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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 24.08.2007

 

À LA UNE

La résurgence du racisme en Europe

La résurgence du racisme en Europe

 

Des immigrés indiens lynchés par des jeunes en ex-RDA, un nouveau parti d'extrême droite fondé en Hongrie, des polémiques sans cesse renouvelées sur le statut des Roms… La presse européenne s'inquiète, après des accès de violences racistes survenus ces derniers jours.

Extraits des publications suivantes:
die tageszeitung - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Dnevnik - Bulgarie, Der Standard - Autriche

die tageszeitung - Allemagne

L'Allemagne a été choquée par l'attaque raciste menée contre huit Indiens dans la petite ville saxonne de Mügeln le 18 août. Christoph Seils s'interroge sur les causes de cette violence dans l'Est de l'Allemagne. "Après le tournant de 1989, la mise sur pied de structures de la société civile a échoué, et les structures sociales ont été détruites. La transformation de l'Allemagne de l'Est a été dictée par l'Ouest, dont le consensus social ne s'est toujours pas ancré à l'Est. Le NPD [parti d'extrême droite allemand] et de nombreuses camaraderies militantes peuvent ainsi faire leur lit (...) Quiconque souhaite endiguer l'extrême droite et la violence à l'Est doit d'abord protéger le monde fragile de ceux qui ont cédé aux sirènes du NPD, et apaiser leurs craintes. Il doit communiquer avec les gens dans leur propre langue et leur faire entrevoir des perspectives sociales et démocratiques. Cela signifie tout simplement qu'il faut réintégrer les gens dans la société." (24.08.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

En Hongrie, la fondation d'un mouvement d'extrême droite baptisé 'la Garde hongroise' crée la polémique, rapporte Ulrich Schmid. "Il convient de rappeler que la société hongroise n'approuve plus les groupes d'extrême droite depuis déjà quelque temps, et que le pays n'est certainement pas près de sombrer dans l'abîme du nationalisme. (...) Il faut pourtant rester vigilant. Les extrémistes se réorganisent sans cesse, et les démocrates libéraux peuvent s'estimer heureux que les dirigeants de ces groupes soient en règle générale aussi illuminés qu'excentriques, et prompts à se quereller. Toutefois, ce que l'on peut voir pendant les fêtes nationales ou les matchs de football suffit pour inquiéter. L'année dernière, lors des éruptions de violence survenues à l'occasion du 50e anniversaire de l'insurrection contre la domination soviétique, les extrémistes de droite étaient au premier plan, et ils souhaitent se rassembler à l'automne prochain." (24.08.2007)

Dnevnik - Bulgarie

En Bulgarie, un débat fait rage sur le statut de la minorité rom. Ces deux dernières semaines, les incidents se sont multipliés entre Roms et skinheads. Le 21 août, un jeune Rom a été battu à mort par des hooligans. Selon l'écrivain bulgare Georgi Gospodinov, "les Roms sont aujourd'hui victimes de nombreux préjugés, ils ont mauvaise réputation. Même si nous vivons depuis des siècles dans le même pays, nous avons toujours regardé les Roms avec mépris, et les avons toujours isolés dans un coin. (...) Les stéréotypes volent son passé à l'autre, lui ôtent le droit à avoir une histoire, des enfants, une mère, des rêves, des rages de dents et une enfance... On rosse toujours de coups celui qui est différent, mais dont on ne sait pourtant rien." (24.08.2007)

Der Standard - Autriche

Irene Brickner tente d'établir un lien entre les incidents racistes survenus dans différents pays d'Europe. Le racisme fait partie des plus graves problèmes rencontrés par l'UE et les Etats environnants. "Le racisme, qui existe de manière latente dans toutes les populations, a repris du poil de la bête au cours de ces dernières années. C'est désormais un danger qui plane en permanence au-dessus de nombreuses régions d'Europe. (...) Il est nécessaire de définir des règles claires et équitables établissant qui peut séjourner dans l'Union et y travailler, et dans quelles circonstances. Des Etats comme la Grèce, où un quart des immigrants sont des clandestins qui travaillent au noir, alimentent les mécontentements chroniques ; des Etats comme l'Autriche, où la réglementation est extrêmement stricte, rencontrent des problèmes humanitaires. Il est grand temps de lutter ouvertement contre le ressentiment raciste. Sinon, dans des régions comme l'Allemagne de l'Est avec ses 'zones interdites' pour étrangers, l'Europe ne pourra jamais vraiment exister." (24.08.2007)

