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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 12.07.2007

 

À LA UNE

L'UE contrainte de jouer le jeu libyen

L'UE contrainte de jouer le jeu libyen

 

Mercredi 11 juillet, la Cour suprême de Libye a confirmé la peine de mort prononcée contre les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien récemment naturalisé bulgare. Emprisonnés depuis 1999, ils sont accusés par la justice libyenne d'avoir inoculé volontairement le virus du sida à des enfants. Par ailleurs, un accord financier a été conclu entre la Fondation Kadhafi, qui représente les familles des victimes, et l'UE, pour une indemnisation, ce qui pourrait permettre de rapatrier les ressortissants bulgares à Sofia.

Extraits des publications suivantes:
Sega - Bulgarie, Der Standard - Autriche, La Vanguardia - Espagne, Postimees - Estonie

Sega - Bulgarie

Les Bulgares sont horrifiés par la confirmation de la condamnation à mort des cinq infirmières et du médecin. Il est reproché à la Bulgarie, mais également à l'UE, de ne pas avoir fait plus. Pour Svetoslav Tersiev, "la peine de mort a été prononcée en 2004 à Benghazi, alors que la Bulgarie ne faisait pas encore partie de l'UE. En 2007, la peine de mort a été confirmée à Tripoli, mais cette fois la Bulgarie est membre de l'UE. (...) Le fait que la diplomatie silencieuse n'ait pu aboutir à rien d'autre qu'à un consensus est un aveu d'impuissance. C'est également un aveu d'impuissance pour l'UE, qui travaille actuellement sur une Charte des droits de l'homme. Comment est-il possible de justifier la peine de mort alors même qu'elle est interdite en Europe et qu'elle a été prononcée en Libye sur la base d'aveux obtenus par la torture ?" (12.07.2007)

Der Standard - Autriche

Pour Astrid Frefel, "même si les exécutions n'ont pas lieu, le scandale du VIH de Benghazi nous en apprend beaucoup sur le despote libyen. Kadhafi a transformé six ressortissants étrangers en otages politiques. Ils ont été torturés et craignent en permanence pour leur vie. Il a abusé du système judiciaire pour cacher les insuffisances des hôpitaux de son pays. Il joue un jeu dangereux avec les Libyens en minimisant les dangers du VIH. Même sans armes de destruction massive, le colonel de Tripoli reste un dictateur et son peuple en subit les conséquences tous les jours." (12.07.2007)

La Vanguardia - Espagne

Dans une tribune publiée par plusieurs quotidiens européens, l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun appelle l'Europe à "sauver les otages en Libye". "La Libye voudrait appliquer à l'Europe sa manière étrange, datant d'un autre temps, de considérer la justice. (...) Nous sommes donc dans la logique de la tradition de ce pays qu'on appelle 'la dette du sang'. Cette tradition consiste à racheter son crime. (...) L'Europe ne devrait pas entrer dans cette logique archaïque et contraire à la justice et au droit. Seule une cour de justice indépendante et rationnelle est en droit de juger de la culpabilité ou de l'innocence de ces accusés. (...) Il faut que l'Europe refuse ces histoires de dette du sang ; si elle négocie avec la 'justice' libyenne, alors pourquoi se scandaliser quand elle négocie et refuse de l'admettre avec des terroristes preneurs d'otages en Irak, au Liban ou en Afghanistan ?" (12.07.2007)

Postimees - Estonie

Pour le journal estonien, l'affaire des infirmières bulgares révèle la mascarade de justice libyenne. "Le marchandage autour de l'argent et les expertises scientifiques qui prouvent l'innocence des accusés nuisent sérieusement à la crédibilité du tribunal libyen. En sa qualité de petit pays, la Bulgarie a du mal à faire entendre sa voix, mais sa position s'est clairement renforcée depuis son adhésion à l'UE en janvier 2007. Auparavant, on ne pouvait entendre que de timides témoignages de solidarité, mais aujourd'hui c'est la crédibilité de l'ensemble de l'UE qui est en jeu. La pression diplomatique de l'UE est-elle suffisante ? Il faudra attendre la décision des instances juridiques supérieures libyennes pour le savoir, en espérant que ce drame judiciaire prenne fin." (12.07.2007)

