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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 27.07.2007

 

À LA UNE

Les risques de la coopération franco-libyenne

Les risques de la coopération franco-libyenne

 

Au lendemain de la libération des soignants bulgares retenus en Libye, le président français Nicolas Sarkozy s'est rendu à Tripoli où il a rencontré le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Les deux chefs d'Etats se sont entendus mercredi 25 juillet sur la fourniture à la Libye par la France d'un réacteur nucléaire pour dessaler de l'eau de mer. Quelles sont les chances de succès de ce rapprochement ?

Extraits des publications suivantes:
La Tribune - France, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Le Soir - Belgique, Gândul - Roumanie

La Tribune - France

L'éditorialiste Pascal Aubert émet quelques objections à cet accord. "Notre plaisir serait entier sans cette petite gêne qui nous étreint lorsqu'on rapproche le nom de Kadhafi et le mot nucléaire. Certes, le dirigeant libyen a donné des gages en renonçant à tout usage du nucléaire à des fins militaires. (...) Et la collaboration exemplaire de la Libye avec les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique depuis 2003 est un élément rassurant. Mais, d'un autre côté, il est difficile d'oublier que le chef de l'État libyen est un personnage fantasque au comportement imprévisible. Son passé chargé justifie tout de même qu'on n'en fasse pas du jour au lendemain un enfant de chœur." (27.07.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Jeanne Rubner critique l'attitude du président français. "L'incursion de Sarkozy dans le système de chantage libyen est tout sauf une prouesse diplomatique. La conclusion d'un accord nucléaire avec Kadhafi s'inscrit dans la tradition française qui consiste à vendre des réacteurs nucléaires dans le monde entier. Or, la Libye est encore une dictature - même si le pays est signataire du traité de non-prolifération des armes nucléaires. Certes, lorsqu'un pays a d'étroites relations avec l'Afrique du Nord, le chef d'Etat doit légitimement les entretenir - en concertation avec le reste de l'Europe. Le court-circuitage de l'UE dans l'affaire des otages témoigne toutefois d'un manque de tact. Désireux d'attirer l'attention, le couple présidentiel Sarkozy s'est mis en scène alors que d'autres responsables politiques européens avaient déjà négocié en silence, au terme d'un long travail, les conditions d'ouverture des geôles libyennes. Un résultat que seule la persévérance pouvait obtenir." (27.07.2007)

Le Soir - Belgique

"Le développement aura raison du régime Kadhafi", estime Alain Lallemand, qui croit que les nouvelles relations économiques engagées avec Tripoli sont une riposte au régime du numéro un libyen. "Au minimum, nous attendons de la Libye qu'elle participe à l'entretien des intérêts communs (l'immigration, soit, mais aussi le trafic de cocaïne entre Tripoli et Zaventem) comme de bons voisins s'entendent à tailler leur haie. Mais l'Union ne peut en rester là. (...) La riposte aujourd'hui engagée est notre arme la plus forte, une sorte de bombe pénétrante à sous-munitions : lâcher les chiens du libéralisme, forcer la généralisation d'un confort - entre autres médical - aujourd'hui réservé à la caste du 'guide', cela revient à terme à retourner le peuple de Libye contre son dictateur. Bref, lui pourrir sa 'Jamahiriya', enfin dissoute dans une politique européenne globalisante." (27.07.2007)

Gândul - Roumanie

Andreea Bratosin s'étonne de la visite de Nicolas Sarkozy à Tripoli. "Chaleureuses poignées de main mercredi à Tripoli entre Nicolas Sarkozy et le chef de l'Etat libyen Kadhafi, premier allié de Nicolae Ceausescu dans la 'lutte contre l'impérialisme'. Des grandes phrases sur le retour de la Libye au sein de la communauté internationale, la perspective d'une coopération avec l'UE, une adhésion envisageable à l'Union de la Méditerranée. Kadhafi, ancien 'chef du terrorisme', 'membre de l'axe du mal' - ainsi qu'il a longtemps été nommé du côté américain comme européen - le Ben Laden des années 1970, arborait un large sourire, conscient de sa victoire. Il faut dire qu'elle ne lui aura pas coûté cher. Il lui aura suffi de vendre les infirmières bulgares." (27.07.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Dubravka Ugresić et l'ère de la nouvelle ignorance

