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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 23.10.2007

 

À LA UNE

La Suisse met le populisme au coeur de l'Europe

La Suisse met le populisme au coeur de l'Europe

 

L'Union démocratique du centre (UDC), parti populiste dirigé par le ministre de la Justice Christoph Blocher, a recueilli 29 % des voix aux élections législatives suisses dimanche 21 octobre, devenant ainsi la première force politique du pays. Les journaux européens craignent une radicalisation de la politique helvète.

Extraits des publications suivantes:
Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, Le Soir - Belgique, 24 heures - Suisse

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Selon Jürgen Dunsch, "aucun parti suisse n'avait recueilli une majorité aussi nette depuis 1919. Avec ses formules simples, le parti attire tous ceux qui se sentent submergés par la mondialisation et la modernisation. Les rustauds ne sont pas les seuls concernés, loin de là. De nombreux Suisses se sentent oppressés par l'UE, qui cerne totalement le pays. L'UDC a rendu la xénophobie socialement acceptable. Certes, il existe encore une chance de corriger cette tendance au moyen de référendums, comme celui sur la libre circulation des personnes, mais l'UDC a déjà fait savoir qu'elle comptait faire usage de cet instrument pour son propre compte." (23.10.2007)

Der Standard - Autriche

Selon Christoph Prantner, la Suisse est bien mal en point après les élections. "Avec les élections de dimanche, les Suisses ont fait définitivement une croix sur la démocratie de consensus. L'UDC a donné une nouvelle dimension à un populisme éhonté, une théorie du complot tendancieuse et un isolationnisme totalement dément à l'heure de la mondialisation. La politique grossière de Christoph Blocher a également fait son petit effet en Suisse romande. S'il y a quatre ans, on pouvait encore penser qu'un soupçon de discorde ferait le plus grand bien aux Suisses, il s'avère maintenant que le débat politique n'a pas généré d'idées nouvelles, mais n'a fait qu'accentuer le provincialisme." (23.10.2007)

Le Soir - Belgique

Pascal Martin estime que l'Europe se doit de réagir après le résultat des élections en Suisse. "La Suisse est liée à l'Europe par une série d'accords bilatéraux 'préférentiels'. Il serait temps à Bruxelles que l'on prenne le temps de s'interroger sur la fréquentation de pays où triomphent les partis voyous. La Suisse d'Henri Dunant [créateur de la Croix-Rouge] vaut mieux que ce bouillon de culture xénophobe et haineux. (...) Ce pays, qui compte parmi les plus prospères de la planète, est depuis quinze ans un laboratoire pour populistes. Pour vivre dans la bulle de la démocratie directe, pour n'avoir pas de véritable classe politique, la Suisse n'a pas réussi à développer des anticorps susceptibles de combattre son cancer." (22.10.2007)

24 heures - Suisse

Thierry Meyer souligne la percée des écologistes lors du scrutin suisse. "Si l'on ajoute aux Verts leur pendant libéral, la cause environnementale a gagné dix sièges au Conseil national, et fait entrer le premier sénateur écolo (Robert Cramer) à la chambre haute. (...) La thématique a progressé à une vitesse fulgurante ces derniers temps. (...) Forts de leur percée, les Verts sont mûrs pour, sans renier une doctrine souvent insistante, pratiquer l'ouverture vers d'autres formes de sensibilité aux préoccupations climatiques. Jusqu'au cœur de l'UDC, où, à l'image de la paysanne vaudoise Alice Glauser, une vision conservatrice de la nature peut nourrir des compromis sur des objectifs aussi simples que décisifs : meilleure isolation des bâtiments, promotion des énergies renouvelables et des appareils peu gourmands en électricité, soutien résolu aux transports publics, nouvelles normes antipollution." (23.10.2007)

