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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 17.10.2007

 

À LA UNE

Les 27 à Lisbonne pour adopter le mini-traité

Les 27 à Lisbonne pour adopter le mini-traité

 

Après des années de querelles au sujet la Constitution européenne, le sommet européen qui réunira les 27 pays membres à Lisbonne les 18 et 19 octobre a de bonnes chances de déboucher sur un accord. Selon les commentateurs, les politiciens sont las du conflit. Mais l'UE avancera-t-elle pour autant ?

Extraits des publications suivantes:
Die Presse - Autriche, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, The Guardian - Royaume-Uni

Die Presse - Autriche

Doris Kraus est convaincue qu'aucun des 27 Etats membres "n'osera faire échouer le traité de réforme. Car tous ont beaucoup à perdre si ce projet tombe une nouvelle fois à l'eau - et l'Union européenne la première. (...) Car au bout de six ans - le processus de réforme a débuté en décembre 2001 - le sens et l'objectif même de cet exercice risquent de tomber dans l'oubli : l'UE devait remédier à la lourdeur que lui reprochent ses opposants comme ses partisans en mettant en place de meilleures structures d'organisation et de décision. Au lieu de cela, le processus de réforme reste associé à l'échec - avec le rejet du Traité constitutionnel en 2005 - et à l'imposture." (17.10.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Nikolas Busse met en garde contre tout excès d'optimisme, en ce qui concerne le devenir du traité de réforme européen. "Après le sommet, il restera des obstacles difficiles à franchir. En effet, le traité doit être ratifié par les 27 Etats membres, et l'UE a déjà eu de nombreuses surprises dans ce domaine. Personne ne peut dire aujourd'hui dans quelle disposition d'esprit seront les pays l'année prochaine. Gordon Brown peut-il se permettre de renoncer à un référendum au Royaume-Uni ? Et si les Irlandais, les Danois ou un autre peuple disent non ? Nicolas Sarkozy recueillera-t-il la majorité des trois cinquièmes à l'Assemblée nationale ?" (17.10.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

"Peu osent le chuchoter, mais cette semaine offre une occasion authentique et excitante de moderniser et de rendre effective l'Union européenne, une occasion à saisir pour l'engagement britannique en Europe et pour la cause européenne au Royaume-Uni - toutes des causes, à vrai dire, méritant d'être soutenues", s'enthousiasme le quotidien. "C'est tragique, mais vous n'entendrez que très rarement parler du débat sur le traité européen (...) en des termes aussi positifs. C'est parce que la presse britannique dans son ensemble - elle est possédée en grande partie par des gens qui détestent l'Europe et qui craignent que la politique de concurrence de l'UE ne vienne gêner leurs ambitions monopolistiques - est systématiquement xénophobe et alarmiste. Elle menace en permanence l'équilibre des débats qu'exige ce sujet vital et stratégique. Malheureusement, à quelques rares mais honorables exceptions près, trop de politiques britanniques, depuis plus d'une génération, rampent devant les journaux britanniques et leur hostilité fanatique à l'Europe." (17.10.2007)

RÉFLEXIONS

Le Soir - Belgique

Selon Eric Hoesli, l'avenir européen se joue au Caucase

"Pour moi, le Caucase est clairement une des régions les plus importantes pour la destinée européenne dans les années à venir", explique à Maroun Lakabi le journaliste suisse Eric Hoesli, spécialiste du Caucase. "Elle est sur la ligne de fracture d'au moins trois conflits. Il y a le conflit énergétique [autour des hydrocarbures], à savoir : qui va contrôler les sources d'approvisionnement et le transit ? Il y a la fracture islam-chrétienté, dont on sait qu'elle va être fondamentale pour les temps à venir. La troisième fracture, c'est la Russie face à l'Europe. Le Caucase est couvert par ces trois problématiques. Quelle va être la chimie, quelle va être la combinaison de ces différents facteurs ? Pour moi, c'est un feuilleton haletant, ce qui va se passer là." (17.10.2007)

