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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.08.2007

 

À LA UNE

La sécurité devient l'affaire de la police nord-irlandaise

La sécurité devient l'affaire de la police nord-irlandaise

 

Une nouvelle étape du processus de paix a été franchie mercredi 1er août en Irlande du Nord. L'armée britannique a mis officiellement fin à 38 ans d'opérations de sécurité dans la province. Les quelque 5 000 soldats qu'elle va conserver sur place ne seront plus chargés du maintien de l'ordre, une tâche qui incombe désormais aux autorités locales.

Extraits des publications suivantes:
Belfast Telegraph - Royaume-Uni, Die Welt - Allemagne, El Periódico de Catalunya - Espagne, Népszabadság - Hongrie

Belfast Telegraph - Royaume-Uni

Le quotidien nord-irlandais considère que "ceux qui se sont opposés au rôle de l'Armée et ont soutenu les efforts des paramilitaires visant à la chasser vont utiliser tous les incidents isolés de représailles injustifiées, comme celui de 'Bloody Sunday' [14 manifestants pacifiques ont été tués en 1972 par les militaires], pour la critiquer. De terribles erreurs ont effectivement été commises contre un ennemi brutal et insaisissable. Mais l'armée a globalement été une force de stabilité et elle a su maintenir le cap le temps que les politiciens se montrent à la hauteur de la tâche de la réconciliation. (...) Les enquêtes destinées à savoir qui a tué qui et comment vont encore continuer pendant des années, l'Armée et la police devant expliquer comment la guerre du renseignement a été livrée, voire gagnée. Il a fallu conclure dans l'urgence des accords louches, dans ce qui allait devenir une très longue bataille. La même chose se passe dans tous les conflits. Et il ne faut pas oublier les pertes subies par l'Armée à Warrenpoint, Ballygawley ou Deal [trois localités nord-irlandaises]." (31.07.2007)

Die Welt - Allemagne

Peter Herkenhoff se rappelle que la décision du gouvernement britannique d'envoyer des soldats en Irlande du Nord pour remédier aux 'Troubles', en 1969, étaient, à l'origine, une solution de fortune. "Au cours des 38 dernières années, plus de 300 000 soldats ont risqué leur vie sur le front. Cependant, il s'est rapidement avéré qu'un pays démocratique tel que le Royaume-Uni ne pourrait pas gagner un tel conflit par des moyens militaires. Car l'armée n'était pas formée pour faire face aux attaques de guérilla de l'IRA. Les décennies suivantes, les pertes ont été énormes parmi les forces armées. 763 soldats ont perdu la vie dans les attaques et les combats avec leurs frères catholiques républicains. Aujourd'hui que les troupes ont disparu des rues, à l'exception d'une garnison qui se tient à disposition pour les interventions à l'étranger, la police doit prouver qu'elle est capable de garantir la sécurité en Irlande du Nord au cas où des groupuscules tenteraient de troubler la paix." (01.08.2007)

El Periódico de Catalunya - Espagne

Le quotidien établit un parallèle entre la situation en Ulster et celle que connaît le Pays basque. "Si on a réussi à apaiser les tensions [en Irlande du Nord], c'est en grande partie parce que la responsabilité politique et l'idée de pacte national ont prévalu sur le sectarisme des parties en conflit et sur les justifications historiques apportées par ceux qui ont choisi en 1969 de sortir les soldats de leurs casernes pour étouffer la crise. Peu de temps après, cette décision a été assortie de mesures légales permettant les détentions sans motif, des lois qui ont transformé l'Ulster en un enfer dans lequel 763 soldats et plus de 300 policiers ont perdu la vie. Tout cela a énormément compliqué la quête de paix. Et tous ceux qui, en Espagne, cherchent une source d'inspiration en Irlande pour tenter d'apaiser les esprits au Pays basque, devraient en avoir conscience." (01.08.2007)