RÉFLEXIONS

Népszabadság - Hongrie

Les Hongrois doivent s'intéresser à leur histoire, selon Adam Petri Lukacs

La Hongrie célèbre aujourd'hui sa fête nationale, qui commémore le soulèvement de Budapest de 1956. Ces derniers jours, des récriminations se sont faites entendre contre la jeune génération, pour laquelle cet événement ne signifie plus rien. Selon le journaliste Adam Petri Lukacs, cela est lié à l'absence d'une culture du souvenir. "Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun débat social sur la signification de la révolution pour les familles. D'un autre côté, nous nous attendons à ce que nos enfants comprennent tout ce à quoi ils sont confrontés aujourd'hui, les manifestants néofascistes comme les cérémonies nationales vides de sens ; il faudrait plutôt les inciter à s'intéresser à l'histoire de leurs parents et de leurs grands-parents. A cette fin, les écoles et les familles doivent coopérer. Par exemple, les élèves pourraient discuter avec leurs professeurs de ce qu'ils ont appris à la maison. Ainsi, ils pourraient avoir une vision totalement différente des événements de 1956." (21.10.2007)

La Vanguardia - Espagne

Javier Candeira analyse le Web 2.0

Pour Javier Candeira, expert en nouvelles technologies, l'ère du Web 2.0 consacre 'la culture du remixage'. "Les oeuvres produites par la musique populaire, l'art contemporain et la littérature actuelle sont composées, comme la créature de Frankenstein, de morceaux d'oeuvres antérieures. Ce phénomène ancien, aujourd'hui accéléré par la technologie (...) existe dans les tableaux d'Andy Warhol, dans les samples qui forment la base des chansons de hip-hop et dans les parodies de bande-annonce cinématographique que l'on peut voir sur YouTube. La fluidité et l'ubiquité du web font que ce média est particulièrement adapté au remixage. (...) Le Web 2.0 signifie la mise à disposition du grand public des moyens pour effectuer ce remixage. (...) Entre le site internet et le lecteur final, il peut y avoir quantités d'intermédiaires, des programmes comme des personnes, qui mélangent les sites internet entre eux." (21.10.2007)

POLITIQUE

Hufvudstadsbladet - Finlande

La Pologne est redevenue proeuropéenne

Sylvia Bjon se demande quelle voie va suivre la Pologne après les élections. "Après la victoire de la Plateforme civique (PO), la Pologne semble avoir fait peau neuve et être devenue proeuropéenne en une nuit. En effet, la situation devrait être bien plus simple à partir de maintenant, mais une simplification excessive n'est pas pour autant de mise. Le taux de participation de 55 % est le plus élevé enregistré depuis la chute du communisme. Cette fois, c'est la classe moyenne urbaine qui a fait pencher la balance, ainsi que les Polonais installés à l'étranger, qui souhaitent un rapprochement avec l'UE. (...) Cette génération était lasse d'avoir honte de ses politiciens et a donc riposté. Mais 45 % de la population n'a même pas daigné se rendre aux urnes." (23.10.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

La Pologne va-t-elle ouvrir la voie à l'Europe ?

Selon Jacek Pawlicki, le nouveau gouvernement libéral devrait d'abord s'attacher à corriger la politique extérieure suivie par le pays. "La Pologne, qui doit tant à son adhésion à l'UE, pourrait être le premier pays de l'Union à ratifier le traité de réforme. Son Parlement lui offre une chance unique. Plus de 80 % des Polonais soutiennent l'intégration européenne. Les dirigeants sont habilités à agir dans ce domaine. (...) Au cours des 14 derniers mois, la Pologne s'est forgée une réputation de trouble-fête et n'a pas hésite à bloquer toute l'Europe pour défendre ses propres intérêts. En étant les premiers à ratifier le nouveau traité, nous jouerions un rôle d'aiguilleur qui remettrait l'Europe sur les rails." (23.10.2007)

Público - Portugal

Le déficit démocratique du mini-traité européen

Alors que les 27 ont adopté samedi 20 octobre à Lisbonne le mini-traité, Francisco Sarsfield Cabral estime que "si l'on peut se féliciter de l'existence du traité, la façon dont il va être 'vendu' aux opinions publiques est déplorable. Le mot d'ordre est d'éviter des référendums. Je ne pense pas que le référendum soit l'unique, ou même la meilleure, forme d'expression de la volonté démocratique. Le problème est que, dans ce cas, la défiance envers le référendum fait partie d'un processus visant à tromper les citoyens. (…) Au Portugal le projet européen n'a jamais fait l'objet d'une consultation. Comme Européen, je le regrette. (…) L'abstention croissante lors des élections européennes et les sondages d'opinion de l'Eurobaromètre sont des signes manifestes du désenchantement. Construire l'Europe sans ses citoyens est le chemin le plus direct vers le désastre." (22.10.2007)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Les dangers d'une attaque turque dans le nord de l'Irak

