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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.12.2007

 

À LA UNE

Comment la Belgique peut-elle s'extirper de la crise ?

Comment la Belgique peut-elle s'extirper de la crise ?

 

Privée de gouvernement depuis 177 jours, la Belgique ne parvient toujours pas à trouver une solution de compromis. Face à ce blocage, la presse européenne avance de nouvelles pistes et analyse les risques qui découlent de l'actuelle situation pour la classe politique belge.

Extraits des publications suivantes:
De Standaard - Belgique, Die Welt - Allemagne, Le Soir - Belgique, La Voix du Luxembourg - Luxembourg

De Standaard - Belgique

Pour Peter Vandermeersch, "la conclusion la plus importante de cette guerre des nerfs est qu'on ne parviendra pas à former un gouvernement fédéral sans un débat en profondeur sur la réforme de l'Etat. Il doit être clair pour tout le monde qu'on n'arrivera à rien sans des accords à grande échelle sur les nouveaux équilibres de ce pays. Si ce pays veut garantir le bien-être de ses concitoyens - en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles -, il faudra s'engager, parallèlement à la formation d'un gouvernement (d'urgence) socio-économique, sur un vaste accord portant sur la réforme de la Belgique. (...) Les Flamands qui seront autour de la table devront montrer clairement que la survie de la Belgique n'y sera pas discutée. Une aventure séparatiste n'est pas une option. Et les francophones devront clairement montrer qu'un 'non' sans contenu n'est pas une option pour trouver de nouveaux équilibres." (03.12.2007)

Die Welt - Allemagne

Hannelore Crolly brosse le portrait du roi belge Albert II qui joue le rôle de médiateur dans la crise nationale. "Les groupes de population qui se cherchent des noises n'ont rien en commun d'un point de vue politique - à l'exception du roi. Le bien-aimé monarque Albert II, âgé de 73 ans, joue un rôle essentiel dans la lutte pour l'unité de la Belgique. Sans lui et sans la maison royale respectée par les Flamands comme les Wallons, la crise serait pratiquement impossible à surmonter (...) Toutefois, ce père de trois enfants et grand-père de douze petits-enfants n'a pas obtenu des résultats très concrets jusqu'à maintenant. Depuis qu'Yves Leterme, chargé de mener les négociations, a jeté l'éponge samedi [le 1er décembre], la situation est dans l'impasse. Le sixième roi de l'histoire de la Belgique pourrait donc tenter une manoeuvre inhabituelle : s'il donne plus de pouvoir à l'ancien gouvernement, qui gère provisoirement les affaires courantes, le Premier ministre Guy Verhofstadt pourrait rester en fonction jusqu'aux élections régionales de 2009. Le conflit a été ajourné, la crise est écartée." (04.12.2007)

Le Soir - Belgique

Suite à la démission d'Yves Leterme, le roi a demandé lundi 3 décembre au Premier ministre sortant, Guy Verhofstadt, qui gère les affaires courantes depuis six mois, de trouver une issue à l'impasse politique. Interrogé par Olivier Mouton, le politologue belge Pascal Delwit décrit les dangers liés à la situation actuelle. "Le principal risque réside dans une montée phénoménale de l'antipolitisme. Les choses sont illisibles pour les citoyens, mais aussi pour bon nombre d'observateurs. Même des responsables politiques ne comprennent plus ce qui se passe ! C'est une réalité. Et il faut se rendre compte qu'une telle montée de l'antipolitisme touchera tout le monde sauf l'extrême droite. Cela doit être un élément de réflexion important. Et franchement, aller vers un gouvernement Verhofstadt III élargi, il faut se rendre compte que ce sera pratiquement impossible de l'expliquer au citoyen. On atteint les limites de notre capacité pédagogique !" (04.12.2007)

