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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.06.2007

 

À LA UNE

La droite remporte les élections législatives en France

La droite remporte les élections législatives en France

 

La droite a obtenu la majorité absolue à l'Assemblée nationale française (environ 350 sièges sur 577) lors du second tour des élections législatives qui a eu lieu dimanche 17 juin. Cette victoire est cependant moins éclatante que ne laissaient présager les résultats du premier tour. La presse européenne se demande si le président Nicolas Sarkozy dispose des moyens suffisants pour mener à bien son projet politique

Extraits des publications suivantes:
Libération - France, ABC - Espagne, Dagbladet Information - Danemark, Mladá fronta DNES - République tchèque

Libération - France

"'Magic Sarkozy'n'a pas tout à fait atteint ses objectifs", se félicite Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du quotidien. "Avant même de commencer, l'état de grâce s'étiole quelque peu. Le Président a remporté une victoire incontestable. Mais la France entre en Sarkozie les yeux ouverts, avec un soupçon de méfiance. Bonne nouvelle pour le débat démocratique, en tout cas. (...) En dépit d'une bonne résistance dans l'ultime scrutin, la tâche de l'opposition reste difficile. Cette droite hybride, plus réformatrice que conservatrice, suppose une attitude qui ne soit pas pavlovienne. Il faudra séparer le bon grain de l'ivraie, encourager les bonnes réformes si elles adviennent et combattre sans faiblesse l'injustice probable des autres. Mais surtout ne pas rester enfermé dans la suicidaire défense du statu quo. La tentation se fera jour, confortée par le nombre honorable des députés de gauche élus dimanche. Elle serait fatale." (18.06.2007)

ABC - Espagne

Pour le quotidien conservateur, les résultats des élections législatives témoignent d'une certaine maturité politique en France. "Lors de son dernier mandat présidentiel, Jacques Chirac avait introduit dans le pays une espèce de mélancolie autodestructrice car le message qu'il transmettait étendait et approfondissait en même temps le besoin et la peur du changement. Le pays semblait se noyer irrémédiablement dans une espèce de dépression collective, dans un panorama dépourvu de toute porte de sortie. Et il a suffit d'un message clair et décidé de la part de Sarkozy pour changer le climat social du pays. (...) Toutes les conditions sont réunies pour que Sarkozy mette en place les réformes dont a besoin la France. (...) Ce ne sera certes pas facile, mais l'espoir est de mise étant donné que la société française s'est montrée à la hauteur de la gravité de la situation en donnant au président les outils législatifs nécessaires pour tenter de résoudre la crise." (18.06.2007)

Dagbladet Information - Danemark

Pour le journal, le principal problème du Parti socialiste (PS) français n'est pas le conflit au sein de la direction du parti, mais son orientation idéologique. "Le PS est unique en Europe. D'une part, il prétend être membre de la famille social-démocrate moderne, d'autre part il semble vivre dans la réalité économique des années 1950, avec une rhétorique issue tout droit de mai 68. (...) Les socialistes français devraient s'engager sur la voie de la réforme suivie depuis bien longtemps par leurs homologues allemands, britanniques, espagnols et danois, et accepter le principe de l'économie de marché. (...) Avant que de nouveaux dirigeants reprennent la barre et créent l'opposition pleine de ressources dont la France a si cruellement besoin sous le règne du souverain absolu Nicolas Sarkozy, les socialistes doivent admettre la défaite intellectuelle et idéologique de leur parti." (18.06.2007)

Mladá fronta DNES - République tchèque

Pour Tomás Nídr, la victoire du parti de Nicolas Sarkozy aux élections législatives a une grande importance pour les réformes de l'UE. "Dans les prochains mois, Nicolas Sarkozy va devenir une figure politique majeure dans le monde. Les élections législatives lui ont assuré une majorité à l'Assemblée nationale. Même si la droite n'est pas ressortie aussi forte que prévue des élections législatives, aucun président depuis Charles de Gaulle n'avait occupé une position aussi forte sur la scène politique française que le président fraîchement élu. (...) Deux ans après que les Français aient enterré avec délectation l'indéchiffrable projet de Constitution européenne, le duo Sarkozy-Merkel  (s'il réussit cette semaine à convaincre ces têtes de mules de frères Kaczynski à l'occasion du sommet européen) peut produire un document court qui donnerait une impulsion à l'unification de l'Europe." (18.06.2007)

