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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 06.11.2007

 

À LA UNE

La Belgique va-t-elle enfin sortir de la crise ?

La Belgique va-t-elle enfin sortir de la crise ?

 

Sorti en tête lors des législatives belges du 10 juin, le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme tente depuis de constituer une coalition gouvernementale. Il pourrait enfin y parvenir s'il parvient à trouver d'ici mercredi un compromis sur le dossier symbolique de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Cette circonscription, surnommée BHV, est la seule bilingue du pays. Les principaux partis flamands demandent sa scission en deux entités. Mais le refus des francophones pourrait faire capoter les négociations.

Extraits des publications suivantes:
De Standaard - Belgique, Diario Sur - Espagne, Diário de Notícias - Portugal

De Standaard - Belgique

Pour Guy Tegenbos, si "les partis flamands votent unilatéralement la scission de l'arrondissement de BHV, on assistera à une crise du régime. On a l'impression d'un jeu où chaque joueur attend que l'autre perde patience et commette une faute. (...) Les politiciens au pouvoir dans les différents partis n'ont plus comme référence la Belgique, mais leur communauté. Certes, les partis francophones plaident pour l'unité de la Belgique mais ils soutiennent les intérêts francophones. Il n'y a plus de politiciens belges. (...) Même lorsque les partis flamands posent la question 'comment arriver à une meilleure gouvernance ?', les partis francophones refusent de discuter. Si cela ne change pas, il ne sera pas possible de former un gouvernement fédéral. Les francophones peuvent essayer de convaincre les Flamands de faire des concessions, mais ils risquent aussi d'obtenir un 'non'." (05.11.2007)

Diario Sur - Espagne

"Les différends entre Flamands et francophones ont cette fois plongé l'Etat belge dans une crise politique grave. La Belgique a dépassé hier [le 5 novembre] une nouvelle durée record de négociations infructueuses pour la formation d'un gouvernement (148 jours)", relève le quotidien. "L'aspiration souverainiste du Nord flamand et les différences entre les deux moitiés du pays ont toujours généré une forte instabilité contrebalancée par trois facteurs qui jouent le rôle de garants de l'unité du pays: la Couronne, le siège à Bruxelles du coeur de l'UE et la présence au sein du gouvernement de Flamands et de Wallons capables de conclure des accords très complexes. Or, l'absence de ce dernier élément, essentiel pour la cohésion nationale, permet à la fois de comprendre à quel point l'actuelle crise est grave et pourquoi elle est si difficile à régler." (06.11.2007)

Diário de Notícias - Portugal

Pour Ferreira Fernandes, la Belgique est en train de démontrer que les gouvernements nationaux ne sont pas indispensables au sein de l'UE. "La Belgique est la capitale bureaucratique de l'Europe. C'est de Bruxelles que partent les directives pour tous les gouvernements des 27 pays de l'UE. Mais, ces jours-ci, il n'y aucun gouvernement à Bruxelles, même pour recevoir ces directives. Mercredi, cela fera 150 jours que la Belgique est ingouvernable. (…) Ces parenthèses institutionnelles sont habituelles dans le plat pays, mais jamais elles n'avaient atteint une telle durée. Tout cela ne pourrait être qu'un problème local (enfin, si l'on respecte leurs traditions disons plutôt : un problème flamand et un problème wallon), si ce n'était le rôle central exercé par la Belgique. Si le pays d'où proviennent les directives n'a pas besoin de gouvernement, pourquoi les autres en auraient-ils besoin ?” (06.11.2007)

