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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 05.10.2007

 

À LA UNE

Le Kosovo, une menace pour la paix en Europe

Le Kosovo, une menace pour la paix en Europe

 

Les pourparlers directs entre Serbes et Kosovars à New York la semaine dernière n'ont pas permis d'avancées majeures sur le statut de la province. Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica s'est pour sa part rendu devant le Conseil de l'Europe mardi 2 octobre à Strasbourg afin de plaider contre l'indépendance du Kosovo. Les commentateurs européens estiment que la résolution de cette crise tarde trop, au point de mettre en péril la paix dans les Balkans.

Extraits des publications suivantes:
Le Monde - France, Delo - Slovénie, ABC - Espagne, Open Democracy - Royaume-Uni

Le Monde - France

Le chroniqueur d'affaires européennes Thomas Ferenczi considère que parmi les difficultés rencontrées par l'UE dans les Balkans, "la question la plus délicate reste celle du Kosovo. L'avenir européen de la Serbie, explique un haut fonctionnaire, est 'pris en otage' par la controverse sur le futur statut de la province. Son issue, disent les négociateurs, est 'cruciale' pour la stabilité et la sécurité des Balkans. (...) Seize ans après le début des guerres qui ont ensanglanté l'ancienne Yougoslavie, leurs conséquences continuent de peser sur les Balkans. Les Européens, qui n'ont pas su empêcher ces drames, considèrent avec raison que la seule manière de faire pièce aux nationalismes est d'offrir aux Etats de la région une perspective d'adhésion. (...) Bruxelles ne doit pas laisser la situation se dégrader. Le statu quo serait la pire des solutions." (05.10.2007)

Delo - Slovénie

Drago Flis, spécialiste de l'Albanie et du Kosovo, plaide en faveur d'une résolution rapide de la question du statut de la province serbe. "Il n'y a plus aucune raison (...) de retarder la décision sur l'indépendance du Kosovo. (...) Il faut toutefois tenir compte du fait que la reconnaissance internationale des nouveaux Etats tarde toujours à venir. Si le Kosovo était reconnu par les Etats-Unis et la majorité des pays membres de l'UE, cela contribuerait à faire avancer le processus d'isolement de la province." (05.10.2007)

ABC - Espagne

"Dans les Balkans, la guerre a été gagnée, le génocide lancé par Milosevic stoppé, une opportunité a été donnée à la Serbie d'emprunter la voie de la civilisation et de la démocratie, qui lui a ouvert la porte de l'Europe", rappelle le chroniqueur Hermann Tertsch. "Mais ce qui s'est passé en Irak et en Afghanistan montre que dans les Balkans aussi, il est possible de perdre la paix après avoir gagné la guerre, même 18 ans après. L'histoire européenne est pleine d'exemples où ces périodes de flottement s'avèrent de simples trêves avant que le conflit ne reprenne. Et ce scénario paraît d'autant plus probable au Kosovo, à voir les peurs que génèrent son éventuelle indépendance, comme l'illustre la résistance croissante au plan de l'ancien président finlandais Marti Ahtisaari." (04.10.2007)

Open Democracy - Royaume-Uni

Le sociologue Eric Gordy souligne que "la rhétorique employée par le gouvernement serbe à propos du Kosovo continue de faire dans la surenchère", mais que l'objectif poursuivit "n'est pas d'influencer le compromis attendu, ni de protéger les Serbes qui vivent toujours au Kosovo. Si le gouvernement serbe s'inquiétait de leur sort, il aurait un nombre infini d'enjeux à discuter avec les négociateurs kosovars, de la protection de sites religieux et culturels, la liberté de mouvement et le droit au retour, la résolution des conflits en matière de propriété, des garanties en matière de représentation des minorités au gouvernement local, et la prévention des irruptions de violence contre les populations serbes. Bien que le gouvernement serbe ait agité ces enjeux de manière rhétorique, il a peu fait pour qu'ils soient discutés dans le détail." (05.10.2007)

