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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 15.11.2007

 

À LA UNE

Sarkozy doit-il craindre les grèves ?

Sarkozy doit-il craindre les grèves ?

 

Les salariés des transports publics français ont débuté une grève massive le 14 novembre. Ils protestent contre la volonté du gouvernement de réformer leur régime spécial de retraite. La presse européenne considère que cette crise est une occasion de mettre en place un nouveau dialogue social en France.

Extraits des publications suivantes:
Tribune de Genève - Suisse, The Irish Times - Irlande, Le Nouvel Observateur - France, Diário de Notícias - Portugal

Tribune de Genève - Suisse

"La France est en train de faire sa 'révolution culturelle' en matière de relations sociales", estime Jean-Noël Cuénod. "Avec Nicolas Sarkozy, l'Etat-patron vise d'abord l'opinion. Il faut bien la préparer médiatiquement pour engager les réformes de fond. Dans le même temps, on discute avec les syndicats, fermement certes, mais de façon continue. Surtout ne pas rompre le fil. Dès lors, les relations sociales ne ressemblent plus à ce rituel traditionnel des refus mutuels. Bernard Thibault [secrétaire général de la CGT] l'a bien compris. Comme Sarkozy, il utilise les sondages pour prendre appui sur l'opinion. Et il change de cap en conséquence. Sur son chemin, Thibault doit encore affronter la vieille garde communiste qui dispose d'un certain pouvoir de nuisance au sein de la CGT. Toutefois, l'option réformiste possède de grandes chances de l'emporter dans la mesure où la révolution n'est plus de saison." (15.11.2007)

The Irish Times - Irlande

Le quotidien se concentre sur le président français Nicolas Sarkozy et ses chances, à plus ou moins long terme, de résoudre la crise actuelle. "La plupart des électeurs sont déçus des développements récents [depuis l'élection de Sarkozy], en dépit des réductions d'impôts cet été. Mais ils savent qu'il est trop tôt pour émettre un véritable jugement. Le faible taux de croissance et le déficit public croissant ne présagent rien de bon pour son programme, tout comme l'agitation récente autour des fonds d'investissement privés et du marché de l'énergie. Il promet de répondre à ces différents problèmes à un niveau européen, pendant sa présidence de l'UE l'année prochaine. Le président Sarkozy a le talent politique pour tracer sa voie pendant cette confrontation et survivre ainsi à la menace qu'elle pose à son mandat du changement. A plus long terme, il devrait être jugé sur sa capacité à réaliser sa promesse d'un meilleur dynamisme économique et à créer davantage d'emplois." (15.11.2007)

Le Nouvel Observateur - France

"Le gouvernement Sarkozy est en train de payer au prix fort six mois de facilité et d'illusionnisme. (...) Peu après son avènement, une pluie d'or s'abattit sur les classes moyennes et les classes supérieures. Pour les classes populaires, la seule chose qui se profilait à l'horizon, c'était la promesse de sacrifices. Le contraste était décidément trop fort, la politique de classe trop arrogante", estime le chroniqueur Jacques Julliard. "Le gouvernement Sarkozy, selon toute probabilité, va perdre la grande épreuve de force qui s'est engagée. J'entends dire qu'il ne cédera pas sur les régimes spéciaux de retraite, car ce serait renoncer à tout espoir de réforme ultérieure. C'est vrai, mais il a déjà cédé. Il a cédé aux internes en médecine, aux marins pêcheurs, aux agents de conduite de la SNCF. Oh ! il ne cédera pas formellement sur les quarante années de cotisation [pour la retraite]. Mais il négociera des compensations qui réduiront à néant les effets financiers de la réforme." (15.11.2007)

Diário de Notícias - Portugal

"Nicolas Sarkozy a promis de changer l'attitude du gouvernement envers les cheminots de la SNCF et des travailleurs de la RATP, qui abusent de leur pouvoir", se réjouit le quotidien conservateur. "Depuis des dizaines d'années, le pouvoir est impuissant face à ces travailleurs 'capables de faire sauter tous les gouvernements', comme l'avait un jour expliqué le socialiste Michel Rocard, Premier ministre de François Mitterrand. Qu'il soit nécessaire de leur supprimer leurs privilèges, cela a déjà été dit à de nombreuses reprises. (...) Sarkozy veut en finir avec les régimes spéciaux [de retraite]. Il ne propose rien de nouveau. Ce qui pourrait être une nouveauté, c'est qu'un gouvernant français soit assez ferme pour mettre au pas ces privilégiés. Si Nicolas Sarkozy franchit avec succès cette épreuve, on pourra dire qu'une France nouvelle est née." (15.11.2007)

