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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 30.07.2007

 

À LA UNE

Déluge et canicule sur l'Europe

Déluge et canicule sur l'Europe

 

Cet été, l'Europe subit canicule et feux de forêt au sud, inondations au nord. Pour la presse européenne, il s'agit là d'un signe manifeste du réchauffement climatique. Comment gérer ces conditions météorologiques extrêmes ?

Extraits des publications suivantes:
Népszabadság - Hongrie, Gândul - Roumanie, Vasabladet - Finlande, The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Népszabadság - Hongrie

La Hongrie a été très durement touchée par la canicule qui règne actuellement en Europe du Sud-Est : 500 personnes sont mortes en l'espace d'une semaine, sous l'effet d'une température record de 42 degrés celsius à l'ombre. Le physicien hongrois Miklós Zágoni reproche aux journalistes locaux de tenter de rassurer la population en lui faisant croire que cette vague de chaleur n'est pas une conséquence du réchauffement climatique. "En Hongrie, le dernier record de chaleur remonte à 1904, et il a été battu de plus de 2,5 degrés la semaine dernière. Un journal a écrit 'qu'on n'avait pas connu une telle chaleur depuis cent ans'. Mais cela ne signifie pas qu'il y a un siècle, on atteignait de telles températures plus souvent qu'aujourd'hui. (...) Quand des records sportifs sont trop souvent battus, on pense tout de suite au dopage. La substance dopante du climat se nomme dioxyde de carbone, et il est certain qu'il n'y a jamais eu autant de CO2 dans l'atmosphère depuis un million d'années." (30.07.2007)

Gândul - Roumanie

La semaine dernière, les records de chaleur ont poussé le gouvernement roumain à déclarer l'état d'urgence dans plusieurs régions de Roumanie. Au cours des dernières semaines, la température a atteint jusqu'à 41 degrés celsius. Plus de 30 personnes sont mortes jusqu'à présent, et plus de 10 000 autres ont dû être hospitalisées. Selon Adrian Cercelescu, "les climatiseurs battent tous les records de vente, les citadins boivent plus d'eau que ne peuvent en fournir les supermarchés, et les agriculteurs creusent à la recherche d'eau comme s'ils foraient à la recherche de pétrole. (...) Que va devenir notre agriculture si 60 % des cultures sont déjà perdues, et qu'elles pourraient même l'être intégralement ? Il existe deux solutions : soit changer de technologie, soit passer aux kiwis et aux bananes. (...) Mais non, renonçons tout simplement à l'agriculture et occupons-nous sérieusement du tourisme ! Laissons tomber la houe, mettons-nous un chapeau sur la tête conformément aux recommandations du ministre de la Santé, et filons au bord de la mer." (30.07.2007)

Vasabladet - Finlande

Selon Dennis Rundt, les inondations au Royaume-Uni et en Suède ne sont pas dues au hasard mais sont une conséquence du réchauffement terrestre. Les violentes précipitations au nord et la chaleur au sud concordent avec les prévisions des climatologues. "On a d'abord affirmé que le Nord de l'Europe pourrait tirer parti d'un climat plus chaud, notamment par un meilleur rendement de l'économie forestière. Mais il semble aujourd'hui que les aspects négatifs sont prépondérants. Au Royaume-Uni, les inondations ont déjà coûté plus de 2,5 milliards de livres [environ 3,7 milliards d'euros], et à terme la chaleur en Europe du Sud pourrait entraîner des mouvements de population vers le nord. Les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement climatique, doivent donc être réduites. En même temps, nous devons nous préparer aux conséquences de ces changements." (30.07.2007)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Le quotidien considère que le gouvernement et son agence de l'Environnement semi-indépendante auraient pu mieux anticiper les inondations qui ont dévasté de larges parties du Royaume-Uni la semaine dernière. "Des fuites ce week-end ont révélé que tout au long de 2006 et 2007 l'agence a averti que les digues étaient inadaptées - mais il n'y avait pas vraiment de sentiment d'urgence dans son dialogue avec les ministres. En vérité, David Miliband, qui était alors secrétaire à l'Environnement, était si indifférent aux alertes qu'il a décidé une coupe de 14 millions de livres [20 millions d'euros] dans le budget de l'agence. Celle-ci a répondu en envoyant une lettre à M. Miliband pour 'exprimer son inquiétude'. La prévention des désastres a atteint ici un degré d'indifférence des plus dangereux et elle contraste avec les efforts héroïques de ceux qui ont dû faire face aux inondations." (30.07.2007)

