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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 07.01.2008

 

À LA UNE

La démocratie à l'épreuve en Géorgie

La démocratie à l'épreuve en Géorgie

 

La commission électorale géorgienne a confirmé la réélection de Mikhail Saakachvili au poste de président. Il aurait obtenu près de 53 % des voix lors du scrutin organisé le 5 janvier. Les observateurs internationaux ont avalisé ce scrutin. Mais l'opposition dénonce des fraudes et demande un deuxième tour.

Extraits des publications suivantes:
Der Standard - Autriche, Diena - Lettonie, Financial Times - Royaume-Uni, Rzeczpospolita - Pologne

Der Standard - Autriche

Markus Bernath interprète les résultats provisoires des élections présidentielles géorgiennes, selon lesquels la majorité de la population souhaite la poursuite des réformes : "L'époque romantique de la rose est révolue, nous revenons à la normalité. La chute du score de Mikhaïl Saakachvili, qui passe de 96 % aux élections de 2004 à un chiffre plus représentatif du soutien de la population, n'absout pas le politicien autoritaire de ses erreurs commises pendant son premier mandat. Cette réélection ne présage aucunement d'un changement de cap." (07.01.2008)

Diena - Lettonie

Bien qu'optimiste dans l'ensemble, Askolds Rodins déplore que le décompte des voix des élections géorgiennes traîne en longueur. "Afin que la démocratie se développe en Géorgie, il est essentiel que à la fois le vainqueur et le vaincu acceptent les résultats. Avant les élections, l'opposition avait déjà annoncé qu'en cas de fraude, elle appellerait à des manifestations de protestation au centre de Tbilissi. Ce fut déjà le cas début novembre, lorsque le cortège de manifestants rassemblait plusieurs centaines de milliers de personnes. Mais une défaite ne signifie pas automatiquement que le vainqueur a eu recours à des procédés déloyaux. D'après les rapports des observateurs internationaux, les élections se sont déroulées librement, loyalement et démocratiquement." (07.01.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien estime que le président géorgien "doit gérer correctement les manifestations que les partis de l'opposition organisent pour dénoncer une fraude électorale. Une nouvelle démonstration de force semblable à celle qui a déclenché la crise de novembre ne ferait rien pour restaurer la normalité ou redorer la réputation internationale de Mikhaïl Saakachvili. M. Saakachvili doit arrêter de se considérer comme le seul garant de la démocratie géorgienne - et reconnaître que d'autres dirigeants ont un rôle important à jouer. Pendant ce temps, les dirigeants de l'opposition doivent montrer que eux aussi peuvent répondre aux exigences démocratiques. (...) Avec une telle agitation politique, il sera difficile de mettre en oeuvre de nouvelles réformes économiques. Mais M. Saakachvili doit maintenant consolider les avancées considérables qu'il a faites depuis 2003, garantir aux investisseurs qu'il n'y aura pas de retour en arrière et s'assurer que les bénéfices d'une meilleure croissance économique profitent aux nombreux pauvres de Géorgie." (06.01.2008)

Rzeczpospolita - Pologne

Jerzy Haszczynski critique la prise de position russe contre Saakachvili. "La Russie essaye de rejouer la partie en remettant en question l'évaluation des observateurs internationaux. (...) Pour la Russie, la Géorgie est un exemple pénible de réussite, notamment sur le plan économique. Le pays enregistre en effet une croissance forte en dépit des obstacles que la Russie a dressés sur son chemin (embargo sur le vin et ruptures d'approvisionnement en gaz russe). (...) Sous de nombreux aspects, le premier mandat de Mikhaïl Saakachvili a été placé sous le signe de la réussite politique. Les pays de l'Ouest l'ont même reconnu. Même une adhésion à l'OTAN semble de moins en moins absurde." (07.01.2008)