RÉFLEXIONS

Die Zeit - Allemagne

Salomon Korn et l'héritage des dictatures

Dans un entretien conduit par Evelyn finger, Salomon Korn, vice-président du Conseil central des Juifs d'Allemagne, critique le projet gouvernemental destiné à rendre hommage aux victimes du nazisme et à celles de la politique menée en ex-RDA. "Je n'aime certes pas entendre que les crimes nazis sont uniques en leur genre et sans équivalents. L'Holocauste doit être rapproché d'autres événements si l'on veut pouvoir démontrer une absence d'équivalence. On voit alors clairement que les crimes nazis sont de dimension européenne. Les injustices de la RDA, elles, sont de dimension nationale. Quand on compare ce qui est sorti de l'Allemagne hitlérienne et ce qui est sorti de la RDA, on voit d'un côté un enfer sans nom, et de l'autre une grande injustice, mais une injustice sans volonté d'anéantissement à l'égard de minorités particulières ou d'autres peuples". (15.11.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Stephen Moss analyse la perspective d'une Ecosse indépendante

Alexander Salmond, Premier ministre écossais et chef du Parti nationaliste (SNP), a récemment prédit que l'Ecosse obtiendrait son indépendance du Royaume-Uni en 2017. Le chroniqueur Stephen Moss se demande quelles en seraient les conséquences. "Le Royaume-Uni a de quoi s'inquiéter car l'Ecosse possède 90 % du pétrole. C'est également là que se trouve la base de sous-marins britanniques nucléaires de classe Trident. Vu que le dirigeant du SNP est favorable à une Ecosse dénucléarisée, il est probable qu'il rende les sous-marins plutôt que de les saborder. Par contre, le pétrole peut devenir un sujet explosif dans un monde qui voit cette ressource diminuer. Et après tout, il est possible qu'on conseille à Salmond de garder les sous-marins nucléaires. Une Ecosse indépendante rejoindrait-elle l'OTAN ? Rien n'es moins sûr. (...) M. Salmond ferait bien de se demander comment défendre son nouvel Etat indépendant d'un voisin du Sud appauvri et privé de ressources mais puissant militairement. Faire confiance à l'ONU peut ne pas être suffisant. Le Royaume-Uni garderait son siège à l'ONU. Et l'Ecosse ressemblerait à une Slovaquie en kilt." (15.11.2007)

POLITIQUE

Die Presse - Autriche

Conflit de générations en Autriche

En Autriche, la revalorisation des retraites a déclenché un débat sur le conflit des générations. Norbert Mayer s'indigne. "La grande coalition est là pour résoudre les problèmes urgents. Or, que fait-elle ? Du clientélisme (...). Ils inversent la pyramide : la masse des retraités en haut et, en bas, les jeunes, garants du système. Ces derniers, toujours moins nombreux, s'efforcent de financer avec des emplois à temps partiel mal rémunérés l'avenir de la génération précédente, alors que le leur s'annonce morose. C'est médiocre d'un point de vue chrétien, d'un point de vue social-démocrate. C'est médiocre tout court (...). Ceux qui dépensent trop aujourd'hui seront accusés d'avoir été injustes dans 30 ans. Et les générations qu'ils élèvent ne verront dans l'Etat qu'un extorqueur de fonds corrompu". (15.11.2007)

Gazeta Wyborcza - Pologne

La difficile mission des soldats polonais en Afghanistan

Six soldats polonais ont été inculpés de meurtre le 14 novembre par le parquet de Poznan pour avoir tué six civils lors d'une attaque au mortier en août 2007 en Afghanistan. Pawel Wronski estime que "contrairement à ce que disent les politiques, l'Afghanistan n'est pas une mission de stabilisation, mais une opération de guerre complexe. L'officier qui dirigeait la patrouille n'aurait jamais dû donner l'ordre de faire feu sur un village civil, et aucun soldat n'aurait dû l'exécuter. Si les affirmations du parquet sont exactes, personne n'a expliqué aux soldats ce qu'ils venaient faire en Afghanistan. Or, ils étaient là pour protéger et assister les gens qu'ils ont abattus. Aujourd'hui, qui est le responsable ?" (15.11.2007)

