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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.07.2007

 

À LA UNE

Tensions entre Londres et Moscou

Tensions entre Londres et Moscou

 

Le Royaume-Uni a expulsé quatre diplomates russes lundi 16 juillet. Cette expulsion fait suite au refus russe d'extrader Andreï Lougovoï, principal suspect dans le meurtre d'Alexandre Litvinenko, un ex-agent russe assassiné à Londres en novembre dernier.

Extraits des publications suivantes:
die tageszeitung - Allemagne, Le Figaro - France, The Daily Telegraph - Royaume-Uni, Der Standard - Autriche

die tageszeitung - Allemagne

Pour Ralf Sotscheck, l'expulsion des diplomates russes par le Royaume-Uni est une 'diplomatie de façade'. "Gordon Brown et son ministre des Affaires étrangères David Miliband doivent lancer un feu d'artifice d'initiatives au cours des cent premiers jours de leur mandat, pour bien marquer la rupture avec l'ère Blair. Mais l'expulsion des diplomates est un instrument dépassé. Comme l'a laissé entendre la Russie, la solution aurait été d'échanger Andreï Lougovoï contre le dissident russe Boris Berezovski, accusé de blanchiment d'argent, qui souhaite ardemment renverser le gouvernement russe. Les Britanniques refusent, avançant que Boris Berezovski ne bénéficierait pas d'un procès équitable à Moscou. Mais le Royaume-Uni lui réserve-t-il vraiment un procès équitable ? Car après tout, la récente histoire britannique regorge d'erreurs judiciaires." (18.07.2007)

Le Figaro - France

Pour Pierre Rousselin, "l'évolution est inquiétante. Il ne faudrait pas en exagérer la portée, en se référant constamment à la guerre froide, période très différente d'aujourd'hui. Il ne faudrait pas non plus se voiler la face, comme ce fut le cas lors du dernier sommet à Kennebunkport [le 1er juillet], aux États-Unis, où, entre deux parties de pêche, George W. Bush et Vladimir Poutine ont voulu montrer que leurs relations étaient encore excellentes. (...) La vérité n'est ni dans cet optimisme officiel devenu sans objet ni dans un alarmisme excessif. La Russie n'est plus le partenaire auquel on avait pu rêver. Elle n'est pas, non plus, l'ennemie qu'elle était pendant la guerre froide. Pour éviter qu'elle ne le redevienne, il faudrait remettre notre discours sur la Russie en accord avec la réalité, et, surtout, arrêter toute escalade irrémédiable." (18.07.2007)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

L'écrivain Alex Goldfrab, qui connaissait personnellement Litvinenko, estime que la façon dont Moscou gère cette affaire s'apparente à de la folie. "Bien qu'ils aient pratiquement été pris avec du sang sur les mains en train de commettre un acte de terrorisme nucléaire dans la capitale d'un de leurs alliés, les Russes ont choisi la confrontation. (...) La découverte, par des enquêteurs britanniques, de polonium 210 comme l'arme du crime a été un incident inattendu dans ce qui aurait été sinon un meurtre parfait. Et le Kremlin reste ferme. A ses yeux, le moindre signe de faiblesse mettrait en péril le pays et son système de pouvoir. (...) Dans ces conditions, le Royaume-Uni doit rester ferme et durcir son discours. Laisser le suspect s'en sortir serait perçu comme une faiblesse qui enhardirait le pseudo-Staline qui succédera à Poutine. Londres ne peut pas agir seul. Une action commune de l'Occident est nécessaire pour avoir un impact." (18.07.2007)

Der Standard - Autriche

Pour Christoph Prantner, aucun Etat ne devrait tolérer que le crime demeure impuni sur son territoire. "Cela vaut pour le Royaume-Uni et cela aurait également valu pour les Russes si le lieu du crime avait été Moscou et non Londres, et si la victime avait été un dissident du régime britannique. Au Royaume-Uni, les principes de l'Etat de droit et de l'équité judiciaire seront très certainement respectés. C'est moins sûr dans la Russie de Poutine. C'est pourquoi il est grand temps que l'UE cesse d'observer le conflit pour commencer à agir. L'affaire Litvinenko fait partie des cas dans lesquels il n'est plus question d'affaires ou d'intérêts, mais de principes. Même si les Britanniques mettent souvent des bâtons dans les roues de l'UE, ils ont mérité son soutien." (18.07.2007)