RÉFLEXIONS

Le Soir - Belgique

Pour Guy Hermet, la démocratie est vouée à disparaître

Dans un entretien mené par Dominique Berns, le politologue Guy Hermet prédit la disparition du système démocratique. "De plus en plus de pays sont dit 'démocratiques', même si on peut douter de la qualité de leurs institutions démocratiques. Mais en densité, en profondeur ou en qualité, la démocratie recule. Elle s'étend en périphérie, mais s'épuise dans nos vieilles démocraties. (...) Je crois profondément que la démocratie telle que nous la concevons n'existera bientôt plus. (...) Il y a maintenant un doute philosophique sur la pertinence de la souveraineté populaire. Et on en vient à récuser la volonté majoritaire qui est pourtant le noyau de la démocratie. Quand dans un pays du Sud, les élections portent au pouvoir un parti islamiste, n'entend-on pas dire qu'il vaudrait mieux annuler les élections ? Ou quand une proportion importante d'électeurs anversois donne sa voix au Vlaams Belang, certains ne pensent-ils pas qu'il conviendrait de ne pas tenir compte de leurs bulletins de vote ?" (07.01.2008)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Bora Cosic s'interroge sur l'indépendance du Kosovo

L'écrivain serbe Bora Cosic rappelle que les Albanais du Kosovo n'étaient pas toujours mis sur un pied d'égalité avec les autres Yougoslaves, même sous le régime de Tito. "Désormais, nous arrivons au terme de cette période de l'histoire. Celle-ci a commencé avec ces pauvres gens, qui mangeaient du raisin et des sardines dans leurs caves. Aujourd'hui, ils essaient de vivre dans leur pays avec les pires difficultés, en conformité avec leurs aspirations, en pouvant jouir du droit d'indépendance et en gérant avec soin leur liberté individuelle. Ces gens travailleurs, fiers et stricts ont montré à plusieurs reprises combien il était difficile de composer avec cette liberté. Parmi eux, nombreux sont ceux qui ont parfois déçu les personnes bienveillantes à leur égard. Doivent-ils, et ce quel qu'en soit le motif, incendier les églises d'un autre culte ? C'est pourquoi j'ai également du mal à appeler mes compatriotes serbes à la raison pour laisser les Albanais du Kosovo vivre en paix afin qu'ils prennent eux-mêmes leur destin en mains." (07.01.2008)

POLITIQUE

Népszabadság - Hongrie

Svatopluk Ier devient le 'père des Slovaques'

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a décerné le titre de 'Père des Slovaques' et de premier roi slovaque à Svatopluk Ier (870-894), prince du royaume de Grande Moravie au IXe siècle. A l'époque, ce dernier s'étendait, entre autres, sur une partie de la Hongrie, de la Pologne et de l'Autriche. Tibor Kis ne cache pas son étonnement. "L'expérience nous a montré que lorsque les politiciens d'Europe centrale de l'Est éprouvent un intérêt soudain pour leur histoire, ce n'est pas dans le but de décrocher des récompenses scientifiques. Le charme d'un passé prétendument glorieux pose des problèmes concrets. La manipulation politique de l'histoire de cette région n'est pas un jeu innocent. Faut-il alors s'étonner que la minorité hongroise vivant en Slovaquie y voit un funeste présage pour la politique des minorités ?" (07.01.2008)

The Independent - Royaume-Uni

Un évêque britannique dénonce l'existence de 'zones interdites'

L'évêque de Rochester, le révérend Michael Nazir-Ali, né au Pakistan et dont le père musulman s'est converti au catholicisme, a expliqué dans un article publié par le 'Sunday Telegraph' que l'extrémisme islamiste a créé en Grande-Bretagne des "zones interdites ... dans lesquelles ceux qui ont une foi différente ou sont d'une autre race peuvent avoir du mal à travailler ou à vivre". La chroniqueuse Yasmin Alibhai-Brown est atterrée par ces déclarations. "Où sont ces forteresses islamisées et armées ? Il ne nous le dit pas car cela ne l'intéresse pas. Les propos de Nazir-Ali ont pour effet de diffuser une peur toxique à travers le pays et il est prêt à gonfler, à exagérer ou à inventer des dangers dans le but de pousser son anglicanisme particulièrement fanatique. Il sait que la nation est déjà un peu nerveuse et suspicieuse à l'égard des musulmans et que ses propos vont valider cette hostilité. (...) Il n'y a pas en Grande-Bretagne de ghettos en croisade. Mais l'évêque se moque de cela, semble-t-il. Et il ne s'intéresse pas non plus aux enclaves blanches dans lesquelles les Européens de l'Est sont régulièrement battus et chassés par des Britanniques du cru." (07.01.2008)