El País - Espagne

Le Parti socialiste espagnol recrute des stars étrangères

Le Parti socialiste espagnol (PSOE) a annoncé avoir recruté quatorze personnalités internationales, dont trois prix Nobel (Joseph E. Stiglitz, Wanari Maathai et Helen Caldicott), pour élaborer son programme électoral en vue des législatives de mars 2008. Le quotidien comprend mal cette stratégie. "[Le PSOE] espère ainsi mettre l'accent sur ses priorités. Mais au lieu de prouver sa force d'attraction, il fait preuve d'une certaine faiblesse. Un parti qui possède une telle lignée et une telle histoire, qui a une solide expérience du pouvoir depuis quatre ans grâce à Zapatero, aurait pu se dispenser d'engager de la sorte des étrangers. Il ne s'agit pas d'une équipe de football. Et il ne s'agit pas non plus d'un gouvernement qui a accordé une grande importance au débat sur l'avenir de la gauche hors des frontières espagnoles." (15.11.2007)

Dagbladet Information - Danemark

La Nouvelle Alliance a manqué son but au Danemark

Au vu des résultats provisoires des élections législatives danoises, la coalition de centre-droit dirigée par Anders Fogh Rasmussen devrait continuer à gouverner avec le soutien du Parti du peuple danois (DF, extrême droite). La Nouvelle Alliance de Naser Khader, fondée en mai, a manqué son but, à savoir de de réduire l'influence des populistes. Le journal commente : "La bonne nouvelle des élections de 2007, c'est que les Danois ont une nouvelle fois battu le record européen de la participation [86,5 %]. La mauvaise, c'est que la coalition va poursuivre dans des domaines clés sa politique 'de bloc', si malsaine pour la démocratie danoise, pendant quatre ans. L'opposition, qui a peut-être gagné la campagne, mais non les élections, reste sur le carreau. Reste une Nouvelle Alliance qui rêvait d'un nouveau Danemark orienté au centre mais dont la tentative a échoué". (15.11.2007)

Magyar Hírlap - Hongrie

Une loi contre les discours racistes en Hongrie

Le parlement hongrois a modifié récemment le Code civil en y intégrant une 'loi sur les discours racistes'. Quiconque prononcera des propos discriminatoires s'exposera désormais à des poursuites judiciaires. Le quotidien est critique. "On n'éradique pas les discours racistes en faisant des procès. Le fait que le gouvernement adopte cette loi à un moment où il enregistre un recul considérable de sa popularité donne l'impression qu'il veut s'en prendre aux opinions divergentes et qu'il se crée ici un moyen de faire taire les mécontents. Bien sûr, de nombreux discours manquent de tact et de convenance. Mais on ne gagnera rien à les rendre passibles de sanctions. On enfreindra tout bonnement un droit fondamental de la démocratie : la liberté d'expression". (14.11.2007)

NRC Handelsblad - Pays-Bas

La gestion des minorités aux Pays-Bas

Salima Belhaj, membre du mouvement politique 'Jeunes Démocrates' affilié au parti libéral D66, analyse la gestion des minorités aux Pays-Bas. "Étiqueter les gens en tant que membre d'une minorité ou d'une majorité ne fonctionne pas très bien. Cela ne créé pas véritablement des contacts et produit de plus de plus de la ségrégation en fonction des normes partagées. (...) Le rapprochement réel et la réciprocité sincère entre les membres des minorités et le groupe majoritaire résident dans l'acceptation d'un mode de pensée selon lequel les gens sont égaux. Cette approche garantit la reconnaissance des individus et permet que les membres des groupes minoritaires et ceux du groupe majoritaire empruntent la même voie pour vivre ensemble. La force de notre identité néerlandaise se trouve finalement, depuis le siècle des Lumières, dans le respect que nous avons pour l'identité individuelle." (14.11.2007)

CULTURE

Der Standard - Autriche

Cartarescu, le 'James Joyce roumain'

