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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 21.08.2007

 

À LA UNE

La France revient en Irak

La France revient en Irak

 

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires Etrangères, s'est rendu dimanche 19 août en Irak pour une visite de trois jours. C'est le premier déplacement d'un haut responsable français depuis l'invasion américaine de 2003, à laquelle la France s'était vivement opposée. Cette visite amorce-t-elle un revirement de la diplomatie française ?

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, La Vanguardia - Espagne, The Times - Royaume-Uni

Le Figaro - France

"La France se devait de revenir en Irak", considère Pierre Rousselin. "Prétendre, comme certains responsables de l'opposition, que la visite de Bernard Kouchner est mal venue, ou qu'elle représente un alignement sur la politique de George W. Bush, est une absurdité qui témoigne d'une curieuse conception de la diplomatie française. On peut rester quatre ans enfermé dans la conviction d'avoir eu raison, cela ne grandit en rien le rôle de notre pays sur la scène internationale. (...) Il est temps de montrer que la France, et l'Europe avec elle, est disponible ; qu'elle est prête, le moment venu, à jouer un rôle pour la stabilisation de l'Irak. (...) La méthode Kouchner est celle déjà éprouvée au Liban, où l'écoute des uns et des autres a aidé à la reprise du dialogue interlibanais. Ou bien au Darfour, où la conférence de Paris a eu raison d'un scepticisme général et imposé un traitement régional de la crise." (21.08.2007)

La Vanguardia - Espagne

Le quotidien espagnol estime que "la France a changé sa politique concernant l'Irak. La visite surprise du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (...) suppose une inflexion par rapport à la politique de Chirac et de Villepin, qui se sont opposés à l'invasion de l'Irak et ont provoqué de fortes tensions entre Paris et Washington, assorties de menaces de boycott sur les produits français. Une visite qui, il convient de le dire, a été très bien accueillie par la Maison-Blanche. Il est logique que la visite de Kouchner soit mise en relation avec le barbecue auquel Nicolas Sarkozy a participé dans la propriété de la famille Bush lors des récentes vacances du président français. Pourtant, le Quai d'Orsay et le ministre lui-même se sont efforcés de démentir ce lien. (...) Il est évident que le geste de la diplomatie française en Irak représente un ballon d'oxygène, à la fois pour la Maison-Blanche et la crédibilité du président américain, mise à mal en ce moment, et pour l'exécutif irakien (...)." (21.08.2007)

The Times - Royaume-Uni

La journaliste Bronwen Maddox note que "ce n'est jamais encourageant quand le destin d'un pays dépend d'une seule personne, ou d'une seule rencontre. Mais la venue en Irak de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires Etrangères français, est une étape importante. (...) Il arrive au moment où la question irakienne rend plus difficiles les relations entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Il est difficile d'y voir une simple coïncidence. Alors que le Royaume-Uni prépare son retrait d'Irak, les Etats-Unis ont besoin d'un nouveau partenaire, même uniquement sur le plan diplomatique, et la France est bien placée pour remplir ce vide. (...) Qu'est-ce que la France a à gagner en s'engageant en Irak ? Beaucoup, étant donné qu'elle n'a pas besoin d'assumer la responsabilité de l'issue. (...) Il est utile qu'un autre pays que les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou l'un des voisins immédiats de l'Irak, essaie de chercher les intérêts communs des Irakiens. (...) Et la France pourrait ouvrir la voie au retour des Nations Unies dans ce dossier, même si ce ne sera guère la panacée que certains imaginent." (21.08.2007)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Roman Bucheli et les aveux des intellectuels allemands