"Le premier ministre britannique Gordon Brown fait face à la plus grave crise internationale qu'il a rencontrée depuis sa prise de fonction. Il rencontre mardi 23 octobre le premier ministre turc Tayyip Erdogan et tentera de le dissuader de lancer une attaque potentiellement catastrophique contre le nord de l'Irak", souligne le quotidien. "Les intérêts en jeu pourraient difficilement être plus lourds. L'armée turque a regroupé environ 100 000 hommes - la moitié environ de ce que la coalition américaine avait mobilisé pour renverser Saddam Hussein il y a quatre ans - à la frontière et les prix du pétrole atteignent des sommets records, à cause des craintes suscitées par l'éventuelle ouverture d'un nouveau front en Irak. (...) Des sympathies seront évidemment exprimées pour les malheurs turcs - aucun Etat souverain ne peut tolérer des attaques constantes et injustifiées contre ses citoyens - mais les conséquences d'une invasion turque, qui risque de déstabiliser encore davantage les fragiles infrastructures irakiennes, dépassent largement les bénéfices d'une plus grande sécurité pour les Turcs." (23.10.2007)

Latvijas Avīze - Lettonie

Les Lettons manifestent contre le Premier ministre

La semaine dernière, les manifestations les plus importantes jamais organisées depuis l'indépendance du pays ont eu lieu en Lettonie. L'élément déclencheur a été le limogeage du chef du bureau anti-corruption, Aleksejs Loskutovs, par le Premier ministre Aigars Kalvitis. Le ministre des Affaires étrangères Artis Pabriks a donné sa démission et le gouvernement doit maintenant faire l'objet d'un vote de défiance au Parlement. Voldemars Krustins doute que cela puisse changer quoi que ce soit. "Il semble que Monsieur Kalvitis n'ait pas perdu le moins du monde sa confiance en soi. Quelques milliers de manifestants campent devant le Parlement ? Oui et alors ? Il s'en trouve toujours quelques-uns pour râler, pas vrai ? Sérieusement - qui pourrait être Premier ministre à sa place ? Son éventuel remplaçant, Aigars Stokenberg, est fini. De nombreux Lettons soupçonneux pourraient vouloir s'en tenir à Kalvitis, parce qu'au moins, ils savent à quoi s'attendre avec lui." (23.10.2007)

SPORT

ABC - Espagne

La colère des Espagnols contre McLaren Mercedes

"Dimanche [21 octobre], toute l'Espagne était devant le Grand Prix du Brésil de Formule 1". Le quotidien se fait l'écho de la déception des Espagnols après la défaite de Fernando Alonso au championnat du monde de Formule 1. "Alonso est arrivé à l'écurie britannique McLaren Mercedes, avec dans ses bagages deux titres mondiaux brillamment gagnés avec Renault. Pourtant, il a dû faire face dès le premier jour à la préférence accordée au britannique Lewis Hamilton, un débutant. (...) McLaren a perdu le championnat des constructeurs à cause d'une affaire d'espionnage [de l'écurie concurrente Ferrari] et a littéralement offert à Ferrari le titre des pilotes. C'est un résultat lamentable pour une entreprise qui investit beaucoup d'argent dans la technologie afin d'avoir la voiture la plus compétitive et qui avait payé si cher pour signer un contrat avec un Espagnol champion du monde." (23.10.2007)