L'écrivain croate Dubravka Ugresić regrette que "toute la culture de l'ère communiste en Europe de l'Est" soit oubliée. "Le meilleur de cette culture vivace est né du rejet du communisme, de la pensée critique, de la subversion (...). Tout cela a malheureusement disparu, taxé sans pitié de culture 'communiste'. La raison de cet effacement réside en grande partie dans la mondialisation. La culture globale s'inscrit avant tout dans un marché global. Or, le marché mondial, comme tout autre marché, est régi par la loi du plus fort. A cela s'ajoute un réflexe présent en chacun de nous, la peur de l'exclusion. De ce réflexe nous poussant à la consommation naît le marché (...). Et quand bien même je m'y oppose, le marché saura satisfaire ma position protestataire. (...). Nous vivons dans une époque d'information et de marché mondialisé, mais c'est aussi l'époque de la nouvelle ignorance et de la nouvelle barbarie". (27.07.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Tanja Dueckers et l'illusion de liberté sur Internet

Pour l'écrivain Tanja Dückers, les projets participatifs sur Internet, comme les sondages en ligne, ne constituent pas une avancée démocratique. "Cette frénésie de l'évaluation et du vote nous fait croire que nous avons une influence personnelle sur la marche du monde. Or, pendant que nous nous défoulons sur tous les forums possibles et imaginables, nous sommes surveillés par un nombre croissant de caméras, on compile nos données biométriques, des avions Tornado survolent les manifestations, et l'Allemagne devient en passant le pays d'Europe dans lequel les enfants d'ouvriers ont les plus faibles chances de réussite - voilà pour nos libertés individuelles. Nous nous pensons libres parce que nous pouvons évaluer un vendeur d'Ebay, et nous sommes tout heureux d'avoir plusieurs étoiles. Nous nous occupons de notre personne pendant que d'autres décident du destin de notre pays." (27.07.2007)

POLITIQUE

I Kathimerini - Grèce

La Grèce face aux incendies

Nikos Konstandaras déplore la réaction du gouvernement grec et de l'opposition face aux feux qui dévastent la Grèce. "Assis sur les cendres encore fumantes de ce qui fut autrefois une forêt, écrasés sous le poids de la mort de sept personnes qui luttaient contre le feu, le gouvernement et l'opposition ont eu recours à leurs habituels combats de coqs. Les conservateurs se pressent de rappeler aux électeurs du PASOK [mouvement socialiste panhellénique] les péchés passés du parti, comme si cela compensait d'une quelconque manière les oublis et les erreurs d'aujourd'hui. (...) L'inquiétude du gouvernement et de l'opposition montre qu'ils commencent à réaliser que les électeurs voient maintenant l'environnement comme une question centrale. Mais leur comportement indique qu'ils restent esclaves du conflit, ce qui empêche de résoudre les problèmes. Sur tous les sujets clé, chaque côté préfère se rentrer dedans plutôt que d'oeuvrer au bien du pays." (25.07.2007)

Woxx - Luxembourg

L'Etat doit-il financer les cultes ?

L'Etat luxembourgeois va signer une convention avec les représentants du Culte musulman, qui permettra le financement par l'Etat des salaires d'un mufti, de cinq imams et d'un secrétaire. David Wagner critique le financement public des cultes. "Evidemment, si les prêtres catholiques ou les rabbins peuvent jouir de la manne des contribuables (...), pourquoi pas les imams ? Mais le traitement égalitaire des religions pourrait être vu sous un autre angle : l'Etat ne donne rien et les communautés religieuses s'autofinancent. Après tout, pourquoi maintenir en vie artificiellement une religion qui ne trouve plus assez de fidèles pour payer l'aumône ? Cette solution n'aggraverait certainement en rien les tensions communautaires, mais serait bien plus économique et respectueuse des contribuables athées du Luxembourg, dont certains sont certainement las de financer toutes sortes de cultes." (26.07.2007)