RÉFLEXIONS

Télérama - France

Patrick Bouchain donne sa vision du patrimoine architectural

Interviewé par Luc Le Chatelier, l'architecte français Patrick Bouchain explique sa vision du patrimoine. "Le patrimoine, c'est tout ce qui fait trace, raconte, ce sur quoi l'on s'appuie. Les cathédrales, les châteaux, mais aussi les usines et les cités. (...) Au lieu de mettre sous cloche les 'belles choses' désormais inutiles, mieux vaut les transformer pour qu'elles gardent une fonction. Cela se fait pour les palais et les monuments prestigieux, je voudrais qu'on y pense aussi pour le reste du bâti. Plutôt que de raser les usines et immeubles en béton des années 50, changeons leur affectation pour y créer des bureaux, des lieux de culture (...). Et s'ils doivent vraiment libérer le terrain, démontons-les pour récupérer des matériaux ou des éléments qui garderont la trace et serviront à construire à côté autre chose, sans nier le passé, comme le fait la destruction à l'explosif en vogue chez nos élus." (18.07.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

L'Europe leitmotiv des Balkans, selon Stefan Kornelius

Stefan Kornelius croit fermement à l'indépendance du Kosovo, au moment où les Etats-Unis et leurs alliés européens ont officiellement présenté mardi 17 juillet un projet de résolution sur l'avenir du Kosovo devant le Conseil de sécurité de l'Onu. "Le débat à propos du Kosovo n'est pas bloqué, il est soumis à sa propre dynamique, car après une quinzaine d'années de guerres séparatistes douloureuses, il semble qu'il touche à sa fin. C'est pourquoi l'indépendance est un stade essentiel, mais également temporaire. Temporaire, parce que la province du Kosovo a aussi peu de chances de prospérer que la Macédoine ou le Monténégro à long terme. La population prend lentement conscience qu'une région aussi divisée ethniquement et religieusement que les Balkans ne peut fonctionner qu'avec un leitmotiv commun. Ce leitmotiv, c'est l'Europe. Seule la perspective d'un rapprochement avec l'UE ou d'une adhésion apportera la stabilité." (18.07.2007)

La Vanguardia - Espagne

Arnold I. Davidson et le rôle de la philosophie dans la vie quotidienne

Dans un entretien mené par Oscar Caballero et Josep Massot, le philosophe américain Arnold I. Davidson considère que "la philosophie, en tant qu'exercice spirituel est une pratique sur soi-même, une action sur un moi qui change. (...) Cela implique une transformation, une tentative de relier l'éthique et la pratique sur soi-même. C'est une esthétique de l'existence, pour vivre une vie nouvelle et belle. (...) La philosophie doit entrer dans la vie quotidienne pour transformer tous ses aspects. (...) Les écrivains ont mieux compris cela que les philosophes. (...) Dans 'Si c'est un homme', Primo Levi expose que le concept du bien et du mal suppose toujours un contexte, mais dans un camp de concentration il n'y a pas de contexte évident, et en conséquence on doit imaginer le monde d'une autre façon. Primo Levi (...) nous montre le monde d'un autre point de vue. La philosophie doit réapprendre cette tâche en prenant exemple sur les romanciers, poètes, artistes, musiciens." (17.07.2007)

POLITIQUE

Hospodářské noviny - République tchèque

Un nouveau rideau de fer après l'élargissement de l'espace Schengen ?

Les ministres de l'Intérieur de l'UE ont récemment ouvert la voie à l'élargissement de l'espace Schengen à huit pays d'Europe centrale et orientale dès 2008. Certes, les citoyens des pays concernés auront une plus grande liberté de mouvement, mais il y a toutefois un hic, écrit Luboš Veselý. "L'année dernière déjà, les ministres avaient décidé d'augmenter la taxe sur les visas pour les ressortissants des Etats situés hors de l'espace Schengen [aux frontières extérieures de l'UE], la faisant passer de 35 à 60 euros. Pour ce prix, qui représente une partie considérable du revenu mensuel des ressortissants de ces pays, les touristes, étudiants ou entrepreneurs de l'ex-Union soviétique pourront entrer en Europe. Bien que l'Union explique qu'elle se sent concernée par le développement démocratique de ces pays et qu'elle veut les associer plus étroitement à l'Europe, son comportement est tout autre. Après l'élargissement de l'espace Schengen, on va assister à la création d'un nouveau rideau de fer." (18.07.2007)

