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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 11.06.2007

 

À LA UNE

Les démocrates-chrétiens de retour en Belgique

Les démocrates-chrétiens de retour en Belgique

 

Les élections législatives organisées dimanche 10 juin en Belgique ont vu la nette victoire des démocrates-chrétiens qui, après huit années passées dans l'opposition, peuvent espérer diriger la prochaine coalition gouvernementale. Et les négociations qui viennent de s'engager pourraient voir Yves Leterme, président des démocrates-chrétiens flamands, devenir le nouveau Premier ministre belge.

Extraits des publications suivantes:
De Morgen - Belgique, La Voix du Luxembourg - Luxembourg, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Die Presse - Autriche

De Morgen - Belgique

L'éditorialiste Yves Desmet estime que "la tendance en Flandre est ancrée clairement plus à droite [qu'en Wallonie]. Pas spécialement par la présence du Vlaams Belang [parti d'extrême droite flamande], qui est en recul. Ce parti recule même dans les grandes villes par rapport à 2003. C'est déjà la deuxième fois d'affilée que la magie de l'ascension sans fin est bel et bien rompue. L'un des éléments qui expliquent cela est indubitablement la liste de Jean-Marie Dedecker qui a réussi à créer un exploit électoral, en imitant l'exemple néerlandais [du parti populiste de Geert Wilders] pour représenter les électeurs capricieux. (...) 'La Flandre profonde' lève le drapeau. Nous l'écoutons avec une grande d'attention, mais avant cela, rendons un dernier petit salut à un gouvernement et à un Premier ministre, Guy Verhofstadt, qui n'ont pas été le plus mauvais qu'a connu ce pays." (11.06.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

L'éditorialiste Laurent Moyse note que par rapport aux sondages, "il n'y a pas eu de grande surprise, sauf peut-être le recul plus prononcé que prévu des socialistes flamands. Compte-tenu de la perte des libéraux, conformément aux prévisions, il semble peu probable que la coalition au pouvoir, composée des socialistes du sp.a/spirit et du PS d'une part, et de l'Open VLD et du MR [mouvement réformateur] d'autre part, sera renouvelée. Un changement de gouvernement est donc programmé, reste à savoir lequel. La figure de proue de la démocratie-chrétienne flamande, Yves Leterme, dont le parti [le parti chrétien-démocrate flamand CDV] est parvenu à attirer près d'un électeur sur trois dans le nord du pays, est bien placé pour se voir confier la mission de former la prochaine équipe au pouvoir." (11.06.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Selon Cornelia Bolesch, malgré le glissement à droite aux élections législatives, la Belgique est un modèle pour l'Europe. "Pourquoi ? Parce que l'Europe n'a pas besoin de trembler à chaque nouvelle élection belge. Mais également parce que le nouveau gouvernement belge, quel que soit son visage, sera composé d'Européens convaincus. Parce que le Parlement belge a ratifié la Constitution européenne à une majorité écrasante. Parce qu'en Flandre comme en Wallonie, l'Europe est une valeur sûre, qui n'est jamais remise en question. Parce que l'Europe occupe non seulement une place importante dans les programmes politiques de la plupart des partis, mais elle suscite également des idées constructives. Parce que la structure interne compliquée de la Belgique n'a jamais été un frein au développement de l'Union européenne." (11.06.2007)

Die Presse - Autriche

Pour Regina Pöll, l'issue des élections belges accentue la division du pays. Le futur Premier ministre pressenti, Yves Leterme, actuel ministre-président de la Flandre, contribuera de manière plus décisive que ses prédécesseurs à l'autonomie des régions. "Ce sont surtout les francophones du Sud, la région la plus pauvre de Wallonie, qui trouvent cette idée insupportable. Jusqu'à présent, ils bénéficiaient d'un Etat central fort et des retombées financières d'une Flandre plus avancée économiquement. Une série de facteurs vont renforcer les tendances séparatistes. Outre les chrétiens-démocrates, le minuscule parti séparatiste flamand N-VA fait également partie de l'alliance électorale d'Yves Leterme. Le parti d'extrême droite Vlaams Belang, ancien Vlaams Blok, devrait passer au rang de deuxième force de Flandre lors des élections régionales." (11.06.2007)

