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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 23.01.2008

 

À LA UNE

Le gouvernement italien joue sa survie

Le gouvernement italien joue sa survie

 

La défection cette semaine d'un petit parti menace la coalition au pouvoir. Le chef du gouvernement Romano Prodi se soumet ce mercredi 23 janvier à un vote de confiance des députés et répétera cet exercice jeudi au Sénat. Peut-il encore compter sur un soutien suffisant pour poursuivre son action ?

Extraits des publications suivantes:
Financial Times - Royaume-Uni, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, La Stampa - Italie

Financial Times - Royaume-Uni

"La dernière chose dont l'Italie a besoin est d'une nouvelle élection", note le quotidien. "Le pays est miné par un système électoral bancal qui peut produire un nouveau kaléidoscope de partis politiques batailleurs. Le pays a besoin de réformes en urgence, pour que les innombrables partis se fondent dans de grands ensembles politiques pouvant produire un gouvernement et une opposition plus cohérents. La Chambre des députés actuelle est constituée de 39 partis différents, et la coalition de M. Prodi contenait neuf d'entre eux jusqu'à la dernière démission. En dépit de ce cauchemar arithmétique, le gouvernement a étonnamment eu de bons résultats au cours des 20 derniers mois. L'évasion fiscale a été nettement réduite, et le déficit budgétaire de 4,4 % de produit intérieur brut laissé par le gouvernement de centre-droit de Silvio Berlusconi est tombé à environ 2 %." (23.01.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Stefan Ulrich se demande comment UDEUR, le parti ultraminoritaire du ministre démissionnaire de la Justice Clemente Mastella, a pu acquérir autant de pouvoir. "Il est devenu ministre car le Premier ministre Romano Prodi avait besoin de son parti pour former une majorité. Cette contrainte a été fatale : lorsque le parquet a lancé une enquête contre Clemente Mastella pour une affaire de corruption, l'ex-ministre a traités les juges 'd'extrémistes' lancés dans une 'chasse à l'homme'. (...) Mais cette affaire ne concerne pas uniquement la procédure pénale contre l'ancien ministre. En effet, ce dernier redoute la réforme du système électoral prévu pour ce printemps, qui sonnerait la fin des petits partis et préfère l'ancien système de vote, tout comme le chef de l'opposition Silvio Berlusconi, qui a montré pendant cinq ans son incapacité à bien diriger le pays. Toutefois, ces jours-ci, les Italiens accorderaient la victoire à Silvio Berlusconi, non pas pour marquer leur adhésion à sa politique, mais pour manifester leur inquiétude envers l'orientation de Romano Prodi vers la gauche." (23.01.2008)

La Stampa - Italie

Lucia Annunziata revient sur la crise politique italienne où Romano Prodi joue son va-tout. "A ceux qui s'émerveillent de l'obstination, de la force avec laquelle Prodi se bat pour sauver sa législature, nous leur suggérons de se remémorer l'une des batailles les plus décisives de la Deuxième Guerre mondiale. En ce moment, le Premier ministre prépare son Stalingrad. Encerclé et en infériorité numérique, il gagnera s'il réussit à enfermer l'ennemi dans une poche (...). Je m'excuse auprès des lecteurs d'avoir évoqué l'énormité de Stalingrad pour parler d'un modeste évènement italien, mais l'excès permet de bien expliquer l'esprit du chef du gouvernement, et la particularité de cette crise qui n'a de gouvernementale que le nom. Le véritable enjeu n'est pas tant aujourd'hui la survie de l'exécutif mais celui du problème du leadership dans le pays. La crise n'est pas née de la confrontation entre gauche et droite, il s'agit plutôt du fruit empoisonné de la lutte interne qui agite les deux coalitions." (23.01.2008)

RÉFLEXIONS

Der Standard - Autriche

Christoph Prantner craint le retour de la religion dans la politique

Le journaliste autrichien Christoph Prantner redoute une "nouvelle théologisation de la politique" en Europe. "Il semble que nous assistons à une 'reconquista' politique. En Espagne, en France et en Italie, le catholicisme politique retrouve de la vigueur. (...) Mais pourquoi le retour offensif de cette politique religieuse s'amorce-t-il précisément maintenant ? Cette résurgence s'inscrit dans le débat sur l'islam de ces dernières années. Quiconque souhaite argumenter contre les terroristes islamistes utilise, de manière inconsidérée, des valeurs morales fondées sur le christianisme, comme l'a fait le président Nicolas Sarkozy dans ses dernières allocutions. (...) Mais ce type de discours n'est pas sans danger. Si la politique devient une question de foi, comme chez les islamistes, la marge de manoeuvre des politiques se trouve considérablement réduite. La foi n'est tout simplement pas négociable. Certes, cela ne devrait pas poser de problème aux gens qui analysent la politique en termes de terrorisme. Mais, l'Eglise catholique européenne, ancrée dans la tradition rationaliste, devrait y réfléchir." (23.01.2008)

