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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 15.08.2007

 

À LA UNE

La lutte citoyenne contre le réchauffement climatique

La lutte citoyenne contre le réchauffement climatique

 

Les nombreux dérèglements climatiques constatés cet été ont fait prendre encore davantage conscience de la nécessité de lutter au quotidien contre le réchauffement planétaire. La presse européenne analyse les initiatives individuelles en faveur de la protection du climat et s'interroge sur leurs conséquences.

Extraits des publications suivantes:
Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, The Economist - Royaume-Uni

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Le gouvernement allemand concocte actuellement un programme de lutte contre le réchauffement climatique pour répondre aux objectifs fixés par l'Europe à l'horizon 2020. Pour réduire la consommation d'énergie, tous les anciens appereils de chauffage et les équipements électroménagers devront être remplacés, et les vieux bâtiments devront être réhabilités. Konrad Mrusek commente ces mesures : "Les particuliers et les entreprises vont devoir investir massivement dans l'isolation thermique ou les installations de chauffage - ils vont financer la plus grosse part de la protection climatique. Les chiffres, dans l'absolu, ne font pas état de cet aspect des choses car il s'agit d'investissements. On peut donc se demander si les bénéfices attendus en termes d'économies d'énergie et de réduction des gaz à effet de serre sont pertinents. Les citoyens sont manifestement disposés à agir en faveur de l'environnement. Toutefois, ils devront également veiller à ce que l'on tienne compte des aspects économiques." (15.08.2007)

Der Standard - Autriche

Werner Faymann, ministre autrichien des transports, a proposé de supprimer la limitation de vitesse à 100 km/h en vigueur sur de nombreuses autoroutes du pays. Gerald John s'indigne : "Les Länder ont défini ces limites de leur propre initiative, afin de limiter les émissions de particules et de gaz d'échappement. Aujourd'hui, le ministre des Transports veut revenir sur leur décision. La limitation de vitesse à 100 km/h ne sera désormais applicable que certains jours, lorsque les seuils de pollution auront été dépassés. Dans tous les cas, elle s'appliquera moins souvent qu'aujourd'hui. D'un point de vue écologique, Werner Faymann fait un grand pas en arrière. Car les limitations de vitesse réduisent non seulement le bruit et les risques d'accident, mais elles contribuent également à protéger l'environnement. Au-delà des 100 km/h, la consommation de la plupart des voitures monte en flèche, certaines engloutissent même moitié plus de carburant. Biocarburants, voitures hybrides... Ce que les automobilistes peuvent faire de mieux contre le réchauffement climatique, c'est simplement de lever le pied plus souvent." (14.08.2007)

The Economist - Royaume-Uni

Cette semaine, des militants ont installé un campement près de l'aéroport londonien d'Heathrow pour alerter l'opinion sur les dangers du réchauffement climatique. "Ces militants espèrent qu'en perturbant le trafic d'un aéroport qui voit s'envoler chaque jour 200 000 avions, ils feront avancer leur cause", explique l'hebdomadaire. "'Plane Stupid' ('Stupide avion'), un groupe qui prône le renoncement aux voyages en avion, donne un avant-goût de ce que les manifestants réclament : que 'les projets d'extension de l'aéroport soit abandonnés, qu'une taxe soit imposée sur le kérosène et qu'on mette fin aux vols de proximité'. (...) La plupart des environnementalistes pensent que la seule solution est d'empêcher les gens de prendre l'avion. Augmenter le prix des billets, disons par de lourds impôts sur les carburants, dissuaderait les touristes sensibles aux tarifs. (...) L'industrie aérienne devrait payer pour la pollution qu'elle provoque. Et tous ceux qui ne pourront plus profiter de séjours bon marché en Espagne, à cause du prix des billets, sont invités à venir camper une semaine dans les environs d'Heathrow." (14.08.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Reinhard Jirg veut relancer les procès contre les fonctionnaires de l'ex- RDA