RÉFLEXIONS

Revista 22 - Roumanie

Pour Andrei Cornea, la culpabilité n'existe pas en Roumanie

La justice roumaine enquête depuis deux ans sur l'ancien Premier ministre roumain Adrian Nastase, accusé de corruption. Le politologue roumain Andrea Cornea réfléchit aux rapports qu'entretient la Roumanie avec la culpabilité. "Chez nous, la conscience de la culpabilité morale n'existe pas. Les gens ne se sentent coupables ni d'un crime, ni de leur façon de vivre. C'est toujours la faute de l'autre, de l'étranger, de l'ennemi, de celui qui est différent. Les gens ne voient aucun inconvénient à violer la loi. En revanche, ils ne supportent pas d'être vus avec des menottes. Ce n'est pas le vol qui est lamentable, c'est l'arrestation, qui montre qu'on n'a pas été capable de s'échapper, que l'on n'a pas versé le pot-de-vin suffisant ou en temps voulu (...)  Il va être difficile d'édifier une justice en état de marche, qui soit en mesure de mettre en cause la responsabilité morale, tant que la société considèrera que l'erreur est de s'être fait attraper." (18.06.2007)

El Mundo - Espagne

Henry Kamen se demande si l'Espagne est une nation

L'historien britannique Henry Kamen, spécialiste de l'Espagne, se demande si l'hymne national espagnol doit être doté de paroles, alimentant ainsi un débat actuellement très vif dans ce pays. "Ce qui est certain, c'est que les paroles d'un hymne doivent refléter un accord sur les valeurs que l'on aime ou que l'on déteste. Et pour les Espagnols, qui n'ont jamais cru dans le patriotisme et qui préfèrent lutter entre eux plutôt que contre les autres, ces valeurs partagées n'existent pas. En clair, le sentiment d'être une nation unie n'existe pas et, du coup, il est impossible de se mettre d'accord sur un hymne. (...) Peut-être faudrait il d'abord soumettre ce sujet à référendum. Il faudrait demander aux Espagnols s'ils pensent être une nation, et s'ils doivent, par conséquent, avoir un hymne avec des paroles comme dans tous les pays. S'ils répondent ne pas se sentir une nation, alors le sujet pourrait être mis de côté puisque cela signifierait qu'ils ne souhaitent pas chanter une identité inexistante." (18.06.2007)

POLITIQUE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Un nouveau parti de gauche en Allemagne

Ce week-end, le Parti de gauche (néo-communistes de l'ex-Allemagne de l'Est) et un groupe de déçus de la social-démocratie ouest-allemande (qui ont formé le WASG) se sont associés au sein d'un nouveau parti, 'Die Linke' [La Gauche], qui formera le quatrième groupe parlementaire allemand. Eric Grujer voit toutefois d'un oeil très critique le potentiel de réforme de la nouvelle formation. "Rarement un parti a aussi mal porté son nom. En effet, le terme de gauche est porteur d'une emphase progressiste et s'accompagne du désir de modification progressive des relations. Toutefois, 'La Gauche' est conservatrice. Elle veut maintenir l'Etat providence tel qu'il existait en Allemagne de l'Ouest dans les années 70. Elle se cramponne au modèle d'un Etat interventionniste avec un service public éléphantesque, conforme à la tradition de la seconde moitié du XXe siècle. La classe d'âge du nouveau parti correspond bien à son retard idéologique : chez les anciens membres du SED [parti communiste de l'ex-RDA] comme chez les membres du WASG, les cheveux gris dominent." (18.06.2007)

The Irish Times - Irlande

L'Irlande veut protéger son système judiciaire

"L'Irlande pourrait suivre le Royaume-Uni et utiliser la 'clause d'exemption' sur une partie clé de la Constitution européenne qui vise à mettre en commun la souveraineté sur les questions de justice et de police", note Jamie Smyth, correspondant européen. "Le ministre des Affaires étrangères Dermot Ahern a affirmé hier [17 juin] qu'il (...) s'attendait à ce que tout accord proposé au Royaume-Uni soit aussi applicable à l'Irlande, en raison de nos 'systèmes judiciaires similaires'. (...) Dans notre situation, défendre notre tradition de droit coutumier sans le soutien du Royaume-Uni, (...) pourrait nous isoler, ' a-t-il affirmé. L'Irlande et le Royaume-Uni protègent ardemment le droit coutumier du système judiciaire et s'inquiète que les désirs d'harmonisation des systèmes judiciaires de l'UE puissent le miner. Les deux Etats, tout comme Malte et Chypre, affirment que leur système légaux ont des différences fondamentales avec ceux des pays européens du continent." (18.06.2007)