RÉFLEXIONS

Courrier International - France

Philippe Thureau-Dangin sur la démocratie

Le directeur de la rédaction Philippe Thureau-Dangin estime que "Fukuyama avait raison sur ce point : le nombre de pays dits 'démocratiques' ne cesse d'augmenter. Il est évidemment plus élevé qu'en octobre 1989, à la veille de la chute du mur de Berlin. (...) De fait, on n'a jamais autant organisé d'élections libres – ou presque libres – dans le monde. Doit-on pour autant se réjouir ? Pas si vite ! Il y a, hélas, encore un fossé entre démocratie formelle et démocratie réelle. Au Nord comme au Sud, l'argent achète les voix et contrôle les médias. Et les dynasties politiques, comme une ruse de l'Histoire, s'installent au cœur des 'démocraties'. (...) Bien sûr, on peut se contenter de la définition minimale proposée par Karl Popper. Pour ce philosophe libéral, la démocratie n'est que la possibilité offerte au peuple de temps à autre de 'réfuter les hommes en place', autrement dit de sortir les sortants." (04.10.2007)

die tageszeitung - Allemagne

Victor Chenderovitch à propos de la stabilité en Russie

La semaine dernière, le président russe Vladimir Poutine a exprimé son intention de rester sur la scène politique après les prochaines élections. Dans un entretien réalisé par Klaus-Helge Donath, l'auteur satirique Victor Chenderovitch explique ce que Vladimir Poutine entend par 'stabilité', son terme de prédilection. "Il existe plusieurs formes de stabilité. Un arbre est stable : il vit, certaines de ses branches meurent, d'autres poussent. C'est la stabilité par le changement. En revanche, notre stabilité est semblable à celle d'une morgue, où les morts restent toujours à la même place, une étiquette accrochée aux orteils. Rien ne se passe, tout est inanimé. Mais tout le monde sait où sont rangées les étiquettes, et où se trouve la place des cadavres. En Russie, la stabilité est synonyme d'absence de politique, et il règne la même atmosphère que dans une chambre froide." (05.10.2007)

POLITIQUE

Rzeczpospolita - Pologne

Controverse autour de la commémoration du massacre de Katyn

Le parti actuellement au pouvoir à Varsovie le PiS (Droit et Justice) est accusé d'exploiter le souvenir des victimes du massacre de Katyn pour sa campagne électorale. Le réalisateur Andrzej Wajda, du film 'Katyn', a écrit une lettre au président Lech Kaczynski, pour lui demande der reporter après les élections la cérémonie de commémoration prévue le week-end prochain à Varsovie. Le président polonais a décidé d'accéder à sa demande ce qui lui vaut les éloges d'Igor Janke. "Sa politique vis-à-vis de l'histoire est le meilleur aspect de sa présidence. (...) Les tombeaux jouent un rôle tout aussi important que le développement économique dans la vie d'une nation normale. L'idée de commémorer le meurtre des officiers polonais de manière spectaculaire est excellente et mérite certainement d'être mise en œuvre. Mais programmer ces cérémonies aussi près des élections a éveillé des émotions superflues. Il n'est pas souhaitable que les célébrations commémorant cette tragédie polonaise se mêlent à la machinerie impitoyable de la campagne électorale." (05.10.2007)

Dnevnik - Bulgarie

Les enseignants bulgares en grève

Selon Georgi Gospodinov, la grève des enseignants bulgares débutée il y a dix jours ne concerne pas seulement l'augmentation des salaires et la réforme de l'éducation. "Les enseignants se trouvent du côté obscur de la société bulgare. Ils tentent de sortir de l'ombre en descendant dans la rue, en radicalisant la grève. (...) Car il existe une Bulgarie parallèle, qui rassemble de personnes dont les journaux de parlent jamais, sauf en cas d'incendie, d'inondation ou de meurtre. Cette autre Bulgarie se compose de couturières, de femmes de ménages, de gardiens de musée, qui travaillent pour un salaire minimal, sans aucun droit et avec de faux papiers d'assurance. (...) Par leurs revendications salariales, les enseignants montrent qu'ils veulent être respectés." (05.10.2007)

Lidové noviny - République tchèque

La Slovaquie et la Hongrie doivent prendre exemple sur les relations germano-tchèques