L'écrivain Reinhard Jirgl, né à Berlin-Est en 1953, espère que les procès contre les dirigeants d'ex-RDA vont pouvoir être rouverts à la faveur de la polémique suscitée par la publication d'un document inédit de la Stasi. Celui-ci a prouvé l'existence d'un ordre de tirer sans sommation sur les Allemands de l'Est qui tentaient de passer à l'Ouest. A cette fin, il faudrait pouvoir jouer des mêmes arguments juridiques que lors du procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg. "Non seulement les crimes sont comparables, quel que soit le niveau de responsabilité de leurs auteurs, non seulement les systèmes impliqués sont comparables - qu'il s'agisse de l'appareil nazi ou de l'appareil stalinien qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau - mais établir de telles comparaisons est une nécessité pour pouvoir comprendre le fonctionnement des dictatures. Car a priori, aucun système politique n'est immunisé contre le retour de telles manifestations du pouvoir ! Et une justice 'trouble', comme après les procès de Nuremberg, vaut mieux que pas de justice du tout. Toutefois, on attend toujours que les criminels staliniens de RDA soient condamnés." (15.08.2007)

Romania Libera - Roumanie

Matéi Visniec et les intellectuels face à la terreur stalinienne

La Roumanie commémore actuellement le 70e anniversaire du début de la vague de terreur stalinienne, au cours de laquelle des milliers de personnes ont perdu la vie. Selon l'auteur roumain Matéi Visniec, "lorsque l'on évoque le souvenir d'un tel drame, il faut également se souvenir de ceux qui l'ont provoqué. Et les partis communistes occidentaux, de même que les formations qui ont hérité de leurs idées et de leurs électeurs, ne devraient pas oublier à quel point ils étaient aveugles et stupides à l'époque. Quand, comment nous rappellerons-nous de l'effrayante incompétence métaphysique de la majorité des intellectuels européens qui ne pouvaient pas être à la fois antifascistes et antistaliniens ? Quand, comment nous rappellerons-nous de l'inconscience de certains grands noms, comme Jean Cocteau qui sortait de temps en temps des sentences comme : 'Les dictateurs contribuent à promouvoir la protestation dans l'art, sans eux l'art disparaîtrait.' Le fait de se souvenir que la manipulation des intellectuels européens a permis au dictateur [Staline] d'assassiner sans scrupule pourrait être un geste salutaire." (15.08.2007)

Le Soir - Belgique

Jean-Yves Camus craint une balkanisation de l'UE

Le politologue français Jean-Yves Camus redoute, dans une interview réalisée par William Bourton, la montée des mouvements séparatistes en Europe. "La question n'est pas de savoir s'il existe une identité collective, c'est indiscutable dans le cas basque, catalan ou flamand. C'est de savoir si ces identités distinctes peuvent vivre avec les autres ou non. Bref, veut-on appliquer le principe : une terre, un peuple, une langue, un Etat ? (…) L'exemple de la Catalogne est frappant, qui ravale les non-catalanophones au statut de citoyens de seconde zone en leur interdisant par exemple l'accès à la fonction publique. Il existe un risque de balkanisation, d'une Europe où chaque ethnie voudrait avoir son indépendance. Cela est paradoxal face à la mondialisation (…) La balkanisation empêche l'émergence de l'Europe puissance et fait le jeu de l'hyper-puissance américaine. Elle rend plus compliquée l'intégration des personnes issues de l'immigration, alimente l'ethnicisme et le racisme." (14.08.2007)

POLITIQUE

The Herald - Royaume-Uni

Les plans du gouvernement écossais vers l'indépendance

Alex Salmond, Premier ministre écossais et chef du Parti nationaliste, a présenté le 14 août un document analysant différentes voies vers l'indépendance de l'Ecosse . Il préconise un débat 'ouvert, solide et digne' soit sur le 'home rule' [l'indépendance complète] soit sur l'extension des pouvoirs du Parlement écossais. Selon le quotidien écossais, "le document prend en compte le fait que l'opinion est partagée entre plusieurs options, du statu quo à l'indépendance. Il suggère la tenue d'un référendum à choix multiples, plutôt que la convocation des citoyens à se prononcer pour ou contre la séparation du Royaume-Uni. (...) L'Ecosse reste partie intégrante du Royaume-Uni (les sondages indiquent qu'une majorité des Ecossais souhaite qu'il en reste ainsi, tout en voulant que le Parlement écossais puisse davantage peser sur la vie politique) (...). L'exercice passera pour biaisé ou sera dévalorisé, sauf si le débat parvient à englober tous ceux qui, en tant que parties intégrantes de la Grande-Bretagne, ont leur mot à dire sur l'avenir du pays. Une solution fédérale, avec davantage de pouvoirs transférés de la capitale londonienne vers l'Ecosse, l'Irlande du Nord et le Pays de Galles (voire d'autres régions au sein de l'Angleterre), pourrait en résulter." (15.08.2007)

