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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 14.01.2008

 

À LA UNE

L'UE dans la ligne de mire du gouvernement croate

L'UE dans la ligne de mire du gouvernement croate

 

La Croatie s'est dotée le 12 janvier d'un gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Ivo Sanader (Union démocratique croate, HDZ). Il rassemble également le Parti social-libéral de Croatie (HSLS), le Parti paysan et plusieurs représentants de minorités ethniques. Ivo Sanader souhaite que son pays intègre l'OTAN et l'UE pendant son second mandat. Pourra-t-il relever ce défi ?

Extraits des publications suivantes:
Delo - Slovénie, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Diário de Notícias - Portugal

Delo - Slovénie

Rok Kajzer, correspondant du journal en Croatie, indique que ce pays pourrait, en théorie, intégrer l'UE en 2012, à la fin de la législature. Toutefois, il déplore que Zagreb n'ait pas été jusqu'à présent un élève modèle. "J'en veux pour preuve les difficultés d'ouverture et de fermeture des négociations. L'UE a récemment adressé à la Croatie un avertissement sur les droits de l'homme, un chapitre 'prestigieux'. Ce chapitre n'a jamais été ouvert en raison de la préparation insuffisante de la Croatie. Il faut y voir une conséquence de sa position aberrante : la Croatie estime que les négociations ne sont qu'une formalité et qu'il suffit de promettre la mise en place de réformes et de lutter contre la corruption." (14.01.2008)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Selon Karl-Peter Schwarz, malgré la majorité conservatrice solide, le nouveau gouvernement mené par Ivo Sanader est en danger en raison de la composition de la coalition. "Contrairement à la législature précédente, pendant laquelle les forces pro-européennes étaient majoritaires au sein du gouvernement, Ivo Sanader doit désormais tenir compte des partenaires de la coalition qui attachent une grande importance à la protection des intérêts de leur clientèle. Depuis des années, le Parti paysan défend un protectionnisme forcené. Il a ainsi réussi à inscrire dans le programme gouvernemental l'une de ses principales exigences : l'interdiction pendant 12 ans de l'acquisition de terres cultivables par des étrangers, ce qui pourrait être préjudiciable à l'image de la Croatie dans l'UE. En outre, le Parti souhaite ardemment imposer le respect de la Zone de protection et de pêche en Adriatique, entrée en vigueur le 1er janvier. La perspective de négociations rapides et sans problèmes en vue de l'adhésion à l'UE s'est considérablement assombrie." (14.01.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Le quotidien lisboète commente la nomination de Slobodan Uzelac au poste de vice-Premier ministre. Membre du Parti indépendant democratique serbe (SDSS), il est le premier serbe à intégrer un gouvernement croate depuis la guerre. "Cela révèle une volonté de réconciliation entre les deux communautés, impensable il y a encore peu de temps. Rappelons les faits: entre 1991 et 1995, la minorité serbe (12% de la population) avait proclamé sa propre république, allant jusqu'à occuper un tiers du territoire. A l'heure de la défaite, 280 000 Serbes ont fui en Serbie et en Bosnie. Seuls 130 000 d'entre eux sont revenus. Le retour des réfugiés et la restitution de leurs biens est, précisément, une des principales conditions imposées à Zagreb pour rejoindre l'UE. L'entrée d'Uzelac dans le gouvernement doit être analysée dans ce contexte. C'est certes une condition [de l'UE], mais, parallèlement, cela représente un désir : celui de panser les blessures de guerres sanglantes entre des communautés qui ont voulu se séparer par la force et qui, maintenant, ont pour principale ambition de se retrouver à nouveau ensemble, à l'ombre d'une UE protectrice." (13.01.2008)

RÉFLEXIONS

Libération - France

Geert Lovink et les dérives du Web 2.0

Dans un entretien réalisé par Marie Lechner, le Néerlandais Geert Lovink, théoricien des médias et critique d'Internet, met en garde contre certains disfonctionnements du Web 2.0. "La quantité de données privées qu'une compagnie comme Google collecte sur nous est sans précédent. (...) Internet est un domaine numérique public dans lequel nos données sont stockées. Elles ne devraient être ni la propriété des Etats, ni celles des entreprises. Ce n'est pas si utopique que ça en a l'air. Ceci aurait pu déjà être mis en oeuvre par des organismes internationaux comme l'Unesco. Malheureusement, ces organisations ont perdu le contact avec la société et sont devenues des bureaucraties désuètes, comme nous l'avons constaté lors du sommet mondial de la société de l'information [SMSI], en 2003 et 2005. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une alternative européenne, forte et ouverte, à Google, une structure de savoir décentralisée, à la manière de Wikipédia, qui oeuvre pour le bien public." (12.01.2008)