RÉFLEXIONS

La Repubblica - Italie

Bernardo Bertolucci estime que la culture est oubliée

Le cinéaste italien Bernardo Bertolucci déplore l'abaissement du niveau de la culture en Italie et observe que les hommes politiques de tous bords négligent ce secteur. "Je n'ai jamais entendu dans les discours des hommes politiques pour lesquels je m'apprêtais à voter voilà un an [pour les élections législatives italiennes] prononcer le mot culture. Un oubli ? Une sous-évaluation ? Un décrochage (...)? Je me demande par exemple pourquoi il n'est pas possible de créer en Italie une chaîne de télévision sur le modèle d'Arte, qui voit constamment le nombre de ses spectateurs augmenter. A savoir une chaîne qui défende l'actualité culturelle et une certaine intelligence sociale. (...). Je ne vis pas du miel de la nostalgie et de l'illusion. Il faut que nous cherchions ensemble le moyen de rendre le terrain de la création plus fertile. Mais comment faire ? Je ne sais pas." (11.06.2007)

Népszabadság - Hongrie

Ágnes Heller et la crise des jeunes démocraties

Agnes Heller, professeure de philosophie et de sciences politiques, attribue la crise politique qui règne en Europe de l'Est à un déficit démocratique. "Les anciens satellites de l'Union soviétique, aujourd'hui de jeunes démocraties, ne respectent pas suffisamment les normes démocratiques. Chaque pays lutte avec ses propres problèmes, mais tous ont un problème en commun : les politiciens de ces pays n'ont aucune expérience de la démocratie. Être politicien est un métier, comme être médecin. Outre l'intuition, les compétences sont également très importantes. On ne confie pas une opération compliquée du cerveau à des étudiants de médecine de deuxième année. Pourtant, c'est exactement ce qui se passe en politique. Ce n'est pas la faute des politiciens s'ils doivent acquérir les compétences nécessaires seulement a posteriori. Mais ils sont coupables de ne pas reconnaître cette situation et de se présenter constamment comme des messieurs-je-sais-tout." (11.06.2007)

Lire - France

Pour Erik Orsenna, l'écrivain doit s'engager dans la lutte contre le réchauffement climatique

Interrogé par Philippe Delaroche sur le rôle des écrivains face au réchauffement climatique, l'auteur français Erik Orsenna estime qu'ils ont "mieux qu'un rôle : un devoir, dans l'exacte mesure où l'écrivain a pour fonction de faire mieux comprendre les êtres humains, mais aussi le monde. Il a plus de temps, il est plus généraliste. Le spécialiste se range parmi ceux qui n'ont pas le temps. L'écrivain dispose de ce qu'on appelle une 'culture générale'. Il se préoccupe de la Terre sur laquelle il vit. Autrement, il n'est pas très honnête ; il transmet à ses enfants une Terre invivable. S'en préoccuper fait partie de sa mission. A lui de faire avancer la connaissance : le 'métier de vivre', comme disait Cesare Pavese, et aussi le 'métier de Terre'. J'ai à cœur de comprendre l'espèce humaine, de savoir ce que c'est que la Terre, et comment éviter qu'elle devienne invivable. (...) L'écrivain dans sa tour d'ivoire, ça n'est pas ma façon de vivre." (01.06.2007)

POLITIQUE

Libération - France

La droite en tête du premier tour des législatives françaises

Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du quotidien, commente la large victoire de la droite (39,5 % des voix) au premier tour des élections législatives françaises dimanche 10 juin. Le scrutin a été marqué par une abstention record. "Près de 40 % des électeurs n'ont pas jugé bon de se déplacer. La vague bleue, cette fois, n'est pas accompagnée d'une victoire civique. Les uns étaient sûrs de leur fait et les autres résignés : tous sont restés chez eux. Il reste six jours de campagne pour corriger un peu­ le tir [avant le second tour]. Devant les perspectives qui s'ouvrent, l'abstention est la pire des attitudes. A condition que la gauche donne quelque peu l'envie d'en découdre. On dit le pays massivement passé à droite. Rien n'est moins sûr, puisque 47 % des électeurs ont soutenu la gauche dans une bataille difficile [lors de l'élection présidentielle] et que les duretés du système libéral donneront immanquablement de nouveaux arguments à une opposition sociale et moderne." (11.06.2007)

