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28.08.2008

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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.01.2008

 

À LA UNE

Nokia délocalise vers l'Europe de l'Est

Nokia délocalise vers l'Europe de l'Est

 

Le fabricant finlandais de téléphones portables Nokia a annoncé la fermeture de son site à Bochum en Allemagne, ce qui devrait entraîner la suppression de 2300 emplois. L'activité sera délocalisée en Roumanie et en Hongrie. Cette décision est vivement critiquée car le groupe avait touché 88 millions d'euros de subventions pour s'implanter dans cette ville.

Extraits des publications suivantes:
Neue Zürcher Zeitung - Suisse, die tageszeitung - Allemagne, Hufvudstadsbladet - Finlande

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Peter Rasonyi critique envers les déclarations du président de la Rhénanie du Nord-Westphalie, où est situé la ville de Bochum, Jürgen Rüttgers, qui a qualifié Nokia de "pompe à subventions". "Les décisions stratégiques portant sur les sites de production ne relèvent que de l'entreprise. Les responsables politiques peuvent attirer les entreprises en proposant des conditions aussi favorables que possible, que ce soit pour les impôts, les infrastructures, la réglementation et la formation. Les entreprises ont tout à fait le droit de choisir un autre site. Cela est même nécessaire à une économie performante et compétitive. (...) Cette affaire vient plutôt prouver l'absurdité des subventions de l'Etat. Si le site ne présente pas des conditions structurelles optimales dans un environnement concurrentiel, son déclin est inévitable. On pourra uniquement en retarder l'échéance. La mise en place de nouvelles structures va ainsi se trouver bloquée, ce qui au final sera préjudiciable aux salariés qui se retrouveront dans la rue." (18.01.2008)

die tageszeitung - Allemagne

Même si la délocalisation [du site de Nokia] de Bochum vers Cluj, en Roumanie, peut être pénible pour les salariés touchés, Daniela Weingärtner estime que l'Europe n'est pas responsable de cette délocalisation. "L'UE doit-elle renoncer à son objectif d'harmonisation du niveau de vie de tous les Etats membres ? Si c'était le cas, les salaires et les conditions de travail demeureraient misérables en Roumanie. Cela serait fâcheux pour toute l'UE, pas seulement d'un point de vue moral, mais également social. En effet, dans un marché interne, les entreprises sont toujours attirées par les pays qui pratiquent les salaires les plus bas et où les coûts annexes sont les plus faibles. Il est de l'intérêt des syndicats et politiciens allemands que l'Europe de l'Est nous rattrape le plus rapidement possible, même si l'Europe doit l'y aider. Il est évident que les délocalisations ne doivent pas être subventionnées. Les directives sur le financement excluent d'ailleurs un tel cas de figure." (17.01.2008)

Hufvudstadsbladet - Finlande

Selon Björn Sundell, la fermeture du site de Bochum aura des conséquences sur l'ensemble du groupe Nokia. "Compte tenu de l'atmosphère qui règne au sein des grands groupes internationaux, de telles décisions s'avèrent problématiques. Lorsque des unités rentables mettent la clé sous la porte, même les usines entièrement automatisées, comme qui s'apprête à fermer, et que la conjoncture est très favorable, les salariés se demandent si le travail dur est encore récompensé; si, au final, tous ces efforts servent à quelque chose. Indépendamment de la question des salaires, les groupes doivent réfléchir sérieusement avant de prendre de telles mesures. L'insécurité ne renforce pas la motivation sur les autres sites et la crainte n'accentue pas la loyauté, car personne ne sait quelle sera la prochaine usine sur la liste des délocalisations." (18.01.2008)

