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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 10.07.2007

 

À LA UNE

Rome réhabilite la messe en latin

Rome réhabilite la messe en latin

 

Le Pape Benoit XVI a libéralisé la messe en latin, selon le rite pratiqué avant le concile Vatican II en 1964, par un décret publié samedi 7 juillet. Cette décision satisfait les traditionalistes, qui en avaient fait un symbole de leur lutte. La presse européenne reste néanmoins sceptique face à cette ouverture.

Extraits des publications suivantes:
Diario Sur - Espagne, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Le Monde - France

Diario Sur - Espagne

"Le Pape ne souhaite pas que le latin soit une langue morte, peut-être pour démontrer que l'Eglise est bien vivante", ironise le quotidien espagnol. "La vie est un cercle qui tourne sans s'arrêter. Ce qui aujourd'hui est rejeté, sera accueilli demain à bras ouverts. Jean XXIII, un homme bon en plus d'être un bon Pape, a impulsé le concile Vatican II, et a modernisé certaines structures qui devenaient dépassées. En à peine cinq ans, il a fait connaître à l'Eglise catholique une des plus importantes transformations de son histoire. Aujourd'hui, 44 ans après sa mort, l'Eglise a besoin d'un autre changement. Celui de la messe en latin n'est rien de plus qu'une anecdote, même certains prêtres apprécient peu de célébrer dans la langue des romains, les mêmes qui ont persécuté les chrétiens. (...) Ce qui est sûr c'est que les messes en latin ne vont pas remplir les églises. Il faut autre chose pour attirer les gens dans les temples." (10.07.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Burkhard Müller se penche sur le rôle du latin dans la tradition de l'Eglise catholique. "Pourquoi l'Eglise devrait-elle renoncer totalement à la langue latine ? De mémoire d'homme, c'est la langue qui a joué le rôle le plus important dans l'histoire de l'Eglise. Ce serait un acte d'ingratitude stupide que de l'éliminer complètement. Et le fait qu'elle existe encore, même si elle demeure marginale, rappelle son unité au-delà des frontières historiques et nationales. Les croyants ne comprennent pas tous ce lien - et d'une certaine manière ils le perçoivent, comme une mélodie. Le latin flotte aujourd'hui à travers l'église à la manière d'un motif musical." (10.07.2007)

Le Monde - France

"Avec la publication, samedi 7 juillet, du motu proprio (décret) de Benoît XVI restaurant sous conditions l'ancien rite de l'Eglise, les rangs pour ou contre la messe en latin - plus de quarante ans après le concile Vatican II ! - risquent de se reformer en France", avertit Henri Tincq. "Un rite détermine toujours une vision de la religion et du monde. 'De la messe en latin, ils vont faire un drapeau', craignaient déjà les conseillers du pape Paul VI (1963-1978) en parlant des traditionalistes. (...) Personne ne reprochera au pape Benoît XVI de vouloir tenter de réintégrer ses 'brebis perdues', mais comment ne pas redouter qu'une fraction, même minoritaire, de traditionalistes - la 'Résistance catholique' - ne tente de reconquérir des positions de pouvoir à Rome, dans le clergé français et d'infléchir le meilleur des options catholiques des quarante dernières années?" (10.07.2007)

RÉFLEXIONS

Népszabadság - Hongrie

Eszter Babarczy décrit le paysage politique de la Hongrie

La gauche hongroise est réduite à néant, constate la sociologue Eszter Babarczy. "En Hongrie il n'existe pas de politique de gauche, seulement des discours de gauche - dans le camp conservateur. C'est très déconcertant. Dans toute l'Europe, les programmes de gauche et de droite dérapent vers le centre, les groupes cibles sont de moins en moins clairement définissables. (...) Dans le monde occidental, les programmes des partis ne se différencient plus que par les 'valeurs' et par quelques questions symboliques, comme l'avortement, la guerre en Irak, l'utilisation des symboles religieux dans les lieux publics. Chez nous, la politique utilise volontiers les symboles depuis le tournant [de 1989], mais ils servent plutôt à dissimuler les véritables événements politiques. Les symboles permettent de maintenir une tension émotionnelle, par exemple par des débats sur l'emplacement de la sainte couronne, les jours commémoratifs ou par des accusations mutuelles en ce qui concerne le communisme ou l'antisémitisme. En bref : on ne débat plus des idées au sujet du pays dans lequel nous voulons vivre, mais seulement des symboles." (07.07.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Efraim Zuroff dénonce le rôle de l'Europe de l'Est dans l'Holocauste

