne citer que ces capitales, ont leur mot à dire quant à la politique à adopter vis-à-vis de la grande puissance de l'Est. Elles ne se laisseront pas ôter ce droit par un nouveau traité constitutionnel. (...) Jusqu'à aujourd'hui, l'Union européenne était dans une situation confortable car elle pouvait imposer ses conditions aux nouveaux membres. Maintenant, elle va devoir faire preuve d'une plus grande solidarité avec eux, notamment en cas de crise." (16.05.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Les universitaires Bertrand Benoit et Richard Milne rapportent qu'une dispute autour de la Russie a récemment opposé à Bruxelles les ambassadeurs d'Allemagne et de la Lituanie. Cette dispute "a soulevé la question de la capacité de l'Allemagne, qui occupe actuellement la présidence tournante de l'UE, à garder une position neutre dans les dossiers qui opposent la Russie aux anciens pays satellites soviétiques d'Europe de l'Est. (...) Le monde des affaires en Allemagne a besoin d'entretenir de bonnes relations avec une Russie stable, même si elle est autoritaire, et il a une influence considérable à Berlin. (...) En alimentant cette relation particulière avec Moscou, Berlin contribue cependant, selon certains experts européens, à diviser l'Europe. De plus, ils estiment que les intérêts allemands - qui consistent à persuader une Russie de plus en plus riche et de plus en plus ferme de continuer à fournir de l'énergie - seraient mieux défendus dans le cadre d'une véritable politique européenne à l'égard de Moscou." (16.05.2007)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Georges Mink et les difficultés des ex-pays communistes face à leur passé

Le chercheur français Georges Mink explique pourquoi la question de la 'décommunisation' n'a toujours pas été définitivement réglée dans certains anciens pays communistes. "Pour certains des acteurs politiques les plus zélés, affirmer la volonté d'en finir avec les séquelles immorales du communisme fait partie d'une rhétorique nécessaire pour légitimer l'objectif opposé : faire durer aussi longtemps que possible le gisement mémoriel en état d'exploitation, car la production du 'dissensus' de mémoire garantit à ces acteurs un avantageux positionnement sur la scène partisane. Les archives peu accessibles matérialisent le soupçon, savamment entretenu, d'un potentiel inépuisable de preuves cachées de l'existence et de maintien de l'ennemi. Les fuites, plus ou moins organisées, font croire à l'obstruction faite à la justice réparatrice par un réseau des complices de cet ennemi. (...) Dans ce climat de dénonciation généralisée, on peut s'interroger sur la dégradation des mécanismes démocratiques." (16.05.2007)

Die Welt - Allemagne

Gernot Facius et l'influence croissante de l'Eglise orthodoxe russe

Jeudi 17 mai, l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger et le patriarcat de Moscou vont signer un acte de réunification qui met fin à plus de 80 ans d'un schisme intervenu après la Révolution bolchevique en 1917. Le journaliste allemand Gernot Facius s'inquiète de voir l'influence de l'Eglise orthodoxe croître en Europe, notamment en Grèce, en Bulgarie et en Roumanie, dont les populations sont déjà majoritairement de cette confession. "En ce qui concerne des thèmes délicats tels que les droits de l'Homme et la liberté de religion, le patriarcat de Moscou est à mille lieux de la définition occidentale. Il voit dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme l'oeuvre d'un l'humanisme des Lumières qui sape l'humanisme théologique du christianisme et 'éloigne l'Homme de Dieu'. (...) Et à la grande horreur des observateurs de la scène religieuse russe, le métropolite Kirill [responsable des relations extérieures de l'Eglise orthodoxe en Russie] s'est identifié à l'idéologie orthodoxe patriotique telle qu'elle apparaît dans les discours de Vladimir Poutine : la nation crée la foi et la religion. La religion orthodoxe en tant que projet national ? La religion en tant que folklore pour la sauvegarde d'une identité devenue incertaine ? Il est inconcevable que cette notion de resserrement des liens entre nation et religion puisse se concilier avec la tradition occidentale de séparation de l'Eglise et de l'Etat." (16.05.2007)

POLITIQUE

De Morgen - Belgique

Jacques Chirac quitte la présidence française

"Adieu, Jacques Chirac", titre le quotidien en proposant un portrait du président français qui a cédé ce mercredi 16 mai son fauteuil à Nicolas Sarkozy. "Bien que beaucoup de Français considéraient plus Chirac comme un résident qu'un président de la République et le critiquaient pour son immobilisme politique, il y a toujours eu des liens étroits entre lui et ses compatriotes. Quand Chirac a essayé de faire des réformes, la France est descendue dans la rue. Chirac fit à chaque fois un pas en arrière, la France aussi. (...) Le chef de l'Etat et le peuple se sentaient très bien dans ce climat d'(in)compréhension réciproque et se comportaient de manière paradoxale l'un envers l'autre. Un peu comme si la France se regardait dans un miroir avec Chirac. (...) Il n'aura marqué l'Histoire que grâce à son opposition à l'aventure militaire américano-britannique en Irak." (16.05.2007)