RÉFLEXIONS

El País - Espagne

Adam Michnik redoute une dérive autoritaire en Pologne

Adam Michnik, ancien dissident polonais et directeur de publication du quotidien 'Gazeta Wyborcza', s'en prend durement au pouvoir polonais. "La Pologne est devenue un pays qui tend vers un régime autoritaire, au sein duquel les institutions démocratiques, vidées de leur substance et de leur contenu, ne serviraient plus que de décoration. Je ne veux pas dire que le Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, l'homme fort de Pologne, soit un fasciste ou un communiste. (...) Ce qu'il cherche, c'est l'implantation d'un régime gouvernemental très personnel. Il a fort bien réussi puisqu'aucun chef de gouvernement dans la Pologne démocratique n'a jamais eu autant de pouvoir que lui. Et il utilise cet énorme pouvoir pour transformer le régime de la Pologne et pour modifier sa politique étrangère." (29.07.2007)

Élet és Irodalom - Hongrie

Gábor Schein et le post-colonialisme en Europe de l'Est

L'écrivain hongrois Gábor Schein compare la situation des pays d'Europe centrale et orientale à celle des anciennes colonies du tiers-monde. "De 1541 à 1989, la Hongrie a été une colonie, ou plutôt une semi-colonie, malgré de courtes périodes d'indépendance." Et tout comme les anciennes colonies du tiers-monde ont déchanté une fois leur indépendance obtenue, les espoirs des pays d'Europe centrale et orientale "de devenir enfin des Etats souverains, de voir leur économie se développer rapidement, leur culture prendre un nouvel essor et d'être moins dépendants économiquement, malgré l'influence persistante de l'Occident, ont été déçus après 1989. Conséquences de cette déception, une nostalgie de la domination des maîtres coloniaux et des instigateurs charismatiques du changement, ainsi qu'un sentiment d'insécurité, d'insatisfaction. (...) mais surtout la prise de conscience frustrante que le monde est bien plus complexe que ce que l'on croyait à l'époque coloniale." (27.07.2007)

Libération - France

Rudy Ricciotti et la notion d'identité dans l'architecture

L'architecte français Rudy Ricciotti évoque, dans une interview menée par Anne-Marie Fevre, son engagement pour que l'architecture s'inscrive dans l'histoire des lieux. "Il faut revenir à la notion de contexte d'une commande, refonder un territoire donné qui est économique, juridique, social, culturel. Avec la globalisation, à force de dire que l'identité n'existe plus, nous irons vers un nivellement par le bas. Si je me bats, c'est que j'ai peur de toutes ces horreurs plastiques partout, peur que l'on perde la mémoire. (...) L'écriture de l'architecture est toujours confrontée à toutes les difficultés car il faut faire ... toujours. L'utopie est absurde, elle ne fait plus sens, seule la transformation du réel est critique et révolutionnaire, cette transformation du réel produit du travail et la culture du travail produit la cohésion sociale, il faut commencer par là si l'architecte veut rencontrer la question politique." (28.07.2007)

POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La politique étrangère commune n'est pas à l'ordre du jour en Europe

Martin Winter critique l'individualisme de certains Etats membres, qui fait obstacle à une politique étrangère commune de l'UE. "L'UE avait autrefois la volonté de travailler aux côtés des très grands, les Etats-Unis et la Russie, afin de rétablir un semblant de paix dans le monde. Toutefois il n'en sera rien tant que l'individualisme sera à l'ordre du jour. Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner affaiblit l'influence de l'Europe au Proche-Orient en faisant faire un volte-face à la politique européenne en Palestine sans l'appui des autres Etats membres ; la Pologne et la République tchèque décrédibilisent la politique étrangère et de sécurité commune de l'UE en négociant des accords avec les Etats-Unis dans le dos de leurs partenaires européens, en ce qui concerne le projet de bouclier antimissiles. Dans l'affaire du Kosovo, plusieurs pays de l'UE se rangent du côté des Etats-Unis, empêchant les Européens de s'exprimer d'une seule voix et d'avoir ainsi du poids à la table des négociations. Par ailleurs, la proposition unilatérale de la France de créer une union méditerranéenne fait régner la confusion au sein de l'UE comme à l'extérieur." (30.07.2007)

