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07.08.2008

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 09.01.2008

 

À LA UNE

La crise des ordures à Naples a des relents politiques

La crise des ordures à Naples a des relents politiques

 

La ville de Naples, située au sud de l'Italie, est noyée sous les ordures. En effet, depuis des semaines, les déchets ne sont plus ramassés dans les rues. Face à cette situation, le Premier ministre italien Romano Prodi souhaite désormais l'intervention de l'armée.

Extraits des publications suivantes:
Diena - Lettonie, Helsingin Sanomat - Finlande, Corriere della Sera - Italie, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Diena - Lettonie

Aivars Ozolins estime que la crise des déchets symbolise la faiblesse de l'Etat italien. "L'Italie n'est pas un quelconque pays de l'UE. Elle fait partie des six Etats fondateurs de la CECA [Communauté européenne du charbon et de l'acier], qui a jeté les bases de la Communauté européenne. En 1987, l'économie italienne affichait encore des performances comparables à celles de la Grande-Bretagne. L'Italie est désormais dépassée par l'Espagne, qui n'a rejoint les rangs de l'UE qu'en 1986. (...) On pense que c'est la mafia qui est à l'origine de la crise actuelle, en faisant chanter les autorités afin de recevoir plus d'argent au titre de la collecte et du traitement des déchets. Toutefois, cette crise est également révélatrice de la faiblesse du gouvernement central et du système politique italien dans son ensemble." (09.01.2008)

Helsingin Sanomat - Finlande

Le quotidien finlandais estime que le problème napolitain est bien loin d'être isolé. Chacun souhaite la collecte et le traitement des déchets, mais personne ne veut de décharge ou d'incinérateur près de chez lui. "Les protestations des riverains ne représentent qu'une partie du problème. L'administration et les politiciens sont les principaux fautifs : ils ne sont pas capables de se débarrasser de la Camorra [la mafia napolitaine], qui a la mainmise de la gestion des ordures à Naples. (...) Le gouvernement a tenu une réunion de crise et décidé de mettre en place des mesures radicales pour résoudre le problème. Mais cette position est-elle crédible ? Il aurait fallu agir beaucoup plus tôt." (09.01.2008)

Corriere della Sera - Italie

Le journaliste et écrivain italien Pierluigi Battisti estime que la crise des ordures à Naples pourrait marquer la fin de la 'Seconde République'. Ce terme est utilisé pour désigner la période politique qui a débuté voilà quinze ans avec l'introduction su suffrage majoritaire. "Ensevelie sous une montagne de déchets, gît la dépouille de la Seconde République (...). Le rêve brisé du 'grand changement' déverse ses scories dans la décharge de la honte. Enterrée dans le chaos et dans les flammes de la révolte de Naples, l'Italie de la Seconde République prend la forme d'une accumulation d'ordures que les télévisions du monde entier transmettent en boucle comme symbole humiliant de notre pays. On est loin d'une Renaissance italienne (...). L'incendie allumé à Naples est comme un gigantesque bûcher des vanités". (09.01.2008)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Tobias Piller décrit la manière dont a évolué au fil des années la crise des déchets à Naples. "Le président de la région [de Campanie], Antonio Bassolino, et son prédécesseur Andrea Losco ont fait preuve de génie en concevant un système de séparation des déchets pour Naples et ses environs. En 2000, sans appel d'offre officiel et sous les bravos des personnalités au pouvoir, environ 2 400 éboueurs furent embauchés pour collecter les déchets triés et 65 millions d'euros furent investis dans des équipements et des camions. Depuis, les camions ont disparu. Les éboueurs admettent volontiers qu'ils touchent un salaire depuis 2000, alors qu'ils n'ont pas ramassé un seul kilo d'ordures. (...) La crise pourrait donc être une bénédiction pour les personnes qui tirent les ficelles. Si le problème est supposé trouver une issue rapide, il est beaucoup plus facile d'éviter les appels d'offres transparents pour privilégier les partenaires commerciaux et ses amis politiques." (09.01.2008)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Daniel Vernet constate la persistance du 'soviétisme'