The Irish Times - Irlande

L'importance de l'Europe dans la campagne électorale irlandaise

Des élections législatives sont prévues le 24 mai en Irlande. Le quotidien souligne l'importance de "la capacité des candidats à aborder la question de l'engagement de l'Irlande dans l'UE et à défendre les intérêts du pays. (...) Alors que le Fine Gael [centre-droit, plus grand parti d'opposition au Parlement] est en faveur d'un plus fort engagement européen, notamment en matière de défense et de sécurité, à la fois le Parti travailliste et les Verts veulent voir la neutralité de l'Irlande constitutionnellement protégée contre tout embrigadement. Une telle tension ne doit pas être négligée dans la campagne. (...) Il y a les mêmes différences de points de vue entre les partis au sujet d'une Europe sociale ou libérale, que sur les relations transatlantiques ou sur le rôle de l'UE dans la protection de l'environnement et la lutte contre le changement climatique. Telle est la nature de la gouvernance moderne : la dimension européenne pèse souvent sur la politique intérieure et occupe une large proportion du temps ministériel. Les électeurs devraient être davantage mis au courant de cette réalité et ont besoin d'être plus informés à ce sujet." (15.05.2007)

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Vers une suppression du service militaire en Suède ?

Le ministre suédois de la Défense Mikael Odenberg souhaite supprimer le service militaire obligatoire en temps de paix pour le remplacer par une mobilisation obligatoire 'en temps de troubles'. Le quotidien suédois ne trouve pas cette proposition convaincante. "Le système actuel est injuste et dépassé ; ceux qui veulent s'engager n'en ont pas tous le droit, et ceux qui n'en ont pas envie ne peuvent pas tous en être dispensés. Ce n'est pas un bon système. (...) Dans le même temps, la proposition de Mikael Odenberg n'est pas claire. Que sont des 'temps de troubles' par rapport aux 'temps de paix' et qui en décide ? (...) La politique de sécurité peut changer rapidement. Il est possible qu'un tel changement soit déjà en cours. Il n'y a qu'à voir en Russie, où le revanchisme, la politique de puissance et le nationalisme prennent de plus en plus d'ampleur - parallèlement à l'augmentation de la valeur stratégique et économique des énormes ressources énergétiques du pays." (16.05.2007)

Cotidianul - Roumanie

Les Roumains s'intéressent de nouveau à la politique

Pour le politologue Cristian Pirvulescu, le référendum sur la destitution du président roumain Traian Basescu - prévu le 19 mai - a redonné le goût de la politique aux Roumains. Cet engagement politique des citoyens doit être pris au sérieux et les manifestations pour ou contre la destitution ne doivent pas être considérées comme étant le fruit d'une manipulation ou du hasard. "On ne peut pas réduire la politique à un simple acte rationnel, tout comme les gens ne peuvent être réduits à la manière dont ils raisonnent. La participation aux manifestations comme la grève ou la signature de pétitions, sont bien loin d'être une forme pervertie d'action politique 'mûre'. Elles sont une forme d'action politique. (...) Du reste, ces deux variables, la participation aux manifestations et le vote le jour du scrutin, se comportent proportionnellement l'une par rapport à l'autre. Les élections présidentielles aux Etats-Unis et en France l'ont prouvé." (16.05.2007)

Times of Malta - Malte

La lente évolution politique maltaise

Le chroniqueur Kenneth Zammit Tabona considère que "la grande majorité des Européens, élevés comme nous sous l'ombre protectrice de l'UE, sont loin de vouloir être des anarchistes de gauche ou des militants conservateurs. Non pas que ces catégories de personnes n'existent pas, ça nous ne le savons que trop bien. Mais ils peuvent en fait être contenus, sauf si quelque chose d'extrême se produit et vient tout chambouler, comme une vague d'immigration incontrôlée. (...) Les gens se portent tellement bien qu'il ne reste plus aucune cause à défendre à part des questions controversées comme l'union ou le mariage gay. (...) A Malte, cependant, il nous faut encore surmonter nombre de questions sociales avant de nous sentir capables d'aborder la question du mariage gay, le sujet le plus pressant étant celui de l'introduction du divorce (...). Le gouvernement n'a pas le droit d'empêcher ses citoyens de divorcer, et surtout pas en se cachant sous des jupons ecclésiastiques pour épater les bourgeois ! Pour autant que je cache, nous sommes un Etat laïque, pas religieux." (15.05.2007)

Tiempo de hoy - Espagne

Les limites de la tolérance politique en Espagne

Interdit en Espagne depuis 2003 en raison de ses liens avec ETA (organisation séparatiste basque), le parti Batasuna cherche à être indirectement présent dans les élections municipales qui auront lieu au Pays Basque et en Navarre le 24 mai. Du coup, la justice a prononcé l'interdiction de plusieurs listes de candidats soutenus par Batasuna. Le penseur espagnol Fernando Savater réagit en se demandant quelles doivent être les limites de la tolérance : "(...) Il faut dénoncer aussi bien l'intolérance que l'intolérable et les combattre démocratiquement. L'écrivain suédois Lars Gustaffson a fort bien résumé cela : 'La tolérance à l'égard de l'intolérance produit de l'intolérance. L'intolérance de l'intolérance produit de la tolérance'. (...) Le véritable ennemi de la tolérance est le fanatisme, pas forcément celui des personnes les plus convaincues, mais celui de celles qui font taire les autres pour échapper à leurs doutes." (11.05.2007)