RÉFLEXIONS

International Herald Tribune - France

Richard Bulliet et le rôle des musulmans dans l'Histoire de l'Europe

Le professeur d'histoire américain Richard Bulliet croit qu'il faut réécrire l'histoire de l'Europe pour corriger le rôle donné aux musulmans. "La violence est l'aspect qui domine l'histoire des relations occidentales avec l'islam. On répète régulièrement que les armées musulmanes ont envahi une grande partie du territoire français en 732 avant d'être héroïquement arrêtées par Charles Martel à Tours et qu'une autre armée musulmane a assiégé Vienne en 1529 avant d'être chassée par le mauvais temps et des défenseurs héroïques. (...) A partir de ce genre d'épisodes, les idéologues d'aujourd'hui concoctent des mythes de l'hostilité sans fin et sans pitié entre l'islam et l'Occident. (...) L'Europe doit se saisir de son passé. Cela pourrait être fait par un comité transnational chargé de revoir tous les aspects de l'Histoire des musulmans, et aussi, de l'Europe." (12.07.2007)

Observator Cultural - Roumanie

Renate Weber et les limites du suffrage direct

Le chef d'Etat roumain Traian Basescu fait pression pour instaurer des élections législatives et présidentielle au suffrage direct en Roumanie. La juriste Renate Weber commente : "Les électeurs ont tort s'ils croient qu'un suffrage direct permettra de réformer la classe politique. Le problème n'est pas la manière dont les hommes politiques sont élus, mais plutôt celle dont ils doivent rendre des compte à leurs électeurs. (...) Penser que quelqu'un qui a été élu directement et non via la liste de son parti tiendra ses promesses me semble une idée simpliste et peu convaincante. La comparaison avec les pays qui votent au suffrage universel n'est pas pertinente, car là-bas la démocratie fonctionne déjà. (...) Chez nous, les partis fonctionnent sans programme, sans stratégie, sans règles. Ils ne savent pas ce que sont la discipline et la transparence. Pour la première fois, les partis devraient fonctionner par eux-mêmes - mais le suffrage direct ne les aidera en rien." (12.07.2007)

POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Brown suspend le développement de casinos géants

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a donné au Parlement mercredi 11 juillet un aperçu des politiques qu'engagera son gouvernement à l'automne. Le quotidien note dans son éditorial les distances prises avec des initiatives de son prédécesseur Tony Blair. Le plus surprenant est, aux yeux du quotidien, "la décision de Brown de remettre en question les plans de développement de casinos géants. L'idée folle de répandre le jeu a déjà causé bien des misères au gouvernement. (...) Les arguments en faveur de l'expansion à grande échelle des casinos ont toujours été minces et celui en faveur d'un réseau de casinos géants encore plus minces. Il est trop tard pour que Brown prenne tout à fait ses distances avec les nouvelles lois encadrant le jeu et les loteries, car il était trop impliqué dans la prise de décision initiale. Mais s'il empêche la construction des casinos géants, comme il semble vouloir le faire, il aura fait quelque chose pour atténuer les pires effets de la loi." (12.07.2007)

Sme - Slovaquie

Varsovie et Prague, deux pays alliés mais isolés dans l'UE

Le président tchèque Vaclav Haus est actuellement en visite à Varsovie. Le président polonais Lech Kaczynski a salué le soutien apporté par les Tchèques à son pays lors du dernier sommet européen par ces mots pathétiques : "Nous ne l'oublierons jamais !" Les deux présidents ont qualifié leurs relations bilatérales d'excellentes. Le journaliste tchèque Luboš Palata voit surtout un point commun entre Vaclav Klaus et les frères Kaczynski : ils sont complètement isolés au sein de l'UE. "Ces excellents rapports entre Prague et Varsovie sont un mythe. Les bons rapports entre des pays doivent reposer sur une toute autre base - le développement d'une UE forte auquel contribueraient la Pologne et la République tchèque. Les Tchèques et les Polonais reviendront à ces fondements solides - lorsque Vaclav Klaus n'ira plus à Varsovie et ne sera plus salué par les frères Kaczynski." (12.07.2007)