RÉFLEXIONS

Le Nouvel Observateur - France

Pour Abdelwahab Meddeb, le Coran est une création humaine

Interrogé par Gilles Anquetil, l'écrivain et poète franco-tunisien Abdelwahab Meddeb estime que "le retour à la thèse des mutazilites, ces théologiens rationalistes du IXe siècle, est précieux. N'avaient-ils pas défendu la thèse du 'Coran créé' contre celle des littéralistes qui prônent le Coran 'incréé' ? Qu'est-ce que le 'Coran créé' sinon la croyance en une parole inspirée par Dieu traduite dans une langue et un langage humains ? Cette médiation humaine implique la nécessité de situer le texte dans le contexte de son émission et de le ramener au temps de sa révélation qui est anthropologiquement dépassé. Le sens s'en trouve alors relativisé. Ce qui s'est fait autour de la Bible à partir de la fin du XVIIe siècle est en train de se produire pour le Coran. Et nombreux sont les chercheurs musulmans ou d'origine musulmane qui y participent. Notre rôle est de faire parvenir les résultats de ces recherches au plus grand nombre." (17.01.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Johan Schloemann dénonce l'intolérance du Pape

Le journaliste Johan Schloemann a lu le discours que le pape Benoît XVI devait prononcer jeudi 17 novembre à l'université de Sapienza à Rome, mais l'événement a été annulé face aux protestations de plusieurs universitaires. "L'astuce rhétorique du Pape consiste à utiliser le concept de vérité avec des formules telles que 'le courage de la vérité' en opposition aux interrogations scientifiques de l'époque moderne et de la société libérale, sans faire aucune différenciation. Il agit sciemment, comme si la 'vérité', dans le sens d'une révélation, et la 'vérité' dans le sens de la raison critique exposée aux falsifications, désignaient des concepts identiques. Sur le plan conceptuel, le Pape se montre impertinent. (...) Son discours a été annulé face à 'l'intolérance' [des universitaires], mais il contient en lui-même cette intolérance, cachée dans le concept de vérité. Ce n'est pas un réflexe uniquement chrétien. Chaque religion majeure doit affirmer sa nature fondée sur une vérité 'intolérante'." (18.01.2008)

POLITIQUE

El País - Espagne

ETA, un obstacle à l'autodétermination du Pays basque

La gauche nationaliste basque réclame régulièrement la tenue d'un référendum sur l'autodétermination au Pays basque. Pour Cesáreo Aguilera, professeur espagnol de sciences politiques, "tant que l'organisation séparatiste basque ETA existera, une consultation de ce type sera impossible. Un référendum demande que l'organisation soit d'abord démantelée et qu'un laps de temps suffisamment long s'écoule pour que toutes les opinions démocratiques osent ensuite s'exprimer publiquement. Pour les partisans de l'Espagne unie, un ETA 'de basse intensité' est un moindre mal, car tant que le groupe armé reste actif, il est impossible d'entamer une négociation sur l'autodétermination. Il est intéressant de constater que l'électorat de la gauche nationaliste ne se rend pas compte que la persistance d'ETA fournit aux opposants du référendum leur meilleur argument pour ne pas débattre démocratiquement du principe d'autodétermination." (18.01.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

L'affaire du British Council, un échec de la diplomatie

Le British Council a fermé ses centres culturels de St-Petersbourg et d'Iekaterinbourg le 17 janvier après que les services secrets russes aient interrogé et intimidé à de multiples reprises leurs employés. "Si quelqu'un cherche un exemple de la faillite des moyens de diplomatie conventionnelle entre les deux pays, le voici", écrit Simon Jenkins. "Le British Council doit être un poste d'avant-garde pour notre diplomatie dans les pays avec lesquels nous entretenons des relations tendues et avoir suffisamment de personnel. Les activités politiques, de sécurité et de commerce devraient être secondaires. A l'ère du 'soft power' [privilégiant les méthodes non coercitives], les démocraties occidentales devraient chercher à propager leurs valeurs de liberté d'expression par des échanges d'idées et de gens plutôt que par une rhétorique diplomatique belliqueuse de guerre contre le terrorisme. Cela requière une diplomatie d'échanges culturels et humains." (18.01.2008)