ÉCONOMIE

Rzeczpospolita - Pologne

L'Irlande, un modèle pour la Pologne

Selon un sondage réalisé par le journal, 12 % des Polonais, soit plus de trois millions d'entre eux, prévoient de partir chercher du travail à l'étranger l'année prochaine. La plupart souhaitent se rendre au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Irlande. Piotr Gabryel commente ce résultat. "Il n'y a rien de grave en soi, bien au contraire, ce serait très bien - à condition toutefois que le mouvement se fasse dans les deux sens. De nombreux Polonais qui ont quitté le pays devraient revenir et les étrangers devraient venir chercher du travail en masse en Pologne. Mais cela n'arrivera malheureusement pas. Pour le moment, les hommes politiques ont perdu le combat pour la Pologne. (...) Car ils manquent d'imagination, de savoir-faire et de courage pour mener les réformes qui feraient de notre pays un paradis pour les personnes entreprenantes. (...) Nous avons besoin du courage dont les Irlandais ont fait preuve dans les années 80. Ils ont libéralisé leur économie au point que leurs compatriotes qui avaient émigré sont revenus en nombre. Aujourd'hui, l'Irlande a gagné le combat grâce à eux et est devenue l'un des pays les plus riches de l'UE." (15.05.2007)

MÉDIAS

Tribune de Genève - Suisse

Nicolas Sarkozy dépeint en 'Bonaparte des batailles médiatiques'

Jean-Noël Cuénod commente la stratégie médiatique de Nicolas Sarkozy, accusé d'avoir fait censurer la publication d'un article dans le 'Journal du Dimanche' (JDD). "Le nouveau président de la République connaît personnellement tous les décideurs de la sphère des médias français, mais aussi les journalistes 'qui comptent'. (...) Il ne fait aucun doute que Sarkozy veut contrôler son image et ses messages, au pixel et à la virgule près. Seulement voilà, le Bonaparte des batailles médiatiques risque d'être en retard d'une guerre. La dernière péripétie en administre la preuve. Le JDD passe à la trappe un article sur Cécilia Sarkozy qui n'aurait pas voté [lors du deuxième tour de l'élection présidentielle]. Et quelques jours plus tard, l'histoire est diffusée sur Internet par des journalistes ! Résultat : les médias reprennent l'information qui devient une 'affaire', dimension qu'elle n'aurait jamais prise si le JDD avait publié le papier." (16.05.2007)

La Stampa - Italie

La télévision italienne dans de sales draps

Le groupe italien Mediaset de Silvio Berlusconi a racheté la société néerlandaise Endemol qui a fait fortune en produisant les premières émissions de télé-réalité telles que 'Big Brother'. Pour le journaliste Massimo Gremellini, ce rachat ne va pas améliorer le niveau intellectuel des programmes de télévision proposés par Mediaset. "Une entreprise italienne qui prospère à l'étranger, c'est toujours une bonne nouvelle. Mais la bonne nouvelle s'arrête là. Cette acquisition améliore les comptes de Mediaset, mais pas le niveau des soirées télé. A la base de la télévision moderne, il y a la volonté de réduire de manière draconienne les coûts de production. La 'berlusconisation' d'Endemol ne fera que radicaliser un peu plus ce régime maigre, mais n'augmentera pas le mépris de la télévision vis-à-vis du public, simplement parce qu'il n'est pas possible de descendre plus bas". (15.05.2007)

CULTURE

Le Soir - Belgique

Le Festival de Cannes, vitrine des tendances du cinéma

Fabienne Bradfer fait l'éloge du Festival de Cannes, dont la 60e édition débute ce mercredi 16 mars. "Si le Festival fait cohabiter cinéma d'auteur et grandes stars alors qu'ils ne sont pas nécessairement au même générique, il contribue énormément à la circulation des oeuvres. Son prestige protège d'ailleurs les images dissidentes et donne une sorte d'immunité momentanée aux auteurs. Ses dimensions esthétiques, politiques et économiques sont indéniables. Et se renforcent avec le nouveau siècle. Car, à l'ère de la soumission généralisée aux stratégies de marché, le Festival a su réagir aux parasites inévitables (vedettes télé, stars du foot, top-modèle, etc) pour revenir à son essence, le cinéma. En revendiquant ses choix, ses audaces, ses itinéraires bis. La formule 2007, préparée par le directeur artistique Thierry Frémaux, est des meilleurs auspices : talents émergents, grands auteurs récurrents, présence de Hollywood." (15.05.2007)

 

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