Cyprus Mail - Chypre

Katherine McElroy croit en une identité européenne commune

La journaliste Katherine McElroy réagit à un article publié par le quotidien chypriote le 23 décembre dans lequel son confrère Stefanos Evripidou s'étonnait de la soudaine vague europhile dans le pays. "En résumé, il affirme que le concept d'identité partagée est une blague. (...) Cette forme de 'géographie imaginaire', nous dit-il, peut être utilisée comme un instrument de pouvoir pour contrôler et subordonner les membres de cet espace tout en dictant le comportement de ceux qui se trouvent en dehors de cet espace imaginaire. Et bien, toutes les nations contrôlent l'espace, même si elles ne subordonnent pas leurs sujets. Et toute frontière affecte ceux qui se trouvent des deux côtés. (...) Mais l'Europe (ou n'importe où ailleurs) n'est pas sans identité, sans géographie, sans histoire. Ce n'est pas une sorte de grande pagaille. Loin d'être un espace dépourvu de sens, il est reconnu par la plupart des Européens. Et c'est sur les questions qui empiètent sur leurs propres identités individuelles qu'ils ont des points de vue différents. Les questions plus importantes ne semblent pas entrer en jeu." (13.01.2008)

POLITIQUE

El País - Espagne

Le gouvernement espagnol fait face à une offensive cléricale

Certains représentants de l'Eglise espagnole critiquent durement le gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero à cause de ses décisions en matière d'éducation ou de droits civils (mariage homosexuel,...). Pour le chroniqueur José María Ridao, leur stratégie consiste à se présenter en victimes pour tenter de regagner du poids sur la scène politique. "C'est pour cela qu'ils ont soudainement décidé de décrire la situation en Espagne comme un champ de bataille onirique sur lequel le gouvernement mène une guerre contre la vie et la famille au moyen de lois qui, pourtant, sont promulguées depuis plusieurs décennies. Si cette croisade n'avait pas été lancée auparavant contre des gouvernements dont ils se sentaient plus proches, c'est parce que la vie et la famille sont un alibi pouvant leur permettre d'obtenir ce qui compte vraiment pour eux : que le pouvoir politique soit de nouveau au service de la foi." (14.01.2008)

Der Standard - Autriche

La montée de l'extrémisme à Graz

Alors que des élections municipales auront lieu à Graz le 20 janvier, Susanne Winter, candidate du FPÖ [Parti libéral d'Autriche, extrême-droite], a déclenché une polémique en déclarant ce week-end que le prophète Mahomet serait, en vertu des critères actuels, un "délinquant sexuel abuseur d'enfants" et un "commandant en chef" qui a écrit le Coran tout en souffrant de "crises d'épilepsie". Walter Müller déplore que les sociaux-démocrates et les conservateurs n'aient pas d'argument à lui opposer. "Graz avait pourtant suffisamment de temps. Le conseil municipal n'est pas sans ignorer que, depuis des années, des sociétés parallèles se développent dans les quartiers ouvriers de Gries ou de Lend, et même dans les écoles. Graz n'est pas une ville d'une taille démesurée. Depuis longtemps, elle aurait pu devenir un laboratoire autrichien montrant que l'intégration n'est pas une utopie. (...) Nous sommes passés à côté de l'opportunité de créer un modèle de développement urbain. (...) Désormais, dans cette ville négligée par le SPÖ [Parti social-démocrate] et l'ÖVP [Parti populaire, conservateur], le BZÖ [Alliance pour l'avenir de l'Autriche] et le FPÖ se bagarrent pour récupérer les voix, en s'appuyant sur des slogans toujours plus radicaux et en favorisant la division de la société. Face à cet incendie politique, l'ÖVP et le SPÖ restent impuissants. Dans ce domaine, leur politique locale n'a pas eu les résultats escomptés. Désormais, ils en sont réduits à faire part de leur indignation." (14.01.2008)