Efraim Zuroff, directeur du Centre Simon Wiesenthal à Jérusalem, évoque dans un entretien avec Johanna Adorján les difficultés à retrouver et à juger les derniers criminels nazis en vie. Il se montre très critique envers les pays d'Europe de l'Est pour leur rôle dans l'Holocauste : "l'Holocauste n'était pas une opposition des Allemands contre les Juifs. C'était une opposition de l'Europe contre les Juifs. Les nazis ont trouvé de l'aide dans tous les pays européens. Mais dans les pays de l'Ouest, du Sud et du Nord, la collaboration cessait dans les gares. Les Juifs n'ont pas été assassinés par les policiers néerlandais, ces derniers les ont seulement installés dans les trains. Ils ont été assassinés à l'Est. (...) En Lituanie, 98 % des Juifs ont été assassinés dans leurs villages d'origine. Il n'y a eu qu'un seul convoi vers Auschwitz. En Estonie, en Croatie ou en Ukraine, les Allemands ont trouvé beaucoup d'assassins volontaires. Naturellement, personne ne veut l'entendre dans ces pays. Je lutte pour la vérité historique." (10.07.2007)

POLITIQUE

Wprost Online - Pologne

La coalition gouvernementale de la Pologne est brisée

Le premier ministre et président du PiS [Parti Droit et justice] Jarosław Kaczynski s'est séparé du vice-Premier ministre et ministre de l'agriculture Andrzej Lepper, accusé de corruption. Sur ce, le parti paysan populiste de A. Lepper, Samoobrona, a mis fin à la coalition avec le PiS conservateur. Etant donné l'absence de majorité claire au Parlement, Jan Piński préconise des élections anticipées. "Le Premier ministre sait que des élections anticipées comporte le risque qu'il soit certes élu, mais qu'il n'ait plus de partenaire de coalition. Il est réaliste de penser que seuls trois partis - les libéraux de la plateforme civique PO, le parti au gouvernement PiS et les sociaux-démocrates du SLD - seront réélus. Le PiS passera très probablement dans l'opposition. Une telle construction présenterait des avantages pour Jarosław Kaczynski. Elle faciliterait la réélection de son frère [le président Lech Kaczynski]." (10.07.2007)

Sega - Bulgarie

Les réformes peuvent encore attendre en Bulgarie

Svetoslav Tersiev critique l'empressement à vouloir mener les réformes exigées par l'UE en Bulgarie. "Nous sommes soulagés : la présidence de l'Allemagne est terminée et celle du Portugal commence. Pour les Bulgares, cela signifie la fin du travail et le début des vacances. (...) Au Bundestag, [les parlementaires allemands] s'étaient prononcés en faveur d'une invitation des ministres bulgares à une séance extraordinaire, au cours de laquelle ils déclareraient qu'ils s'occuperaient sérieusement du crime organisé et de la corruption, qui ne connaissent plus de limites depuis longtemps. Toutefois, les invités n'ont encore jamais répondu. (...) Je le répète : la présidence allemande est terminée et le Portugal s'intéresse davantage au Brésil, à l'Afrique et à son ambitieuse stratégie de Lisbonne, afin de se rapprocher des Etats-Unis. Il a tout le soutien de la Bulgarie." (10.07.2007)

