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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.06.2007

 

À LA UNE

La réponse russe au projet américain de bouclier antimissile

La réponse russe au projet américain de bouclier antimissile

 

Le monde est-il au bord d'une nouvelle course à l'armement ? C'est le scénario imaginé par le président russe Vladimir Poutine. Les Etats-Unis ont planifié la construction d'un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque sans l'accord de la Russie. En réaction, elle a testé cette semaine de nouveaux missiles intercontinentaux pouvant menacer l'Europe.

Extraits des publications suivantes:
Lidové noviny - République tchèque, I Kathimerini - Grèce, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Lidové noviny - République tchèque

Bob Fiedler réagit avec sang-froid aux derniers essais de missiles de Moscou, dont le président Vladimir Poutine a déclaré qu'ils sont une réponse au projet américain de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque. "Vladimir Poutine nous aide à prendre une décision quant à l'installation de cette station radar [destinée au bouclier] dans notre pays. La logique du président russe laisse plus de place aux sentiments qu'à la raison. Pour lui, la Pologne et la République tchèque ne sont pas des pays souverains mais d'anciens satellites de Moscou qui font partie de la sphère d'influence de la Russie. Et s'il ne peut plus imposer sa volonté à l'aide de chars, peut-être qu'un geste menaçant fera l'affaire. Cela n'impressionne pas nos politiciens, mais malheureusement, la population, si." Toutefois, le projet de station radar rencontre toujours plus de soutien, à tel point que "Moscou ne tardera pas à comprendre que l'Europe centrale ne lui appartient plus." (01.06.2007)

I Kathimerini - Grèce

"Washington affirme que le bouclier antimissile vise à se défendre contre les Etats renégats comme l'Iran et la Corée du Nord. Mais pourquoi Washington insiste-t-il avec un plan controversé qui ne peut clairement pas neutraliser l'arsenal russe ?" se demande Petros Papaconstantinou. "En dehors des avantages militaires (les bases en Europe centrale permettront à Washington de surveiller l'espace aérien russe jusqu'à l'Oural), il y aussi des raisons politiques. C'est la continuation de l'idée de Donald Rumsfeld [ex-secrétaire américain à la Défense] de diviser l'Europe entre la vieille et le nouvelle, et d'entraîner le continent dans une nouvelle alliance contre la Russie, comme à l'époque de la Guerre froide. Un autre exemple de dommage collatéral est l'échec des Traités de non-prolifération, particulièrement après le retrait des Etats-Unis du traité ABM [anti-missiles balistiques] en 2002. Deux décennies après la fin de la Guerre froide, la nécessité de désarmer reste forte." (01.06.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Dans le cadre du conflit américano-russe sur la politique de défense et d'armement, Berthold Kohler regrette que l'Allemagne redoute "davantage les missiles et les desseins américains que ceux des (néo)-soviétiques dans le débat sur le renforcement de l'armement. (...) Ainsi, Moscou peut tirer ses beaux missiles modernes et réfléchir à voix haute à ses nouvelles cibles sur la Vistule et le Danube, alors que Washington attend toujours que Prague et Varsovie lui accordent l'autorisation d'installer ses équipements. Demeure néanmoins l'espoir que Vladimir Poutine ne parvienne pas à faire en République tchèque et en Pologne ce qu'il fait très bien en Allemagne : vendre le rétablissement de la domination du Kremlin sur l'Europe centrale et orientale comme un acte de la plus grande équité politique." (01.06.2007)

RÉFLEXIONS

Polityka - Pologne

David Ost commente le déclin en Pologne des valeurs de Solidarnosc

Dans un entretien réalisé par Jacek Zakowski, David Ost, politologue américain spécialiste de la Pologne, évoque le délabrement des valeurs du mouvement libertaire Solidarnosc et la marche triomphale des forces antilibérales en Pologne : les émotions humaines "ne disparaissent pas et trouvent, tôt ou tard, une soupape politique. Le drame de la Pologne et de la plupart des pays de l'Est réside dans le fait que les intellectuels rationalistes et libéraux ne l'ont pas compris. Et les gens de droite, toujours plus radicaux et souvent irrationnels, en ont bien profité. (...) Le groupe qui est parvenu au pouvoir en 1989 était libéral, au plein sens du terme. Il s'est engagé en faveur d'un libéralisme économique et politique mais il n'a pas su gérer les signes de la colère des classes qui se dessinait fortement." (30.05.2007)

