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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 14.06.2007

 

À LA UNE

La Pologne bloque la relance de la Constitution européenne

La Pologne bloque la relance de la Constitution européenne

 

La Pologne menace de faire obstacle à tout accord sur le traité constitutionnel européen, car elle souhaite obtenir plus de pouvoirs. Les dirigeants européens - parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy, le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer et la chancelière allemande Angela Merkel - s'efforcent activement d'inciter la Pologne à renoncer à sa position avant le sommet européen du 21 juin.

Extraits des publications suivantes:
Gazeta Wyborcza - Pologne, Die Presse - Autriche, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Financial Times - Royaume-Uni

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le président français Nicolas Sarkozy est ce 14 juin en Pologne. Juste avant de partir, il a accordé un entretien à Adam Michnik, rédacteur en chef du quotidien, et à Jarosław Kurski, pour tenter de convaincre les Polonais de renoncer à bloquer le traité constitutionnel. "Je viens à Varsovie en ami et en Européen, pour dire à des Européens et amis : nous devons ensemble sauver l'Europe pour sortir de la léthargie. (...) Vous êtes un grand pays et devez faire équipe avec les autres grands pays d'Europe. Un grand pays européen ne peut pas dire : j'ai une moindre responsabilité, je peux faire blocage. C'est pourquoi, deux jours avant la présidentielle, j'étais le seul candidat à m'engager - si je gagnais - à ne pas organiser de référendum sur la Constitution. C'était difficile, mais je l'ai fait, parce que j'étais convaincu que la France ne pouvait pas bloquer l'UE. Et la Pologne ne peut pas non plus bloquer l'UE." (14.06.2007)

Die Presse - Autriche

"Varsovie a réduit elle-même sa marge de manœuvre sur la question d'une nouvelle constitution européenne," pense Wolfgang Böhm après que le chancelier autrichien Wolfgang Gusenbauer est rentré bredouille de Varsovie le 11 juin. "Certes, les frères Kaczynski profitent encore du fait que les dirigeants européens défilent chez eux, mais il n'ont pourtant trouvé aucun partenaire parmi eux. Aucun homme politique européen, pas même le très eurosceptique président tchèque, Václav Klaus, ne veut renégocier la répartition des pouvoirs contestée par Varsovie. Seuls les frères Kaczynski tiennent à ce que leur influence sur les décisions de l'UE augmente et à ce que celle de l'Allemagne diminue." (14.06.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Thomas Urban, correspondant du quotidien en Pologne, ne considère pas les frères Kaczynski comme des anti-européens. "Ils poursuivent deux objectifs au sein de l'UE : renforcer la Pologne et affaiblir autant que possible l'Allemagne. Il n'y a pas grand chose à objecter au premier point, car chaque pays souhaite renforcer sa position. Toutefois, le second point pose problème, car on ne formule pas un tel objectif si directement. Ainsi, Varsovie a ressorti une vieille formule, rejetée depuis longtemps par Bruxelles pour le traité constitutionnel européen : le mécanisme de scrutin ne doit pas reposer simplement sur le nombre d'habitants, mais sur la racine carrée de ce nombre. La ministre polonaise des Affaires étrangères, Anna Fotyga, déclare ouvertement le but de ce calcul compliqué : il ne doit pas y avoir d''hégémonie allemande' en Europe - les possibilités d'influence allemande sur les processus de décision seraient ainsi divisées par deux." (14.06.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Jan Cienski à Varsovie et Bertrand Benoit à Berlin analysent les critiques polonaises sur les rapports de forces dans le système de vote de l'UE, qui pèsent sur le prochain sommet de l'UE. "[En Allemagne] beaucoup pensent que la Pologne a remplacé le Royaume-Uni en tant que principal obstacle à la relance de la Constitution. (...) La Pologne insiste sur le fait que le système de vote à la double majorité au sein du Conseil des ministres de l'UE, est injuste et favorise les plus grands membres de l'Union. Selon ce système prévu par la Constitution, les lois sont approuvées si elles sont soutenues par au moins 55 % des 27 membres de l'UE et couvrent au moins 65 % de la population. (...) La Pologne estime que sa proposition, selon laquelle il faut utiliser la racine carrée du nombre d'habitants de chaque pays pour calculer le nombre de voix affecté à ce pays lors des votes, (...) est plus juste envers les petits pays et ceux de taille moyenne. (...) L'argument de l'Allemagne est que réévaluer le système de vote est seulement un aspect d'un compromis plus large qui s'étend jusqu'à la question du Parlement européen (...) et l'extension à de nouveaux domaines du vote à la majorité qualifiée ." (14.06.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Le Kremlin a peur de la démocratie, selon Sonja Margolina