Dagens Nyheter - Suède

La Suède se trompe sur la Constitution européenne

Lotta Fogde exige une séparation claire entre les pouvoirs de l'UE et ceux des Etats membres. Elle reproche au gouvernement suédois de ne pas défendre un modèle de Constitution européenne qui irait dans ce sens. "L'Europe toute-puissante et inquisitrice est trop largement acceptée. Le gouvernement n'a jamais pris position contre la suppression du droit de veto dont jouissent les Etats membres. Et personne ne proteste contre l'augmentation des pouvoirs du Parlement européen. La Suède est devenu le chien-chien à sa mémère et accorde plus de valeur au calendrier d'Angela Merkel qu'au contenu de la Constitution. Elle croit peut-être pouvoir ainsi intégrer le noyau dur de l'UE. C'est une illusion aux conséquences considérables." (11.06.2007)

El Mundo - Espagne

La dangereuse stratégie de George Bush sur le Kosovo

Le président américain George Bush a réalisé dimanche 10 juin une visite en Albanie au cours de laquelle il a souhaité que les Nations unies accordent rapidement l'indépendance à la province serbe du Kosovo, peuplée à 90 % d'Albanais. Il a ajouté que si la Russie continuait à s'y opposer, les pays occidentaux agiraient en conséquence. Le quotidien estime que "les paroles de Bush n'arrivent pas au moment le plus opportun. (...) Moscou ne veut pas créer un précédent pour des territoires sécessionnistes dans sa sphère d'influence (...). Mais la Russie n'est pas la seule à penser qu'un Kosovo indépendant ouvrirait une boîte de Pandore. La Slovaquie et la Roumanie comptent de fortes minorités hongroises au sein desquelles les radicaux prônant un changement des frontières gagnent de plus en plus de poids. Et Poutine aime faire référence dans ses interviews aux cas de la Catalogne et du Pays basque, qui pourraient profiter d'un précédent au Kosovo." (11.06.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Le laborieux travail de la diplomatie mondiale

Uwe Vorkötter se demande si le sommet du G8 à Heiligendamm a véritablement été un succès. "Tout s'est parfaitement déroulé d'un point de vue diplomatique. On peut d'ailleurs remarquer que George W. Bush ne rejette plus avec autant de virulence l'objectif des Européens de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre à long terme - comme il a pu le faire au cours des six dernières années. C'est un succès dans la mesure où les Nations Unies sont seulement mentionnées dans un communiqué, les ministres de l'Environnement disposant d'un mandat pour entamer les négociations lors de la prochaine conférence de l'ONU sur le changement climatique - qui se tiendra cet automne à Bali. La diplomatie internationale fonctionne ainsi : lentement, laborieusement, à petits pas." (11.06.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Gordon Brown est-il eurosceptique ?

Le quotidien considère que Gordon Brown a une façon étrange de montrer qu'il est aussi pro-européen qu'il le dit. "Le Premier ministre Tony Blair a toujours choisi un haut diplomate du ministère des Affaires étrangères comme conseiller sur l'Europe. (...) La semaine dernière, M. Brown a retiré ce poste aux Affaires étrangères pour le donner à un haut-fonctionnaire du ministère des Finances, Jon Cunliffe. La nomination de M. Cunliffe est un acte significatif. Il nous rappelle que M. Brown déteste le ministère des Affaires étrangères. Et cela confirme qu'il préfère s'entourer de gens qu'il connaît. (...) Donner la charge de la politique européenne à un haut-fonctionnaire issu du département le plus anti-européen du gouvernement, et dont le CV inclue un rôle clé dans la campagne de Brown contre la monnaie unique, envoie un signal qu'il serait illogique d'ignorer. Il dit aux observateurs que le nouveau Premier ministre veut considérer l'Europe comme une question davantage économique que politique." (11.06.2007)

ÉCONOMIE

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

La Lettonie doit-elle revoir sa politique énergétique ?

