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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 28.06.2007

 

À LA UNE

La Bulgarie et la Roumanie sous le feu des critiques

La Bulgarie et la Roumanie sous le feu des critiques

 

Lors de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, le 1er janvier 2007, l'UE a adopté différentes clauses de sauvegarde pour inciter ces deux pays à accélérer leurs réformes en matière judiciaire. La Commission européenne a critiqué dans un rapport d'évaluation publié le 27 juin la lenteur des efforts entrepris. L'UE doit-elle exercer davantage de pressions sur ces pays et imposer les réformes nécessaires ?

Extraits des publications suivantes:
The Times - Royaume-Uni, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Gândul - Roumanie, Sega - Bulgarie, Die Presse - Autriche

The Times - Royaume-Uni

La chroniqueuse Bronwen Maddox juge que le rapport de l'UE "se distingue par son ton volontairement mesuré". Que l'UE soit confrontée à de tels problèmes prouve bien que la Roumanie et la Bulgarie ont été admises au sein de l'Union "avant d'y être prêtes, dans tous les sens du terme. (...) La Roumanie est en meilleure posture, si l'on considère qu'une corruption accrue est préférable au meurtre en série de personnalités comme en Bulgarie. (...) Mais la Bulgarie atteint des sommets : plus de 155 assassinats commandités ont été commis en pleine rue depuis 2000, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Etre riche, faire de la politique, être président du Lokomotiv Plovdic, un club de football : toutes ces occupations se sont révélées fatales. La Commission se dit 'extrêmement préoccupée' par le meurtre de politiciens locaux cette année, ainsi que par l'absence de poursuites judiciaires et de condamnations. C'est peu dire. En mettant ses critiques en sourdine, elle ne rend ni service à la Bulgarie, ni à l'UE." (28.06.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Bruxelles réagit avec indulgence aux problèmes des deux pays, explique le quotidien. "La Commission ne veut pas sévir tout de suite, elle veut continuer à aider. C'est pour cela qu'elle s'attire maintenant des critiques. L'UE doit rester crédible, disent certains, et prendre des sanctions contre la Bulgarie et la Roumanie. Bien que cette colère soit compréhensible, les critiques s'emportent trop facilement. La Commission doit tout faire pour maintenir la cohésion de l'Europe et ne pas la diviser. Comment les citoyens roumains et bulgares se sentiraient-ils si leurs deux pays étaient cloués au piloris, si peu de temps après leur adhésion ?" Les sanctionner ne serait pas une bonne idée : "Les subventions seraient réduites et les décisions des tribunaux ne seraient plus reconnues. Jusqu'à présent, une fois que l'on devient membre, c'est pour toujours. Il serait préférable de pouvoir mettre à la porte les pays qui ne respectent pas les règles. La magie de l'appartenance à l'UE pourrait ainsi se poursuivre après l'adhésion." (28.06.2007)

Gândul - Roumanie

Le gouvernement roumain peut respirer, après le rapport de la Commission européenne sur la mise en œuvre des réformes exigées par l'UE. Ce rapport émet certes des critiques, mais il en reporte les conséquences à l'année prochaine, note Adrian Ursu. C'est tout, sauf un bon signal pour le pays en ce qui concerne la lutte contre la corruption. "Le fait que nous fassions l'objet d'une nouvelle évaluation dans un peu moins d'un an va inciter les politiciens à la paresse. (...) Ce serait bien si nous pouvions mener notre propre évaluation entre deux rapports de Bruxelles, sans pathos politique." (28.06.2007)

Sega - Bulgarie

A la lumière du rapport d'avancement publié par la Commission européenne, Svetoslav Tersiev regrette que les pressions de l'UE sur le gouvernement bulgare aient diminué après l'adhésion du pays. "Le problème chronique de la Bulgarie est qu'elle suit les recommandations de Bruxelles uniquement sur le papier. Elle ne cesse d'adopter de nouvelles lois mais ne réfléchit pas à la manière de les appliquer aux criminels qui déambulent dans les rues comme dans un défilé de mode - exactement comme dans les hautes sphères du gouvernement. (...) Autre sujet, l'élargissement de la zone Schengen. Pour pouvoir poser sa candidature, la Bulgarie doit d'abord prouver qu'elle est capable de se conformer aux lois fondamentales. Avant de donner son feu vert, Bruxelles ne doit pas oublier - comme son expérience des adhésions à l'UE lui a appris - qu'il est préférable d'exercer des pressions avant d'accepter des candidats." (28.06.2007)

Die Presse - Autriche

"Malgré les insuffisances de la lutte contre la corruption et de la réforme de la justice, Bruxelles a renoncé à instaurer les mesures répressives prévues dans ces cas de figure," critique la chroniqueuse Doris Kraus. "La raison invoquée est qu'il est encore trop tôt pour demander des comptes à la Roumanie et à la Bulgarie. Mais ces deux pays sont également entrés trop tôt dans l'UE. Les clauses de sauvegarde, qui avaient prévu par exemple la suspension de la coopération judiciaire, témoignaient de ce manque de maturité. Certains Etats de l'UE ne vont pas apprécier que l'UE n'en fasse pas usage. (...) Bruxelles nuit encore un peu plus à la crédibilité de l'Union. Car son comportement montre une fois de plus que rien n'est encore bien défini sur le plan européen et que l'UE fait encore la part belle aux compromis fumeux." (28.06.2007)

