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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.10.2007

 

À LA UNE

EADS rattrapé par une affaire de délit d'initiés

EADS rattrapé par une affaire de délit d'initiés

 

La plupart des dirigeants de la firme aéronautique EADS et ses principaux actionnaires privés Lagardère et Daimler Chrysler auraient procédé à des ventes massives d'actions en 2005 et 2006 par crainte d'une dévaluation future du titre. Ils auraient été au courant des retards pris dans la construction des avions A380 et A350, fabriqué par la filiale Airbus d'EADS. L'Etat français, également actionnaire, était aussi au courant des turbulences à venir. C'est ce qu'affirme une note de l'Autorité des marchés financiers (AMF) a été révélée mercredi 3 octobre par le quotidien français Le Figaro, une dizaine de jours après que le Parquet de Paris l'ait reçue.

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Les Echos - France

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Michael Kläsgen doute que l'éventuel délit d'initiés au sein d'EADS puisse être juridiquement prouvé. "Les enquêteurs ne seront pas en mesure de déterminer la date à partir de laquelle il a été établi de manière irrévocable en interne qu'il y aurait des retards de livraison. Ils ne pourront pas non plus établir de rapport entre la vente des actions et la présumée connaissance des problèmes. Ils ne pourront jamais prouver non plus que les prétendus initiés étaient en mesure de deviner que la divulgation de ces retards entraînerait une chute des cours de 26 pour cent (...) Le parquet commence toujours par une enquête. Mais même si une procédure devait être engagée, elle ne débouchera sur aucune condamnation, malgré la plausibilité et la nature répréhensible des faits." (04.10.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Pour Andreas Uhlig, "le scandale du délit d'initiés qui frappe le groupe de défense et d'aéronautique EADS prend une tournure effrayante. Seuls quelques membres de la direction semblent blancs comme neige, tels Louis Gallois, le nouveau président qui occupe désormais seul la tête du groupe, et le directeur financier Hans Peter Ring. (...) Daimler Chrysler est également en mauvaise posture. Si les soupçons qui pèsent contre elles se confirmaient, certaines personnes pourraient être condamnées à des peines de prison de deux ans et au versement d'une amende d'au moins 1,5 million d'euros et d'une somme au maximum dix fois supérieure aux bénéfices indûment perçus. En outre, toute la direction du groupe devrait être renouvelée. Les deux principaux actionnaires privés sont également discrédités, si bien qu'outre la direction, l'actionnariat devra également passé au crible." (04.10.2007)

Les Echos - France

Patrick Lamm que les actionnaires privés ne sont pas les seuls mis en cause dans cette affaire. "[L'Etat français] n'est pas au-dessus de tout soupçon. Car informé des difficultés d'Airbus, il n'a pas joué le rôle d'alerte que ses responsabilités d'actionnaire auraient dû lui faire jouer. Plus généralement, il a mis en place et aggravé par des décisions souvent à caractère politique une gouvernance qui s'est très vite révélée être le talon d'Achille d'EADS. (...) Ces derniers développements incitent en tout état de cause à revoir d'urgence la gouvernance d'EADS et à recomposer son tour de table. Les actionnaires 'historiques', qui ne sont plus motivés, devraient être incités à passer très vite la main. Il n'est pas certain que le groupe ait d'ailleurs besoin à l'avenir d'actionnaires de référence. Une 'golden share' devrait suffire à le mettre à l'abri des convoitises." (04.10.2007)