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Face au blocage politique, Laurent Moyse estime que la Belgique doit réfléchir à de nouveaux scénarios. "Une solution consisterait à recourir à une large coalition regroupant les chrétiens-démocrates, les libéraux et les socialistes flamands et francophones. D'autres pays ont choisi cette voie du compromis, malgré de profondes divergences idéologiques séparant les principaux protagonistes. C'est notamment le cas de l'Allemagne où les grands rivaux que sont la CDU-CSU et le SPD ont trouvé une alliance de circonstance qui n'empêche pas les grincements de dents. Dans d'autres pays encore, le refus de faire appel à une grande coalition pour sauver les meubles a amené l'un des ténors à s'allier avec des courants beaucoup moins fréquentables, souvent d'extrême droite. A titre d'exemple, l'Autriche et la Pologne sont passées par là, tandis que la Slovaquie se distingue en réunissant en un même gouvernement des ministres de gauche et des éléments foncièrement nationalistes." (04.12.2007)

RÉFLEXIONS

Respekt - République tchèque

Tereza Brdecková défend une Europe ouverte

L'auteure tchèque Tereza Brdecková répond aux voix qui s'élèvent en Allemagne et en Autriche pour mettre en garde contre la précocité de l'élargissement de l'espace Schengen, prévu dans trois semaines. "L'Europe d'aujourd'hui n'a rien à voir avec l'empire romain d'Occident, mais l'état d'esprit est le même : nous devons prendre garde 'aux barbares qui ne partagent pas nos valeurs.' Nous autres Tchèques, Slovaques, Polonais et Hongrois sommes du même avis. Nous sommes plus xénophobes que tous les Européens de l'Ouest réunis et craignons que ces mêmes 'barbares' n'envahissent nos pays. (...) Dans le temps, le rideau de fer maintenait un certain équilibre : la stabilité du règne de la terreur chez nous, la stabilité de l'essor à l'Ouest. Toutefois, le stéréotype de 'l'Est renfermé sur lui-même' est désormais dépassé. (...) L'élargissement de l'espace Schengen est ce qui pouvait arriver de mieux à l'Ouest." (04.12.2007)

Corriere della Sera - Italie

André Glucksmann ne comprend pas le soutien de Sarkozy à Poutine

Dans une interview réalisée par Stefano Montefiori, le philosophe français André Glucksmann, qui a activement soutenu Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle, ne cache pas sa déception après les félicitations adressées par Nicolas Sarkozy à Vladimir Poutine, dont le parti Russie unie a remporté le 2 décembre les législatives. "Poutine en a fait voir de toutes les couleurs [pendant la campagne] non pas parce qu'il est omnipotent mais, au contraire, parce qu'il vit dans la panique. Seuls les chefs d'Etat occidentaux ne l'ont pas compris, pas même Sarkozy. Il y a deux raisons à cette panique, Poutine n'a pas encore dépassé le traumatisme de la révolution orange en Ukraine qui constitue pour lui le coeur de la Russie. (...) Il n'a pas réussi à stabiliser la Russie. (...) L'Europe devrait élaborer une politique énergétique commune et se présenter unie au Kremlin. Au contraire, tous les leaders européens font la course pour tenter d'arriver à Moscou avec un métro d'avance sur le voisin." (04.12.2007)

POLITIQUE

Der Standard - Autriche

Quel est le but de la mission européenne au Tchad ?

Conrad Seidl déplore que les ministres européens des Affaires étrangères et de la Défense n'aient qu'une vague idée, dans le meilleur des cas, des résultats à attendre de la mission européenne Eufor déployée au Tchad. Ils ont envoyé les soldats en terrain inconnu. "Personne ne peut savoir quelle sera la situation dans l'Est du Tchad dans un an. On sait seulement qu'il existe dans la région quelques dizaines de milliers de combattants armés qui n'ont pas grand intérêt à ce que la sécurité soit rétablie - parce qu'une situation incertaine peut être synonyme d'avantages tactiques pour eux. Et leurs intérêts n'auront vraisemblablement pas évolué dans deux ou trois ans. Car ce n'est pas parce l'UE envoie 500 hommes que le calme va revenir dans la région - les conflits demeurent. Et l'Eufor représente un nouvel ennemi auquel se frotter pour ceux qui en ont envie." (04.12.2007)