La Vanguardia - Espagne

L'Espagne fête les 70 ans de son roi

Le roi d'Espagne Juan Carlos I a célébré le 5 janvier ses 70 ans, dont 32 ans passés à la tête de l'Etat espagnol. "Transmetteur et défenseur de l'esprit de consensus qui a éclairé l'étape la plus longue et la plus stable de liberté et de bien-être dans notre histoire contemporaine, le roi a su donner un sens vivant au mot 'régner'", estime le quotidien. "Comme tous ceux de sa génération, le roi a eu pour objectif la construction d'un système basé sur la réconciliation entre Espagnols autour de valeurs propres à une société ouverte. L'histoire est une conquête permanente de ceux qui croient en l'avenir. Et le roi Juan Carlos conquiert cette histoire depuis plus de trente ans (...). Ce soixante-dixième anniversaire constitue une excellente occasion de souligner la réussite irréversible d'une Espagne démocratique qui, avec Juan Carlos a sa tête, nous permet de vivre en paix et en liberté." (05.01.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La délinquance juvénile fait débat en Allemagne

L'Allemagne débat actuellement du renforcement du code pénal contre les délinquants mineurs. Roland Koch, ministre-président du Land de Hesse, fait actuellement campagne pour les élections au parlement de ce Land. Et il a demandé la création de camps d'éducation pour les délinquants juvéniles. Selon Heribert Prantl, l'arsenal législatif actuel est suffisant. "De nombreuses personnes ignorent que si les sanctions pénales peuvent être moins sévères que celles infligées aux adultes, les peines de rééducation peuvent néanmoins être plus longues et plus strictes. Le droit pénal qui s'applique aux délinquants mineurs offre au juge de nombreuses possibilités, y compris des sentences inhabituelles. (...) En bref, ce droit pénal, tout comme le nouveau système déjà appliqué dans le Land de Hesse, est judicieux, imaginatif et flexible. Le faire disparaître serait presque un délit." (07.01.2008)

Tribune de Genève - Suisse

La cote de popularité de Nicolas Sarkozy s'érode

Selon plusieurs sondages publiés ce week-end, le président français Nicolas Sarkozy accuse une baisse de popularité. L'éditorialiste Jean-François Verdonnet estime que le charme est rompu. "L'opinion (...) ne se laisse pas divertir par le spectacle ébouriffant mis en scène à l'Elysée. Il se pourrait même que l'omniprésence du président, la manière qu'il a de créer chaque jour un événement et l'affichage tapageur de sa vie privée finissent par fabriquer de la défiance. Le discours a beau être simple et volontaire ; il a beau trancher avec la rhétorique classique de ses prédécesseurs, il risque d'apparaître bientôt comme insignifiant. Il ne suffit pas, en tout cas, à transformer le réel : la croissance, qui changerait tout, ne se décrète pas. Et chacun sait déjà qu'elle ne sera pas au rendez-vous cette année." (07.01.2008)

ÉCONOMIE

Gândul - Roumanie

Les Roumains veulent gagner plus

Caterina Nicolae s'interroge sur le niveau des revenus en Roumanie en 2008. "En octobre 2007, le revenu moyen s'élevait à environ 450 euros, mais, en Roumanie, moins de 14 % des 4,7 millions de salariés perçoivent ce revenu. Certains sont plus chanceux et gagnent plus, par exemple dans la finance, l'administration publique ou l'armée. De nombreux employés touchent 270 euros, une somme bien inférieure au salaire moyen. Ils travaillent dans l'hôtellerie, la restauration, le textile ou l'agriculture. (...) Cependant, l'entrée dans l'UE a permis aux Roumains de se familiariser avec les prix et les prétentions salariales des pays de l'ouest. Et beaucoup de ceux qui ne sont pas encore partis du pays demandent un salaire correspondant à leurs compétences, ne serait-ce que pour payer le loyer ou faire les courses. On est alors en mesure de se poser la question suivante : où peut-on gagner de l'argent ? En Roumanie ou à l'étranger ?" (05.01.2008)