Le Monde - France

Thomas Ferenczi et la solidarité régionale en Europe

"Dans une Europe élargie qui a souvent du mal à concilier les intérêts de tous ses membres, la plupart des Etats ont choisi de développer leur coopération avec leurs voisins immédiats", remarque le chroniqueur Thomas Ferenczi. "Nicolas Sarkozy vient de lancer l'idée d'une Union méditerranéenne destinée à associer l'Europe du Sud aux pays de l'autre rive. Au Nord, les Etats riverains de la Baltique font valoir leur différence. A l'Est, les anciens pays du bloc soviétique affichent aussi leur solidarité. L'Initiative centre-européenne (CEI), une organisation créée en 1989, deux jours après la chute du mur de Berlin, pour aider au rapprochement des Etats libérés du communisme et favoriser leur transition vers la démocratie, rassemble aujourd'hui 18 pays, dont 9 appartiennent à l'Union. (...) Les Etats d'Europe centrale ont en commun leur histoire récente, qui les a conduits à se détourner de l'espace de sécurité 'euro-asiatique', naguère incarné par l'URSS, pour s'intégrer au système 'euro-atlantique'." (01.06.2007)

La Libre Belgique - Belgique

Tom McCabe prend la défense du nationalisme écossais

Dans une tribune diffusée par Projet Syndicate, Tom McCabe, membre du Parlement régional écossais et ancien ministre des Finances, plaide en faveur du nationalisme en Ecosse. "Quand on parle de nationalisme, de sinistres images d'une autre époque viennent à l'esprit. Pourtant le nationalisme n'est pas toujours violent : il ne dégénère en conflit que là où il couvait déjà. L'éclatement de l'Union soviétique et de son empire montre que dans ce genre de situation, il ne faut pas contraindre des gens qui ne le veulent pas à vivre dans un même pays. (...) Contrairement au nationalisme d'Europe de l'Est ou à celui des Balkans, le nationalisme de type écossais ne s'enracine pas dans un problème d'ethnie ou de religion. (...) Une Ecosse nouvelle se lève, de même qu'une nouvelle Grande-Bretagne. C'est la leçon de l'Ecosse à l'Europe. La culture britannique extrêmement centralisée connaît un changement irréversible. Elle fait place à une politique plus ouverte dans laquelle les différentes identités régionales et nationales sont encouragées à s'exprimer." (01.06.2007)

POLITIQUE

Diario Sur - Espagne

Sarkozy et Zapatero parlent du projet d'Union méditerranéenne

Le nouveau président français Nicolas Sarkozy a rencontré jeudi 31 mai à Madrid le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero. Le quotidien commente l'un des points abordés pendant cette visite, le projet d'Union méditerranéenne défendu par Nicolas Sarkozy. "Le désir de créer une Union méditerranéenne donne une nouvelle dimension à la collaboration entre la France et l'Espagne. La reconnaissance par les deux dirigeants de la nécessité de faire coïncider les politiques d'immigration (...) permet d'envisager des stratégies qui convertissent l'arène méditerranéenne en un espace dans lequel les pays riverains travaillent ensemble pour le développement et la sécurité. Dans l'immédiat, cela implique une réponse commune et solidaire aux problèmes les plus aigus auxquels l'Espagne est confrontée, à savoir l'arrivée massive d'immigrés clandestins depuis le sud et celle de nombreux autres par le territoire français utilisé comme une porte d'accès pour venir chez nous." (01.06.2007)

Le Jeudi - Luxembourg

Les défenseurs de la Constitution européenne baissent les bras

David Portante se penche sur la manière dont l'idée d'un 'traité simplifié' est en train de gagner du terrain dans l'UE. "Il n'y a pas si longtemps, en janvier dernier, le Grand-Duché et l'Espagne étaient encore à la tête d'une initiative réunissant à Madrid les dix-huit pays ayant ratifié la 'Constitution' et dont le but avoué était moins de diluer le texte déjà adopté que d'inciter les récalcitrants à revoir leur copie. (...) Si la réunion de Madrid n'était pas dirigée contre les pays 'nonistes', elle avait néanmoins pour but de les inciter à la réflexion. Dans une direction bien précise : permettre à la politique européenne contenue dans le projet constitutionnel de devenir une réalité. (...) Une deuxième rencontre devait d'ailleurs avoir lieu dès février à Luxembourg. Elle n'a jamais vu le jour. La campagne électorale française y est sans doute pour quelque chose. La victoire de Nicolas Sarkozy a douché définitivement les ardeurs des 'amis du traité constitutionnel' les plus engagés." (31.05.2007)