ABC - Espagne

Le repli des Européens sur eux-mêmes

L'analyste néo-conservateur américain Bill Kristol, directeur de l'hebdomadaire 'Weekly Standard', examine dans une interview réalisée par Ramón Pérez-Maura les relations entre les Etats-Unis et l'UE. "La question est de savoir si les nations européennes sont en train de repenser leurs politiques. Si elles ont compris que le monde n'est pas comme elles pensaient qu'il allait être. Et la réponse semble être oui à la lumière des victoires de Merkel ou Sarkozy. Il y a beaucoup moins d'auto-complaisance en Europe au sujet du multiculturalisme, de la fin de l'histoire, du déclin du rôle des religions. (...) Pour un Nord-Américain comme moi, il est impressionnant de constater comment l'Europe s'est repliée sur elle-même. Le cliché classique est que les Européens sont mondialisateurs et les Américains isolationnistes. Mais en vérité, le contraire se produit aujourd'hui." (30.07.2007)

Dziennik - Pologne

Le bilan positif de la politique étrangère polonaise

Michal Karnowski rend hommage au gouvernement du Premier ministre Jaroslaw Kaczyński, qui mène sa politique étrangère avec bien plus d'assurance que son prédécesseur. "Je suis d'avis que la Pologne a atteint un niveau de prospérité et de développement digne de l'Europe et a achevé son intégration à l'UE. Cela a modifié les règles de la politique étrangère polonaise. Un ex-pays communiste candidat à l'adhésion ne se comporte pas de la même façon qu'un autre membre qui est sur un pied d'égalité avec le reste de l'Europe. Le ton assez ferme de la ministre des Affaires étrangères, Anna Fotyga, va certainement s'adoucir à l'avenir, mais il n'y aura pas de retour à une politique d'abnégation. Les intérêts nationaux font bel et bien partie du langage de la diplomatie polonaise, tout comme en France ou en Allemagne." (30.07.2007)

La Stampa - Italie

Prodi favorise le retour de Berlusconi

Selon Luca Ridolfi, "le principal résultat politique du gouvernement Prodi est de rendre toujours plus probable le retour de Berlusconi. (...) L'Unione [la coalition de gauche au pouvoir] a démontré qu'elle ne pouvait pas moderniser l'Italie. Cependant, un simple retour du 'Cavaliere' ne permettra pas d'accomplir les réformes que l'Italie attend depuis quinze ans. (...) C'est bien cela, et non la faiblesse du gouvernement Prodi, le vrai problème politique italien. Mais y a-t-il une alternative ? C'est le moment pour les deux leaders, Prodi et Berlusconi, de céder la place aux jeunes, et de voir ainsi naître un parti du mérite, une force politique réformiste et moderne, pas enfermée dans une idéologie de droite ou de gauche. (...) Il faudrait analyser l'histoire des quinze dernières années comme une période où les réformistes des deux coalitions politiques ont été otages de leurs ailes radicales respectives, ce qui a empêché toute initiative." (30.07.2007)

The Malta Independent - Malte

Comment se porte la démocratie maltaise ?

"En regardant en arrière, l'aventure démocratique maltaise depuis l'indépendance [1964] a ses hauts et ses bas", note le journaliste J.G. Vassallo. "Du côté positif, il y a eu une vague de réformes sociales et une amélioration générale de la condition de l'électeur moyen. Il n'y a pas de petite réussite quand on considère que nous devions passer, sous la pression, d'une forteresse à une économie de marché. Du côté négatif, nous nous sommes révélés allergiques au consensus et enclins à la polarisation politique. En conséquence, il y a eu de longues périodes où l'entêtement politique et la lutte de pouvoir au sein des partis ont prévalu sur la volonté des électeurs. D'autre part, il y a également eu de longues périodes où l'inertie politique et l'incompétence ont laissé des traces sur un électorat inerte. (...) Les électeurs ont appris peu à peu la leçon. Ils ont montré qu'ils sont arrivés à l'âge de raison lors de la dernière consultation électorale [les élections locales du 10 mars]. Ils ont secoué l'échiquier politique de façon cohérente et immanquable." (28.07.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Comment réguler la consommation de cannabis ?