Pour le chroniqueur Daniel Vernet, les ex-pays satellites de l'URSS ont du mal à sortir du 'soviétisme'. "La culture des consultations libres, transparentes, démocratiques, est loin de s'être implantée en Géorgie, comme dans d'autres républiques de l'ex-URSS. (...) Les élections y sont toujours conçues comme une manière de donner un vernis populaire au pouvoir et non comme un moyen d'assurer l'alternance. Le premier réflexe des autorités est de manipuler le vote en empruntant des voies diverses, plus ou moins grossières ou sophistiquées selon les cas. Celui de l'opposition est de contester le résultat avant même la tenue du scrutin. Nulle part la bataille politique n'est exempte de coups bas mais le 'kompromat', le matériel compromettant, archivé ou fabriqué par les services de sécurité, reste, dans ces pays, une pratique courante pour déconsidérer les adversaires politiques. Celui qui pense autrement n'est pas un adversaire mais un ennemi à abattre." (09.01.2008)

Le Temps - Suisse

Francis Cheneval redoute les dérives passionnelles au sein de l'UE

Le professeur de philosophie Francis Cheneval, chargé de cours à l'Institut européen de l'Université de Genève (IEUG), estime que "la logique d'intégration européenne est une logique de pouvoir civil, de construction d'interdépendances et d'identités partagées, voire échelonnées. La faiblesse d'intensité du sentiment passionnel ressenti par les Européens à l'égard d'une telle structure décentrée peut aussi être interprétée comme un signe clair qu'une politique au-delà des dérives passionnelles est possible. Par contre, l'aspiration à une Europe puissance par moyen d'un Etat européen à l'image des grandes puissances risque de réveiller le romantisme politique. Un centralisme européen se verrait contraint de mobiliser des ressentiments contre l'autre pour mener à terme une unification difficile. Cette dynamique se conforme mal à l'idée d'une intégration européenne fidèle à la tolérance entre les peuples et à leur intégration différenciée." (08.01.2008)

The Times - Royaume-Uni

Daniel Finkelstein appelle au renouveau de la droite

Le chroniqueur conservateur Daniel Finkelstein, ancien conseiller du Premier ministre britannique John Major, s'interroge sur l'avenir de la droite. "Les partis conservateurs, dans le monde entier, se rendent compte que la droite doit changer. Les modernisateurs en Australie, en France, au Danemark, au Brésil, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Suède et bien sûr, au Royaume-Uni, se sont engagés avec conviction dans un débat portant sur les problèmes communs à tous les conservateurs. Les partis de gauche, qui s'appuient sur des idées universelles, ont toujours coopéré. Les partis conservateurs, avec leur identité si étroitement liée à celle de leur nation, ont du mal à former des groupes internationaux. Mais maintenant ils font face à une série de défis communs. Le premier est le succès politique de la troisième voie de Clinton et Blair. (...) A travers le monde, les partis de gauche ont accepté le capitalisme et ont modéré leur doctrine. Les conservateurs doivent donc s'orienter vers le centre pour rester dans la course." (09.01.2008)

POLITIQUE

La Tribune - France

Sarkozy rattrapé par la réalité

Réagissant à la conférence de presse du président français le 8 janvier, l'éditorialiste François-Xavier Pietri estime qu'il y a eu "le premier renoncement majeur de la législature. Sur le sujet ô combien central du pouvoir d'achat - thème au coeur de la campagne présidentielle et devenu la première préoccupation des Français devant le chômage -, le président, qui a renoncé à 'vider des caisses déjà vides', reconnaît son impuissance. En somme, les 14 milliards [d'euros] réinjectés dans l'économie française, dont on ne mesure pas vraiment l'impact sur le pouvoir d'achat, sont de l'histoire ancienne et l'Etat ne remettra plus la main à la poche, en l'occurrence trouée, pour nourrir les attentes des Français. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy est rattrapé par la réalité et voit son volontarisme écorné." (09.01.2008)