Dziennik - Pologne

Donald Tusk en visite officielle à Bruxelles

Donald Tusk, le nouveau Premier ministre polonais, effectue ce mardi 4 décembre sa première visite officielle à Bruxelles. Selon Andrzej Talaga, "Donald Tusk veut montrer aux Européens le nouveau visage de la Pologne, à mille lieues du tempérament bouillonnant des frères Kaczynski. L'Europe va enfin pouvoir respirer. (...) Certes, il est toujours agréable de se sentir apprécié, mais nous ne devrions pas attacher trop d'importance aux sentiments de nos partenaires européens. Ce qui compte le plus, c'est qu'ils prennent nos besoins et nos craintes au sérieux et, plus important encore, que nous sachions nous-mêmes où nous voulons en venir (...) La Pologne est trop faible pour constituer son propre groupe de pression au sein de l'UE, mais trop puissante pour ne pas faire entendre sa voix. Nous avons besoin du soutien de tous les grands pays de l'UE. Il semble que le maintien d'un maximum de souveraineté soit actuellement la meilleure option." (04.12.2007)

Sega - Bulgarie

Crise au sein du parti libéral bulgare

En Bulgarie, 13 députés du Mouvement national Siméon II (NDSW), parti libéral membre de la coalition gouvernementale, ont quitté leur groupe parlementaire après que le chef du parti, l'ancien roi Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha, a exclu la semaine dernière cinq membres du groupe à cause de divergences d'opinion sur l'orientation du parti. Selon Emil Spachijski, "il s'agit certes d'une lapalissade, mais la liberté est le fondement politique du libéralisme. La liberté nécessite surtout une mise en concurrence des idées. Les événements de la semaine dernière ont tordu le cou au mythe du libéralisme du NDSW. En réalité, il s'avère que seul le roi est libre de faire ce qu'il veut. Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha s'est fait passer pour un libéral, mais il pense et agit comme un roi. Je suis heureux que la Bulgarie ne soit pas une monarchie. Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha a gouverné pendant quatre ans [en tant que Premier ministre, de 2001à 2005]. Il fait désormais partie de l'histoire." (04.12.2007)

Télérama - France

Les particularités du syndicalisme français

Dans une interview menée par Vincent Rémy, le politologue Dominique Andolfatto explique pourquoi le syndicalisme français s'est développé dans la contestation et non la négociation. "Un des obstacles à la négociation, c'est notre Etat fort, interventionniste, avec des élites bardées de certitudes. Cet Etat qui agit à sa guise, sans consulter les syndicats ou les corps intermédiaires, ne favorise pas l'affirmation d'un syndicalisme centré sur des questions professionnelles. Certains syndicalistes, considérant les employeurs comme des adversaires de classe, en appellent à l'Etat dès qu'un problème surgit dans les relations du travail, ce qui complique encore les choses. Ils cherchent une réponse politique à des questions professionnelles. Donc, à la différence de l'Allemagne et de l'Angleterre, cela n'a pas favorisé un syndicalisme puissant." (28.11.2007)

Hufvudstadsbladet - Finlande

La Russie manque de tradition démocratique

A l'issue des élections législatives russes du 2 décembre, Björn Mansson se demande s'il pourra être un jour question de démocratie dans ce pays. "Différentes comparaisons et tentatives d'interprétation sont possibles d'un point de vue historique et international. La Révolution française a mis fin à un régime despotique, mais a rapidement cédé la place à un autre. En revanche, la démocratie américaine n'a connu aucune interruption pendant 230 ans, quoiqu'on puisse penser de l'évolution des Etats-Unis. La Chine est prétendument trop grande pour être gouvernée démocratiquement, ce que vient contredire l'exemple de l'Inde. Et les anciens pays socialistes ont réussi leur transition vers la démocratie. Toutefois, si on s'en tient à l'histoire russe, on peut se demander si le chaos de l'ère Eltsine n'était qu'une courte parenthèse démocratique entre deux dictatures, comme en 1917 à l'époque du gouvernement d'Alexandre Kerenski." (04.12.2007)

CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Mark Wallinger mérite son prix Turner