24 heures - Suisse

Plus de diplômés allemands que de plombiers polonais en Suisse

Dans un rapport rendu public le 31 mai, les autorités suisses saluent les effets positifs de l'immigration sur l'économie. Caroline Zuercher rappelle que "la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'UE, puis son extension aux nouveaux membres, a engendré les pires inquiétudes. On craignait l'arrivée massive d'immigrés de l'Est venus casser le marché. Force est de constater que ce n'est pas le cas. (...) Les ressortissants allemands représentent la plus forte progression d'étrangers en Suisse, loin devant les Portugais et les Français. (...) La demande de l'économie est surtout forte pour les travailleurs moyennement et hautement qualifiés. Pour les entreprises, ces arrivées ne sont donc pas une mauvaise chose. Mais surtout, le spectre du plombier polonais paraît aujourd'hui bien loin : d'après les premières expériences, l'immigration en provenance de l'Est est 'modérée'. Cet 'ennemi' que certains brandissaient ne vient pas d'où l'on croyait..." (01.06.2007)

Dnevnik - Bulgarie

La renaissance de l'idéologie du KGB

En Roumanie, d'anciens membres de la Securitate [ex-police secrète communiste] déterminent activement l'ordre du jour politique, et en Bulgarie, d'anciens collaborateurs de la Stasi sont candidats au Parlement européen. Alexander Andreïev s'interroge : assiste-t-on à une renaissance de l'idéologie du KGB en Europe ? "Ce n'est pas un hasard si la seule politicienne européenne qui ose exprimer son opinion sur le régime de Vladimir Poutine est Angela Merkel, qui a grandi en RDA. Comme plusieurs millions d'Européens de l'Est, elle sent la différence entre le pouvoir démocratique public et le pouvoir occulte. (...) Je ne sais pas si une nouvelle guerre froide aura lieu, mais je suis convaincu que les sociétés qui tolèrent encore le despotisme et l'arrogance des tchékistes [les collaborateurs des services secrets dans les pays du Pacte de Varsovie] sont menacées d'être mises au ban de l'Europe démocratique et d'être victimes d'une restauration rampante, comme celle que connaît la Russie." (01.06.2007)

Postimees - Estonie

Un néophyte à la tête de la Lettonie

Le Parlement letton a élu, jeudi 31 mai, le chirurgien Valdis Zatlers, totalement inconnu sur la scène politique, président de la République. Malgré toutes les critiques le visant - il a été impliqué par le passé dans un scandale financier qui a frappé son hôpital -, le journal estonien voit cette élection d'un bon oeil. "Vladis Zatlers, novice en politique, offre une chance de changement à la Lettonie. C'était également le cas il y a dix ans, lorsque Vaira Vike-Freiberga, cette professeure de psychologie inconnue, qui a quitté le Canada pour rentrer au pays et devenir chef d'Etat. Elle a été une bonne dirigeante et a très bien géré la politique étrangère. D'ailleurs, sa visite à Moscou le 9 mai 2005 [elle était la seule représentante balte à avoir accepté l'invitation de la Russie pour le 60e anniversaire de la fin de la Deuxième guerre mondiale] et son rôle d'hôte lors du sommet de l'OTAN à Riga [en 2006] avaient fait forte impression. L'intention du nouveau président d'encourager l'unité des Pays baltes nous donne également l'occasion de nous réjouir - à supposer que ces paroles soient suivies d'actes." (01.06.2007)

Népszabadság - Hongrie

Un contre-sommet du G8 bien organisé

"Au-delà des barbelés règne un climat chaud, tandis qu'un climat glacial règne de ce côté-ci", écrit Edit Inotai, correspondante du journal à Berlin, chargée de couvrir le sommet du G8 qui se tiendra en Allemagne la semaine prochaine. "Angela Merkel et son entourage tentent de limiter les espérances autant que possible, mais ils savent qu'une déclaration vide de sens nuira à leur prestige en matière de politique extérieure et intérieure. (...) Un échec du G8 arrangerait bien les critiques de la mondialisation. Cela prouverait que les personnalités politiques des pays les plus puissants n'ont pas le droit de débattre des problèmes mondiaux, et qu'ils sont incapables de faire de bonnes propositions. A la différence des 'critiques du système' aux revendications claires - qui rassemblent les écologistes, les altermondialistes, les ONG, les syndicats et les groupes religieux - et qui se préparent à un contre-sommet extrêmement bien organisé." (01.06.2007)