El País - Espagne

Elvira Lindo ne se connaît qu'une patrie, celle du coeur

"Il y a une patrie qui nous accorde le statut de citoyen, un passeport", constate l'auteure espagnole Elvira Lindo. "Et il y a une autre patrie, celle qui est dans le cœur. Elle se compose de choses intimes, difficiles à expliquer. (…) La rue dans laquelle nous sommes nés, la pluie d'un jour passé, les odeurs d'autrefois, la main de tes parents, les jeux, les chansons idiotes de l'enfance, les paroles qui te prodiguaient sécurité, et celles qui te faisaient peur. (…) Parfois, les politiques confondent la patrie civique et la patrie du cœur. (…) Il y a des citoyens (dont je suis) qui, quand un politique les invite à descendre dans la rue avec fierté, le jour de la fête nationale (…) préfèrent célébrer l'événement à la manière du chanteur français George Brassens, en 'restant dans leur lit douillet'. Des plaisirs de la patrie intime dans laquelle je déteste que quelqu'un vienne s'immiscer." (17.10.2007)

POLITIQUE

Corriere della Sera - Italie

L'Union européenne défend la théorie de l'évolution

Massimo Piatelli Palmarini, professeur de sciences cognitives à l'université d'Arizona, revient sur la décision prise par le Parlement européen le 4 octobre dernier de dire non au créationnisme. "Je pense qu'il faut applaudir la résolution du Parlement européen en faveur de l'enseignement de la théorie de l'évolution comme théorie scientifique fondamentale et la mise au ban qui en découle de l'enseignement du créationnisme. Il ne s'agit pas d'une résolution qui engage les Etats membres mais qui va faire autorité. (...) C'est une conquête de la liberté et une salutaire hygiène intellectuelle pour que les religions ne s'immiscent pas dans les questions scientifiques et que symétriquement, la science ne s'immisce pas dans les questions religieuses (...). Une thèse scientifique et une hypothèse théologique ne peuvent et ne doivent pas être présentées de la même manière. Le Parlement européen a eu raison de marquer la frontière entre les deux." (17.10.2007)

Le Temps - Suisse

Le populisme se nourrit de la souffrance

"Pologne et Suisse élisent le même jour leur Parlement [le 21 octobre]", souligne l'éditorialiste Yves Petignat. Il tente d'expliquer le populisme présent dans ces deux pays. "En réalité, au cœur des populismes, qu'il soit polonais ou suisse, il y a une profonde souffrance. Bien réelle. Malgré le bien-être économique, malgré la liberté de penser et de se déplacer. Face à l'accélération de la globalisation et de l'information, à la complexité des problèmes et des solutions, de larges pans de la société éprouvent le sentiment d'avoir perdu prise, de ne plus maîtriser leur destin. Non pas comme individus, mais comme communauté. On cherche désespérément les bribes d'une identité collective. (...) Jusqu'ici, les partis traditionnels, drapés dans leur vertu, se sont contentés de condamner l'expression de cette souffrance, le racisme, le sectarisme, la xénophobie. Mais qui s'est penché sur la réalité de ce profond malaise, de cette quête d'identité collective?" (17.10.2007)

Diário de Notícias - Portugal

L'Europe devrait adopter des mesures communes contre la délinquance juvénile

Le quotidien s'inquiète dans son éditorial d'une recrudescence de la délinquance juvénile en Europe, et propose d'y remédier à l'échelon européen par des mesures essentiellement répressives. "Le nombre de délits commis par des jeunes de moins de 17 ans et, surtout, par des enfants de moins de 14 ans, est devenu une préoccupation pour les autorités. (...) En Espagne, la police va créer une brigade spéciale chargée de combattre ce type de criminalité face aux records enregistrés l'an passé : plus de 94 000 adolescents espagnols avaient été arrêtés. Et elle envisage de suivre le modèle adopté en Angleterre : rendre les parents responsables des délits de leurs enfants, et les obliger à payer les dégâts causés. En France, on est également en train d'adopter des mesures drastiques. (...) Pour un problème commun, une solution commune. L'Union européenne devrait réfléchir à une législation conjointe." (16.10.2007)