MÉDIAS

Sme - Slovaquie

Le président slovaque veut des médias loyaux envers l'Etat

Dans un entretien radiophonique diffusé ce week-end, le président slovaque Ivan Gasparovic a critiqué la trop grande sévérité des journaux du pays envers l'action du gouvernement. Il a demandé la mise en place de "médias gouvernementaux" qui permettraient aux politiciens de s'exprimer librement. Le Premier ministre Robert Fico avait déjà évoqué un projet similaire. Lukas Fila est néanmoins totalement opposé à cette idée. "Les médias sont critiques, on ne peut rien y changer. Ils ne doivent pas faire l'éloge du gouvernement mais informer le public de son action. Tout le monde peut trouver sur Internet les positions officielles, dans leur intégralité et sans aucun commentaire. Nous n'avons pas besoin de médias d'Etat". (07.01.2008)

CULTURE

El País - Espagne

L'architecture moderne se heurte à l'héritage culturel

L'architecte italien Cino Zucchi explique, dans une interview réalisée par Anatxu Zabalbeascoa, la difficulté de développer des projets dans des villes déjà très riches sur le plan culturel. "D'une manière générale, l'Europe possède les villes les plus denses au monde. Les tissus urbains sont faits de strates, de couches historiques. (...) On ne trouve pas au coeur des villes européennes le moindre centimètre carré vierge, dépourvu de passé. L'architecture moderne rompt avec ces centres car elle naît de l'objet plus que du sol. Elle peut être très spectaculaire et peut être développée partout. Mais elle n'est pas ancrée. L'Italie et l'Espagne ont développé au cours des 20 dernières années une culture de modification du territoire. Elle est liée à l'acceptation du fait que nous ne sommes pas les premiers, ni les derniers." (05.01.2008)

SPORT

Diário de Notícias - Portugal

L'annulation du rallye Dakar est une victoire pour Al-Qaïda

Le quotidien portugais se désole de l'annulation vendredi 4 janvier du rallye Dakar, qui part de Lisbonne depuis 2006, pour cause de menace terroriste contre l'épreuve. "L'organisation terroriste Al-Qaïda a obtenu une victoire inédite en provoquant l'annulation du Dakar, une des épreuves sportives les plus importantes du monde. (…) La lutte contre le terrorisme est une bataille inégale. Al-Qaïda peut aussi bien frapper au Maghreb qu'à Madrid ou à Londres, et les militants peuvent être issus du même monde que leurs victimes. Céder au chantage est un précédent dangereux. (…) A partir de maintenant, les partisans d'Oussama Ben Laden savent qu'il n'est pas nécessaire de toujours attaquer. Parfois il suffit de menacer. C'est une défaite pour tout le monde, bien que l'annulation soit compréhensible". (05.01.2008)

CHOUX DE BRUXELLES

Libération - France

L'Europe parle de moins en moins français

"La dérive anglophone de la Commission européenne s'accélère", s'inquiète Jean Quatremer, correspondant du quotidien à Bruxelles. "En moins de dix ans, le français est devenu une langue minoritaire au sein de l'exécutif européen, seuls 14 % des documents étant encore rédigés en français (et ça diminue). (...) Sur 36 porte-parole, 9 sont britanniques et 4 irlandais, soit un tiers 'd'English native speaker' ! (...) Un tel déséquilibre linguistique n'a pas de précédent. Si on ajoute à cela 8 Allemands (qui n'ont jamais été aussi bien servis), ce sont 21 postes sur 36 qui sont squattés par trois nationalités. Là aussi, sans précédent ! Les Français, eux, doivent se contenter de deux postes mineurs. (...) A Paris, on se dit 'préoccupé' par ce déséquilibre qui fait tâche à quelques mois de la présidence française de l'Union." (07.01.2008)

 

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