Magyar Hírlap - Hongrie

La Russie exclut l'Estonie du sommet finno-ougrien

Jeudi 19 juillet, le Premier ministre hongrois Ferenc Gyurcsány va participer à un sommet finno-ougrien dans la petite ville russe de Saransk. Andrus Ansip, le Premier ministre estonien, n'a pas été invité par les Russes, bien que les Estoniens fassent également partie des Finno-ougriens. Gyula T. Máté commente l'affaire. "Ce sommet ne va pas du tout aborder les aspects qui intéressent les historiens, les ethnologues et les linguistes. Car le chef actuel du gouvernement hongrois se sent autant concerné par le passé et l'avenir finno-ougriens que Vladimir Poutine - c'est-à-dire pas du tout. En tenant l'Estonie à l'écart, la Russie veut démontrer qu'elle est en mesure d'isoler les Estoniens de leurs partenaires 'historiques'. (...) La Hongrie est économiquement dépendante de la Russie. La visite à Saransk va confronter la politique étrangère estonienne à un dilemme : comme se rapprocher de la Russie sans nuire à notre intégration euroatlantique ?" (18.07.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Pour une valorisation du manque d'ambition

La fondation Joseph Rowntree a émis un rapport mardi 17 juillet, qui met en évidence l'écart croissant entre les riches et les pauvres au Royaume-Uni. Deborah Orr affirme que les efforts pour améliorer la situation ont échoué en raison de l'attitude hostile vis-à-vis du 'manque d'ambition' reproché aux pauvres. "Je pense qu'il est peut-être temps de commencer à se demander si 'le manque d'ambition' peut être quelque chose que nous pouvons apprendre à accepter et même à apprécier. (...) Conservateurs et travaillistes méprisent 'le manque d'ambition' et cherchent à être répressifs vis-à-vis de ceux qui le revendiquent. Ces attitudes répressives (...) se manifestent dans l'idée que quitter l'école à 16 ans est si honteux que cela doit être interdit. (...) Pourtant nous réclamons que les gens qui 'manquent d'ambition' fassent des emplois de base, avec engagement et fierté, et sans se plaindre. Mais en même temps, nous sommes convaincus que le 'manque d'ambition' est le fléau de notre époque." (18.07.2007)

Upsala Nya Tidning - Suède

La Suède veut développer l'immigration économique

Le gouvernement suédois a présenté un projet visant à permettre aux employeurs suédois de recruter leur main-d'oeuvre dans le monde entier, avec la création d'une sorte de carte verte. Le journal trouve que c'est une bonne idée. "Cette immigration ne sera pas seulement bonne pour l'économie, elle va également permettre à l'intégration suédoise de faire un pas dans la bonne direction. La Suède a besoin d'immigrants bien formés. Cela va également renforcer la confiance en soi des immigrants moins qualifiés lorsqu'ils verront leurs compatriotes occuper des postes prestigieux. (...) Les Etats-Unis, qui ont depuis longtemps l'ambition d'attirer les travailleurs les plus qualifiés, servent de modèle. Aux Etats-Unis, le fait de parler avec un accent étranger ou de porter un nom à consonance étrangère n'est pas mal vu comme en Suède." (18.07.2007)

Postimees - Estonie

Différend autour de la Gay-Pride à Tallinn

Cette année, l'administration de Tallinn, la capitale estonienne, a interdit le passage de la parade de la Gay-Pride à travers la vieille ville, prévue le 11 août. Certains parlementaires européens ont promis aux organisateurs de les soutenir. Pour Priit Pullerits, c'est exagéré. "L'excentricité est le mot d'ordre de cette parade. Ainsi, il est tout à fait compréhensible que les activistes homosexuels n'apprécient pas de se cantonner dans la forêt ou au bord d'un lac, où ils peuvent être tous ensemble sans déranger les autres. Il s'agit ici d'afficher au grand jour son orientation sexuelle. Les préférences sexuelles sont une affaire personnelle, qu'il ne convient pas de jeter à la figure de ses concitoyens. Les organisateurs prétendent que la parade est nécessaire pour faire prendre conscience au public de l'existence des homosexuels. Néanmoins, je ne crois pas qu'aucun Estonien nie l'existence de l'homosexualité." (18.07.2007)

Le Soir - Belgique

Yves Leterme veut-il briser la solidarité belge ?