Sonja Margolina, journaliste russe installée en Allemagne, compare le nouvel autoritarisme russe à la grande terreur stalinienne, il y a 70 ans. "Dans ce contexte, le scénario de l'opération de succession présidentielle orchestré par le Kremlin, qui va s'accompagner d'une intensification de la lutte pour le pouvoir et des représailles contre une opposition inoffensive, donne l'impression d'avoir été écrit il y a 70 ans. Le fait que cela se produise dans un contexte historique totalement différent renforce seulement l'impression de déjà-vu. Comme en 1937, l'impossibilité d'un changement de pouvoir démocratique fait paniquer le Kremlin. La simple existence d'une Constitution montre que l'usurpation du pouvoir par une clique non élue est illégitime." (14.06.2007)

Télérama - France

Emilio Silva et la mémoire du franquisme

Le vendredi 15 juin, l'Espagne commémorera le 30e anniversaire des premières élections démocratiques de l'après-Franco. Interrogé par Gilles Heuré, Emilio Silva, sociologue et journaliste espagnol, fondateur de l'Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH), estime que le travail de mémoire n'est pas achevé. "Le gouvernement socialiste, même s'il est le premier à avoir réellement fait bouger les choses, est encore trop timide, et la responsabilité de l'Etat franquiste dans les massacres n'est toujours pas solennellement établie. La droite, en revanche, sur la question de la mémoire de la guerre civile, est d'un cynisme absolu. D'un côté, elle affirme qu'il ne faut pas rouvrir les plaies et, de l'autre, elle rend un hommage ému aux soldats franquistes de la division Azul, engagés sur le front de l'Est aux côtés des nazis. (...) Il est essentiel que l'Espagne fasse le jour sur la dictature et évalue l'ampleur du traumatisme. C'est vital pour notre démocratie, car rien n'est apaisé. Pensez que la droite actuelle parle encore des 'Rouges' pour désigner les gens de gauche !" (13.06.2007)

POLITIQUE

The Independent - Royaume-Uni

Légalisation massive de clandestins aux Pays-Bas

"La légalisation d'immigrés illégaux, votée cette semaine par le Parlement néerlandais, devrait bénéficier à 30 000 personnes. Beaucoup des demandeurs d'asile qui avaient été déboutés avant 2001 pourront rester", souligne le quotidien. "Il y a des arguments pour et des arguments contre de telles légalisations. Leurs détracteurs affirment qu'elles encouragent seulement davantage de gens à tenter leur chance, et font les tristes affaires des trafiquants d'hommes. Mais l'Italie, l'Espagne, la France et la Belgique ont promulgué des légalisations semblables, sans graves conséquences ni pour elles ni pour l'UE. Même ceux qui réfutent que l'on puisse justifier moralement la légalisation de clandestins de longue date doivent accepter que les arguments pratiques sont implacables. Les légalisations font rentrer les travailleurs clandestins dans l'économie légale, augmentent les recettes fiscales, et permettent aux migrants de mener une existence plus stable. C'est la raison pour laquelle le gouvernement britannique devrait suivre l'exemple néerlandais et prendre le risque politique d'envisager une légalisation." (14.06.2007)

Evenimentul Zilei - Roumanie

Les archives de la Securitate dans le trou noir

Le Conseil national d'étude des archives de la Securitate (CNSAS), constitué selon un système de proportionnelle, a tenté trois fois d'élire un nouveau président. En vain. A chaque scrutin, les membres du Conseil n'étaient pas suffisamment nombreux à voter. Cette élection n'est pas le problème le plus grave qu'affronte cette institution, commente Florian Bichir. "Dix politiciens ont été lavés de tout soupçon. En dépit de preuves incontestable, il a été certifié qu'ils n'avaient jamais collaboré avec la Securitate. Le Conseil a donné des excuses et des explications juridiques, toutes plus puériles les unes que les autres. Cette administration est une institution dans laquelle chaque représentant veille à ce que ses supérieurs ou ses amis politiques ne soient pas dénoncés : 'si je retire ce dossier, tu peux retirer celui-là.' Jusqu'à présent, aucune audition sur l'activité du Conseil n'a été organisée, et la commission de contrôle fondée il y a un an n'a pas encore siégé une seule fois." (14.06.2007)