RÉFLEXIONS

Dziennik - Pologne

Leon Tarasewicz et le déclin polonais

Leon Tarasewicz, l'un des plus grands peintres polonais contemporains, estime que son pays s'enfonce dans la crise. "Autrefois, nous regardions de haut la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie. Aujourd'hui, ces pays se développent plus rapidement que la Pologne. Il suffirait que le système change en Biélorussie pour que nous nous ridiculisions encore davantage, car ce pays pourrait aussi nous dépasser. (...) Lorsque le mot 'patriotisme' est servi à toutes les sauces et qu'il est mis en scène dans la rue à l'occasion de nombreuses commémorations - comme au Moyen-Age sur les foires -, cela ne mène à rien si l'on oublie l'essentiel. Un jeune ne sera fier de son pays que s'il est satisfait par ce qu'il voit autour de lui. Les belles paroles et les considérations anachroniques ne suffisent pas. Il va vraiment falloir se décider à réformer le pays. Sinon, nous risquons de régresser et d'être relégués au rang de province obscure de l'Europe." (23.08.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Wolfgang Koydl et la violence chez les jeunes Britanniques

Mercredi soir, un enfant de onze ans a été tué par balles à Liverpool. Ce meurtre, le nouveau d'une longue série, relance le débat sur les gangs et la montée de la violence chez les jeunes Britanniques. Wolfgang Koydl analyse ce phénomène. "La société britannique a traditionnellement un rapport faussé avec sa progéniture. 'Quand un enfant est bien élevé, on le voit, mais on ne l'entend pas', rappelaient déjà les précepteurs de l'époque victorienne. Cette attitude n'a pas beaucoup évolué. Toutefois, l'éloignement détruit la famille et, associé au délabrement des autorités traditionnelles, est à l'origine de la crise sociale qui conduit les adolescents désoeuvrés, incompris et brutalisés à des accès de violence. (...) Dès l'âge de dix ans, les enfants britanniques sont pénalement responsables. (...) A cet âge, lorsque leurs parents en ont les moyens, ils sont envoyés dans des pensions coûteuses. Cela leur garantit une carrière, mais prive ces futures élites d'une vie de famille. Les enfants des bénéficiaires de l'aide sociale subissent le même sort, qui voient leurs parents passer leur temps entre le pub et la télévision." (24.08.2007)

POLITIQUE

Diário de Notícias - Portugal

Le Kosovo va marquer la présidence portugaise

L e quotidien commente la visite à Pristina de Luis Amado, ministre des Affaires étrangères portugais, mercredi 22 août. "Les Kosovars savent qu'ils peuvent compter sur l'appui des Etats-Unis depuis la guerre de 1999, les Serbes ont, eux, la sympathie de la Russie. (…) L'Union européenne sera probablement charger de trouver une solution qui sauve la face de toutes les parties. A Pristina, Luís Amado a affirmé que l'UE devait assumer des 'responsabilités importantes' dans la quête d'une solution. Un dossier préoccupant pour le ministre, le Kosovo pouvant marquer la présidence portugaise de l'UE. Une déclaration unilatérale d'indépendance laisserait la Serbie se sentir comme l'éternelle mal-aimée de l'Europe et ébranlerait ses gouvernants pro-UE, en plus de défier Moscou. Au contraire, une sortie négociée, avec des concessions accordées à la Serbie et la promesse d'une future adhésion à l'UE, serait un motif de satisfaction. Ou permettrait au moins de pousser un soupir de soulagement". (23.08.2007)

La Tribune - France

Angela Merkel, une chancelière populaire

A mi-mandat, la chancelière allemande Angela Merkel jouit d'une popularité sans précédent. L'éditorialiste François-Xavier Piétri s'en étonne : "Qui, à l'automne 2005, aurait parié un euro sur Angela Merkel ? Personne, ou presque, tant son accession au pouvoir avait été laborieuse. (…) Voilà, moins de deux ans plus tard, une femme qui rassemble autour d'elle les suffrages des trois quarts de ses compatriotes, satisfaits de son action. (…) La solidité de ce succès ? Elle se mesure avant tout à l'aune de la robustesse de l'économie allemande. (…) La donnée du jour, c'est le premier excédent public affiché par l'Allemagne depuis, justement, cette réunification. Pas mal, pour une nation qui a longtemps enfreint les règles du pacte de stabilité. (…) Ces réussites sont d'abord dues aux réformes impopulaires engagées par Gerhard Schröder, au prix de sa réélection. En son temps, Tony Blair avait aussi engrangé ses premières réussites grâce à... l'intransigeante Margaret Thatcher." (24.08.2007)