Le Premier ministre britannique Gordon Brown souhaite que le cannabis soit pénalement considéré comme une drogue dure. La chroniqueuse Jackie Ashley considère qu'il est "beaucoup plus important d'éduquer les gens sur les dommages cérébraux causés par le cannabis que de le changer de catégorie pour pouvoir sévir ensuite. (...) Le débat autour du cannabis est le même que celui qui a eu lieu dans les années 60 au sujet du tabac. Les données scientifiques sont là pour ceux qui se donnent la peine de les regarder (...). Les comparaisons avec le tabac (et à vrai dire l'alcool) sont utiles à rappeler, surtout si on prend en compte une donnée certaine au sujet du cannabis : on ne peut pas l'éradiquer par le biais de la police et la justice. Son usage est trop répandu, les réseaux de trafic et de distribution trop étendus, et la tolérance de l'opinion publique trop grande. (...) L'Etat surprotecteur a ses limites. Avec le cannabis, ce sont les faits, et non pas le doigt accusateur, qui pourront faire changer les choses." (30.07.2007)

CULTURE

Le Soir - Belgique

Alberto Garcia-Alix, un photographe inclassable

Jean-Marie Wynants a visité l'exposition de l'artiste espagnol Alberto Garcia-Alix au festival de photographie 'Les Rencontres d'Arles'. "Souvent crues, ses images sont essentiellement des portraits de gens qui l'entouraient à l'époque de la movida à Madrid : motards, camés, acteurs pornos, rockers, branchés de tous poils... Une sacrée galerie de personnages avec de vraies 'gueules d'atmosphère'. Ses portraits sont frontaux, directs, réalisés en toute complicité avec les modèles. Certains, face à ces acteurs pornos exhibant leurs attributs, sont choqués. Nulle provocation pourtant dans ces images. Encore moins de pornographie. Il s'agit bel et bien de portraits, parfois durs, toujours sensibles. (...) Reste l'univers étonnant de cet artiste du noir et blanc, offrant en prime des tirages superbes renvoyant les impressions à jet d'encre de la plupart des expos environnantes au rang du travail amateur." (30.07.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Une pièce de Thomas Bernhard au Festival de Salzbourg

Le Festival de Salzbourg a débuté le week-end dernier. Il a proposé une représentation de la pièce de Thomas Bernhard (1931-1989), 'Une fête pour Boris', qui avait été commandée il y a 42 ans pour le festival de théâtre de Salzbourg mais n'y avait jamais été donnée "par égard pour les nerfs de nos émotifs spectateurs". La jeune metteur en scène Christiane Pohle s'attaque aujourd'hui à la pièce en l'édulcorant, de l'avis de Paul Jandl. "L'anticonformisme de Thomas Bernhard, sa manière de s'en prendre à la société salzbourgeoise, brosse un tableau de moeurs grotesque. Une veuve cul-de-jatte mais jouissant d'une bonne situation, surnommée 'la bonne dame' par les occupants de l'asile, sort Boris, lui aussi amputé, de cet asile et l'épouse (...). Christiane Pohle met tout en oeuvre pour faire ressortir l'altruisme de Thomas Bernhard. Il va de soi que ce traitement élude totalement la dureté de la pièce." (30.07.2007)

SPORT

die tageszeitung - Allemagne

Le dopage comme à l'époque de la RDA ?

Selon le journaliste sportif Andreas Rüttenauer, au vu des récents scandales du dopage, c'est tout le sport d'élite allemand qui est en crise. "Ce ne sont pas seulement les sponsors, qui font souvent l'objet de vives critiques, qui corrompent le secteur avec leur argent. C'est l'Etat allemand lui-même qui pousse sans cesse les sportifs à dépasser leurs limites. (...) L'année prochaine, il va accorder la coquette somme de 84 millions d'euros au sport de compétition, soit 13 millions de plus qu'en 2007. L'objectif est de permettre à l'Allemagne de remporter un maximum de championnats du monde et de médailles olympiques. Il n'est pas question d'un changement d'attitude tel que celui exigé par Wolfgang Schäuble, ministre chargé des sports, pour le cyclisme. (...) Tant que l'Etat poussera les athlètes, il se rendra complice du phénomène de manipulation pharmaceutique qui se propage de plus en plus. (...) Dans les faits, la République fédérale ne se comporte pas différemment de la RDA, qui dopait ses athlètes, considérés comme des 'ambassadeurs en survêtement', pour les placer sur les plus hautes marches des podiums." (30.07.2007)

 

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