Dagbladet Information - Danemark

La lutte antiterroriste montre la vulnérabilité des démocraties

Les déclarations controversées du ministre allemand de l'Intérieur Wolfgang Schäuble sur le renforcement de la lutte antiterroriste n'ont rien à voir avec la politique intérieure allemande, écrit Brigitte Alfter. "Si l'on s'intéresse à ce qui se passe dans les autres pays, Wolfgang Schäuble n'est pas le seul à remettre en question les lois qui protègent la vie, la sécurité juridique et la sphère privée en temps de guerre comme de paix. Guantánamo prouve que le gouvernement américain actuel brouille les frontières entre les lois qui s'appliquent en temps de guerre et de paix. D'autres droits fondamentaux sont remis en question au nom de la lutte contre le terrorisme, comme l'interdiction de torture et de reconduite à la frontière lorsqu'il existe une menace de torture dans le pays d'origine. Peut-être que la déclaration du ministre n'était qu'un ballon d'essai pour tester les réactions. Mais quand un ministre influent du pays le plus puissant de l'UE se permet de lancer le débat sur le droit d'un Etat à assassiner des hommes et à les emprisonner sans jugement, cela nous montre clairement à quel point nos démocraties sont vulnérables." (12.07.2007)

Le Nouvel Observateur - France

Sarkozy au Maghreb, 'du Chirac dans le texte'

Christophe Boltanski critique l'attitude du nouveau président français au cours d'une tournée au Maghreb cette semaine, son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction. "Nicolas Sarkozy, qui jugeait la diplomatie française trop timorée envers les dictateurs, n'a pas attendu longtemps pour renouer avec les bonnes vieilles habitudes de son prédécesseur à l'Elysée. En visite mardi [10 juillet] à Tunis, il s'est bien gardé de critiquer son hôte, le président Zine el-Abdidine Ben Ali, sur le chapitre des libertés. Vantant le 'développement économique' de son pays, il note même des 'progrès' sur la voie de la démocratie. Presque du Chirac dans le texte. Qu'importe si les principales figures de la société civile tunisienne font le constat inverse. (...) En Tunisie, comme en Chine ou en Russie, Jacques Chirac ne disait pas autre chose : en matière de droits de l'Homme, mieux vaut faire passer des messages discrets que de critiquer haut et fort un régime. Une politique dont les dissidents de Pékin ou de Tunis attendent encore les effets bénéfiques." (11.07.2007)

To Vima - Grèce

Les socialistes français ont perdu leurs valeurs

La journaliste grecque Irini Moustaira, choquée par l'évolution du Parti socialiste français, a décidé d'écrire une lettre Melina Mercouri (1920-1994), ancienne ministre de la culture et emblème de la gauche des années 80. "Melina, ne te retourne pas dans ta tombe, mais réveille-toi pour voir ça. Ton ami de toujours, Jack Lang, claque la porte du PS. Cet homme de gauche, amoureux de la Grèce, avec qui tu partageais tes étés et ta vision de la culture européenne n'a plus de valeurs. Melina, si tu étais parmi nous, tu lui aurais tiré les oreilles. Approché par le gouvernement pour diriger une commission, il préfère jeter l'éponge plutôt que de donner un nouveau souffle au socialisme en France comme tu l'avais fait en Grèce. Melina, les Français font passer leur confort matériel et leur ego, bref leur pragmatisme, avant leur idéologie ! Melina, ne pleure pas, ton ami Jack a bien changé." (12.07.2007)

ÉCONOMIE

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Quelle libéralisation des services en Europe ?

"Dix jours après la date officielle de libéralisation du marché de l'énergie dans l'UE, les députés luxembourgeois ont adopté mercredi 11 juillet le projet de loi portant sur l'organisation du marché de l'électricité", rapporte l'éditorialiste Laurent Moyse. "La libéralisation des services avance à pas comptés en Europe, non sans résistance de la part des Etats membres, désireux de protéger leur marché là où la Commission craint des distorsions de concurrence. (...) La pratique montre que la libéralisation n'est pas une fin en soi, mais doit aboutir à un gain réel pour le consommateur. (...) L'ouverture des marchés doit donc être accompagnée d'une double autorité de contrôle : celle de la Commission pour s'assurer que les règles de la concurrence ne sont pas faussées et celle des Etats membres pour veiller à ce que l'ouverture des marchés ne pénalise pas certaines catégories de citoyens en raison de la spécificité de tel ou tel marché." (12.07.2007)

CULTURE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les 'Versets sataniques' dans une mosquée de Cologne ?