Sebastian Fasthuber se félicite que le roman 'Orbitor' de l'écrivain roumain Mircea Cartarescu soit enfin découvert en dehors de Roumanie. "L'auteur roumain se sert d'images de l'appartement familial et d'autres souvenirs d'enfance largement réinventés, pour brosser, en 500 pages d'un livre fort, un tableau passionnant de Bucarest pendant et après la dictature de Ceausescu. Caraterscu signe ici pour sa ville natale ce que James Joyce a signé pour Dublin : un monument littéraire. 'Orbitor' ne dresse pas un portrait bassement réaliste. Il aiguillonne les sentiments du lecteur avec des histoires surréalistes, d'un réalisme magique, dans une ville pleine de promesses, de possibilités et de dangers (...). Au fond, ce roman démesuré, dans lequel un prêtre vaudou de la Nouvelle-Orléans arrive à Bucarest dans sa quête de nouvelles victimes, et dans lequel l'apocalypse ne semble jamais loin, repose même sur des fondations étonnamment solides. Tout tourne autour du combat éternel entre l'ombre et la lumière, le diable et les anges, ou, comme aurait pu le dire Cartarescu, fasciné par les insectes, 'entre l'araignée et le papillon'". (15.11.2007)

Die Welt - Allemagne

La Bible du diable à Prague

La bibliothèque nationale tchèque, le Clementinum, expose actuellement le Codex Gigas, "un livre énorme que l'on appelle aussi la 'Bible du diable'", rapporte Holger Kreitling. "160 peaux d'ânes, dit-on, auraient été nécessaires pour la fabrication des 312 feuillets, soit 624 pages". C'est le plus gros livre du Moyen Age. "L'exposition de la Bible du diable à Prague est un événement historique. Car le livre est une prise de guerre. Depuis la fin de la Guerre de Trente ans [1618-1648], il était à Stockholm, les troupes suédoises l'ayant dérobé à Prague en 1648. La Bible du diable a longtemps obsédé l'empereur hasbourgeois Rodolphe II, et elle faisait partie du fameux cabinet de curiosités, installé dans le château de Prague. L'Empereur avait réuni une quantité considérable de trésors étranges ou de grande valeur. À sa mort en 1612, son héritage a été dispersé. Plus tard, les Suédois ont expédié les oeuvres restantes, encore nombreuses, en Suède. Voilà 17 ans, le président tchèque Vaclav Havel a demandé l'autorisation d'exposer la Bible du diable. Les Suédois ont longtemps refusé, avant de donner aujourd'hui leur permission". (15.11.2007)

COULEURS LOCALES

Klassa - Bulgarie

L'héritage culturel bulgare en danger

Dans le centre de Sofia, le complexe architectural Bulgaria, dont font partie un hôtel Art Nouveau et une salle de concert, doit être démoli pour laisser la place à un centre commercial. Ivan Stanichev commente : "L'hôtel et la salle de concert sont ce que le duo d'architectes Belkowsky-Dantschow nous a laissé de mieux. Ils ont trouvé une excellente solution, à la fois fonctionnelle et spacieuse. Avec ses éléments et ses détails, l'hôtel correspond à l'apogée de l'architecture de l'époque, qui a suivi la libération du pays de la domination turque [fin du XIXe siècle]. Mais il y a plus précieux encore : Bulgaria est un monument culturel de Sofia et le symbole d'une époque. Il serait paradoxal de renoncer à cet héritage européen au moment où la Bulgarie vient de réintégrer l'Europe". (15.11.2007)

CHOUX DE BRUXELLES

Le Soir - Belgique

L'extrême droite européenne incapable de s'unir

Dix mois seulement après sa création, le groupe parlementaire européen 'Identité-Tradition-Souveraineté' (ITS), qui réunissait les partis d'extrême droite européens, a été dissous le 14 novembre. "Comment voulez-vous vous entendre avec des étrangers lorsque vous prêchez à longueur de journée que l'ennemi est celui qui vient d'ailleurs ?" ironise Pascal Martin. "Plusieurs tentatives de les fédérer avaient échoué. Lorsqu'en janvier, le groupe ITS a été formé, on a déchanté. (...) Au cours des derniers mois, l'ITS avait plus d'une fois impressionné par la 'qualité' de son travail parlementaire. Ce n'était plus les coups de gueule et les diatribes à la Le Pen qui avaient cours, mais un jeu politique mené dans les règles d'usage, non dépourvu d'intelligence tactique et juridique. (...) Heureusement, les extrêmes droites [ont] une singulière propension à se quereller et à exploser avec fracas." (15.11.2007)

 

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