Le Monde - France

Nicolas Sarkozy, téméraire sur l'Europe

Le 8 janvier, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il souhaitait doter l'Europe d'une politique de l'immigration, de la défense, de l'énergie et de l'environnement pendant la présidence française de l'UE, au second semestre 2008. Le chroniqueur en affaires européennes Thomas Ferenczi reste sceptique. "Il faut une certaine dose d'outrecuidance pour oser imaginer que six mois de présidence française permettront de doter l'Union des politiques communes qu'elle tente laborieusement de mettre en place depuis de nombreuses années. (...) L'Etat qui exerce la présidence n'a pas tous les pouvoirs. Sa marge de manœuvre est limitée à la fois par l'état d'avancement des dossiers qu'il veut mettre sur la table et par les positions des autres Etats. (...) Les meilleures présidences, explique un haut fonctionnaire de la Commission, sont celles qui se gardent des effets d'annonce. Ce n'est pas tout à fait le style de M. Sarkozy." (18.01.2008)

Evenimentul Zilei - Roumanie

La Roumanie minée par la corruption

Le poste du ministre roumain de la Justice est toujours vacant depuis plus d'un mois. L'écrivain Mircea Cartarescu demande le rappel de l'ancienne ministre Monica Macovei et appelle à lutter contre la corruption : "La société roumaine demande avec véhémence la fin du spectacle et le début de l'équité. Elle souhaite que le pays commence enfin à lutter contre la corruption. Mais, sans une justice déterminée et forte, nous allons continuer à nourrir ce système ignoble (...). Cela fait des années que le système repose principalement sur une alliance composée de l'ancienne nomenklatura et de la Securitate [l'ancienne police secrète]. La plupart des membres de l'alliance appartiennent au Parti de la Grande Roumanie (PRM), au Parti conservateur, au Parti social-démocrate (PSD) et aux nouveaux oligarques libéraux. Ils se sont enrichis de manière douteuse. Les 322 députés qui dominent et paralysent le Parlement sont l'incarnation même de la corruption." (18.01.2008)

ÉCONOMIE

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Avoir des dents saines, un privilège de riches au Royaume-Uni

"Au Royaume-Uni, vous pouvez vous empiffrer de barres chocolatées, boire 20 pintes de bière chaque soir, vous injecter de l'héroïne, fumez 60 cigarettes par jour ou décider de changer de sexe, et le système de santé public sera obligé de vous traiter. (...) Mais si vous avez de mauvaises dents, laissez tomber", écrit Alice Thomson. "Il est maintenant impossible pour beaucoup de gens de trouver un dentiste agrée par le service public, et s'ils y arrivent, ils peuvent encore avoir à payer 80 % de la note. (...) Mais il y a de plus en plus une fracture dentaire au Royaume-Uni et ceux qui n'ont pas l'argent pour se payer un dentiste voient l'état de leur dent se dégrader. Avec de mauvaises dents, vous avez moins de chance d'avoir un bon travail ou une relation amoureuse. (...) Des dents saines pour tous étaient auparavant un signe de la modernité de notre société. Maintenant à cause de nos régimes alimentaires de pays parmi les plus riches et des soins dentaires dignes du tiers monde, nous avons des dents du XIXe siècle. Le Royaume-Uni doit prendre les dents au sérieux ou nous aurons bientôt des dents de bois." (18.01.2008)

POLITIQUE

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

L'année européenne du dialogue interculturel commence mal

Pour l'éditorialiste Thierry Labro, "le choix, comme premier invité du Parlement européen, du Grand mufti de Syrie, Ahmad Bader Hassoun, n'est pas de bon augure pour l'Année européenne du dialogue interculturel (AEDI). Pour plusieurs raisons qui ont valu à Hans-Gert Pöttering, le président du PE, quelques critiques. Dotée de dix millions d'euros, l'AEDI doit s'adresser aux Européens. Et même si le discours très modéré [prononcé le 15 janvier] du Grand mufti sur l'unicité de la civilisation, (...) a été très applaudi, sa venue à Strasbourg n'a permis en rien d'en savoir davantage sur sa communauté, il n'est en rien une personnalité de référence pour les jeunes à qui cette AEDI s'adresse en priorité. Non, sa venue est évidemment politique à un moment où de nombreuses discussions achoppent sur les interférences syriennes, comme le règlement de la situation au Liban ou encore le nucléaire iranien." (18.01.2008)