Corriere della Sera - Italie

Silvio Berlusconi lance un nouveau parti

L'historien italien Ernesto Galli della Loggia s'intéresse au 'Parti de la Liberté' que Silvio Berlusconi est en train de créer avec Michela Vittoria Brambilla. Celle-ci est la présidente des 'Clubs de la Liberté', des associations de jeunes entrepreneurs liées à Forza Italia, le parti actuel de l'ancien Premier ministre italien. "L'initiative [de Berlusconi] montre que Forza Italia était un parti artificiel, et qu'il l'est resté : il n'y a pas d'adhérents, pas de cadres, pas de débats (...). Il n'y a que le chef, et il est chef pour une seule raison : il a les chaînes de télévision et beaucoup d'argent (...). Dans quel autre pays serait-il possible que le président d'un parti en fonde un autre en cachette, sans en parler à personne, et en choisissant pour le gérer une personne de confiance ? (...) La manœuvre de Berlusconi est une tentative pour sortir le centre-droit de l'impasse, en choisissant de fonder un nouveau parti au lieu de réfléchir aux problèmes politiques de sa coalition." (23.08.2007)

La Libre Belgique - Belgique

La Belgique attend toujours son gouvernement

Yves Leterme a finalement jeté l'éponge, le 23 août. Le chrétien-démocrate flamand avait été chargé par le Roi de former le nouveau gouvernement belge, après les législatives de juin. Il a échoué à concilier les revendications des Flamands et des Wallons, regrette l'éditorialiste Michel Konen. Yves Leterme "n'était pas l'homme de la situation. (…) Il avait trop de confiance en lui-même et pas assez la confiance des autres. Cette démission met aussi en cause la stratégie flamande : le passage en force. (…) Mais l'échec de Leterme ne doit réjouir personne. Il illustre la profonde divergence entre la Flandre et la partie francophone du pays quant à l'avenir de l'Etat belge. Nul ne doit se faire d'illusions : la partie va reprendre, plus dure, plus âpre. (…) En 2007, il doit être possible, au sein d'une convention regroupant l'ensemble du monde politique, en se situant au-delà des médiocrités partisanes, en songeant au bien commun, de réinventer, de réécrire ce pays qui est le nôtre !" (24.08.2007)

ÉCONOMIE

Delo - Slovénie

La Deutsche Bahn lorgne sur la Slovénie

La Deutsche Bahn et l'Etat slovène sont actuellement en négociation pour la fondation d'une holding, 'DB Slovenia'. La compagnie ferroviaire allemande souhaite manifestement exercer une influence décisive sur la société de logistique slovène Intereuropa, les chemins de fer slovènes SZ et l'infrastructure ferroviaire nationale. Ales Stregar est favorable à cette coopération. "La modernisation de l'infrastructure ferroviaire coûtera au moins neuf milliards d'euros. Une somme que l'Etat n'a pas. (...) Nous ne pourrons pas, seuls, mener ce projet à terme. C'est pourquoi l'Etat négocie avec la Deutsche Bahn, qui est surtout intéressée par une percée vers le Sud-Est. On craint que la Slovénie ne vende à prix bradés. Mais vendre quoi ? Son vieux réseau de chemin de fer ? Une infrastructure à laquelle personne ne s'est intéressé depuis un demi-siècle ? Une entreprise de transport que n'importe quel concurrent peut acquérir facilement ?" (23.08.2007)

MÉDIAS

The Guardian - Royaume-Uni

Les seniors représentent l'avenir d'Internet

Ofcom, l'organisme de régulation des services audiovisuels en Grande-Bretagne, a calculé que les internautes de plus de 65 ans - qu'il appelle des 'Silver surfers' - passent plus de temps sur la Toile (42 heures par semaine) que n'importe quelle autre classe d'âge. Victor Keegan, qui suit pour le quotidien l'actualité du secteur, réagit : "Les sites de rencontres comme Facebook offrent aux personnes âgées une opportunité à ne pas manquer. Ils font fureur chez les jeunes, mais c'est quand les gens vieillissent et s'isolent socialement - quand les relations de travail s'estompent et qu'il devient difficile de voyager - qu'ils ont le plus besoin de tels réseaux. Les seniors ne veulent pas d'un ghetto créé spécialement pour eux et qui leur dirait : 'Si vous êtes vieux, venez sur ce site'; ils veulent continuer à échanger avec leurs amis, mais aussi entrer en contact avec d'autres internautes qui partagent leurs centres d'intérêt, quel que soit leur âge. Vous pouvez avoir le même âge qu'une autre personne, mais cela ne constitue pas un centre d'intérêt commun. Les sites de rencontre ouvrent aussi de nouveaux espaces d'action politique auxquels les 'Silver surfers' auront du mal à résister. Un tiers des Britanniques en âge de voter ont plus de 55 ans, et ils sont deux fois plus nombreux que les jeunes à se rendre aux urnes." (24.08.2007)