Turun sanomat - Finlande

La Finlande assume la présidence de l'OSCE

La Finlande a entamé le 1er janvier un mandat d'un an à la tête de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Le quotidien finlandais estime que les relations avec la Russie vont occuper une place majeure. "La Finlande et l'Organisation seront particulièrement attentives à l'élection présidentielle russe en mars. Car à l'occasion des élections de la Douma [le 2 décembre], il lui avait été impossible d'envoyer comme prévu les observateurs sur place. (...) Entre-temps, la Finlande a indiqué que les observateurs pourraient rester plus longtemps pendant l'élection présidentielle. Selon les principes fondamentaux de l'OSCE, cela n'est pas une nouveauté, mais une évidence. En outre, pendant sa présidence, la Finlande devra aborder le problème du Kosovo et la question de l'Ossétie du Sud qui appartient à la Géorgie. Dans ces deux régions, Moscou ne manquera pas défendre ses intérêts." (14.01.2008)

La Repubblica - Italie

La tentation traditionaliste du Pape

Le pape Benoît XVI a célébré la messe le 13 janvier en tournant le dos aux fidèles présents, un rite ancien qui n'avait plus été observé depuis des décennies. Marco Politi, spécialiste du Vatican, s'inquiète de ce retour à la tradition. "Trois ans après son élection, le pape a réalisé son rêve historique : célébrer la messe en étant tourné vers l'autel, en montrant son dos aux fidèles, tel le berger qui guide le troupeau vers le Christ. Le lieu est symbolique : la chapelle Sixtine, là où Benoît XVI a été élu. C'est de là que le pape allemand envoie le signal de sa contre-réforme. Il s'agit certes seulement d'un geste. Mais l'histoire de l'Eglise est faite de gestes, de signes, de symboles. Et quand Joseph Ratzinger a levé solennellement l'hostie vers le crucifix situé au dessus de l'antique autel de marbre (...), tout le monde a compris. Le pontife ne déviera pas de la route qu'il a choisie pour revoir l'application de [la réforme liturgique] Vatican II". (14.01.2008)

MÉDIAS

Die Welt - Allemagne

Wikia Search, une alternative à Google

Hendrik Werner livre une analyse critique de Wikia Search, le moteur de recherche lancé la semaine dernière par Jimmy Wales, qui souhaite ainsi concurrencer Google. "A l'instar de l'encyclopédie en ligne Wikipédia, Jimmy Wales compte sur le fait que les utilisateurs de Wikia Search, sur la base de leur engagement et de leur soif de connaissances, fourniront des évaluations positives et négatives afin d'influer sur la hiérarchisation des résultats. Cette évaluation cache les intérêts particuliers des utilisateurs qui, selon leurs affinités, classeront certaines pages comme étant les meilleures du monde pour leur attribuer l'une des premières places de l'index. (...) Ce projet fondé sur des formules toutes faites est néanmoins suspect : avec Wikia Search, Jimmy Wales ne veut pas renoncer aux intérêts commerciaux dans ce cas-là - contrairement à ce qu'il fait avec la célèbre encyclopédie Wikipédia, dont il ne veut pas faire une vache à lait. Mais il ne pourra sans doute plus l'éviter très longtemps. Le concurrent de Google espère que son moteur sera à moyen terme financé par la publicité." (14.01.2008)

CULTURE

Le Soir - Belgique

Des trésors culturels qui divisent

Le chroniqueur Pol Mathil revient sur la menace d'annulation qui a pesé sur l'exposition de chefs d'oeuvres issus de la collection nationale russe, 'From Russia', qui s'ouvre le 26 janvier à la Royal Academy of Arts de Londres. La Russie a beaucoup hésité à envoyer des tableaux en raison de demandes de saisie de la part des descendants des familles spoliées lors de la révolution de 1917. "L'affaire dépasse le cadre de ladite exposition. La culture devient un élément important, et parfois très controversé, élément des relations internationales. (...) Des litiges, souvent entre voisins, autour de trésors culturels, attendent toujours des solutions politiques, juridiques - les plus difficiles à obtenir, des solutions historiques. (...) Du fait de l'existence de ces 'derniers prisonniers de guerre', chaque partie, pour justifier ses revendications, a crée sa propre 'vérité - et politique - historique'." (14.01.2008)

Svenska Dagbladet - Suède

Les musées suédois en perte de vitesse

Depuis 2007, les visiteurs des musées suédois doivent repayer leur billet d'entrée. Per Gudmundson indique que le nombre de visiteurs a enregistré une baisse considérable l'année dernière, alors que, dans le même temps, les expositions ont connu un vrai renouveau dans le Vasastan, un quartier de Stockholm. "Ceux qui s'inquiètent du sort du Musée moderne à cause de la baisse de sa fréquentation, ne remarquent pas que de nombreuses activités artistiques se déroulent dans les zones commerciales. Dans le Vasastan, les acteurs de ce renouveau se stimulent mutuellement, à tel point qu'il serait bien difficile d'évoquer une quelconque mise en danger de l'art." (13.01.2008)

New Statesman - Royaume-Uni

Hans Teeuwen est-il l'héritier de Theo van Gogh ?