Times of Malta - Malte

Les Maltais ont apprécié la visite de Barroso

"José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, a parfaitement saisi les questions qui comptent aux yeux des Maltais lors de sa visite d'un jour réalisée la semaine dernière", note le quotidien. Alors que Malte a été accusée de ne pas avoir porté secours à plusieurs embarcations d'immigrants clandestins, "M. Barroso a affirmé que la taille de la zone de recherche et de sauvetage de Malte - de la taille du Royaume-Uni - doit être prise en compte à un niveau européen et il a même complimenté les forces armées de Malte pour leur travail inlassable. Il a assuré aux médias que les patrouilles Frontex seraient opérationnelles à la fin du mois. Il a également fait deux propositions concrètes: décréter une loi qui fait de l'embauche d'immigrants illégaux un crime; et que l'UE prenne des initiatives politiques et diplomatiques pour introduire des accords de réadmission dans les pays d'où sont originaires les migrants. (...) Nous sommes aussi confiants sur le fait que le président de la Commission européenne est retourné à Bruxelles en ayant accompli ce qu'il avait prévu de faire : tendre la main à Malte et montrer que la solidarité européenne commence par le haut." (17.06.2007)

ÉCONOMIE

Dagens Nyheter - Suède

Le syndicat suédois LO opposé à l'ouverture du marché du travail

Le gouvernement suédois veut faciliter l'immigration de la main d'oeuvre issue des pays non-européens. LO, le plus puissant syndicat du pays, s'y oppose. Le journal rappelle l'affaire de l'entreprise du bâtiment lettone à Vaxholm en Suède, où des syndicalistes ont bloqué les travaux car l'entreprise rémunérait ses travailleurs à des salaires bien inférieurs aux salaires locaux. La principale raison de la résistance de LO à la proposition du gouvernement est "la crainte de perdre le contrôle du marché du travail. C'est sur ce point que portait le conflit de Vaxholm, et pas sur les conventions collectives menacées ou sur le dumping des salaires. Seuls ses privilèges intéressaient le syndicat, pas les travailleurs lettons. A Vaxholm, les syndicalistes criaient 'Rentrez chez vous'. La direction de LO ne s'est certes pas exprimée aussi directement et ouvertement, mais elle l'a pensé et a soutenu ce message. L'organisation adopte la même attitude en ce qui concerne l'immigration de la main d'oeuvre non européenne. Les étrangers doivent rester chez eux." (18.06.2007)

MÉDIAS

La Libre Belgique - Belgique

La vidéo de Sarkozy au G8, une victoire du web sur la télévision

"La vidéo de Eric Boever, présentateur d'un journal télévisé de la RTBF [chaîne publique belge], qui a présenté les images de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy au G8 en annonçant que ce dernier n'avait sûrement pas bu que de l'eau, n'arrête plus de tourner", constate Guilhem Fouetillou, co-fondateur du site Observatoire présidentiel. "Il est intéressant de noter que ce qui avait été considéré comme un non-événement par la quasi-totalité des médias français s'impose finalement comme un événement par l'intérêt que les internautes du monde entier y portent. Cette vidéo ne signe-t-elle pas la première victoire symbolique du web sur la télévision comme média de masse et d'influence en offrant une exposition à des images supérieure à celle qu'elles auraient eu si la télévision les avait diffusées ?" (16.06.2007)

CULTURE

die tageszeitung - Allemagne

Münster se transforme en musée en plein air

Tous les dix ans, Münster organise l'exposition 'Skulptur Projekte', qui consiste à modifier le visage familier de la ville au moyen de sculptures et d'installations en plein air. Pour Heinrike Thomson, le conservateur Kasper König "a réussi une exposition exquise avec des oeuvres prudentes, mais précises et intelligentes" - parmi lesquelles les toilettes publiques décorées avec faste de Hans-Peter Feldmann ou la pyramide inversée de Bruce Nauman. "La sphère d'art contemporain qui entoure la ville traditionnelle de Münster est très légère et presque invisible, comme une fine déchirure à travers laquelle s'échappe l'indésirable, mais également des perspectives nouvelles et de la poésie. Le manifeste artistique le plus pertinent à cet égard est le fil tendu par Mark Wallinger tout autour de la vieille ville, très au-dessus du grouillement des rues, qui semble passer au travers des maisons. La question du traçage des frontières, de l'intérieur et de l'extérieur, n'aurait pas pu être posée plus fortuitement." (16.06.2007)