Fokus - Suède

Les téléchargements illégaux sont une forme de désobéissance civile

Environ 20 % des adultes suédois téléchargent illégalement de la musique sur Internet. Un projet de loi devrait désormais permettre aux détenteurs des droits de demander aux fournisseurs d'accès à internet (FAI) de leur livrer l'identité exacte des personnes qui diffusent leurs oeuvres illégalement sur le réseau – sans avoir à passer par la police ou par le Parquet comme c'est actuellement le cas. Pour Martin Adahl, ce ne sont pourtant pas les "voleurs de musique" qui posent problème, mais plutôt les "grands distributeurs de musique et de films". "Ils possèdent l'ensemble de la musique du XXe siècle et, via des contrats avec les artistes, la grande part de la musique de notre siècle. (...) Cet oligopole vole à la fois les artistes et les consommateurs. (...) Dans ces circonstances, la désobéissance civile semble être la seule issue. Il est grand temps que l'industrie de la musique et du cinéma se réveille. Le secteur doit revoir son modèle et réduire ses marges. Et arrêter de chercher à faire passer des millions de jeunes pour des criminels." (24.08.2007)

CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

L'histoire russo-polonaise entre en scène

Le théâtre 'Ad Spectatores' de Wroclaw (sud-ouest de la Pologne) met en scène une pièce intitulée '1612', qui est le fruit d'une collaboration avec le collectif moscovite 'Teatr.doc'. Elle a pour thème la victoire, le 4 novembre 1612, de l'armée russe sur les Polonais qui occupaient Moscou, en plein coeur de la guerre russo-polonaise (1609-1618). Dans un entretien avec Joanna Dekaczew, le metteur en scène Krzysztof Kopka explique que la pièce est une réponse aux différends actuels sur l'interprétation de l'histoire entre la Pologne et la Russie. "Il y a deux ans, la Russie a déclaré le 4 novembre 'Jour de l'indépendance nationale', mais il y a tout juste trois ans, personne ne connaissait la signification de cette date. Seuls les historiens spécialisés dans l'histoire du XVIIe siècle connaissaient (…) les modalités de l'expulsion des Polonais hors du Kremlin. Nous voulons nous affranchir d'une histoire déformée et utiliser notre sensibilité et notre capacité d'empathie pour brosser le portrait de ces deux sociétés en guerre." (24.08.2007)

COULEURS LOCALES

El País - Espagne

'Little England' en Espagne

Plus d'un million de Britanniques ont choisi de s'installer en Espagne. Le journaliste Joseba Elola s'est rendu dans la petite ville ibérique de San Fulgencio pour comprendre ce phénomène. "Vivre bronzé et en short, travailler en tongues. Vérifier ses e-mails, prendre un petit café, passer quelques coup de fils, piquer une tête dans la piscine... Colin Smalley l'a vite compris : vive le télétravail, vive l'Espagne. Adieu, tristes nuages de Middlesbrough, et bienvenue à San Fulgencio. Depuis deux ans et demi, cet entrepreneur anglais de 55 ans habite une maison avec piscine dans la nouvelle zone urbaine de La Marina, qui en dix ans a encerclé le village de San Fulgencio. Selon l'Institut espagnol de la statistique, 48,8 % de la population de la ville est britannique. Au point que les jeunes du coin l'ont baptisée la 'Petite Angleterre'." (24.08.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Woxx - Luxembourg

Les élites européennes séduites par le créationnisme ?

En juin, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a refusé de ratifier un rapport sur les dangers du créationnisme dans l'éducation. Laurent Mignon, professeur de littérature turque à l'université de Bilkent (Ankara), s'en offusque : "Il est important de souligner que ce sont des membres issus des élites gouvernementales et bureaucratiques européennes qui se font les propagateurs de ces thèses [créationnistes]. A une époque où le moindre écart de langage d'un imam de quartier dans les banlieues ouvrières de Birmingham, Marseille ou Berlin est mis en exergue par les médias et considéré comme un danger pour le mode de vie occidental, il est bon de ne pas oublier que dans les beaux salons des institutions européennes à Bruxelles, Strasbourg et Luxembourg, ce sont des parlementaires, commissaires et bureaucrates qui dilapident l'héritage des luttes sociales et intellectuelles qui ont marqué le XIXème et une grande partie du XXème siècle sur le vieux continent." (24.08.2007)

 

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