RÉFLEXIONS

Elsevier - Pays-Bas

Leon de Winter défend Ayaan Hirsi Ali

L'ex-députée néerlandaise d'origine somalienne Ayaan Hirsi Ali a dû rentrer aux Pays-Bas lundi 1er octobre, car les autorités néerlandaises ne voulaient plus payer pour sa protection si elle prolongeait son exil aux Etats-Unis. L'écrivain néerlandais Leon De Winter réagit. "La société doit supporter les frais de cette protection, car la liberté d'expression, un des piliers de notre culture, est remise en cause. (...) Les frais de cette protection ne sont rien par rapport au but poursuivi : la continuité de nos valeurs. Le cas d'Ayaan Hirsi Ali est spécial. Elle a été menacée à l'époque en tant que citoyenne néerlandaise et députée pour avoir manifesté ses opinions au sujet de l'islam politique. (...) Il semble que le gouvernement néerlandais refuse de protéger l'une des plus importantes combattantes pour la liberté dans l'islam pour des raisons budgétaires. Combien nous coûte les partis de chasse de notre maison royale ?" (04.10.2007)

Libération - France

Hitler était habité par le Diable selon Norman Mailer

Philippe Grangereau interroge l'écrivain américain Norman Mailer sur sa vision d'Hitler, habité selon lui par le Diable. "Joseph Staline était un homme horrible, cruel, dangereux, mais tout ce qu'il a fait reste néanmoins dans les limites de l'entendement humain. Le massacre ne le faisait pas ciller. Mais on peut concevoir comment un homme tel que lui a pu être enfanté par son époque, par certaines circonstances historiques intenses et exigeantes. On est dans le pire, mais on reste dans la sphère de la nature humaine. Par contre, on ne peut pas comprendre Hitler. Hitler est une métaphore. Il tuait comme un poète, au travers de métaphores. Il a décidé que les Juifs étaient un virus, et qu'il fallait les éliminer pour sauver la civilisation. Staline, lui, tuait avec ses tripes : ce type est mon ennemi, il faut l'éliminer. (...) Pour [Hitler], tuer les Juifs était plus important que de gagner la guerre. Il était habité par le Démon, et on ne peut pas expliquer ça autrement." (04.10.2007)

POLITIQUE

The Guardian - Royaume-Uni

Le Royaume-Uni ne peut pas se passer de l'UE

Timothy Garton Ash critique les discours prononcés au Congrès du parti conservateur par David Cameron, dirigeant du parti et son prédécesseur William Hague. Selon lui, ils ont volontairement éludé le fait que "pour servir nos intérêts nationaux aujourd'hui, le Royaume-Uni a presque invariablement besoin de travailler à travers des alliances et des institutions internationales, en commençant par l'UE. Ce n'est pas une question de vague internationalisme ou de sentiment pro-européen ; c'est un calcul simple et réaliste de la distribution actuelle du pouvoir. (...) Attaquer l'Europe peut aider à rallier les troupes et attirer les électeurs indécis dans une élection anticipée, s'il y en a une. Mais une fois au gouvernement, il y aura souvent pas d'autres moyens pour atteindre les buts qu'ils revendiquent, et ils le savent. Alors que cette tactique peut être électoralement payante, elle est aussi profondément malhonnête. Elle est, en résumé, un gros mensonge pour le peuple britannique." (04.10.2007)

La Vanguardia - Espagne

L'Espagne s'interroge sur le voile à l'école

Les autorités catalanes ont permis a une petite fille de 8 ans de se rendre à l'école voilée, contrairement aux règles de l'établissement. Pour le quotidien de Barcelone, "en Catalogne, il existe de nombreuses écoles où le problème s'est posé et a pu être résolu de manière raisonnable par l'école elle-même. (...) L'attitude des parents de Shaima, qui se sont fermés à toute possibilité de dialogue ou de médiation, doit être dénoncée. La menace de ne plus amener la petite à l'école est inacceptable. Les parents ont des droits, mais aussi des devoirs, dont le respect des règles de scolarisation des enfants. Afin d'éviter que ne se reproduisent des cas similaires, certains défendent la nécessité d'une législation qui définisse les droits et devoirs. Le bon sens dicte que dans des questions qui concernent les croyances des personnes, il est préférable que la solution soit trouvée par la voie du dialogue, et ce ne soit qu'en dernier recours que les autorités imposent la solution." (04.10.2007)