Dnevnik - Bulgarie

L'impuissance de l'UE face à l'insuffisance des réformes bulgares

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré le 13 juin que le rapport de l'UE sur les réformes en Bulgarie comporterait des critiques acerbes. Le politologue Vladimir Chopov se demande quelles conséquences l'Europe va en tirer. Il considère l'instrument de la clause de protection comme une "mesure contre-productive". "L'idée de la clause de protection ne fait que compliquer le débat sur la poursuite des réformes si l'UE ne dispose pas d'instruments convaincants pour imposer des réformes dans le domaine de la justice et de la politique intérieure. (...) L'UE semble s'être résignée au fait que l'objectif maximal que la Bulgarie puisse atteindre soit la stabilisation à un bas niveau. Outre la politique, les Bulgares réagissent avec un mélange de résignation, de honte et d'espoir à l'idée qu'il puisse rester quelqu'un en mesure de mettre un peu d'ordre dans le régime politico-criminel qui semble s'être établi pour longtemps." (14.06.2007)

Corriere della Sera - Italie

La gauche italienne veut séduire les intellectuels

Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche (DS), principale formation de la coalition au pouvoir, aimerait faire revivre la 'bataille des idées' défendue en son temps par le Parti communiste. C'est dans cet objectif qu'il a organisé à Rome le 13 juin une rencontre avec les figures les plus marquantes de l'intelligentsia italienne. Pierluigi Battista revient sur l'engagement des intellectuels dans l'histoire de la politique. "Si la naissance du Parti démocratique [parti d'union de la gauche italienne] est déjà en soi bien tourmentée, était-il réellement nécessaire de réveiller l'ancien rite communiste de la rencontre entre le Secrétaire général et les artistes, poètes, écrivains et politologues, publicitaires... ? (...) A l'époque, les rapports entre le Parti et les intellectuels étaient difficiles, parfois conflictuels mais toujours essentiels. (...) On assiste à la fin d'une histoire. Aucune rencontre entre intellectuels et le nouveau Parti démocratique ne lui redonnera vie". (14.06.2007)

El País - Espagne

Vers une autonomie accrue des régions en Belgique ?

Yves Leterme, chef du Parti chrétien-démocrate flamand, est le favori au poste de Premier ministre après les législatives du 10 juin en Belgique. Il prône une plus grande autonomie des régions belges (Wallonie, Flandres, Bruxelles). Le quotidien espagnol évalue sa marge de manœuvre. "Le message est clair : les Flamands veulent prendre leurs distances, voire se séparer des francophones. Leterme (…) a profité du désir, généralisé chez les Flamands, de réduire les transferts financiers de la riche Flandre vers la pauvre Wallonie (…). Maintenant, avec 18,5 % des votes et 30 sièges au Parlement sur un total de 150, Leterme est obligé de chercher des alliés (...). Forcément, il devra séduire des partis wallons, et moduler son discours sans renoncer à la 'réforme de l'Etat' qu'il a promise. (…) De la dose de réalisme que suppose la conquête du pouvoir, Leterme a repris l'idée d'une 'Belgique construite sur un compromis historique' entre francophones et Flamands, chose qui paraît chaque jour plus difficile." (14.06.2007)