Luboš Palata compare le conflit concernant les décrets Benes (sur les minorités vivants en ex-Tchécoslovaquie) qui oppose actuellement Slovaques et Hongrois avec le processus de réconciliation entamé il y a dix ans par la République tchèque et l'Allemagne. Dans la déclaration bilatérale de 1997 entre Prague et Berlin, "il a été clairement précisé que l'histoire ne doit pas peser sur le présent ni sur l'avenir, quelle que soit la valeur qu'on lui accorde. (...) Cette déclaration a permis de dédommager les victimes tchèques du nazisme, et les jeunes des deux pays ont pu recevoir des subventions pour leurs actions communes. En outre, des forums de discussion destinés aux Sudètes et aux Tchèques ont été créés. (...) Malgré tous les problèmes, les Sudètes constituent le lien le plus solide entre les Tchèques et les Allemands. (...) Les Slovaques et les Hongrois ne voient pas du tout la minorité hongroise de cet oeil." (05.10.2007)

ÉCONOMIE

The Economist - Royaume-Uni

La réponse mitigée de l'Europe face au commerce chinois

L'hebdomadaire nous informe que "les dirigeants politiques européens affûtent leurs armes en vue d'une nouvelle grande bataille au sujet de la concurrence internationale : la Chine. (...) Les camps vont rapidement se former. Sans surprise, la France est susceptible de mener le front des partisans de la 'réciprocité négative': c'est-à-dire, claquer la porte aux importations chinoises à moins que la Chine ne se soumette aux demandes de l'UE. Le Royaume-Uni adoptera le point de vue opposé, en argumentant que l'ouverture des marchés est souhaitable en elle-même. Les responsables britanniques sont hostiles aux appels contre les 'fonds souverains' riches de l'argent de gouvernements étrangers, y voyant une forme déguisée de protectionnisme. L'Allemagne pourrait être l'élément indécis dans ces discussions. Pourtant en dépit de la raison économique, on pourrait argumenter qu'il pourrait devenir politiquement impossible pour Bruxelles d'apparaître inactif face à la Chine sans endommager davantage le fragile soutien au marché libre. Déjà, des plaintes au sujet des produits chinois vendus à perte occupent les discussions de manière démesurée." (05.10.2007)

MÉDIAS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Radiohead pionnier de la révolution numérique

Le groupe britannique Radiohead ne souhaite pas sortir son album via une maison de disque ou un portail MP3 comme iTunes, mais le diffuser sur son propre site web. Quiconque voudra télécharger des titres ou l'album entier pourra verser ce qu'il veut. Selon le journal, cette initiative marque un nouveau tournant dans la révolution numérique. "Dans la théorie, Internet rend les intermédiaires totalement superflus. La musique peut être diffusée sur le réseau directement depuis le studio. Avec Radiohead, un groupe reconnu suit maintenant cette voie et laisse au consommateur le soin de fixer les prix. (...) L'industrie de la musique va suivre avec beaucoup d'attention le résultat concret de cette expérience - pour connaître le prix moyen que les consommateurs sont prêts à payer pour un album." (05.10.2007)

SPORT

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La France atteinte par la fièvre du rugby

La fièvre du rugby a saisi toute la France, constate Christian Kortmann. "Un match de rugby est aussi stimulant que le football et la boxe réunis. En outre, ce sport possède une histoire intéressante du point de vue ethnologique. Créé en Angleterre à la fin du XIXe siècle, le rugby s'est frayé un chemin jusqu'en Nouvelle-Zélande et s'est également propagé à l'hémisphère Sud. Les différentes caractéristiques topographiques de chaque région - étendues désertiques en Australie, prairies boueuses en Ecosse – ont conduit chaque peuple à développer son propre style de jeu. Les théories sur le rugby sont généralement plus audacieuses que les idées de l'intelligentsia du football, car le fossé entre ce sport et la vie est plus important. En effet, le rugby n'est pas un sport que l'on peut reproduire sur un terrain de jeu ou dans son jardin. On s'émerveille plutôt devant les joueurs : les joueurs de rugby accomplissent un travail d'Hercule sur le terrain et mènent un combat physique tel qu'il n'en existe plus dans la société post-industrielle." (05.10.2007)

CULTURE

Ta Nea - Grèce

'La Liste' des migrants clandestins morts en tentant d'entrer en Europe affichée à Athènes