L'essayiste suisse Roman Bucheli observe que les intellectuels allemands confessent plus volontiers leurs négligences ou leurs erreurs du passé ces derniers temps. Il semble que "c'est à qui fera les aveux les plus retentissants. Il y a un an, Günter Grass soulageait sa conscience en avouant qu'il avait été membre de la Waffen-SS. Aujourd'hui, presque un an après jour pour jour, c'est au tour du journaliste Fritz J. Raddatz de s'accuser dans la dernière édition de l'hebdomadaire 'Die Zeit'. (...) Certes, il écrit à plusieurs reprises qu'il veut parler de lui, qu'il s'agit de lui et de personne d'autre et il écrit le mot JE en lettres capitales afin d'expliciter ses propos. Mais il ne cesse d'évoquer les autres [intellectuels de RDA] qui se sont tus par peur ou pour une autre raison : Anna Seghers, Helene Weigel, Erich Arendt, Alfred Kantorowicz. (...) Nous observons donc ici ce que nous avions cru observer chez Günter Grass il y a un an : le doigt accusateur avec lequel on devait se désigner évite de justesse sa propre personne pour en pointer d'autres. Car la volonté de se confesser a ses limites." (21.08.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pour Thomas Steinfeld, le capitalisme a perdu ses héros

L'essayiste allemand Thomas Steinfeld décrit la nature impitoyable et inhumaine d'un capitalisme qui engloutit tout. "Lorsque le spéculateur moderne est entré pour la première fois sur la scène littéraire, dans les années 80, il a engendré des héros, des flibustiers, des pirates de la finance en pleine mondialisation. Tom Wolfe a rendu hommage à ces 'maîtres de l'univers' dans son roman 'Le Bûcher des vanités' (1987). (...) La récente folie spéculative ne produit toutefois plus de héros - ses activités sont trop petites, trop impitoyables, trop interchangeables. Au point que la célèbre comparaison avec le royaume des insectes ne pourrait plus être considérée comme purement fortuite. Les protagonistes de la finance déchaînée sont, selon cette charmante expression marxiste, des agents du capital. Rien de plus." (21.08.2007)

L'Espresso - Italie

Roberto Saviano et la détresse du sud de l'Italie

Vendu à plus de 800 000 exemplaires, le roman 'Gomorra' a rendu célèbre le clan des Casalesi, la plus puissante famille de la Camorra, la mafia napolitaine. Son auteur, l'écrivain italien Roberto Saviano, a reçu des menaces de mort. Dans une interview réalisée par Gianluca de Feo, il dépeint le Sud de l'Italie. "C'est qu'on appelle la 'question méridionale' est désormais un concept éculé, vide de sens. (…) Aujourd'hui, le seul espoir réside dans les jeunes. Ma génération est la première, depuis les années 1950, qui émigre en masse. Selon le modèle qui est en train de s'imposer, si on reste sur place, on est un raté, un manqué, un trafiquant. C'est très dangereux car on laisse les plus talentueux s'en aller et on brise les espoirs de ceux qui restent. (…) Le Sud est réduit à une vitrine touristique et les politiciens ont honte de regarder les choses telles qu'elles sont. (…) Le problème, c'est qu'on laisse la Camorra s'enrichir et investir sur le territoire. (…) Elle produit malheureusement des richesses, qui sont en réalité des biens altérés." (16.08.2007)

POLITIQUE

Diena - Lettonie

Les monuments soviétiques en Lettonie épinglés

Il existe dans la ville lettone de Bauska une stèle commémorative en l'honneur de l'Armée rouge, qui porte l'inscription suivante 'Aux libérateurs de la ville, septembre 1944'. Elle a été déplacée dans un cimetière militaire. Le parti de la minorité russe (PCTVL) en conclut que l'ensemble des monuments aux morts de Lettonie sont en danger. Askolds Rodins rejette toute comparaison avec l'affaire du 'Soldat de bronze' en Estonie. Mais il s'attend toutefois à une résurgence du débat historique sur le rôle de l'armée soviétique. "La Russie actuelle se donne un mal fou pour associer tout ce qui est en rapport avec le combat contre l'empire d'Hitler aux notions de 'libération', voire de 'liberté'. Toutefois, quiconque croit que le régime stalinien a instauré la liberté en Lettonie ne jette pas les bases d'un débat. Moscou se retrouve donc face à un dilemme : d'une part, elle veut recueillir l'héritage de l'empire érigé par Staline, et d'autre part, elle se considère comme une libératrice de l'Europe. C'est incompatible." (20.08.2007)

Público - Portugal

Le Portugal peut-il accueillir le dictateur Robert Mugabe ?