"Après le meurtre de son ami et collaborateur Theo van Gogh, le comique Hans Teeuwen a hérité du titre de défenseur en chef de la liberté d'expression", écrit Brian Logan, qui dresse le portrait de cet artiste bientôt sur scène au Soho Theatre de Londres. "Depuis le meurtre de van Gogh [le 2 novembre 2004], l'humoriste préféré des Néerlandais n'a plus joué dans son pays. Et il n'a pas l'intention de le faire. Il nie le fait que ce soit lié à l'assassinat et affirme simplement être à la recherche de nouveaux défis - comme lancer sa carrière anglophone. (...) Teeuwen proteste contre la tentative des élites puissantes au sein de l'islam de faire taire leurs détracteurs. Pour lui, la liberté d'expression est non négociable et une responsabilité autant qu'un devoir. Ce qui rend d'autant plus surprenant le fait que, dans son spectacle, il garde ses opinions pour lui-même. 'Ce n'est pas mon type d'humour', dit-il. (...) J'aimerais pourtant voir Teeuwen faire des étincelles en combinant son humour absurde et sa vision politique." (10.01.2008)

Gazeta Wyborcza - Pologne

L'antisémitisme au coeur des débats polonais

Le livre 'Fear : Anti-semitism in Poland After Auschwitz' ('La peur : l'antisémitisme en Pologne après Auschwitz') de l'historien américain Jan Tomasz Gross, qui traite de l'antisémitisme polonais pendant l'après-guerre, suscite des débats passionnés en Pologne. Selon Marek Beylin, "on peut trouver de nombreux reproches à cet ouvrage : en décrivant les pogroms de l'après-guerre contre les Juifs (...), il néglige les sentiments opposés dans le but d'une généralisation efficace. L'Eglise serait responsable de l'atmosphère antisémite en Pologne, ignorant ainsi son autre visage, lorsque de nombreux prêtres et religieuses ont sauvé des Juifs pendant l'occupation. Le livre ne ferait pas suffisamment la distinction entre l'antisémitisme nazi et polonais, ce dernier étant meurtrier dans des circonstances particulières et sous l'influence nazie. (...) Toutefois, les faiblesses du livre sont secondaires. (...) Sans ses thèses affûtées et son esprit de confrontation, cet ouvrage n'aurait pas suscité un tel débat." (12.01.2008)

COULEURS LOCALES

Trouw - Pays-Bas

Comment désengorger les routes néerlandaises ?

La province de Hollande-Septentrionale veut lancer un service de bus gratuits entre Amsterdam et Huizen pour tenter de désengorger le réseau autoroutier. Le quotidien doute de l'efficacité d'une telle mesure. "Il s'agit de savoir si cette situation doit déboucher sur l'offre de services gratuits. Si quelqu'un veut aller d'un point A vers un point B, il est logique qu'il paye pour cela. De bons transports en commun doivent exister dans l'intérêt général et peuvent être financés par les impôts. Mais cela ne signifie pas que chaque utilisation doit automatiquement venir s'ajouter à la facture des contribuables. C'est pour cela que le voyageur doit être amené à payer lui-même un prix raisonnable. Au lieu d'offrir des transports gratuits en autobus, il serait préférable d'opter pour l'introduction d'un péage. La facture serait ainsi, à juste titre, assumée par ceux qui utilisent l'infrastructure bondée." (14.01.2008)

Romania Libera - Roumanie

Bucarest en proie à un enfer blanc

Ces derniers jours, la neige est tombée en abondance sur Bucarest. La capitale roumaine est désormais le théâtre d'embouteillages monstrueux car la municipalité ne déblaie pas les rues. Mircea Kivu analyse la situation : "Nous aurions dû comprendre immédiatement que la ville, qui nous offre certes un panorama enchanteur, doit fonctionner même lorsqu'elle est enneigée. Ce n'est pourtant pas le cas. Les avions restent cloués au sol et personne ne déblaie la neige. Cynique, le maire a même expliqué qu'il était impossible de dégager les rues car personne ne se sentait responsable. En outre, personne ne sait quoi en faire. Impuissants, les habitants sont les victimes du conflit interminable entre les administrations. Il ne leur reste que leur pelle." (14.01.2008)

 

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