Népszabadság - Hongrie

Selon Gábor Miklós, "on ne peut réfléchir au conflit en Irlande du Nord sans penser à ce qui se passe en Irak, en ex-Yougoslavie et au Liban. L'opinion largement répandue selon laquelle les peuples d'Orient sont sous le joug de la religion et ne cessent de s'engager dans des guerres religieuses n'est plus valable. Un conflit de cette sorte vient tout juste de prendre fin au Royaume-Uni, pourtant civilisé, et dans les Balkans, le brasier de la guerre rougeoie encore sous les cendres. L'Irlande devra vivre encore longtemps à l'ombre de la guerre de religion. Les attentats déjoués [à Londres et à Glasgow] il y a quelque temps étaient motivés par la même idéologie et la même haine que celles des terroristes qui se rencontraient autrefois dans les troquets de l'Ulster. Il existe toutefois une différence préoccupante : à l'époque, les soldats catholiques de l'IRA et leurs opposants défendaient des intérêts locaux (...) Les meurtriers d'aujourd'hui agissent de manière localisée pour le compte d'un réseau terroriste mondial." (01.08.2007)

RÉFLEXIONS

Le Temps - Suisse

Roger Köppel et le patriotisme suisse

A l'occasion de la fête nationale suisse, célébrée le 1er août, Roger Köppel, rédacteur en chef de l'hebdomadaire la 'Weltwoche', évoque le patriotisme en Suisse dans une interview menée par Anne Fournier et Ron Hochuli. "Notre fête nationale (...) est avant tout une affaire de lampions, de petits feux d'artifice et de saucisses grillées. Tout cela est révélateur de notre rapport à l'Etat. Le 1er Août est une affaire de citoyens, qui se traduit par de petites fêtes, privées et anarchiques, reflétant la diversité de la Suisse. (...) Il y a, en Suisse, ce que j'appelle le patriotisme constitutionnel, qui est pour moi la forme la plus éclairée du patriotisme. Elle n'implique pas de nostalgie du passé, ni de nationalisme. Il s'en dégage un sentiment d'appartenance sobre et rationnel, qui, chez nous, se concrétise par un patriotisme de grillades." (31.07.2007)

El País - Espagne

Rosa Montero rêve d'un monde sans ferveur patriotique

La journaliste et écrivaine espagnole Rosa Montero réagit avec amusement à la bourde récemment commise par le dirigeant politique belge Yves Leterme qui, invité à chanter l'hymne national de Belgique, a entonné celui de la France. "En lisant cette nouvelle, je suis restée stupéfaite. (...) Je me suis ensuite dit : cet homme est mon héros. Imaginez-vous un pays libéré de tout patriotisme bon marché. De ces ferveurs nationalistes qui ont fait couler tant de sang au fil des siècles. Un monde dans lequel le fait de naître dans tel coin du monde ne soit pas présenté comme un mérite personnel (...). Si seulement nos hommes politiques pouvaient se tromper entre les hymnes. Les Castillans pourraient se mettre à chanter 'Eusko Gudariak' [hymne traditionnel basque], les Basques fredonneraient l'hymne national espagnol [qui n'a pas de paroles], les Andalous entonneraient 'Els Segadors' [hymne officiel de la Catalogne] et les Catalans 'Asturias, patria querida' [hymne de la Principauté des Asturies]. Je suis certaine que nous nous porterions bien mieux." (31.07.2007)

POLITIQUE

Gazeta Wyborcza - Pologne

La Pologne va-t-elle se doter d'une autoroute inutilisable ?

La Commission européenne a déposé un recours devant la Cour européenne de justice pour obtenir l'arrêt immédiat des travaux de construction de la voie de contournement de la ville polonaise d'Augustow. Ce tronçon de la 'Via Baltica' (entre Varsovie et Helsinki) doit traverser la vallée de la Rospuda, une réserve naturelle protégée par l'UE. Toutefois, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski vient d'annoncer la poursuite des travaux en dehors de la zone protégée. Adam Wajrak critique cette décision. "Le Premier ministre a certainement fait cette déclaration pour apaiser les esprits à Augustow. Il a également envoyé un signal clair à la Commission européenne et à la Cour de justice : le gouvernement polonais agira comme il l'entend. Il croit en sa victoire. Mais que se passera-t-il si - ce qui est probable - le gouvernement perd ? Augustow aura récolté une route qui mène nulle part avec un trou de six kilomètres au milieu. Il faudra tout recommencer, dépenser de nouveau des millions et la Pologne sera connue comme le pays avec une route qui ne mène nulle part." (01.08.2007)