Sega - Bulgarie

Les étudiants bulgares sont devenus grands

Ljuben Obretenov tente d'expliquer pourquoi, contre toute attente, la grève des enseignants dure depuis déjà trois semaines. "Il existe des similitudes avec les événements d'il y a dix ans. En 1997, le gouvernement a été renversé. (...) Les enseignants en grève d'aujourd'hui sont les étudiants d'hier, qui gambadaient en chantant lors des manifestations. En revanche, les enseignants plus âgés sont plus fébriles, parce qu'il s'agit de leur première manifestation. Les plus jeunes se sentent comme des poissons dans l'eau. Nous avons affaire à une nouvelle génération d'enseignants, sufisamment forte pour jouer le rôle de moteur des protestations." (17.10.2007)

ÉCONOMIE

die tageszeitung - Allemagne

BMW soigne ses clients

A Munich doit être inauguré, ce 17 octobre, le 'BMW-Welt' : un gigantesque bâtiment à l'architecture spectaculaire, conçu par le cabinet d'architectes viennois Himmelb(l)au. Les acheteurs pourront y venir chercher leur nouvelle BMW. Ira Mazzoni est émerveillée de l'accueil qui lui a été réservé sur place : "Le coeur battant, le client descend l'escalier qui mène du salon au plateau (il est recommandé de travailler sa démarche, car si l'on garde les yeux fixés sur les marches, on manque les exclusivités). Vingt véhicules attendent sur la scène. Mais un seul d'entre eux tourne sous un projecteur, jusqu'à ce que son destinataire parvienne jusqu'à lui. Une dernière vérification et le nouveau propriétaire empli de fierté peut démarrer le moteur et descendre la rampe ovoïde jusqu'à la sortie, avant de rejoindre les embouteillages quotidiens du périphérique. Un puissant système d'extraction permet de préserver la pureté de l'air de la grande salle à la porte de sortie." (17.10.2007)

CULTURE

The Independent - Royaume-Uni

Anne Enright remporte le Booker Prize

L'auteure irlandaise Anne Enright a remporté l'édition 2007 du plus prestigieux prix littéraire britannique, le Booker Prize, pour son roman 'The Gathering' (Le rassemblement). Boyd Tonkin s'en réjouit. "Ce choix a été fait en toute intégrité et indépendance, et le prix récompense une auteure qui a elle-même toujours fait montre de ces qualités. (...) 'The Gathering' résonne comme le monologue d'une contemporaine irlandaise : elle parle franchement de sexe, n'est pas sentimentale et ne supporte pas les mythes publics et personnels. Ce roman s'inscrit dans la longue et illustre lignée d'oeuvres irlandaises naturalistes et courageuses. Il y a exactement 100 ans, James Joyce travaillait à son recueil de nouvelles 'Les Gens de Dublin', un volume dont le style de 'scrupuleuse méchanceté' avait provoqué dégoût et indignation. Anne Enright appartient à cette tradition de rigueur artistique et de franc-parler irlandais potentiellement explosif. Et la vérité, comme le croyaient les premiers naturalistes, vous libérera." (17.10.2007)

Politiken - Danemark

Le Danemark terre d'accueil des écrivains persécutés

Le gouvernement danois a proposé d'offrir l'asile aux écrivains persécutés. Les séjours seraient financés par les municipalités. Le ministre de la Culture Brian Mikkelsen avait déjà proposé d'accueillir Ayaan Hirsi Ali, l'ex-députée néerlandaise dont l'Etat danois voulait par ailleurs prendre en charge la protection. "Il est manifeste que l'hospitalité du gouvernement concerne principalement les écrivains de renommée internationale", écrit le quotidien. "Pour les auteurs moins connus, les villes doivent se débrouiller toutes seules. Seuls un petit nombre d'écrivains persécutés ont besoin d'une protection personnelle. Pour la plupart d'entre eux, le simple fait de pouvoir vivre en toute quiétude au Danemark est suffisant." (17.10.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le match en solitaire de Massimo Furlan