Libération - France

Plaidoyer pour une Union Euroméditerranéenne

Ali Bensaäd, enseignant chercheur au CNRS-Iremam, estime qu'étendre l'UE vers la Méditerranée est une chance pour l'Europe de renouer avec ses idéaux. "Pour relever le défi d'un espace humain méditerranéen, il est nécessaire que l'Europe redéfinisse avec ses partenaires de véritables utopies refondatrices capables de donner sens à des politiques du possible. La plus évidente de ces utopies serait l'élargissement de l'espace européen vers le Sud, par une conversion progressive de l'Union européenne en Union euroméditerranéenne. Cette perspective fait sans doute peur. (...) Ce serait pourtant la meilleure façon de conserver au projet européen la force et l'attrait de son caractère universaliste et de lui faire rencontrer un besoin de gouvernance de la 'planète des hommes', qui s'impose de plus en plus à l'échelle mondiale." (10.07.2007)

Dnevnik - Slovénie

Une union méditerranéenne pour consoler la Turquie ?

La proposition du président français Nicolas Sarkozy de créer une Union méditerranéenne est de nouveau d'actualité. Selon les critiques, elle pourrait constituer une petite consolation pour la Turquie, au cas où cette dernière ne pourrait pas intégrer l'Union européenne. Pour Bojana Rozic, "c'est une mauvaise nouvelle pour Ankara que Paris souhaite procéder cette année au vote sur les frontières de l'UE et donc sur l'adhésion de la Turquie - bien que la présidence portugaise ne soit pas très intéressée par le sujet. (...) Toutefois, si la France veut créer une alliance alternative comme une union méditerranéenne, l'UE devra prendre tôt ou tard une décision. C'est une question de temps avant qu'un véritable débat ait lieu. Au vu de la position hostile du Portugal, il n'est pas exclu que ce débat ne se tienne qu'au moment de la présidence slovène. Un tel débat interférerait avec les priorités de la Slovénie : l'élargissement de l'UE et le dialogue interculturel. Au lieu d'intégrer l'ouest de Balkans, notre pays devrait peut-être poursuivre le rapprochement avec la Turquie." (09.07.2007)

La Repubblica - Italie

Les services secrets italiens au centre d'un scandale

Giuseppe d'Avanzo réagit à la polémique sur les services secrets italiens, relancée la semaine dernière par le Conseil supérieur de la Magistrature, qui a accusé des membres du renseignement militaire d'avoir espionné des magistrats entre 2001 et 2003. Le journaliste explique l'attitude des services secrets par le fait que "l'Italie est un pays divisé. Notre démocratie, faite d'antagonismes, entre fascistes et antifascistes, entre communistes et anti communistes, a cristallisé la division en entraînant la disparition de l'intérêt national. (...) A cette époque du 'terrorisme islamiste', nos services retrouvent un but dans un scénario défini par la peur, qui est alimentée dans l'objectif de manipuler l'opinion publique. Où est donc la déviance ? Dans l'histoire de nos services secrets, on trouve une cohérence, qui consiste à faire un 'travail pourri', au creux d'une fracture qui divise le pays et dans une situation politique où les politiciens attaquent la légitimité des uns des autres." (10.07.2007)

ÉCONOMIE

Público - Portugal

Les risques de la politique budgétaire de Nicolas Sarkozy

Dans son éditorial, le quotidien revient sur la participation lundi 9 juillet de Nicolas Sarkozy à la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles. "Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre les ministres des Finances de la zone euro d'accepter sa proposition de ne pas tenir ses promesses de réduction du déficit faites par son pays. (...) C'est un bon signal car l'argumentation française était raisonnable : laissez-moi avoir aujourd'hui un déficit plus élevé parce que je veux diminuer les impôts afin de stimuler la croissance, puis je parviendrai à réaliser les réformes que l'UE exige de la France et j'équilibrerai le budget. (...) Mais c'est aussi un mauvais signal (...), car si Sarkozy devra prouver qu'il tiendra sa promesse, ses partenaires ne peuvent pas considérer cette décision comme un laisser-aller ouvert à tous. Les règles peuvent avoir des exceptions, mais les exceptions ne peuvent être la règle." (10.07.2007)