CULTURE

Revista 22 - Roumanie

Le théâtre roumain en perte de vitesse

Le réalisateur roumain Andrei Serban, qui a mis en scène de nombreuses pièces en Europe de l'Ouest et aux Etats-Unis, estime que le théâtre roumain est loin d'amorcer un vrai renouveau. "Lorsqu'on observe ce qui se passe dans le cinéma, notamment la renaissance du cinéma roumain initiée par la jeune génération qui s'exprime sur plusieurs thèmes forts et difficiles, on remarque que le théâtre stagne. Au début du siècle, il n'avait pas encore trouvé sa place. En proie au doute, les metteurs en scène redoutent désormais que le cinéma puisse les surpasser. Nous essayons de copier les films et d'appliquer les méthodes du cinéma au théâtre. (...) Cependant, cette tentative de modernisation appuyée par les technologies multimédia affaiblit l'art théâtral." (18.01.2008)

COULEURS LOCALES

Neatkarīgā Rīta Avīze - Lettonie

Des files d'attente devant les écoles lettones

Cette année, au moment de l'inscription pour la nouvelle année scolaire, de longues files d'attente se sont formées devant les écoles lettones, notamment celles qui sont très recherchées. Juris Paiders y voit un signe favorable. "Ce ne sont plus les pots-de-vin qui conditionnent l'inscription dans une école, mais les files d'attente. Si nous voulons une société sans corruption, les personnes qui acceptent les pots-de-vin doivent être arrêtées, même si cela doit entraîner des problèmes, comme les files d'attente. Faire la queue n'est pas absurde. C'est un signe qui montre le recul de la corruption. Si on voulait résoudre le problème des files d'attente, il faudrait revenir à l'ancien système, dans lequel l'accueil des enfants dans les meilleures écoles dépendait du 'témoignage de gratitude' des parents." (17.01.2008)

Le Temps - Suisse

Le chocolat Toblerone a cent ans

"En Suisse et dans le reste du monde, on célèbre cette année le centenaire du célèbre 'schoggi' bernois à la forme triangulaire caractéristique", se réjouit Benjamin Luis à propos du centenaire du chocolat Toblerone. "Personne ne sait précisément pourquoi une forme triangulaire lui a été donnée. (...) Un tas de rumeurs circulent à ce sujet. Autour de 1900, [le créateur de ce chocolat] Theodor Tobler, le coquin, se rend souvent à Paris pour affaires. Un soir, aux Folies Bergère, au moment du final, la révélation: une pyramide de danseuses. Ce n'est que bien plus tard, devant l'évidence marketing, que le mont Cervin apparaît sur les publicités de Toblerone. (...) Au fil des ans, le Toblerone y devient si populaire qu'il finit en tête des ventes devant l'alcool et le tabac. Pourquoi ? 'Demandez à un touriste chinois quel souvenir il ramènera chez lui, il répondra Toblerone', explique Edith Zweifel, porte-parole de Suisse Tourisme." (18.01.2008)

Postimees - Estonie

Un cochon de bronze qui fait des jaloux

La ville de Tartu attire l'attention depuis qu'un cochon en bronze, la nouvelle statue du sculpteur estonien Mati Karmin, a été placée devant le marché couvert. Selon Raimu Hanson, "Tartu est incontestablement la capitale estonienne de la sculpture. Tallinn, Pärnu, Narva ou d'autres villes arborent-elles un cochon en bronze devant leur marché couvert ? Non. (...) Le cochon a l'air si malicieux que l'on pourrait y voir une légère raillerie quant au fait de savoir si Tallin est vraiment la ville la plus intelligente du monde. Cette statue n'est-elle pas un signe lorsqu'une ville estonienne démantèle ses statues [comme celle du Soldat de bronze] alors que d'autres villes les remplacent ?" (18.01.2008)

 

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