La Lituanie, la Pologne, l'Estonie et la Lettonie se sont mises d'accord en 2006 pour construire ensemble une nouvelle centrale nucléaire en Lituanie, dans la perspective de la fermeture annoncée de la centrale lituanienne d'Ignalina (au 31/12/2009). Au départ, ce projet a été perçu comme une étape importante dans l'optique d'une plus grande indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Mais Juris Paiders constate que la part de la Lettonie dans le projet ne cesse de diminuer et que les investissements dans les infrastructures profitent surtout à la Lituanie. "La Lettonie préfèrerait peut-être investir ces milliards d'euros chez elle. Tous les moyens que nous laissons filer en Lituanie stimulent la croissance économique lituanienne et ralentissent la nôtre. Et si de nouvelles divergences d'opinion apparaissent à propos du projet, la Lettonie devra trouver sans tarder de nouvelles solutions. Malheureusement, nous devons véritablement nous inquiéter. Il serait bien plus sûr de poursuivre la modernisation déjà entamée de la centrale thermique de Riga." (11.06.2007)

CULTURE

Élet és Irodalom - Hongrie

Péter Esterházy à propos de la vie intellectuelle de la Pologne

A l'issue d'un voyage en Pologne, l'écrivain hongrois Péter Esterházy estime que même si les politiciens polonais ont un comportement intolérable, ce pays se porte tout de même mieux que le sien. "J'ai été agréablement surpris par la vivacité de la vie intellectuelle et des domaines apolitiques de la société. En Pologne, j'ai fait la connaissance d'un monde bigarré, indépendant des partis politiques. Il existe encore des intellectuels au véritable sens du terme dans ce pays. Je n'avais encore jamais rencontré autant de journalistes compétents, dont certains sont très jeunes. Varsovie devient magnifique. Et on trouve même des intellectuels libéraux parmi les catholiques polonais (un tel phénomène serait inimaginable en Hongrie). (...) Peut-être que cinq jours passés en Hongrie me paraîtraient aussi formidables si je n'étais pas hongrois ?" (11.06.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le cinéma polonais veut montrer l'exemple

Dans un entretien avec le critique de cinéma Tadeusz Sobolewski, la réalisatrice polonaise Malgorzata Szumowska explique pourquoi l'actrice allemande Julia Jentsch joue le premier rôle dans son nouveau film, '33 scènes de vie', un long-métrage produit en Pologne. "Pourquoi nous arrêter à des questions de langue ? Grâce à ses acteurs européens, le film a une chance d'attirer des spectateurs étrangers (...) Je tiens à ce que notre film soit vu partout. Pourquoi s'isoler avec des frontières, des langues et des nationalités ? On parle toujours du cinéma polonais - nous faisons le cinéma polonais. C'est très bien qu'il se penche sur notre histoire héroïque, notre calvaire. Mais j'aimerais que la Pologne soit considérée comme une partie de l'Europe et non plus comme un pays étrange et exotique. Un film dans lequel des acteurs polonais côtoient des acteurs allemands et danois nous permet de nous approcher de cette idée." (11.06.2007)

COULEURS LOCALES

Correio da Manhã - Portugal

Des hôpitaux sans crucifix au Portugal ?

Le journaliste Ricardo Tavares réagit à l'appel lancé la semaine dernière par association portugaise République et Laïcité dans lequel elle exige le retrait, dans les établissements de santé publique, des crucifix et des images représentant des saints. "La société portugaise est majoritairement catholique et, pour cette raison, elle doit faire preuve de tolérance, en acceptant l'idée que les hôpitaux de l'Etat, laïc [selon l'article 41 de la Constitution portugaise], retirent les crucifix de leurs murs. Ce que l'Etat, laïc, ne peut et ne doit pas permettre, c'est que les malades, catholiques ou non, soient d'une part mal soignés et, d'autre part, avec un temps d'attente très long. Voilà la croix que les Portugais ne doivent pas porter." (10.06.2007)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Une parade gay dans la Roumanie homophobe

Depuis 2001, l'homosexualité n'est certes plus interdite par la loi en Roumanie mais elle demeure taboue. Samedi 9 juin, à l'occasion d'une parade gay, de jeunes extrémistes de droite ont lancé des pierres aux manifestants en scandant : "La Roumanie n'est pas un peuple d'homosexuels." Emilian Isaila réagit à l'homophobie des Roumains. "Il est notoire que notre peuple, du président à chaque footballeur, a des problèmes avec ses minorités. Mais pourquoi la parade gay suscite-t-elle le scandale chaque année ? Ce cortège met à jour tous les préjugés sociaux qui sont les nôtres. La Roumanie est un pays homophobe, et beaucoup d'eau coulera sous le ponts avant que la situation ne change." (11.06.2007)

 

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