Der Standard - Autriche

L'Autriche refuse toujours de s'ouvrir à l'Est

D'ici à la fin de l'année, les contrôles aux frontières tchèques, polonaises, slovaques, slovènes et hongroises devraient disparaître. En effet, ces pays, membres de l'UE depuis 2004, entreront dans l'espace Schengen le 1er janvier prochain. L'armée autrichienne continuera toutefois de patrouiller quelques kilomètres à l'intérieur du pays. En outre, le marché du travail autrichien restera interdit à la main-d'oeuvre d'Europe de l'Est. Alexandra Föderl-Schmid est indignée. "L'Autriche devrait rencontrer des difficultés avec la Commission européenne au moment de la réforme de la réglementation du marché du travail en 2009. La Commission voudra qu'elle justifie le maintien des clauses protectionnistes. (...) Les bénéfices de la chute du rideau de fer sont mis à profit dans le domaine économique, mais dans le domaine politique, l'Autriche n'a pas encore réussi à s'imposer comme une force d'intégration en Europe centrale." (03.10.2007)

Standart - Bulgarie

Les électeurs bulgares trop influencés par les sondages

Selon Martin Karbovski, une tendance inquiétante se dessine à l'occasion des élections municipales en Bulgarie : les électeurs se laissent influencer par les sondages d'opinions organisés par les partis. "Les politiciens achètent des instituts de sondage et privent ainsi les électeurs d'une vue d'ensemble sur l'information. Les prévisions de la plupart des sondages ne servent qu'à les désorienter un peu plus. Ils sont devenus des bookmakers, qui assoient le monopole des grands acteurs de la vie politique et sociale (...) Les stratèges politiques, les experts des relations publiques et de la publicité et les médias doivent normalement déployer des efforts surhumains pour conquérir l'opinion publique. Les politiciens se sont épargnés cette peine et ont acheté directement le produit final." (02.10.2007)

Pravda - Slovaquie

Slovaquie du sud ou Hongrie du nord ?

Le président hongrois Laszlo Solyom s'est rendu à titre privé en Slovaquie du Sud, dans laquelle vivent de nombreux membres de la minorité hongroise. Pour le commentateur Dag Danis, cette visite est "une provocation. Solyom ne considère pas la Roumanie et la Slovaquie comme des pays voisins, mais comme des provinces hongroises. En outre, sa visite en Slovaquie survient en pleine période de boycott des partenaires slovaques par la politique hongroise. Si Solyom avait voulu faire un geste amical, il aurait pris le temps de rencontrer son homologue slovaque Ivan Gasparovic. Mais il ne s'est pas donné cette peine. Il s'en est justifié en expliquant qu'il ne visitait pas le sud de la Slovaquie, mais le nord de la Hongrie. Ce faisant, il a dépassé les limites de la bienséance." (04.10.2007)

ÉCONOMIE

Dala-Demokraten - Suède

La privatisation des entreprises publiques est-elle souhaitable ?

La banque d'investissement suédoise Carnegie a été récemment frappée par un scandale financier. L'autoriét financière de Suède l'a condamnée vendredi 28 septembre à une amende de 5,4 millions d'euros pour avoir surestimé les résultats de ses opérations financières entre 2005 et 2007. Cette banque était chargée de conseiller le gouvernement conservateur suédois sur la vente des entreprises publiques. Göran Greider espère que ce scandale "va conduire à débattre de la question suivante : est-il bon de vendre les entreprises publiques ? (...) Je crois que de nombreux électeurs conservateurs voient d'un oeil sceptique le projet de bazarder l'argenterie en contrepartie de bénéfices à court terme. (...) Les biens publics donnent au Parlement et au gouvernement un aperçu du fonctionnement des entreprises et des marchés. Cela permet d'éviter que [les politiciens] ne s'en remettent entièrement aux conseillers économiques. Les biens publics constituent un moyen de pression lorsque les mécanismes du marché, dans le secteur de la banque par exemple, ne sont plus efficaces." (04.10.2007)