RÉFLEXIONS

El País - Espagne

Isaac Rosa et les limites morales de l'enrichissement

L'écrivain espagnol Isaac Rosa s'interroge sur le rapport qu'entretiennent les Espagnols avec l'argent, à la lumière de nombreuses affaires de corruption. "La question de l'enrichissement licite est pertinente dans une société qui, comme la nôtre, a érigé l'argent au rang de valeur suprême, en promouvant des formes idéales de consommation auxquelles seules les classes aisées peuvent accéder. On salue la multiplication du nombre d'Espagnols à figurer dans la liste de multimillionnaires du magazine 'Forbes', un étonnant motif de fierté nationale. (...) Quand nous parlons de nous enrichir de manière propre, il faut se demander se que nous entendons par 'proprement'. La légalité est-elle la seule limite ? Nous refusons certes l'enrichissement rapide construit sur l'escroquerie, la corruption, le vol ou l'évasion fiscale. Mais doit-on l'accepter quand il provient de la spéculation boursière ou immobilière, ou de l'achat d'entreprises qui sont immédiatement démantelées ? (...) Où plaçons nous la limite entre l'acceptable et l'inacceptable ?" (28.06.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Charlotte Higgens craint la flambée du marché de l'art

Après la vente-record d'une sculpture de Damien Hirst la semaine dernière, Charlotte Higgens, critique atristique du quotidien, analyse l'importance croissante de l'argent dans l'art contemporain. "Beaucoup applaudissent devant la flambée des prix. Elle signifie que de plus en plus d'artistes ont la possibilité de vivre décemment. (...) Mais il est indéniable qu'un fossé se creuse, à géométrie variable : entre les collectionneurs et les artistes, entre les artistes qui peuvent écouler leurs oeuvres à des prix élevés et ceux qui ont moins de succès sur le marché. Et peut-être aussi, ce qui est plus dommageable pour les amateurs d'art lambda, entre les riches particuliers et les institutions publiques. (...) Le vrai problème est que les musées d'Etat ne peuvent pas s'aligner sur les prix du marché. Ils ne peuvent tous simplement pas se le permettre. (...) Il faut leur donner la possibilité d'acheter, si on veut qu'ils poursuivent sur la lancée de la brillante dernière décennie." (28.06.2007)

POLITIQUE

La Stampa - Italie

Le maire de Rome espère diriger le Parti démocrate

Walter Veltroni, maire de Rome, a lancé le 27 juin sa campagne pour diriger le Parti démocrate (PD), la nouvelle formation de centre-gauche. "Veltroni a réussi une entreprise difficile hier à Lingotto", estime l'éditorialiste Barbara Spinelli. "En se portant candidat à la tête du Parti démocrate, il a réussi à apparaître comme un homme nouveau et en même temps comme un homme qui ne suit pas les modes, qui ne joue pas au courtisan, qui ne se complait pas dans le dénigrement de celui qui gouverne. Homme nouveau, il l'est sans aucun doute : depuis des années il se tient loin des appareils et des courants (...). Il est une personnalité nouvelle comme Sarkozy et Merkel, Zapatero et Brown. Mais à la différence de chacun de ces personnages, toutefois, Veltroni ne se présente pas comme un politicien qui vitupère contre ses prédécesseurs. Il n'a tué ni père ni frère. Il a été très clair quand il a dit que le premier devoir du Parti sera de soutenir fermement, et de manière cohérente, le gouvernement." (28.06.2007)

The Irish Times - Irlande

Le traité de l'UE va créer un super-Etat

Anthony Coughlan, professeur en politique sociale au Trinity College de Dublin, estime que le nouveau traité européen introduit des changements beaucoup plus radicaux que ce qui est communément admis. Le traité "va pour la première fois ébaucher la Constitution d'un Etat supranational, faisant de la nouvelle union une entité distincte et supérieure aux 27 pays qui la composent. L'UE va donc davantage ressembler aux Etats-Unis d'Amérique. (...) Nous serons tous, de facto, citoyens de ce nouvel Etat, au lieu d'être des citoyens honoraires ou putatifs comme actuellement; car on ne peut être citoyen que d'un Etat à la fois. (...) La nouvelle union possèdera alors tous les traits caractéristiques d'un Etat pleinement constitué, mis à part le pouvoir de prélever des impôts et d'entraîner ses Etats membres dans une guerre qu'ils ne souhaiteraient pas. Les tenants de l'intégration européenne espèrent que l'UE finira par se doter de ces pouvoirs. (...) Il se peut que les gens applaudissent ou décrient ces propositions de changements constitutionnels, mais il est clair qu'elles doivent être largement analysées et discutées avant d'être soumises au vote populaire." (28.06.2007)