RÉFLEXIONS

Berliner Zeitung - Allemagne

Nikolaus Bernau et la commémoration de la chute du mur de Berlin

L'Allemagne débat actuellement de la construction d'un monument national en mémoire de la révolution pacifique de 1989 (la chute du mur de Berlin puis la réunification). Selon le journaliste allemand Nikolaus Bernau, spécialisé dans la critique architecturale, il ne faut pas se contenter d'un monument classique, du type de ceux qui rendent habituellement hommage aux héros tombés. "La révolution de 1989 s'est déroulée sans effusion de sang. Elle ne permet pas de rendre un culte personnalisé aux héros, et c'est ce qui la rend si unique. Elle fait partie de ces événements qui sont généralement commémorés non par des monuments, mais par des fêtes et des rituels (...) Comment un monument peut-il rendre hommage à ceux qui ont conclu des arrangements avec le pouvoir parce qu'il leur semblait que cela servirait la cause des plus faibles ? Comment peut-il rendre compte du fait que la chute de la dictature du SED [parti communiste de l'ex-RDA] faisait partie intégrante de la révolution qui a libéré l'Europe de l'Est et l'ensemble de l'Europe ?" (06.11.2007)

Cotidianul - Roumanie

Selon Horia-Roman Patapievici, la société roumaine est déconnectée de la réalité

Dans un entretien réalisé par Eugen Istodor, l'écrivain et philosophe roumain Horia-Roman Patapievici évoque les blocages de la société roumaine qu'il a analysés dans son dernier livre. "Notre principal problème, c'est que nous n'avons pas une perception commune de la réalité. La réalité naît de la comparaison de nos propres expériences avec celles de la société dans son ensemble. La réalité objective se développe sur la base d'un échange ininterrompu de perceptions et d'idées entre les hommes. Il est impossible de suivre pas à pas cet ajustement, mais c'est pourtant de là qu'est issue la réalité commune (...) Je maintiens que la réalité roumaine n'est ni uniforme ni objective (...). Cela explique également l'absence de réactions face aux abus de pouvoir et l'ignorance d'oeuvres majeures qui paraissent dans notre pays." (06.11.2007)

POLITIQUE

La Repubblica - Italie

La mafia sicilienne décapitée

Lundi 5 novembre, Salvatore Lo Piccolo, chef de la mafia sicilienne, a été arrêté par la police italienne près de Palerme, en Sicile. Il avait pris la succession de Bernardo Provenzano, arrêté en avril 2006. Pour le journaliste Attilio Bolzoni, cette arrestation affaiblit durablement l'organisation criminelle. "Qui est le chef de la mafia ? Il n'y en a pas. Et il n'y en aura pas avant longtemps à Palerme et dans toute la Sicile. En ce moment, personne n'a assez d'influence pour devenir le patron des autres. Il ne vient pas à l'idée de ces hommes divisés en factions et pervertis par de vieilles rancoeurs de se rassembler autour d'un seul chef. (...). Il y a bien des petits chefs qui commandent sur leur territoire, mais ils ne réussissent jamais à s'imposer ailleurs." (06.11.2007)

Le Soir - Belgique

La mafia plus dangereuse que le terrorisme

Dans un entretien mené par Alain Lallemand, Pino Arlacchi, fondateur de l'agence antimafia italienne DIA, considère que le danger posé par le crime organisé est sous-estimé, par rapport à la menace terroriste. "Nous sommes revenus à la situation du début des années quatre-vingt où nous nous préoccupions surtout de terrorisme. Voire pire : au moins, à cette époque-là, l'Europe était un théâtre central de terrorisme. 35 % des actes terroristes dans le monde se produisaient en Europe. Le phénomène terroriste en Europe n'est aujourd'hui plus capable de réellement déstabiliser un pays, et pour le citoyen, la probabilité d'être un jour victime de terrorisme est de 1/80 000. Dans le même temps, les Européens sont chaque jour victimes du crime organisé. (...) Le crime organisé est mille fois plus dangereux que le terrorisme, (...) mais le public ne le perçoit pas comme une menace majeure." (06.11.2007)