MÉDIAS

El Mundo - Espagne

Les jeunes socialistes espagnols provoquent les conservateurs

Les jeunes socialistes espagnols (JSE) ont réalisé un clip dans lequel ils se moquent des critiques systématiques du Parti populaire (opposition conservatrice) à l'encontre des projets du gouvernement socialiste. Le quotidien conservateur réagit vivement dans un éditorial. "Il est ironique que les jeunes socialistes ait intitulé 'pour la coexistence' leur campagne de promotion [pour que 'l'éducation à la citoyenneté' soit intégrée au programme scolaire], car leur message, loin de promouvoir la compréhension de ceux qui pensent différemment, ridiculise tous les jeunes du PP en les montrant comme des jeunes snobs, machistes, ignorants et réactionnaires. (...) Le plus triste est de constater que les jeunes générations des partis, au lieu de faire mieux que leurs aînés, se consacrent uniquement à copier leurs pires défauts et à reproduire les stéréotypes les plus dépassés." (04.10.2007)

CULTURE

The Independent - Royaume-Uni

La culture européenne dans une exposition à Bruxelles

"La ville de Bruxelles est sur le point d'accueillir la plus grande exposition d'art européen jamais vu sur ce continent, une exposition qui vise à montrer comment son héritage culturel est vraiment 'commun,'" écrivent les critiques d'art Rachel Shields et Arifa Akbar à propos d'une exposition au Palais des Beaux-Arts Bozar. "'Le Grand Atelier : Chemins de l'art en Europe du Ve au XVIIIe siècle' rassemble des chef-d'oeuvres venus de 150 musées pour la première fois dans la plus grande exposition collaborative de l'histoire de l'Europe. L'événement vise à montrer comment les milieux artistiques européens se sont construits dans un climat d'échange depuis la fin de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française. Cette exposition est tenue à l'occasion des 50 ans du Traité de Rome qui a mené à la formation de l'Union européenne." (04.10.2007)

COULEURS LOCALES

Vasabladet - Finlande

Le bilinguisme bénéfique d'un point de vue économique

Kenneth Myntti plaide en faveur du développement du bilinguisme dans la région finlandaise d'Österbotten et cite l'exemple du Tyrol du Sud. "Là-bas, le bilinguisme, ou plus exactement, le plurilinguisme, est surtout utile aux secteurs du tourisme et de l'agriculture, notamment de la viticulture, car à l'époque des récoltes, il existe un fort besoin de main-d'oeuvre saisonnière d'origine étrangère. La vie quotidienne se déroule sans heurts dans le Tyrol du Sud, mis à part quelques exceptions politiques. Les quotas linguistiques imposés par la politique communale permettent aux deux groupes linguistiques de bénéficier des mêmes conditions. (...) Quelle leçon devons-nous en tirer ? Evidemment, des conflits peuvent surgir entre les différents groupes, car leurs racines sont très profondes. Mais il existe également de nombreux exemples dans le monde qui prouvent que les territoires plurilingues et multiculturels bénéficient de meilleures opportunités économiques que les territoires monolingues et isolés." (04.10.2007)

Corriere della Sera - Italie

Un os dans la réunification allemande

Est contre ouest, l'Allemagne est aujourd'hui divisée à cause de ses chiens, note le journaliste Danilo Taino. "Hier [mercredi 3 octobre] l'Allemagne a célébré l'anniversaire de sa réunification. Et si depuis 1990 les humains ont commencé, du moins un peu, à se sentir frères, cela ne vaut pas pour les chiens. Particulièrement pour les bergers allemands, orgueil national des Landers de l'ouest comme ceux de l'est. Le débat au contraire est toujours plus aigu et il n'y a rien de plus attrayant qu'une journée qui exalte l'Allemagne réunie pour le relancer. Quelle race est la meilleure ? Celle qui est issue du capitalisme ou celle du socialisme ? (...) En réalité le débat n'est pas seulement idéologique, dans le business des bergers allemands, ces derniers temps, le filon génétique oriental semble rencontrer un certain succès." (04.10.2007)

 

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