La Vanguardia - Espagne

La stratégie risquée de Nicolas Sarkozy

"Sarkozy a obtenu quelque chose d'unique en France : il est à lui seul tout le pouvoir, sans que personne ne parvienne à lui faire de l'ombre", écrit José Antich, directeur du quotidien, qui se montre admiratif face à l'énergie déployée par le chef d'Etat français. "Le défi dans lequel il s'est lancé peut cependant finir par s'avérer problématique. Les Français ne s'attendent pas à ce que le Premier ministre adopte des mesures économiques concrètes. Tous ont compris que les changements dépendent de Sarkozy. Son langage franc et direct n'apporte cependant pas de réponse aux problèmes quotidiens des Français et seules les annonces de projets se multiplient. Beaucoup d'entre eux sont certes ambitieux mais ils ne peuvent être réalisés qu'à long terme. Sarkozy a été élu président car il incarnait mieux que Ségolène Royal l'idée de changement. Le temps joue désormais contre lui (...)." (09.01.2008)

Le Soir - Belgique

Le Premier ministre belge présente sa réforme de l'Etat

Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a remis le 8 janvier au roi une note dans laquelle il émet des propositions pour réformer les institutions, une question qui divise profondément partis flamands et francophones. Pour Béatrice Delvaux, la note est "réaliste, consolidant d'une part l'idée d'un État fédéral fort - souhait francophone - en octroyant une large autonomie aux Régions - souhait flamand. (...) La note redessine le fonctionnement belge et postule pour garantir l'équité et l'efficacité futures une véritable loyauté et une bonne foi entre Flamands et francophones au fédéral. C'est risqué, voire bancal. Mais c'est sans doute le seul pari à tenter car Verhofstadt évite les tabous qui feraient tout exploser (élargissement de Bruxelles, scission de la sécu) et demande à chacun d'accepter des compromis. L'histoire récente l'a prouvé : c'est la seule méthode permettant au pays de subsister." (09.01.2008)

24 heures - Suisse

La Suisse va-t-elle continuer à tourner le dos à l'UE ?

François Cherix, vice-président du Nouveau Mouvement européen suisse (Nomes), estime que la signature du traité de Lisbonne oblige la Suisse à repenser sa politique européenne. "Même modeste, la relance de l'UE bouscule une Confédération qui est condamnée à la suivre tout en ayant choisi de lui tourner le dos. Simultanément, la volonté affichée par le Traité de ne pas voir l'Union se substituer aux Etats qui la composent rend infondées les craintes d'un pays qui refuse de codécider à Bruxelles ce qu'il finit par copier à Berne. (...) Cette stratégie du 'toujours dedans, mais parfois dehors' fait sourire l'UE : à ses yeux, il est peu crédible de vouloir, par exemple, participer au grand marché européen, tout en refusant d'aborder les enjeux fiscaux qu'il génère. Autrement dit, l'Union souhaite savoir si la Suisse entend se montrer solidaire de son destin ou être considérée comme un Etat tiers, avec les risques économiques et politiques qui en découlent." (09.01.2008)

Népszabadság - Hongrie

Les mésaventures du gouvernement hongrois

Une partie des travaux d'aménagement du nouveau quartier gouvernemental à Budapest a connu un coup d'arrêt le 8 janvier en raison d'incertitudes sur des questions de propriété. Péter N. Nagy note que la malchance semble poursuivre le gouvernement hongrois. "Ces derniers temps, tout ce qu'entreprend le gouvernement échoue. (...) Ses idées sont certes judicieuses, mais leur réalisation est maladroite. A chaque fois, les projets sont contrecarrés par des vétilles. Le nouveau quartier gouvernemental vient buter sur un problème de parcelles. En dépit de tous les efforts réalisés, la réforme du système de santé est mise en danger par le ticket modérateur local et le projet de métro se heurte à des problèmes géologiques. Des broutilles qui paralysent des projets d'envergure." (09.01.2008)