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

La rue manifeste en Lettonie

Depuis plusieurs jours, l'atmosphère est tendue en Lettonie. Le gouvernement du Premier ministre Aigars Kalvitis est accusé de corruption. La semaine dernière, des milliers de citoyens ont manifesté à Riga, la capitale, et ont exigé la démission du gouvernement. Baiba Lulle met en garde contre la suprématie de la rue. "Nous pouvons voir actuellement en Ukraine et en Géorgie ce qui se passe lorsque le pouvoir passe aux mains des révolutionnaires sous les vivats de la population. Il serait certes un peu léger de qualifier de populistes les revendications des masses qui demandent la dissolution du Parlement. Mais dans la situation actuelle, il s'agirait d'une initiative dangereuse qui ne présagerait rien de bon. (...) L'objet des manifestations est assez clair, mais les gens sont-ils vraiment d'accord sur ce qu'ils veulent ?" (06.11.2007)

Rzeczpospolita - Pologne

Lutte de pouvoir entre Donald Tusk et les frères Kaczynski

Donald Tusk, futur Premier ministre polonais, envisage de nommer l'ancien ministre de la Défense et membre du PiS (Parti Droit et Justice) Radoslaw Sikorski ministre des Affaires étrangères. Le président Lech Kaczynski et le Premier ministre déchu Jaroslaw Kaczynski, veulent l'en empêcher et invoquent pour cela les secrets d'Etat. Rafal A. Ziemkiewicz critique le blocage politique et les cachotteries des Kaczynski. "C'est une déclaration de guerre brutale au futur gouvernement PO [Plateforme civique libérale]. Après une telle attaque (sans parler de la dégradation de l'image du pays à l'étranger), Donald Tusk ne peut pas faire autrement que de nommer Radoslaw Sikorski au gouvernement, et le président ne peut rien faire d'autre que de tenter de l'en empêcher par tous les moyens. Tous deux risquent de perdre la face." (06.11.2007)

Dagbladet Information - Danemark

Des peines de prison pour les enfants danois ?

Lene Espersen, ministre danoise de la Justice, propose d'envoyer les délinquants âgés de 10 à 11 ans dans des centres fermés pour enfants. Le journal s'oppose fermement à ce projet qu'il considère comme un nouveau recul par rapport à la politique menée pendant les décennies d'après-guerre en matière de lutte contre la criminalité. "Cette époque pleine d'humanité est révolue. Suivant l'exemple des pays anglo-saxons et leur exigence de 'justice et d'ordre', le gouvernement libéral-conservateur applique des peines de plus en plus longues et nombreuses à un nombre croissant de personnes. Aujourd'hui, la ministre de la Justice veut envoyer dans des institutions fermées. (...) Si quelqu'un doit être enfermé, c'est bien la ministre de la Justice." (06.11.2007)

ÉCONOMIE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

EADS face de nouvelles difficultés

Après l'affaire des retards de livraison de l'airbus géant A380, le groupe EADS rencontre de nouvelles difficultés. L'avion de transport militaire A400M sera livré lui aussi plus tard que prévu, ce qui coûtera au groupe entre 1,2 et 1,4 milliards d'euros, au minimum. Selon René Vautravers, "le premier constructeur aéronautique européen, EADS, s'est une nouvelle fois heurté à la dure réalité. (...) Il y a déjà plusieurs années que les experts ont émis des critiques au sujet de l'A400M. A l'époque déjà, ils avaient souligné que l'ambitieux calendrier serait pratiquement impossible à tenir, d'autant que les Européens n'avaient pas suffisamment d'expérience avec ce type d'appareil. Les critiques ont finalement eu raison. (...) Pour le moment, EADS n'est qu'un grand chantier." (06.11.2007)