"S'il est une oeuvre a de ne pas manquer à la Biennale d'Athènes qui se tient du 10 septembre au 8 novembre, c'est bien 'La Liste'", comment Evi Eleyftheriadou, journaliste au quotidien, qui a publié cette liste en exclusivité. "Une liste donc, ornée de 8 855 noms de personnes allant de 18 mois à 70 ans. Une liste de la honte. Car ces personnes sont celles qui ont tenté d'entrer en Europe de 1993 à 2007 mais y ont laissé la vie. Les frontières européennes sont difficiles à traverser et le rêve européen est périlleux pour ces milliers d'immigrés qui fuient leurs pays. Ils sont iraniens, afghans, africains, ou encore pakistanais et n'ont qu'un objectif : l'Europe. Les passeurs demandent souvent beaucoup d'argent et les garanties d'arriver à bon port sont maigres. Cette oeuvre résume ce rêve macabre et fait prendre conscience de l'âpre réalité qu'est celle de l'immigration clandestine. Exposée à Amsterdam en 2002, cette oeuvre fait frissonner mais le but est de réfléchir a ces maux qui nous entourent." (05.10.2007)

La Vanguardia - Espagne

La musique des jeux vidéo jouée en philharmonique

Xavier Aldekoa a assisté cet été à un concert de musique classique d'un genre nouveau au Musée des Sciences de Valence. "Un personnage du jeu vidéo Zelda apparaît sur un écran géant. Le spectacle semble sur le point de commencer. Soudain, les lumières s'allument et la musique retentit. Mais l'orchestre n'interprète pas 'les Quatre saisons' de Vivaldi ou 'la Neuvième symphonie' de Beethoven. Ce sont les bandes sonores de classiques du jeu vidéo comme Zelda, Halo, Final Fantasy, Super Mario Bros qui retentissent. Les frontières entre la musique classique et la musique numérique sont tombées dans le domaine du jeu vidéo. Les orchestres symphoniques interprètent en direct la musique, toujours plus élaborée, des jeux vidéo les plus connus. A présent, elle ne se contente plus d'accompagner le jeu avec une série de 'bip' et 'boup' : l'industrie valorise autant la bande sonore que le graphisme ou la maniabilité du jeu." (05.10.2007)

COULEURS LOCALES

Hufvudstadsbladet - Finlande

La Finlande élève modèle de l'UE

Selon Björn Mansson, la Finlande a bonne réputation dans l'UE. "Par rapport à d'autres pays membres, parmi lesquels des pays nordiques, nous passons pour des élèves modèles, qui s'adaptent sagement sans faire d'esclandre. Nous n'organisons aucun référendum inutile, appliquons toutes les directives et acceptons toutes les décisions de Bruxelles, de l'euro jusqu'au nouveau traité constitutionnel." Pour le journaliste, seule la politique extérieure pose problème. "En Finlande, nous pointons du doigt des pays tels que la Pologne et l'Estonie, qui n'arrivent pas à résoudre leurs problèmes avec la Russie. Toutefois, nous ne devrions pas oublier les problèmes que nous rencontrons aux postes-frontières russes. Certaines personnes sont convaincues que la Finlande perturbe les relations entre la Russie et l'UE, même si nous savons bien que nous avons raison. Mais la Pologne est également persuadée d'avoir raison." (05.10.2007)

Irish Independent - Irlande

Qu'est-ce qui fait un beau drapeau ?

Le journaliste Kevin Myers s'arrête sur les qualités d'un bon drapeau. "Les drapeaux les plus distinctifs et les meilleurs au monde sont la bannière étoilée américaine, l'Union Jack britannique, le soleil levant japonais et la feuille d'érable canadienne. Les pires et les plus ennuyeux sont les tricolores, comme celui de plusieurs pays européens, mis à part les scandinaves, qui ont des variations autours des croix et des croix de St André comme on en voit sur l'Union Jack. Il y a une leçon à retenir ici. Un drapeau doit avoir un symbole fort, ou doit avoir au moins l'une de ces trois couleurs basiques fortes, le noir, le rouge ou le bleu. (...) Hélas, le tricolore irlandais n'a aucune des qualités visuelles qui font un drapeau reconnaissable. Son vert est fade (...), le tricolore irlandais est insipide, insipide, insipide perdu dans un continent de tricolores. Qui peut distinguer automatiquement le drapeau allemand du belge, le hollandais de l'italien, le luxembourgeois du portugais ? Un pot-pourri de bandes : insignifiant." (05.10.2007)

 

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