Nuno Pacheco s'inquiète de la possible venue au Portugal, qui assume actuellement la présidence tournante européenne, du président zimbabwéen Robert Mugabe lors du sommet UE-Afrique prévu en décembre. "Robert Mugabe, qui fut un temps un vieil espoir dans la lutte contre les injustices en Afrique, ce qui lui valu dix ans de prison (de 1964 a 1974), est aujourd'hui un tyran implacable. Et la polémique sur sa venue au Portugal (...) aura forcément des conséquences. Il n'est pas possible de dire, comme vient de le faire le secrétaire d'Etat portugais aux Affaire étrangères, João Gomes Cravinho, que c'est un sujet qui a une 'importance relative'. Dans le cas de Mugabe, il ne peut y avoir 'd'importances relatives': Il s'agit d'un dictateur rendu fou par le pouvoir (…) Il est impératif de lui montrer qu'il n'est pas le bienvenu." (19.08.2007)

Cotidianul - Roumanie

La Roumanie doit s'intéresser aux Roms

Quatre enfants roms d'origine roumaine ont péri la semaine dernière dans l'incendie d'un camp situé près de la ville italienne de Livourne. Selon la presse roumaine, l'incendie aurait été allumé par des extrémistes. Corina Dragotescu commente cette affaire. "Il est bien connu que les Roms sont les 'premiers produits d'exportation roumains'. Toutefois, les responsables de cet incendie dramatique ne sont pas seulement les groupes extrémistes qui revendiquent l'attaque. Ce sont également les parents des enfants morts et les autorités roumaines. L'Italie est envahie de tziganes roumains qui mendient. Non seulement des adultes, mais également des enfants, forcés par leurs parents. (...) Alors que l'Occident a investi jusqu'à présent beaucoup d'argent et de temps dans des programmes sociaux afin de réduire ce phénomène, les autorités roumaines ont fait semblant d'ignorer le problème pendant des années." (21.08.2007)

ÉCONOMIE

Times of Malta - Malte

Malte s'oppose au quota d'emissions de CO2 fixé par l'UE

Le quotidien se penche sur la "querelle" entre Malte et la Commission européenne à cause du quota d'émissions de dioxyde de carbone (CO2) établis par le Comité européen de lutte contre le changement climatique. "Nous avons demandé un quota de 2,96 millions de tonnes d'émissions d'ici 2012, alors que la Commission a plafonné notre quota à 2,1 millions de tonnes, une réduction significative. Malte s'est opposé à cela et pourrait maintenant lancer une offensive judiciaire devant la Cour européenne de justice - notre première - pour contester la décision finale de la Commission, ou, au moins, tenter de la modifier. Nous ne serions pas les seuls à entamer cette démarche. Nous nous joindrions à une action judiciaire lancée par la Slovaquie sur la même question et qui repose sur les mêmes arguments. D'autres Etats membres - la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et l'Estonie - ont aussi lancé des actions contre la Commission. La revendication par Malte d'un quota plus important se base sur le fait que la réduction proposée par la Commission, par rapport à notre demande originale, entravera la croissance économique de notre pays qui est encore dans les faits 'en voie de développement'." (20.08.2007)