MÉDIAS

Der Tagesspiegel - Allemagne

Le débat avec l'extrême droite ne doit pas être évité

Une interview du journaliste Michel Friedman avec l'avocat néonazi Horst Mahler récemment publiée dans l'édition allemande du magazine 'Vanity Fair' a provoqué un vif débat en Allemagne. Harald Martenstein soutient cette initiative en estimant que l'Allemagne ne doit pas nier l'existence de l'extrême droite. "Il n'y a plus de confrontation avec l'extrême droite, on a plutôt tendance à la fuir. Si vous osez vous confronter à l'extrême droite, vous vous heurtez souvent à des difficultés en Allemagne. (…) Cela dissimule une crainte irrationnelle de l'apparente toute-puissance des arguments extrémistes. Il semble que les moindres propos nazis aient le pouvoir d'ensorceler les masses. Il semble également qu'un grand nombre d'entre nous se méfient d'eux-mêmes, en considérant que quiconque souhaite vraiment affronter une idée doit d'abord la laisser entrer dans sa tête. Tout cela profite aux nazis, dont la grandeur mythique en tant que tabou médiatique contraste étrangement avec leur pauvreté intellectuelle." (06.11.2007)

CULTURE

24 heures - Suisse

Comment sont attribués les prix littéraires en France ?

Le prix Goncourt 2007 a été attribué le 5 novembre à Gilles Leroy pour 'Alabama song' et le prix Renaudot à Daniel Pennac pour 'Chagrin d'école'. Jean-Louis Kuffer se demande sur quels critères reposent ces choix. "C'est ça que vous appelez le meilleur de la littérature française en train de se faire ? Voilà la question que le lecteur attentif serait enclin à lancer aux jurés respectifs de l'Académie Goncourt et du Prix Renaudot (...). Plutôt que Gilles Leroy et Daniel Pennac, n'est-ce pas la seule maison Gallimard que vous avez primée par deux fois - étant entendu que le Mercure de France où paraît le Goncourt est une filiale de la puissante maison, déjà triomphante l'an dernier avec 'Les Bienveillantes' de Jonathan Littell (...). On ne dira pas pour autant que le Goncourt et le Renaudot 2007 sont sans intérêt ou promis à l'insuccès. Au contraire. Mais que penser d'une 'course' privilégiant a priori les concurrents en fonction de leur appartenance à telle ou telle écurie ?" (06.11.2007)

Cyprus Mail - Chypre

La vacuité des édifices culturels chypriotes

Le journal se montre sceptique à l'égard d'une vague de construction de bâtiments culturels à Nicosie parmi lesquels se trouvent un centre culturel, un théâtre et un musée. "Les décideurs et les hommes politiques de Chypre pensent que les bâtiments créent la culture et que c'est en édifiant d'imposants bâtiments signés par des architectes de renom que l'on va automatiquement avoir une population férue d'art. (...) Mais étant donné le faible intérêt manifesté pour la culture à Chypre, on peut se demander à qui vont profiter ces grandes réalisations. (...) Le système éducatif n'accorde aucune importance à la culture et le manque d'intérêt pour les arts n'est donc pas surprenant. Voilà le problème auquel le gouvernement devrait s'attaquer et pour lequel il devrait utiliser l'argent des contribuables, au lieu de le dépenser dans des édifices grandioses." (04.11.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

La gare de St Pancras, une réussite architecturale

Tristram Hunt est ravi que la station St Pancras, construite en 1867, soit officiellement réouverte ce mardi 6 novembre pour devenir le nouveau terminal Eurostar. "Elle a incarné toute l'exubérance des années 1850 - l'opulence, l'Empire, la technologie et l'orgueil - mais aussi le beau cadeau de l'ère victorienne à nos villes : la fierté citoyenne et la sphère publique. (...) Aujourd'hui, avec son vaste bar à champagne et Paris à un peu plus de deux heures, la nouvelle St Pancras pourrait être sous-estimée en n'étant perçue que comme une composante supplémentaire d'une capitale trop riche. Ce serait mal comprendre la réussite de son architecte visionnaire, Alastair Lansley [chargé de sa rénovation]. (...) Dans un véritable style victorien, Lansley a aussi permis aux citoyens de s'approprier un espace commercial. (...) La publicité est contenue, alors que le glamour du voyage en train renaît. Sous le règne de Victoria [1837-1901], le profit était vénéré, mais on croyait aussi dans un espace public architectural, un lieu de design et de détente. La nouvelle St Pancras a très bien saisi tout cela." (06.11.2007)

 

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