Der Standard - Autriche

Le désastre de la grande coalition autrichienne

Michael Völker s'interroge sur l'état de la grande coalition autrichienne formée par le Parti social-démocrate (SPÖ) et le Parti populiste (ÖVP) et sur sa perception de la démocratie. Le ministre de la Défense Norbert Darabos et le chancelier Alfred Gusenbauer (tous les deux du SPÖ) ont annoncé une réduction du nombre d'eurofighters commandés, sans attendre l'accord préalable de leurs partenaires de coalition ni le résultat de la commission d'enquête parlementaire. "En agissant de cette manière, Norbert Darabos et le chancelier Alfred Gusenbauer ont pratiqué une politique de la terre brûlée : en tenant l'ÖVP à l'écart et le mettant devant le fait accompli selon la devise 'marche ou crève', difficile d'obtenir son approbation. Et l'ÖVP a absolument raison. Cela fait perdre de son éclat au succès du SPÖ et montre qu'ensemble, on ne parvient à rien de bon (...) Voici comment on peut résumer l'affaire : l'ÖVP dit non à ce gouvernement, il dit non à cette coalition. Et Alfred Gusenbaueur n'est pas en mesure de diriger ce gouvernement. C'est un désastre." (28.06.2007)

MÉDIAS

Libération - France

La presse française doit défendre son indépendance

Les représentants de 27 rédactions de la presse écrite française se sont réunis, le 27 juin, pour réfléchir à l'indépendance journalistique. La concentration de médias entre les mains d'industriels proches du pouvoir les inquiète. Laurent Joffrin, directeur de la rédaction, acquiesce : "Le président [Nicolas Sarkozy] a cultivé depuis toujours, avec succès, un large réseau d'amitiés dans les médias, notamment parmi les propriétaires des principaux groupes (…) Ceux-ci ont par nature affaire à l'Etat à tel ou tel moment de leur existence. Par précaution, ils sont tentés d'aller au-devant des désirs supposés du prince, sans qu'il ait même besoin de lever un sourcil. Pour résister à cette aimantation politique, une seule solution, la défense du journalisme par les journalistes eux-mêmes. Organisation des rédactions, chartes d'indépendance, droit de veto sur la nomination des rédacteurs en chef : il est urgent d'étendre l'usage de ces moyens démocratiques." (28.06.2007)

CULTURE

Rzeczpospolita - Pologne

Le camp de concentration d'Auschwitz rebaptisé

Depuis que certains médias ont parlé du "camp de concentration polonais d'Auschwitz" en octobre 2004, Varsovie a demandé que soit modifié le nom officiel du "camp de concentration d'Auschwitz" sur la liste recensant le patrimoine mondial de l'Unesco. Le comité des Nations Unies a donc décidé de le rebaptiser "Auschwitz-Birkenau - camp de concentration et d'extermination national-socialiste allemand (1940-1945)". Pour Igor Janke, "ce petit succès montre que le monde nous donne raison, depuis que nous évoquons notre passé calmement, fermement et raisonnablement. En la matière, nous avons de bonnes et de mauvaises expériences. Les déclarations du Premier ministre Jarosław Kaczynski, qui a évoqué le souvenir des millions de Polonais assassinés pendant la Seconde guerre mondiale à la veille des négociations à Bruxelles, ne nous ont certainement pas aidés." (28.06.2007)

COULEURS LOCALES

Le Temps - Suisse

Paris enseigne les mauvaises manières

"On dit souvent que les Parisiens sont mal polis, surtout lorsqu'on compare leurs moeurs à celles, presque exagérément correctes, qui règnent en Suisse." Pour Sylvain Besson, correspondant à Paris du quotidien, cette réputation n'est pas volée. "Après presque vingt mois passés dans la capitale française, je peux témoigner : la vie à Paris exerce une pression qui érode les bonnes manières de façon quasi mécanique. (...) J'ai fini par comprendre le ton proverbialement sec employé par certains serveurs dans les bars et restaurants de la ville. Etre mal poli ('Voyez avec mon collègue', 'Ce n'est pas moi qui sert ici'), c'est se donner de l'importance, et c'est une forme de réaction naturelle face à l'excès de stress. Toutes les imperfections de la vie quotidienne - les files d'attentes à la poste, les gens qui essaient de vous piquer votre taxi, les fonctionnaires qui vous prennent de haut - poussent dans le même sens." (28.06.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Népszabadság - Hongrie

L'UE fait sa propagande sur YouTube

Balazs Pocs, correspondant du journal à Bruxelles, se moque des films que la Commission européenne à mis en ligne sur YouTube, à destination des jeunes. "Qui a envie de regarder un film de dix minutes sur les avantages du système de navigation Galileo qui va être mis en oeuvre plus tard que prévu, et à un coût bien plus élevé ? Le film sur le réchauffement climatique n'est pas plus captivant : dans un reportage censé représenter la réalité, un sympathique monsieur nous conseille de ne plus emprunter que les transports en commun pour aller au bureau. (...) Les films de l'UE rappellent les films de propagande que les spectateurs devaient supporter avec résignation lorsqu'ils allaient au cinéma à l'époque communiste. Les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas connu cette époque. L'UE leur offre bien involontairement un voyage dans le passé." (28.06.2007)

 

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