Politiken - Danemark

Les troupes danoises se retirent d'Irak

Le Danemark a mis fin ce mercredi 1er août à quatre années de présence militaire en Irak, une période pendant laquelle six de ses soldats ont trouvé la mort. Cette intervention avait été très controversée dans le pays. Toutefois, selon un sondage de Gallup, 57 % de la population seraient favorables à de nouvelles interventions à l'étranger. Le journal plaide également en faveur d'un nouvel engagement militaire du pays, mais seulement sous l'égide de l'ONU. "Il faut tout d'abord soutenir l'ONU, afin que les interventions pour la paix puissent devenir indépendantes des Etats-Unis et de l'UE. Nous avons besoin d'une Organisation forte, qui puisse légitimer la résolution des questions problématiques. Aujourd'hui encore, le monde est obligé d'attendre que Etats-Unis se tiennent prêts avec leurs alliés et qu'ils soient en mesure d'agir. Nous devons tirer la leçon suivante de notre retrait d'Irak : l'engagement militaire du Danemark est encore nécessaire sur les points chauds du globe." (01.08.2007)

Cyprus Mail - Chypre

La campagne présidentielle a commencé trop tôt à Chypre

Des élections présidentielles sont prévues à Chypre en février 2008. Le quotidien considère que la campagne a démarré trop tôt. "D'ici février, la plupart des gens en auront tellement assez d'entendre les chamailleries des politiciens s'accusant mutuellement pour des futilités qu'il perdront tout l'intérêt qu'ils auraient pu avoir dans les élections. (...) Après avoir été soumis à des débats inconsistants et beaucoup de n'importe quoi pendant six mois, il est peu probable que les électeurs connaissent ou s'intéressent aux idéaux des candidats. Alors que la campagne n'est pas vraiment lancée pour l'instant, les soutiens des différents candidats se sont engagés dans des débats publics incessants sur des sujets absurdes. Ces dernières semaines, nous avons entendu parler de conspirations pour renverser le président, un candidat a été critiqué pour avoir tenté d'attirer les électeurs de ses rivaux et des affirmations selon lesquelles un seul candidat en lice est apte à refuser qu'on lui impose un règlement de la question chypriote." (31.07.2007)

MÉDIAS

Magyar Hírlap - Hongrie

La censure n'a pas disparue en Europe de l'Est

La censure n'existe certes plus dans les pays d'Europe de l'Est, mais la mentalité persiste dans les têtes. La liberté de la presse n'est pas encore totale, affirme le journal dans son éditorial. "L'autorité chargée de la censure a certes été dissoute depuis longtemps, mais elle existe toujours. Car elle a contaminé l'âme des hommes et elle hante leur esprit. Les forces qui nourrissaient autrefois la censure continuent de s'exercer économiquement et politiquement au-delà des institutions. (...) Il y a une semaine, 400 collaborateurs de la Radio publique hongroise ont été licenciés, notamment pour des raisons 'politiques et idéologiques' : une autre forme de censure. Ce phénomène ne s'observe pas uniquement dans notre pays, mais dans toute la région. La censure peut survivre en secret dans tous les pays de l'ancien bloc de l'Est parce qu'il existe encore des personnes suffisamment faibles pour s'y soumettre." (01.08.2007)

CULTURE

La Repubblica - Italie

Michelangelo Antonioni, le poète qui a changé le cinéma

Michelangelo Antonioni, dernier des grands cinéastes qui, avec Fellini et Visconti, ont rendu célèbre le cinéma italien, est mort le 30 juillet à Rome. Irene Bignardi nous invite à réfléchir. "La véritable commémoration ne doit pas consister en un souvenir formel qui archiverait Antonioni dans la catégorie de génie, mais dans la réouverture du débat passionné, animé et parfois violent, dont Antonioni a fait l'objet. (...) Il faut éviter l'admiration aveugle et en même temps admettre que sa créativité, sa précision psychologique et ses atmosphères raréfiées nous ont marqué plus qu'on ne le dit. (...) Sa grandeur passe par son regard qui nous narre ses histoires, bien plus que les mots. (...) Et dans les dernières années, alors qu'il était désormais emprisonné dans le silence de sa maladie, son regard était le seul moyen qui lui restait pour communiquer." (01.08.2007)