L'artiste suisse Massimo Furlan a rejoué tout seul le match de la Coupe du monde de football de 1982, qui avait opposé la Pologne à la Belgique à Varsovie. Huit cents spectateurs polonais enthousiastes l'ont observé dans le rôle de leur mythique joueur Zbigniew Boniek. Agnieszka Kowalska était présente. "Lorsque Massimo Furlan, cet homme de 41 ans avec un petit ventre, est apparu sur la pelouse vêtu du maillot numéro 20 de Boniek, les haut-parleurs ont diffusé les hymnes nationaux de la Belgique et de la Pologne. Ce jeu en solitaire d'une heure et demie aurait été extrêmement ennuyeux si le commentateur sportif Tomaz Zimoch ne l'avait pas rendu vivant. Grâce à lui, les fans pouvaient se représenter les autres joueurs, le ballon et les bannières de Solidarnosc. Bien que les spectateurs savaient exactement à quel moment les trois buts seraient marqués et qu'ils seraient tous inscrits par Boniek, ils criaient 'Prends le ballon !', 'Un but pour la Pologne!' et ont chanté à la fin 'Puisses-tu vivre cent ans !'" (17.10.2007)

SPORT

Times of Malta - Malte

Les athlètes paralympiques, héros de tous les Maltais

Le quotidien, tout fier, salue la performance de l'équipe maltaise aux Jeux olympiques spéciaux mondiaux d'été 2007, qui étaient organisés à Shangaï du 2 au 11 octobre. "Dix-heuf athlètes, tous atteints de handicap, se sont envolés pour Shangaï à la fin du mois de septembre pour la troisième édition des Jeux, et se sont alignés aux côtés de 3 500 autres hommes et femmes, venus de 164 pays. Les participants étaient accompagnés de 2 303 entraîneurs (dont 6 pour Malte). Ils sont revenus à Malte, où les attendait une grande réception, avec un bilan remarquable : 7 médailles d'or, 11 d'argent et 15 de bronze. C'est un triomphe, à tous points de vue. Aussi peu de personnes avaient-elles jamais gagné autant de médailles ? Nous leur rendons hommage, ainsi qu'à leurs familles (...). Comme il est exaltant de voir ces hommes et ses femmes, diminués physiquement, dépasser leurs limites au point qu'ils réussissent ce dont on n'aurait pas rêvé il y a deux décennies. Leur succès éclatant fait que la société maltaise se porte mieux." (17.10.2007)

COULEURS LOCALES

Lietuvos Rytas - Lituanie

Un chef lituanien dénigre la cuisine traditionnelle de son pays

Les 'Zeppeline', des quenelles de pommes de terre farcies à la viande, sont le plat national lituanien par excellence. Le grand chef lituanien Vicentas Sakas s'est attiré les foudres de ses concitoyens en qualifiant ce plat de relique de l'époque soviétique. Monika Bonckute ne partage pas son avis et évoque l'importance des pommes de terre dans la cuisine lituanienne. "Sakas prétend que les quenelles de pommes de terre caractérisent les pays dont la culture culinaire n'est pas très développée, comme la République tchèque ou la Pologne. Que c'est déplacé ! Si l'on en croit ses propos, l'art culinaire lituanien n'a rien d'une culture, et n'est une pâle copie de ce qui se fait à l'étranger." (17.10.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Lidové noviny - République tchèque

En Europe de l'Est, la guerre des saucisses fait rage

"Nous assistons une fois de plus à une nouvelle guerre au sein de l'UE, mais assez calorique cette fois", s'amuse Katerina Safarikova. La République tchèque est montée au créneau, face aux efforts de la Slovaquie et de la Pologne pour faire reconnaître comme spécialités nationales leurs saucisses au lard respectives. Les saucisses en question sont connues depuis longtemps en République tchèque sous le nom de 'spekácky'. Sous la pression des fabricants tchèques de saucisses, le ministre de l'Agriculture veut maintenant déposer une plainte officielle à Bruxelles contre les efforts des Slovaques et des Polonais, afin de 'protéger les intérêts tchèques'. "Mais où se situe exactement l'intérêt de l'Etat dans cette affaire ? Les intérêts d'un Etat sont généralement politiques. La stabilité monétaire, la sécurité intérieure et la cohabitation pacifique avec les pays voisins en font partie – mais les saucisses ?" (17.10.2007)

 

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