CULTURE

Observator Cultural - Roumanie

L'art roumain exposé à Venise

Cette année, le pavillon roumain de la Biennale de Venise présente les oeuvres de quatre artistes dans une exposition baptisée 'Low-Budget monuments'. "Une oeuvre politique," écrit Stefana Sabin. L'exposition tente aussi bien "d'explorer le rôle de l'art public que le rôle public de l'art. Dans quelle mesure un monument peut-il être reconfiguré en un élément artistique qui ne rend hommage ni à une victoire militaire ni à des sacrifices religieux ? Comment un monument peut-il être à l'origine d'un traumatisme collectif et contribuer en même temps à soigner les blessures sociales ? Cristi Pogacean a érigé un obélisque ironique, Mona Vatamanu et Florin Tudor ont lancé un débat sur l'architecture en tant que processus ambivalent de construction et de destruction (...) L'art est présenté à Venise comme nulle part ailleurs cet été. Comme tous les pays ne disposent pas d'un pavillon à la Biennale, de nombreuses expositions sont organisées à travers la ville, dans des palais rénovés, des cafés, des magasins. Ainsi, l'art se fond dans le quotidien et le transforme insensiblement." (21.08.2007)

COULEURS LOCALES

Magyar Hírlap - Hongrie

Un panneau qui dérange Bucarest

Près de 670 000 Sicules, une minorité magyarophone, vivent dans la région roumaine de Transylvanie. Il y a quelques jours, l'Union démocratique des Hongrois de Roumanie (RMDSZ) a installé un panneau à la frontière de ce territoire. Il a rapidement été retiré par les autorités roumaines, au motif qu'il était trop près de la chaussée. Le journal critique cette décision. "L'intégration européenne, les frontières de plus en plus perméables, la liberté accrue des individus et des communautés concernent l'ensemble de l'UE. Toutefois, l'autodétermination sous toutes ses formes fait encore paniquer Bucarest, qui pense immédiatement au séparatisme. (...) Les autorités roumaines ne peuvent même pas tolérer un panneau qui n'a pourtant qu'une valeur symbolique et est encore à mille lieux de l'autonomie. La coopération régionale au-delà des frontières, l'autonomie des régions historiques et la décentralisation font partie des caractéristiques essentielles de l'Union européenne." (21.08.2007)

The Irish Times - Irlande

Les plantes nocives pullulent en Irlande

Le quotidien met en garde contre la prolifération de plantes nocives en Irlande. "Toutes les personnes qui ont quitté Dublin en voiture ces derniers mois ont pu voir d'immenses tâches jaunes le long des routes. Cette couleur vive est due au ' buachalán bui', ou sénéçon, une plante très nocive pour le foie des animaux qui la consomment. Le fait de laisser pousser cette plante sans contrôle constitue, selon la loi sur les mauvaises herbes nocives, une infraction. Il en est de même pour le chardon ou la patience. Et les fermiers, les exploitants ou les autorités locales peuvent donc être sanctionnés. La berce commune géante représente une menace pour les humains. Cette espèce dangereuse et envahissante n'est cependant pas cataloguée parmi les mauvaises herbes nocives. La sève de cette plante abime la peau en la rendant sensible aux ultra-violets, entraînant ainsi une sorte de coup de soleil permanent. Pourtant, alors qu'elle colonise constamment les rives et les canaux, les ministères de la Santé, de la Marine et de l'Agriculture se renvoient constamment la responsabilité de son éradication." (21.08.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Dagens Nyheter - Suède

L'UE néglige la mer Baltique

Le cinquième Festival de la mer Baltique a débuté le 20 août à Stockholm. De nombreuses manifestations autour de l'état alarmant de la mer Baltique sont organisées en marge de ce prestigieux festival de musique classique. Le journal rappelle que sur les neuf pays riverains de cette mer, huit sont membres de l'UE. "L'UE doit être une partie de la solution et non une partie du problème, comme cela a été le cas jusqu'à maintenant. La pêche intensive de la morue est organisée avec la bénédiction de l'Union. Lorsque la Suède a voulu instaurer une interdiction unilatérale de la pêche à la morue, elle en a été empêchée de la manière la plus étrange qui soit (...) C'est Bruxelles qui détient la clef d'une mer Baltique préservée. La Suède doit préparer une stratégie exemplaire pour la mer Baltique au sein de l'UE et rassembler ses forces en prévision de la présidence suédoise à l'automne 2009." (21.08.2007)

 

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