Yves Leterme, chef de file du parti des démocrates-chrétiens flamands (CDV), vainqueur des élections législatives du 10 juin, dirigera vraisemblablement le prochain gouvernement belge. Ses promesses faites au cours de la campagne électorale de donner plus de pouvoirs aux régions inquiètent Bénédicte Vaes. "Ne dites plus que [la Flandre, dont Leterme est actuellement ministre-président] veut scinder ou régionaliser. Dites qu'elle ambitionne de nous res-pon-sa-bi-li-ser. Un mot positif, très politiquement correct. Un mot dont on ne soupçonne pas qu'il puisse casser la solidarité. S'ils acceptent d'être financièrement responsables, Wallons et Bruxellois seront sommés d'être aussi efficaces que les Flamands. Sinon, ils encaisseront un malus. Leurs assurances sociales seront revues à la baisse. (...) Les clés de répartition ont toujours été le fort des Flamands. A chaque fois, on [Wallons et Bruxellois] se fait rouler." (18.07.2007)

ÉCONOMIE

Przegląd - Pologne

La Pologne doit s'inspirer du modèle économique finlandais

Selon Michal Penkala et Dawid Sześcilo, de l'université de Varsovie, les Polonais doivent suivre le modèle économique finlandais. "Le développement d'une économie qui s'appuie sur le savoir est la seule solution que l'on puisse sérieusement envisager. La Finlande est un bon exemple. Ce pays ne compte que 5,5 millions d'habitants, mais son économie se classe toujours au premier rang de la compétitivité. (...) Malheureusement, dans les débats sur le développement de la Pologne, impossible de trouver des projets s'inspirant des modèles scandinaves. Dans les milieux scientifiques, quelques voix se font entendre, mais leur influence sur la mentalité des élites politiques n'est que minime. D'autres craignent que ce modèle économique repose sur des fondements étatiques, voire socialistes." (16.07.2007)

CULTURE

El País - Espagne

L'art de l'affiche publicitaire

Agustí Fancelli a visité l'exposition sur les 'affiches publicitaires modernes' de la fin du XIXe siècle, du Musée national d'art de Catalogne, à Barcelone. Il rappelle qu'à l'époque "la publicité était de l'art. C'était un art qui attirait les artistes du moment car il permettait de quitter la pénombre des musées pour s'ouvrir à la lumière de la rue et parler à tous les citoyens sur un pied d'égalité, sans distinction de classe. La première publicité de masse a été considérée comme un occasion de mettre fin aux vieux clichés esthétiques et de s'aventurer pour la première fois dans les territoires inexplorées de la vie quotidienne. C'était une authentique révolution, difficile à imaginer aujourd'hui. (...) Santiago Rusiñol, Ramón Casas, Alphonse-Marie Mucha et Maxfield Parris ont ouvert la voie aux avant-gardistes : Andy Warhol est finalement l'héritier de ces visionnaires et pionniers." (18.07.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Le Moyen Age est à la mode

L'éditorialiste Laurent Moyse constate que "depuis quelques années, les fêtes médiévales se multiplient dans les localités luxembourgeoises, notamment en été. (...) On pourrait s'étonner de l'engouement croissant pour une ère historique souvent associée dans la conscience collective à une période sombre et barbare. (...) Il ne faut pas oublier que cette époque fut le berceau de la constitution ultérieure de nombre d'Etats-nations dont l'identité s'est cimentée tout au long de ces siècles et que divers traités entérinèrent par la suite. C'est en effet au Moyen Age que l'Europe occidentale prit conscience de sa singularité et qu'elle fut le champ d'importantes mutations économiques et sociales. Le fait que ces mutations étaient progressives (...) a pu donner l'impression que cette période ne fut que transition sans grand intérêt. Le 'retour aux sources' médiéval indique le contraire." (18.07.2007)

 

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