Népszabadság - Hongrie

Les Etats-Unis ont abandonné l'Europe de l'Est

Dans un discours prononcé devant la Commission extérieure du Congrès américain, l'homme politique américain d'origine hongroise Tom Lantos explique que les Etats-Unis ont délaissé l'Europe de l'Est au cours des dernières années, l'abandonnant ainsi à l'influence de la Russie. Avec à la clé, selon lui, une montée du populisme, de l'antisémitisme et de l'antiaméricanisme dans la région. Endre Aczél ajoute. "Les Américains ne veulent pas savoir si les mutations se sont bien passées en Europe de l'Est. Ce qui les intéresse, c'est de savoir dans quel camp les Européens de l'Est se reconnaissent. En somme, les habitants de cette zone doivent dire oui au bouclier antimissile américain et non à Gazprom. Nous sommes poussés toujours plus avant dans des schémas issus de l'époque où nous étions encore des Etats satellitaires de l'Union soviétique." (27.07.2007)

Le Monde - France

L'Europe de demain sera une rencontre de gouvernements nationaux

"Les Vingt-Sept viennent de lancer lundi 23 juillet, à Bruxelles, l'ultime phase de négociation avant l'adoption du traité appelé à se substituer à la défunte Constitution européenne. (…) Quelle sera la forme de l'Europe future une fois les réformes institutionnelles terminées ?", s'interroge le chroniqueur en affaires européennes, Thomas Ferenczi. Pour lui, le scénario "le plus réaliste" consiste en "la continuation de l'Europe dite fonctionnelle, qui avance par 'des réalisations concrètes', selon la formule de Robert Schuman. L'énergie, la recherche, la lutte contre le changement climatique sont les priorités de demain. Toutefois, ces nouvelles politiques, à la différence des anciennes, relèveront plutôt d'une démarche intergouvernementale que d'une logique fédérale." (27.07.2007)

MÉDIAS

Le Temps - Suisse

La presse financière doit préserver son indépendance

Jean-Claude Péclet revient dans son éditorial sur l'offre d'achat lancé par Rupert Murdoch sur le Wall Street Journal, un quotidien "capable de défendre bec et ongles les banques d'affaires en éditorial et de publier une enquête dévastatrice sur les délits d'initiés dans une autre page du journal L'erreur serait de transformer ce savoir-faire en pur marketing. Avec Rupert Murdoch, le danger est faible. On peut ne pas goûter sa brutalité, ses révérences pour les gens de pouvoir, mais c'est un homme du métier dont la perspicacité tempère l'ego. On n'en dira pas autant des capitaines d'industrie français qui mènent depuis des semaines une danse du scalp autour des journaux économiques Les Echos et La Tribune. Ici, l'ego et les accointances hexagonales triomphent sur la vision à long terme. Résultat prévisible, la francophonie sera, demain, encore plus colonisée qu'aujourd'hui dans le domaine stratégique de l'information économique." (27.07.2007)

CULTURE

Rzeczpospolita - Pologne

Les oeuvres d'art volées continuent à diviser Berlin et Varsovie

Depuis 1992, l'Allemagne et la Pologne négocient le rapatriement de part et d'autre de nombreux biens culturels saisis pendant la seconde guerre mondiale. Dans une interview, l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères, Władysław Bartoszewski, s'indigne d'un article publié hier dans le 'Frankfurter Allgemeine Zeitung' sous le titre 'Les derniers prisonniers de guerre allemands'. "C'est une histoire particulièrement fâcheuse. Je me suis moi-même occupé de ce dossier. Si les négociations ont échoué, ce n'a pas été la faute de la Pologne, mais du gouvernement allemand, alors rouge-vert. Nous avons sauvé de nombreux éléments du patrimoine allemand de la destruction ou du vol par l'Armée rouge. Nous les avons ensuite restaurés pendant de longues années et nous nous sommes occupés des documents et des livres. L'article est encore plus inconvenant quand l'on songe que les Allemands eux-mêmes n'ont pas restitué les oeuvres qu'ils ont volées en Pologne." (27.07.2007)

The Independent - Royaume-Uni

Les remakes sont-ils un genre en soi ?