The Observer - Royaume-Uni

Une comédie musicale sur le djihad présentée à Edimbourg

La chroniqueuse Vanessa Thorpe commente le spectacle 'Djihad : la comédie musicale' proposé dans le cadre du 'Edinburg Fringe', version off du Festival international d'Edimbourg. Cette comédie musicale comporte une chanson appelée 'Je veux être comme Oussama' et un numéro dans lequel des femmes armées et habillées de burkas chantent: 'Je ne vois que tes yeux'. "On dirait un spectacle prévu pour choquer le public, pourtant la troupe du spectacle affirme qu'elle n'avait rien d'autre en tête. Leur 'équipée sauvage toute en chansons et en danse' à travers le monde du terrorisme islamiste est simplement une tentative pour garder le moral face aux menaces sécuritaires, affirme-t-elle (...). [Le spectacle] manifeste l'envie croissante des comédiens et des artistes de s'attaquer au sujet potentiellement provocateur du fondamentalisme islamiste. Les actions du gouvernement pour empêcher les incitations à la haine raciale ont récemment amené les écrivains et les comiques en général à s'intéresser plus à ce sujet." (29.07.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

La forteresse de Luxembourg accueille un musée

L'éditorialiste Laurent Moyse salue la construction du musée de la Forteresse dans le Fort Thüngen, situé au nord-est de la ville de Luxembourg. La forteresse "a contribué à sceller le destin de la nation, permettant à l'époque au duché de Luxembourg de maintenir son centre de gravité alors qu'il n'était guère acquis qu'il allait obtenir plus tard son indépendance. En consacrant un musée à la forteresse, à son histoire et à l'identité nationale, ses concepteurs tentent d'apporter une nouvelle touche de représentation du passé et du présent. Souvent ballotté entre les convoitises de puissances conquérantes, le bourg que fut Luxembourg se retrancha d'abord derrière ses murs à usage militaire pour s'affirmer peu à peu comme cité, puis comme capitale d'un Etat. Pendant longtemps, le sort de ce territoire relevait ainsi davantage de la stratégie défensive, compte tenu de son avenir incertain au sein d'une Europe faisant souvent office de champ de bataille." (01.08.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

L'art de la caricature exposé à Kassel

Joachim F. Tornau a visité la Caricatura de Kassel, une manifestation qui dresse un inventaire de "l'art comique" en langue allemande, à savoir la caricature. "Avec plus de 650 oeuvres de 80 dessinateurs, la Caricatura n'a jamais été aussi riche," écrit le journaliste. L'exposition présente un "instantané des sensibilités froissées. Le conflit sanglant autour des caricatures de Mahomet, les menaces de mort à l'encontre du dessinateur berlinois Klaus Stuttmann, qui avait représenté l'équipe nationale de football iranienne sous les traits de kamikazes pour railler les appels au déploiement des forces armées lors de la Coupe du monde... Tous ces événements ont laissé des traces dans le monde de l'art comique (...) Une section a même été spécialement consacrée aux critiques à l'encontre de la colère du peuple et des appels à la censure. On peut y voir, pour la première fois en Allemagne, les douze caricatures danoises de Mahomet tant controversées - lesquelles sont pour la plupart anodines, voire ennuyeuses. Ce qui n'est (...) certainement pas le cas de l'exposition de Kassel." (01.08.2007)

COULEURS LOCALES

Gândul - Roumanie

Le culte du dictateur Antonescu perdure en Roumanie

Malgré une interdiction officielle, il existe en Roumanie plusieurs lieux consacrés au souvenir du dictateur roumain Ion Antonescu (1882-1946). Des centaines de milliers de juifs roumains ont été assassinés sous le règne de ce dictateur militaire, qui avait pactisé avec les nazis au début des années 1940. Selon Robert Balan, "après le tournant de 1989, de nombreux Roumains ont formulé le souhait de réhabiliter le maréchal. Dans les années 90, des bustes d'Antonescu, qui avait dû répondre devant la justice de la déportation des Juifs de Bessarabie et de Bucovine, ont fleuri dans de nombreuses villes. En 2002, il existait près de 25 rues portant son nom à travers tout le pays. Dans la ville de Targu Mures, c'est même le boulevard 'Ion Antonescu' qui mène au monument commémoratif de l'Holocauste. En 2001, l'extrémiste Corneliu Vadim Tudor a fait installer un buste dans la cour d'une église de Bucarest (...) Tout cela en dépit d'une loi existant depuis 2002, (...) 'selon laquelle les plaques commémoratives en l'honneur des personnes ayant commis des crimes contre l'humanité' sont interdites." (31.07.2007)

 

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