La Stampa - Italie

L'Occident n'a pas su empêcher 'l'anti-tziganisme'

Le débat se poursuit en Italie après l'incendie qui a entraîné la semaine dernière la mort de quatre enfants. Mario Marazziti, porte-parole de la Communauté de Sant'Egidio, estime que "l'Occident n'a pas soldé ses comptes avec l'Holocauste des tziganes. Pourtant, 300 000 ou un demi-million d'entre eux ont été engloutis dans les camps nazis d'extermination (le doute même sur le chiffre exact montre l'indifférence des historiens). L'Occident n'a pas développé les anticorps permettant d'empêcher l'anti-tziganisme' de se répandre. Pas de dédommagements, ni de culpabilité ou de honte collective. (...) En Italie, l'espérance de vie des Roms est de 45 ans. Non pas parce qu'ils brûlent dans les roulottes, mais à cause de leurs conditions de vie : maladies, accidents, malnutritions. (...) Le problème ne réside pas dans le nombre de délits qu'ils commettent car un pays normal sait punir les responsables. Les délits sont causés par la pauvreté et la marginalisation, pas par 'la culture tzigane'". (14.08.2007)

Malta Today - Malte

Malte déplore l'accord nucléaire entre Paris et Tripoli

La France a conclu le 25 juillet un mémorandum avec la Libye sur un projet de coopération nucléaire. Selon Paris, ce contrat n'a rien à voir avec les négociations qui avaient lieu parallèlement pour libérer les soignants bulgares. Le chroniqueur Raphael Vassallo s'indigne que l'on puisse collaborer avec "une dictature militaire invétérée qui n'a aucun respect pour les droits de l'homme (voir même aucune idée de leur existence) , un pays dans lequel l'opposition est interdite par la loi, où la liberté de parole n'existe pas, où la torture et les violations des droits de l'homme ont lieu en plein jour, au quotidien... C'est précisément ce type de pays-là qui s'est vu récompenser d'un beau mémorandum plein de compréhension, signé par le président français Nicolas Sarkozy, lui octroyant un réacteur nucléaire qui alimentera son contrat programme national de désalinisation de l'eau de mer. (...) Qu'a fait exactement la Libye pour jouir tout à coup de la confiance de pays européens comme la France, alors qu'un petit pays inoffensif comme Malte n'y a visiblement pas droit ? (Car il faut l'admettre : le moins que la France aurait pu faire, c'est nous consulter avant de fournir en technologie nucléaire le seul pays à nous avoir menacé d'une action militaire depuis la Seconde guerre mondiale...)." (12.08.2007)

Upsala Nya Tidning - Suède

La Suède doit se préoccuper davantage des questions européennes

Les quatre partis au pouvoir en Suède, au sein de la coalition conservatrice, ont renoncé à présenter un manifeste commun en vue des élections européennes de 2009 pour cause de divergences d'opinions trop marquées sur les questions européennes. "L'abandon de ce manifeste électoral commun ne signifie toutefois pas que l'Alliance pour la Suède [le nom de la coalition] (...) se montre passive en matière de politique européenne", commente le journal. "A l'époque où les sociaux-démocrates étaient au pouvoir [avant septembre 2006], les questions européennes étaient trop souvent reléguées en marge de la politique, du fait de l'euroscepticisme des piliers rouges-verts [les verts et le Parti de gauche] du Parlement et des divisions entre les sociaux-démocrates eux-mêmes. Il est toutefois dans (...) l'intérêt de la Suède d'accorder plus d'importance aux questions européennes. L'idéal serait de les intégrer aux débats politiques normaux - et de ne pas seulement en faire le thème de référendums." (15.08.2007)

Élet és Irodalom - Hongrie

La démocratie directe au secours du populisme ?

La démocratie hongroise est sérieusement menacée, si l'on en croit les avertissements formulés il y a quelques semaines par l'écrivain Péter Nádas dans un essai. L'auteur Iván Sándor dresse un état des lieux : "Les partis au gouvernement respectent les règles du jeu constitutionnel et démocratique, mais le grand parti d'opposition [le parti conservateur de droite Fidesz] les ignore. Il fait de la politique racoleuse au moyen d'entrées en scène rituelles et se démarque à peine des radicaux de droite. Une instauration de la démocratie directe est de plus en plus réclamée, non comme un moyen de contrôle légal du gouvernement, non comme une action fondée sur le droit de réunion, mais comme une légitimation des revendications populistes par les masses." (15.08.2007)

ÉCONOMIE

Libération - France

La crise financière peut-elle avoir des vertus ?