Libération - France

La ministre française Rachida Dati attaquée sur ses origines maghrébines

Rachida Dati, ministre française de la Justice, a été mise en cause, jeudi 31 mai par le président du Front national Jean-Marie le Pen. Citant le nom de la ministre, il a souhaité que toutes les personnes susceptibles d'avoir une double nationalité française et étrangère fassent un choix entre les deux. Laurent Joffrin, directeur du quotidien, prend la défense de Mme Dati. "Même si l'expression est un peu familière s'agissant d'une ministre de la République, on voit bien que Rachida Dati, a toutes les apparences d'une fille bien. Issue de cette minorité maghrébine qui souffre plus qu'à son tour dans notre France des droits de l'Homme, élevée dans la pauvreté d'un ménage très modeste, elle doit son ascension à son talent et à son travail, qualité que les préjugés machistes et racistes ne manqueront pas de lui contester. Les attaques basses d'un Le Pen, qui met en doute sa nationalité française, soulignent un peu plus le mérite de cette ascension." (01.06.2007)

CULTURE

Evenimentul Zilei - Roumanie

La Roumanie tire une leçon politique de Cannes

Selon Rodica Culcer, le succès de la Roumanie à Cannes - le film '4 mois, 3 semaines et 2 jours' du Roumain Cristian Mungiu a gagné la Palme d'or - a appris à ce pays qu'il peut non seulement exporter vers l'ouest des footballeurs, mais également des films. "Difficile de croire qu'un Occident blasé et maniéré, qui tique vis-à-vis de tout ce qui vient de l'Est, prête attention à quelques films roumains qui l'obligent à observer l'univers poussiéreux et inhumain du communisme. (...) Toutefois, cette victoire à Cannes nous invite également à réfléchir à la promotion de la culture par l'Etat. (...) Que se passerait-il si le financement culturel récompensait en premier lieu le courage d'aborder des thèmes difficiles, de ne pas nous les présenter sous un jour positif, mais de nous montrer la vérité, en tant que nation, en tant que société et en tant qu'être humain ? Les films de nos jeunes réalisateurs en disent plus long sur le communisme et le post communisme que n'importe lequel de nos politiciens." (01.06.2007)

COULEURS LOCALES

Der Tagesspiegel - Allemagne

L'Allemagne de l'Est manque cruellement de femmes

"L'Est [de l'Allemagne] ne se dépeuple pas de manière équilibrée, non, ce dépeuplement est essentiellement féminin. En effet, l'exode, fléau des régions est-allemandes, concerne principalement les jeunes femmes. Elles partent tenter leur chance à l'Ouest et laissent derrière elles un paysage où seules les névroses fleurissent, défiguré par des hommes au chômage imbibés de bière, traînant dans les baraques à frites ou devant les matchs à la télé." Martin Schlegel dresse ce constat déprimant à l'occasion d'une étude publiée par des scientifiques berlinois, selon laquelle les Länder d'Allemagne de l'Est comptent un excédent d'hommes de 25 %. Depuis la chute du mur, 1,5 million d'Allemands de l'Est sont partis chercher du travail à l'Ouest, dont beaucoup de jeunes femmes qualifiées. "Si l'on se penche sérieusement sur ce phénomène, les perspectives sont effrayantes. Car là où il n'y a pas de femmes, il n'y a pas d'avenir." (30.05.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Le nouveau colonialisme des Britanniques en Espagne

La journaliste Christina Patterson réfléchit à l'attitude de la communauté britannique en Espagne. Cent Britanniques se sont présentés aux récentes élections municipales et régionales en Espagne pour faire entendre leurs critiques. "Ils ont investi leur argent et leurs poids souvent considérable dans leur nouvelle maison, et qu'obtiennent-ils en retour ? Apparemment, des écoles miteuses, une infrastructure nulle et une corruption de masse. (...) Dans l'ancienne version du colonialisme britannique, nous ne nous dérangions pas avec la démocratie et la négociation, ces formalités ennuyeuses. Non, en agitant des pistolets et en criant des ordres, nous effacions la toile pittoresque de traditions locales et nous imposions les nôtres. Un système séduisant et simple, que certains de nos propres citoyens (...) ont envie de copier. (...) Nous devons trouver des solutions pour que les communautés immigrées soient représentées démocratiquement mais celles-ci doivent respecter les complexités de la culture d'accueil et ses traditions. Ce dont nous n'avons pas besoin est d'un nouveau colonialisme. Et particulièrement un qui se répète comme une mauvaise farce." (01.06.2007)

 

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