Le critique d'art Adrian Searle est ravi de nous informer que l'artiste britannique Mark Wallinger a gagné lundi 3 décembre le prix Turner 2007 pour l'art contemporain. "Il a choisi de présenter à Liverpool 'Sleeper' son film datant de trois ans, plutôt que ses dernières oeuvres. 'Sleeper', où l'artiste interroge le monde dans un costume d'ours, a gagné un écho inattendu la semaine dernière. Mais l'artiste a remporté ce prix pour couronner plus de 20 ans de peintures, sculptures, vidéos et films, qui ont montré une diversité impressionnante et une grande cohérence. (...) Au fil des années, Wallinger a pris pour sujets Jésus, Tommy Cooper, la Coupe du monde de football 1966, la première Guerre mondiale, la course automobile, la poésie, la passion (...). Il a étudié la 'britannité' et l'identité nationale, le bien-être et l'éducation, la religion et la politique. Son travail est aussi accessible et drôle que terriblement sérieux. (...) 2007 a réellement été l'année Wallinger depuis que 'State Britain', une copie du campement installé face au Parlement par l'activiste pacifiste Brian Haw, a été inaugurée à la Tate Britain en janvier dernier." (04.12.2007)

Der Tagesspiegel - Allemagne

Cristian Mungiu évoque le déclin du cinéma roumain

Dans un entretien réalisé par Annett Müller, le réalisateur roumain Cristian Mungiu évoque le succès de son film '4 mois, 3 semaines et 2 jours' et le paysage cinématographique de la Roumanie, un pays qui ne compte que 35 cinémas. "Avant 1989, les Roumains allaient au cinéma, car ils n'avaient aucun autre moyen de se divertir. La chaîne de télévision nationale diffusait chaque jour une émission de propagande de deux heures : pourquoi aurions-nous dû subir cela ? Aujourd'hui, pour le prix d'un ticket de cinéma, on peut recevoir je ne sais combien de chaînes câblées chez soi. Après le tournant [de 1989], nous avons connu un véritable bouleversement en matière de divertissement. Et plus nous avons de possibilités de nous divertir, moins nous fréquentons les salles obscures. Elles tombent alors en ruine et les spectateurs ne sont pas au rendez-vous, tout comme les profits espérés par les producteurs." (04.12.2007)

Le Figaro - France

La culture française n'est pas morte

L'écrivain Maurice Druon, membre de l'Académie française, répond avec virulence au magazine américain 'Time', qui a annoncé 'la mort de la culture française' dans un récent numéro de son édition européenne. "Tous les quatre ou cinq ans, les États-Unis sont pris d'une fièvre antifrançaise que l'un de leurs grands médias se charge de communiquer à l'univers. (...) L'auteur [Donald Morrison] a l'esprit complètement faux et confond, comme la plupart de son public, culture et divertissement. Il met dans la même rubrique Proust, Monet, Piaf et Truffaut, et voit la France décédée parce que nous n'avons pas, dans l'instant, des célébrités de cette taille. (...) La culture n'est pas déterminée par le box-office de la semaine. La culture s'exerce sur la durée. (...) Et que tous les créateurs du monde soient accueillis par la France n'est pas un fléchissement, mais la preuve que cette terre est, depuis des siècles et, espérons-le, pour des siècles encore, celle de la culture." (04.12.2007)

COULEURS LOCALES

Politis - Chypre

Il a enfin plu à Chypre

"L'archevêque Chrysostomos II avait raison. La prière a fait venir la pluie. La sécheresse qui pesait sur Chypre depuis plus de 4 ans, pendant lesquelles pratiquement aucune goutte d'eau n'est tombée sur le pays, a cessé ce week-end", explique le quotidien. "L'archevêque de Chypre avait envoyé [le 26 novembre] une circulaire aux curés de paroisses pour qu'ils exhortent les fidèles à prier ensemble pour que 'Dieu tout puissant mette un terme à la sécheresse'. Certains de nos lecteurs avaient alors souri, tout en ayant conscience qu'une telle pénurie d'eau n'avait pas été constatée depuis 1998. (...) A peine la liturgie dominicale commencée [le 2 décembre], il pleuvait des hallebardes. Miracle ou simple circonstance, la joie des agriculteurs était en tout cas au rendez vous". (04.12.2007)

 

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