Jacques Attali, président de l'ONG PlaNet Finance, analyse dans une interview réalisée par Christophe Alix la crise qui secoue actuellement les marchés boursiers. "L'économie américaine est poussée vers des investissements toujours plus spéculatifs et risqués, comme avec l'immobilier. Ce à quoi l'on vient d'assister est un soubresaut - et certainement pas l'effondrement final - de cette économie-casino. (...) En injectant de l'argent, les banques centrales n'ont pour l'instant fait qu'entretenir le malade, pas le soigner. C'est comme un drogué en manque, il faut d'abord lui donner de la drogue pour ne pas qu'il meure. Mais elles ne doivent pas se limiter à ce rôle de dealer ! (...) [Cette crise] doit être l'occasion de comprendre que le monde ne peut être gouverné par la finance, que les nations occidentales devront se doter des moyens de conserver les centres de commandements de leur industrie et de leur recherche." (15.08.2007)

MÉDIAS

Domino efekt - Slovaquie

La prédilection de Robert Fico pour les journaux à sensation

Mardi 14 août, l'Organisation des médias de l'Europe du Sud-Est, qui siège à Vienne, s'est déclarée "extrêmement préoccupée" par les attaques verbales répétées du Premier ministre slovaque Robert Fico à l'encontre des médias de son pays. Jan Fülle, président depuis plusieurs années du syndicat des journalistes slovaques, voit également d'un oeil critique les rapports entretenus par Robert Fico avec les journalistes. Il se confie à Pavel Urban. "Ce gouvernement n'a aucune politique de communication. Le Premier ministre n'a personne pour le conseiller en la matière, personne pour le contredire. Pour lui, le meilleur journal du pays est un journal à sensation. Et le gouvernement délivre plus d'informations aux journaux à sensation qu'aux journaux sérieux. Il est victime de ses propres goûts médiatiques." (15.08.2007)

CULTURE

Élet és Irodalom - Hongrie

Moni Ovadia à propos du rôle du théâtre contemporain

Le festival Mittelfest, consacré aux pays d'Europe centrale, s'est tenu en juillet à Cividale del Friuli, une petite ville italienne située à la frontière avec la Slovénie. Moni Ovadia, directeur du festival, explique à Júlia Váradi dans un entretien sa conception du théâtre contemporain. "Je crois qu'une représentation théâtrale peut contribuer bien davantage à la compréhension d'un problème humain complexe que les longues digressions de professeurs et d'experts, si brillants soient-ils. Nous qui avons grandi au théâtre connaissons l'effet qu'une pensée exprimée sur scène peut avoir sur le public. Il n'y a pas que l'intellect qui reçoive le message ; l'estomac, le coeur, tous les sens participent au processus. Je suis convaincu que les droits de l'homme ne seront totalement respectés en Europe et dans le monde que lorsque les hommes les auront dans le sang. (...) Vous pouvez me trouver naïf, mais je crois dur comme fer que le théâtre est l'un des seuls moyens vraiment efficaces pour y parvenir." (12.08.2007)

COULEURS LOCALES

To Vima - Grèce

La Grèce a perdu sa flamme olympique

Trois ans après la cérémonie d'inauguration des Jeux Olympiques d'Athènes, Costas Cartalis, ancien secrétaire du Comité d'organisation de cet événement, signe une tribune dans laquelle il regrette que le pays n'ait pas plus profité de cette manifestation. "Il y a quelques jours seulement, le ministère du Développement a annoncé une série de mesures pour l'aménagement du territoire. Mais dans les sept pages du document, on ne trouvait pas le mot 'JO'. En d'autres termes, le ministère a décidé que la dynamique de développement née des Jeux Olympiques d'Athènes (...) ne peut pas entrer dans le plan d'aménagement du territoire. ... De même, il y a quelques jours, la société des 'biens immobiliers olympiques' a dressé un bilan positif de l'utilisation des constructions olympiques [ces trois dernières années]. Quelques stades ont certes été utilisés. Mais la réalité est que trois ans après la fin des Jeux, les constructions restent fermées au public, ressemblant plus à des lieux pétrifiés qu'à des endroits dynamiques." (15.08.2007)

 

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