Le Temps - Suisse

'Art Basel' a indiqué la voie du consensus artistique

Laurent Wolf dresse un bilan de la 38e édition 'd'Art Basel', la foire de Bâle, qui a fermé ses portes le 17 juin. "Jamais, depuis une vingtaine d'années, il n'y a eu autant de peinture. Jamais les relations entre la peinture et les autres modes d'expression n'ont paru aussi évidentes et aussi pacifiques. On y explore les mêmes thèmes, on y utilise les mêmes motifs - l'explosion urbaine, la violence des périphéries, l'environnement naturel et sa destruction, le désir, le corps... Comme s'il devenait de nouveau possible de faire passer le motif ou l'œuvre avant l'expérimentation - soit que les artistes maîtrisent suffisamment les techniques nouvelles, soit que le développement de ces dernières ait simplifié leur utilisation. A cette pacification des relations entre les modes d'expression s'ajoute un virage politique ou idéologique. (...) Apparemment, en art comme ailleurs, il n'est plus question de changer le monde mais de le regarder tel qu'il est, et de l'interpréter avec parfois un peu de révolte, plus souvent de la panique ou même un zeste de mélancolie. L'art n'est pas devenu totalement consensuel, il a cessé d'être agressif." (18.06.2007)

COULEURS LOCALES

Sega - Bulgarie

La fin de la République de Macédoine ?

Le nom officiel de la 'République de Macédoine', pays voisin de la Grèce, pose problème à cette dernière, car 'Macédoine' est le nom de l'une de ses régions. Novak Novev rapporte que la République de Macédoine est prête à se montrer conciliante. "Comme ce jeune pays a l'ambition de devenir aussi vite que possible membre de l'OTAN et de l'UE, il se dit maintenant prêt à transformer son nom en 'Ancienne république yougoslave de Macédoine' (ARYM)." L'ONU a admis le pays sous ce nom, mais jusqu'ici le gouvernement à Skopje s'est opposé à cette appellation, qu'il jugeait inacceptable. "On espère maintenant que la Grèce, qui menace de mettre son veto à l'entrée de la Macédoine dans l'OTAN et dans l'UE tant que ce conflit ne sera pas résolu, va assouplir sa position. (...) Le problème persiste avec les nouveaux passeports biométriques de la Macédoine, qui doivent être compatibles avec les normes européennes. L'appellation 'République de Macédoine' y figure en caractères cyrilliques et latins." (18.06.2007)

The Independent - Royaume-Uni

La difficile épreuve des réunions de copropriété en France

"J'ai récemment assisté à la réunion annuelle des copropriétaires pour décider comment gérer les parties communes de l'immeuble", explique John Lichfield, correspondant du quotidien et détenteur d'un appartement à Paris. "J'ai couvert des sommets de l'UE, des sommets du G8, des sommets anglo-français et des sommets américano-soviétiques. Aucun d'entre eux ne grouillait autant de pernicieuses tensions sous-jacentes qu'une réunion de copropriétaires parisiens. Sept personnes étaient présentes. Une calculette électronique a été nécessaire pour déterminer si nous constituions un quorum. Selon la loi, les décisions au sujet des grosses dépenses - comme l'achat de nouvelles boîtes aux lettres - doivent être prises par des personnes qui possèdent au moins deux tiers de la surface. La calculette a été utilisée pour savoir combien de mètres carrés étaient présents à la réunion. (En comparaison, la formule à la 'double-majorité' proposée par l'UE pour prendre des décisions au Conseil des ministres paraît d'une simplicité élémentaire). (...) Dans la plus pure tradition des sommets européens, nous avons finalement reconnu que nous ne pouvions prendre aucune décision importante. Il nous manquait 100 mètres carrés. La réunion avait duré deux heures et demie. La bataille reprendra en février prochain." (18.06.2007)

 

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