Le critique de film Geoffrey Macnab analyse la multiplication des remakes au cinéma. "Le classique Sidney Lumet '12 hommes en colère' (1957), 'Le limier' de Joseph L Mankiewicz (1972), '3H10 pour Yuma' (1957) et 'Hairspray' de John Waters (1988) ne sont que quelques uns des films qui viennent d'être remis en scène pour des audiences contemporaines. '12 hommes en colère' vient d'être refait à la sauce russe. Le film original, qui raconte l'histoire de 12 jurés new-yorkais qui doivent décider de la culpabilité d'un homme pendant le jour le plus chaud de l'année, semble être la quintessence du cinéma américain. (...) Néanmoins, le réalisateur russe anti-conformiste Nikita Mikhalhov a refait à sa manière ce film avec des acteurs russes et un accusé tchétchène. (...) Ce qu'il y a de rafraîchissant dans ces remakes (...) est que les réalisateurs n'y voient pas qu'un moyen de faire de l'argent en plagiant et en faisant un pastiche, mais, parfois, une occasion pour faire un travail neuf et original." (27.07.2007)

Der Standard - Autriche

Baptême du feu pour Katharina Wagner à Bayreuth

Katharina Wagner, arrière-petite-fille du compositeur Richard Wagner, vient de signer sa première mise en scène au Festival de Bayreuth. La première était très attendue, Katharina Wagner étant pressentie pour prendre la succession de son père, Wolfgang Wagner, à la tête de l'événement. Ljubisa Tosic est sortie charmée de la mise en scène des 'Maîtres chanteurs de Nuremberg'. "Katharina, condamnée à la course à la succession, aurait pu façonner, en raison des relations du clan Wagner, un opéra concept. Elle a toutefois préféré, et bien lui en a pris, prendre au sérieux cette oeuvre pour en faire un discours sur la tradition et la modernité, et aborder l'histoire difficile de cet opéra, le préféré de Hitler. Elle a marqué des points dans la lutte pour la succession." (27.07.2007)

COULEURS LOCALES

Evenimentul Zilei - Roumanie

La Roumanie a aussi ses 7 merveilles

Pourquoi la Roumanie ne compterait-elle pas, elle aussi, sept merveilles du monde ? Le journal en suggère 25, pour lesquelles il est désormais possible de voter. Parmi sa sélection se trouvent des monuments, tels l'église noire de Brasov, édifiée par les colons allemands, ou le 'château de Dracula', à Bran. "Les Français ont la Tour Eiffel, les Américains la Statue de la Liberté, les Chinois la Grande Muraille et les Russes le Kremlin. L'image d'un pays s'exprime par de tels symboles. Comment représenter la Roumanie ? Chacun de nous chérit un coin de pays duquel il est fier, comme les monastères enchanteurs de Moldavie et leurs fresques murales au Nord de Bucovine. On ne peut pas non plus passer à côté du palais royal de Peles, ni de Sibiu, ou de la vieille ville de Sighisoara, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Et il n'est probablement pas un Roumain qui ne possède une photo de lui devant le casino de Constanta, ville portuaire. Laissez-nous élire les sept merveilles de Roumanie." (27.07.2007)

La Repubblica - Italie

Des missionnaires catholiques dans Second Life ?

Gabriele Romagnoli revient sur la proposition du magazine jésuite 'Civiltà Cattolica' d'envoyer des missionnaires dans l'univers virtuel de Second Life. "Au bout du compte, c'est une conjugaison naturelle du verbe prêcher, adaptée à l'esprit du temps. (...) Si Dieu est omniprésent, pourquoi ne devrait pas l'être ceux qui agissent ici-bas en son nom ? (...). Pourtant, pour nous, qui ne sommes pas hommes de foi, il y a quelque chose qui cloche. Qu'est-ce ? Que le nouveau puisse cohabiter avec l'ancien, le Web avec le 'verbum', est un signe d'ouverture d'esprit (...). C'est un blasphème, mais l'avatar est la chose qui ressemble le plus à l'âme. (...) Ce qui nous dérange est le mot 'missionnaire' : il évoque quelqu'un comme mère Teresa. (...). Peut-être qu'il ne faut pas forcément traverser un continent pour prêcher, mais au moins une rue. Un clic, ce n'est pas vraiment un sacrifice." (27.07.2007)

 

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