Le journaliste d'investigation allemand Günter Wallraff souhaite lire des extraits des 'Versets sataniques' de Salman Rushdie dans une mosquée de Cologne. Il explique dans une interview accordée au quotidien qu'il ne considère pas cela comme de la provocation, mais que cela correspond à sa devise 'Sois réaliste, exige l'impossible'. Sonja Zekri est irritée par "l'attitude hypocrite" du journaliste. "Le fait que des gens comme Wallraff ou Rupert Neudeck, fondateur de l'association qui vient à la rescousse des boat-people Cap Anamur, aient identifié l'immigration des musulmans comme un grand danger pour la liberté et la justice fait partie des absurdités du discours sur l'islam. Toutefois, le chantage de Wallraff, qui fait passer les exigences maximales pour de la complaisance, est un formidable exemple d'attitude hypocrite, de courage populiste gratuit, qui n'affronte pas l'esprit du temps, mais alimente les débats." (12.07.2007)

24 heures - Suisse

Les Suisses devront payer une redevance à l'achat de leur lecteur MP3

François Pilet s'indigne de la nouvelle redevance perçue au titre du droit d'auteur que les Suisses devront payer à partir de septembre à l'achat de lecteurs MP3. "A la fin du XXe siècle, on pleurait sur le triste sort des géants de l'industrie du disque dont les profits avaient été injustement balayés par 'le piratage'. (...) En quelques années, les choses ont bien changé. (...) Les artistes eux-mêmes jouent du double discours. Le dernier des gratteurs de guitare profite d'un accès à une audience mondiale en un clic de souris sans lâcher sa bière. Les grands groupes (...) gagnent des millions avec leurs hits vendus à la pièce. (...) Alléché par cette frénésie, c'est au tour du percepteur de réclamer son dû. Dès septembre, les Suisses payeront donc les droits d'auteur à double, à l'achat de la musique et de son support. (...) Rien de tel en effet pour encourager les internautes à hisser haut le pavillon à tête de mort sur l'océan sans limite du Net." (12.07.2007)

COULEURS LOCALES

Hufvudstadsbladet - Finlande

Querelle de panneaux entre l'Allemagne et le Danemark

L'Allemagne et le Danemark tentent de construire un pont sur le Fehmarn Belt, mais sont divisés par une querelle linguistique, rapporte Björn Mansson. Dans le land allemand du Schleswig-Holstein, les panneaux d'agglomération indiqueront bientôt les noms de lieux en danois, en frison et bas-allemand. Mais ce ne sera pas le cas dans le Jütland danois, où vit une minorité allemande. "Flensburg accueillera bientôt les visiteurs sous le nom de Flensborg. Il s'agit plus d'une question symbolique, de respect et de tolérance que d'une question pratique. Du côté danois, cette proposition suscite des protestations. Ainsi, Aabenraa, qui rassemble une grande partie de la minorité allemande, ne s'appellera pas Apenrade. Ce serait une provocation, car cela rappellerait l'occupation du Danemark par les nazis, affirment sérieusement certains commentateurs. Il semble que l'Allemagne soit plus tolérante que le Danemark - au moins pour cette fois." (12.07.2007)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Stoke-on-Trent, le paradis des fumeurs

Il existe un lieu en Angleterre où la législation récente sur l'interdiction de fumer n'est pas appliquée : Stoke-on-Trent. Le quotidien jette un regard humoristique sur la situation. "Le conseil municipal a complètement raté la mise en oeuvre de l'interdiction et les fumeurs peuvent continuer à tirer sur leur cigarette jusqu'au mois prochain. En conséquence, les fumeurs affluent vers la ville. Stoke a beaucoup d'atouts dont elle peut se vanter : ses poteries, Sir Stanley Matthews, Arnold Bennett et même Robbie Williams, qui a grandi ici. Mais ce n'est que maintenant que, grâce à son incompétence édifiante, elle a trouvé le moyen d'attirer les touristes - au moins pour les trois prochaines semaines. Ainsi, malgré tous ses charmes, elle n'abrite pas une des sept nouvelles Merveilles du monde, et elle pourrait tirer une leçon de tout cela : la municipalité devrait commettre davantage de ratages, avoir une dérogation permanente et devenir le premier parc à thème de la nicotine du monde." (12.07.2007)

 

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