MÉDIAS

Le Temps - Suisse

Nicolas Sarkozy, un président enivré de lui-même

L'attitude de Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse au G8, le 7 juin, fait jaser. Etait-il ivre ? La video a été largement diffusée sur internet, notamment sur YouTube. Richard Werly, présent ce jour-là, donne sa version des faits. "Sarko est arrivé en retard, pressé. Eméché ? Cela ne m'est pas venu à l'esprit. Il ne titubait pas. Il semblait plutôt étonné d'être propulsé là, au milieu des journalistes (…) Je l'ai, pour tout dire, vraiment trouvé à côté de la plaque. Pas alcoolisé. Plutôt survitaminé. Comme dopé. Quelque chose sonnait faux dans ses mots. Il n'était pas ce soir-là le chef de l'Etat français. Il était 'Sarko': cet énergique politicien qui vous veut du bien, vous sourit mécaniquement, est bourré de tics et ramène tout à lui : la victoire arrachée à Bush sur le climat, l'arrêt des souffrances au Darfour… (…) Ce qui m'a sidéré, (...) c'est que Nicolas Sarkozy ne parlait pas de l'état du monde. Il nous parlait de lui, de sa 'franchise', de son 'agenda', de son 'calme'. D'abord ivre d'être là. Saoulé par ses propres paroles." (14.06.2007)

ÉCONOMIE

Le Monde - France

Sarkozy ne lancera pas la guerre contre la BCE

Pierre-Antoine Delhommais relève qu'à peine élu président de la France, Nicolas Sarkozy a ravalé ses critiques de la Banque centrale européenne (BCE), formulées pendant la campagne électorale. "M. Sarkozy a vite pris conscience qu'il était difficile à l'un des plus mauvais élèves économiques de la zone euro de chercher à imposer ses vues monétaires à ceux qui accumulent les bonnes notes. (…) Une offensive diplomatique pour faire baisser l'euro supposerait un consensus des Etats de la zone euro dont personne ne voit très bien, aujourd'hui, comment il pourrait se dessiner. Elle impliquerait notamment le soutien d'une Allemagne que la vigueur de l'euro n'empêche pas de dégager des excédents commerciaux records, d'une Allemagne qui ne s'est jamais départie de son amour pour une monnaie forte (...). Pour affaiblir l'euro, il faudrait, paradoxalement, que le couple franco-allemand fonctionne de nouveau, que l'Europe soit unie et forte, dotée d'un gouvernement économique puissant et efficace capable de faire obtempérer la BCE, mais aussi de discuter d'égal à égal avec les Etats-Unis et le Japon." (14.06.2007)

CULTURE

Dziennik - Pologne

Lech Majewski et la non-représentativité du monde

L'installation vidéo de Lech Majewskis 'KrewPeoty' (Le sang des poètes) et son film "Szklane Usta" (Les lèvres de verre) sont les grands succès de la Biennale de l'art de Venise cette année. Lech Majewski, metteur en scène et artiste vidéaste polonais parmi les plus réputés, évoque son travail avec Justina Kobus. "J'ai mon propre ressenti personnel, que j'exprime. Je m'efforce de pénétrer profondément dans la psyché humaine. Souvent, j'y découvre un côté lumineux et un côté sombre, qui impressionnent par la diversité de leurs significations. Je crois fermement en la non-représentativité du monde - des expériences, des opinions et des idées qui forment les hommes. C'est pourquoi je propose rarement aux spectateurs une communication verbale, qui suggère directement. Je nourris de plus en plus d'aversion pour la parole en tant que telle. La parole nous limite par sa linéarité et le mauvais usage qui en est fait. Dans 'KrewPoety' et iSzklane Usta' je n'utilise aucun mot, et j'élargis ainsi le champ des significations." (11.06.2007)

COULEURS LOCALES

Hospodářské noviny - République tchèque

Les Tchèques ne sont qu'à moitié slaves

L'entreprise de biotechnologie tchèque Genomac a révélé que les Tchèques ne seraient qu'à moitié slaves d'un point de vue génétique. La majeure partie des gènes restants seraient issus de l'ancienne Rome et des pays germaniques. Josef Gres s'amuse de cette découverte : "L'entreprise Genomac a été créée il y a six ans dans un garage du quartier de Brevnov, à Prague. Aujourd'hui, elle détient des brevets américains pour des technologies médicales de pointe et appartient à l'élite des entreprises européennes dans sa discipline. Ses publications sur l'héritage génétique des Tchèques n'étaient qu'une activité de loisirs, un bon coup de publicité pour se faire enfin connaître du grand public. Il existe à présent près de soixante-dix entreprises de cette sorte dans notre pays. Elles se frayent tout doucement un chemin vers le sommet. La biotechnologie est une discipline dans laquelle on peut allier recherche de pointe et succès commerciaux rapides." (14.06.2007)

 

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