MÉDIAS

Observator Cultural - Roumanie

La 'téléjustice' roumaine

La diffusion d'une vidéo montrant le ministre roumain de l'Agriculture, Decebal Remes, accepter un pot-de-vin a suscité une vive polémique en Roumanie. Pour Ciprian Ciucu, il s'agit d'une forme de 'téléjustice' absolument légitime dans la lutte contre la corruption. La justice ne peut combattre la corruption "que lorsqu'elle fonctionne. Toutefois, la justice fait partie d'un mécanisme défectueux et ne s'est donc jamais montrée particulièrement efficace jusqu'à présent. Comme il faut s'attaquer au problème malgré tout, les querelles politiques ont généré la téléjustice, le 'lynchage public' selon les termes du Premier ministre Calin Tariceanu. Les images sont plus puissantes qu'un millier de mots, et lorsqu'il s'agit de corruption, elles sont plus efficaces qu'un millier de campagnes anticorruption. D'un point de vue éthique, la téléjustice est un nouveau genre télévisuel. Je suis fan, je veux de nouveaux épisodes, je veux toute une série." (23.10.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Hatebook, le réseau anti-social

Les plateformes sociales en ligne sont tellement à la mode que certains gardent leurs distances, écrit Jean-Michel Berg. Dernière tendance : les réseaux antisociaux. "Ils se nomment Hatebook ou Enemybook, Isolatr ou Introvertster et font écho à une certaine mentalité. (…) Bien entendu, l'idée d'un réseau anti-social est paradoxale en elle-même, comme une sorte d'insociabilité sociable. (…) Hatebook ne rassemble pas des amis, mais des ennemis. L'idée de réseau demeure, mais selon le principe suivant : l'ennemi de mon ennemi est mon ami. (…) Il existe également des outils pour répandre des rumeurs ou semer le trouble d'une autre manière. Sur Ruduzu et Snubster, les surfeurs peuvent créer des listes d'ennemis et faire de quelqu'un leur ennemi mortel. Mais tout le concept est alors en danger : on aboutit à la création d'une sorte de MySpace pour dépressifs et misanthropes unis par leur haine de George W. Bush ou de Bill Gates." (23.10.2007)

CULTURE

Le Monde - France

La banlieue parisienne, terrain d'une architecture non formatée

"La banlieue, terrain de jeu de l'architecture contemporaine ?" s'interroge Grégoire Allix. "La Maison de l'architecture en Ile-de-France, à Paris, en donne l'impression. Son exposition 'Dehors Paris' montre une centaine de maquettes de bâtiments construits, en chantier ou en projet dans les sept départements qui ceinturent la capitale. Quelques figures anciennes (Niemeyer, Aillaud, Willerval) côtoient bon nombre de projets très récents, petites maisons ou grands équipements, souvent spectaculaires, signés par les jeunes agences qui montent. 'Nous voulons montrer qu'il y a un regain d'inventivité dans l'architecture après deux décennies de morosité, explique David Trottin, l'un des auteurs de l'exposition. Il y a en banlieue la possibilité d'une architecture audacieuse, non formatée. C'est ce type de projets que nous avons sélectionnés en toute subjectivité.'" (23.10.2007)

COULEURS LOCALES

The Independent - Royaume-Uni

Les Britanniques nuls en sport, mais forts en arts

Après la deuxième place de l'équipe d'Angleterre à la Coupe du monde de rugby et du Britannique Lewis Hamilton en Formule 1, Philip Hensher se demande pourquoi la presse accorde tant d'attention au sport alors que les Britanniques excellent plutôt dans les arts. "Des Britanniques ont gagné le prix Nobel de littérature cinq fois. (...) Est-ce que ces gens pourraient être invités à livrer un discours modeste, mais plein de reconnaissance lors d'une réception chez le Premier ministre ? Ou profiteraient-ils de l'occasion pour boire le champagne du gouvernement, avant de dire aux hôtes ce qu'ils pensent de leur bilan récent ? Iraient-ils jusqu'à dire qu'ils ne croient pas représenter la nation, ni quoi que ce soit d'autre hormis eux-mêmes et ce que personne ne peut s'approprier, la langue anglaise ? (...) Laissons les perspectives oh combien oubliables des échecs et des très occasionnels succès des équipes anglaises remplir les journaux. Les activités où nous excellons vraiment, en tant que nation, n'ont pas besoin de ces accolades fabriquées." (23.10.2007)

 

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