Newsweek Polska - Pologne

L'insémination artificielle fait débat en Pologne

La Pologne s'interroge actuellement l'insémination artificielle. Largement pratiquée, cette technique n'est pas encadrée par la législation. Du coup, de nombreux couples allemands souhaitant un enfant traversent la frontière pour recevoir un traitement. Ewa Kopacz, ministre polonaise de la Santé, a donc proposé que des fonds publics servent à financer l'insémination artificielle des Polonaises. Mais l'Eglise catholique demande l'interdiction de telles pratiques. Marek Safjan analyse la situation. "Bien que la Pologne manque d'un cadre législatif pour les biotechnologies, il semble que nous soyons le dernier bastion défendant les valeurs traditionnelles contre le danger des nouvelles technologies. Dans le même temps, nous ne parvenons pas à mener un vrai débat d'ensemble pour fixer les limites et déterminer les directives encadrant de telles interventions. Si ce thème ne fait l'objet d'aucun débat, le vide juridique persistera. Et ce serait la pire des solutions." (07.01.2008)

ÉCONOMIE

Týždeň - Slovaquie

La Slovaquie sur la voie de l'euro

Robert Zitnansky est confiant dans le fait que la Slovaquie remplit les conditions nécessaires pour adhérer à la zone euro en 2009. Toutefois, il se demande comment le Premier ministre Robert Fico, issu de la gauche populiste, va faire passer une adoption rapide de l'euro auprès de son électorat, notamment chez les retraités et les personnes précaires. "Ces personnes ne vont pas faire leurs courses en Autriche, ne partent pas en vacances en Espagne et ne vont pas travailler en Irlande. L'euro et la hausse des prix qui peut s'ensuivre vont générer des frustrations. Les craintes suscitées par le changement de monnaie et l'inflation constituent la principale source d'inquiétude de la population. Les électeurs jugeront l'action de Robert Fico sur les prix et non sur le risque de change ou la stabilité des cours." (09.01.2008)

CULTURE

die tageszeitung - Allemagne

Simone de Beauvoir, une femme de lettres engagée

A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir (1908-1986), Barbara Vinken, spécialiste en littérature, a relu son livre 'Le Deuxième sexe' (1949). "Souvent à contre-courant de sa philosophie, Simone de Beauvoir demeure une grande analyste de la passion et une observatrice intègre des femmes, de leur peur de perdre une part de leur féminité si elles réussissent, alors que la réussite d'un homme ne fait que conforter sa virilité. Elle observe les hypocrisies dont sont victimes les femmes mariées et les tentatives de compensation et de légitimation, souvent naïves, qui en découlent. Enfin, elle observe les conflits entre travail et féminité. C'est précisément parce que les jeunes femmes ont souvent l'impression d'avoir aujourd'hui les mêmes droits - et on se demande où la plupart d'entre elles puisent cet optimisme - que l'on doit adapter, au sujet du livre 'Le Deuxième sexe', les propos que Diderot a tenus sur le chef d'oeuvre de Samuel Richardson 'Histoire de Miss Clarisse Harlowe' : Lisez de Beauvoir, lisez-la sans cesse." (09.01.2008)

Postimees - Estonie

Les limites du succès du cinéma estonien

Le journal estonien se réjouit du bon accueil réservé en 2007 aux films estoniens pendant les festivals internationaux. Néanmoins, il doute que cette situation perdure. "Au vu du budget actuel [consacré au cinéma] et du manque de studios, il serait excessif de parler d'un boom du cinéma estonien. C'est ce qu'a confirmé le réalisateur Veiko Ounpuu, qui, avec son film 'Sügisball', a joué un rôle majeur dans le développement du cinéma estonien. Certes, nous avons attiré l'attention des autres pays et le nombre de longs métrages reste élevé par rapport à notre population. Mais nous ne devons pas céder à l'euphorie. Tiina Lokk, directrice du festival cinématographique des nuits noires (Pimedate Ööde Filmifestival, POFF), indique que le cinéma estonien se trouve désormais au coeur de la politique culturelle du pays et, malheureusement, les fonds attribués à cette politique sont insuffisants." (09.01.2008)

 

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