The Times - Royaume-Uni

La gestion du crédit bientôt enseignée en classe au Royaume-Uni

Libby Purves approuve les cours de 'bien-être économique et de capacité financière' qui seront bientôt introduit dans les cours de mathématiques au Royaume-Uni. "Le parti travailliste New Labour a passé dix ans à encourager massivement les crédits personnels, en alimentant une folie consommatrice pour doper l'économie, en enseignant aux jeunes qu'emprunter des dizaines de milliers de livres était cool, en rendant l'insolvabilité facile, en promouvant les loteries et les casinos, en facilitant tout pour les grandes fortunes et en pardonnant les dérives financières de ses amis. La déesse Prudence se relève, rugissante, des profondeurs pour abattre sa colère les étourdis. On apprendra aux adolescents ce que sont les taux d'intérêt, les hypothèques, les retraites, les impôts, la gestion de leur portefeuille. Ils feront à nouveau face à la dure réalité financière de la vie. (...) Nous avons laissé une illusion financière prospérer, et on paiera bientôt le prix pour avoir cru que l'argent poussait dans les arbres." (10.07.2007)

CULTURE

The Independent - Royaume-Uni

Rendre l'art contemporain plus accessible

"Pourquoi, alors que les arts sont une entreprise aussi lucrative, est-il impossible de gérer un musée sans de lourdes contributions publiques?", demande Philip Hensher dans sa chronique culturelle. Il souligne que les arts contemporains, qu'il juge 'inaccessibles', détiennent un monopole dans les galeries privées. "Il n'y a que pour les arts visuels que nous devrions reculer d'horreur à l'idée de tenir une exposition plus populaire. En général, on ne nous offre d'en voir que sous forme de copies. Qu'est-ce qu'il y aurait de si terrible à construire pour une fois un 'musée des arts populaires' ? (...) Bien sûr, les artistes qui y seraient exposés ne seraient pas du goût des esprits plus sophistiqués. (...) Exposer des artistes qui vivent de la vente de leur droit de reproduction ne ferait pas le moindre mal à mon avis." (10.07.2007)

COULEURS LOCALES

Romania Libera - Roumanie

Bucarest, une ville sans parcs

Depuis le tournant de 1989, les chantiers ont fleuri à Bucarest, au détriment de près d'un million d'arbres. Pour la première fois, des protestations se font entendre contre le projet d'un homme d'affaires de faire construire des gratte-ciel dans un parc. Nicolae Prelipceanu commente l'affaire : "vous souvenez-vous de la chanson : 'dans le jardin de Ion, tous les oiseaux dorment (...) ?' Et de la manière dont la population avait parodié la chanson pendant les temps difficiles ? 'Dans le jardin de Ion, le parti coule du béton.' Aujourd'hui, il n'y a plus qu'un seul, mais plusieurs partis, et c'est à qui coulera le plus de béton. Ils abattent des arbres et font disparaître les espaces verts à une telle vitesse que nous allons finir par oublier à quoi ressemble un pâturage, car rien ne compte à part l'argent. Voilà comment s'expliquent la passion du parti communiste pour le béton et le comportement des partis actuels. Derrière chaque brin d'herbe, chaque arbre, chaque fleur, ils flairent un paquet d'argent." (10.07.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Un pays, deux drapeaux

"La décision du gouvernement de garder la bannière tricolore comme drapeau national tout en légalisant le Roude Léiw [drapeau avec le motif du lion rouge] relève de l'art parfait du compromis", commente Laurent Moyse, alors que le gouvernement luxembourgeois a choisi vendredi 6 juillet de ne pas modifier le drapeau national. Une proposition de loi du député Michel Wolter, en octobre 2006 proposait de le remplacer par le Roude Léiw. "Les voix sceptiques estimant que le pays a des soucis plus pressants que de se chamailler sur l'emblème ou la couleur du drapeau n'ont pas entièrement tort (...). [Mais] il ne faut perdre de vue que le débat autour de la question du drapeau est significatif de l'évolution identitaire du Grand-Duché : les questions du drapeau tricolore et du Roude Léiw relèvent au moins autant de la symbolique mythique de la nation que de son contexte historique." (10.07.2007)

 

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