La Vanguardia - Espagne

Luis Racionero et l'hégémonie de la culture de masse

L'essayiste espagnol Luis Racionero revient sur la polémique déclenchée par le magazine américain Time qui a consacré sa une en novembre 2007 à la mort de la culture française. "L'hégémonie est désormais américaine car le siècle des Lumières a perdu toute son influence, qui ne pouvait peser que dans une société pré-industrielle et non mondialisée. Aujourd'hui, seule la culture de masse existe et elle provient des Etats-Unis. (...) La haute culture s'est évaporée, elle s'est retrouvée noyée à cause de l'élitisme stérile des avant-gardistes et, tout comme les élites bourgeoises qui ont entretenu cette forme de culture, elle a perdu de sa densité dans le monde contemporain. Dans une société de masse, la culture de masse est logiquement prédominante. (...) Il n'y a pas de raison de se réjouir de cela, mais c'est ainsi. Et les Européens, à commencer par les Français, ne sont pas capables de l'améliorer et se contentent de la consommer." (21.01.2008)

POLITIQUE

I Kathimerini - Grèce

Une étape historique dans les relations gréco-turques

Le Premier ministre grec Costas Caramanlis effectue une visite officielle en Turquie ce 23 janvier. Depuis 1959, aucun Premier ministre grec ne s'était rendu en Turquie. Nikos Konstandaras considère que "la visite est un jalon dans la relation complexe entre la Grèce et son voisin le plus grand et le plus important. Malheureusement, des deux côtés, personne ne semble attendre quoi que ce soit de bon de la visite. (...) Théoriquement, la Grèce, la Turquie et Chypre devraient être capable de promouvoir un compromis sur la question de Chypre qui serait acceptable en termes de coûts politiques, au moment où les trois gouvernements sont en début de mandat et qu'aucune élection ne les attend immédiatement. (...) Depuis de nombreuses années, malheureusement, les relations entre les deux pays ont été prises en otage par des souvenirs qui sont plus forts que le besoin de coopération et de coexistence. Le statu quo, surtout depuis l'invasion de Chypre par la Turquie en 1974, exerce une pression continuelle. (...) Tant que la question de Chypre ne sera pas réglée, nous serons sans doute condamnés à vivre ainsi." (21.01.2008)

Respekt - République tchèque

L'OTAN doit soutenir le projet de bouclier antimissile

En République tchèque, les opposants à l'installation d'une station radar, dans le cadre du bouclier antimissile américain, se font de plus en plus nombreux. Le gouvernement tchèque a des difficultés à rallier une majorité autour de ce projet. Erik Tabery estime qu'il serait donc judicieux que l'OTAN se prononce en faveur de la construction de la station. "Pendant le sommet de l'OTAN de Bucarest, en avril, le Premier ministre Mirek Topolanek souhaite recevoir publiquement le soutien de l'alliance. Cependant, même les diplomates tchèques admettent que le sommet serait déjà un succès si l'alliance déclarait qu'elle réfléchit au projet. L'alliance ne doit pas abandonner les Tchèques. Dans le cas contraire, le radar et les missiles seraient construits en Pologne et l'OTAN serait encore plus tenue à l'écart. Varsovie tient à avoir de très bonnes relations avec les Etats-Unis et se soucie beaucoup moins de l'avis des autres pays." (23.01.2008)

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Le désespoir des opposants britanniques au Traité de Lisbonne

Simon Heffer, un virulent opposant à la construction européenne, déplore la façon dont le Parlement britannique conduit actuellement le débat sur la ratification du Traité de Lisbonne. "Ceci, vous vous souvenez, est le traité que notre grand dirigeant [Gordon Brown] avait trop honte de signer en compagnie de tous les autres : il a préféré se faufiler en douce quand tout le monde était parti déjeuner, comme un sous-fifre quémande en douce une assiette de restes. (...) Nous pouvons parier que le gouvernement sera attaqué au moment de la ratification. Certains des députés qui le soutiennent - mais pas autant qu'on aurait pu espérer- se prononceront même contre. Certains des partis d'opposition essaieront d'accroître la gêne du gouvernement en rejoignant les rangs des rebelles pour tenter d'empêcher une ratification. Si cela ne marche pas - et il est peu probable que la manoeuvre fonctionne, à ce stade -, alors au final, ce truc abominable sera inscrit dans la loi." (23.01.2008)

Dagens Nyheter - Suède

La Suède impuissante face aux criminels ?

Le centre de Göteborg avait, le 22 janvier, des allures de champ de bataille. Après un hold-up nocturne dans le plus grand bureau de poste de la ville, les malfaiteurs ont incendié des voitures et placé des paquets suspects, pouvant être des bombes, devant deux commissariats de police. La création d'un 'FBI suédois', une force d'intervention nationale, recueille un soutien grandissant. Le journal appuie cette proposition. "La police de Göteborg a évoqué une attaque sans précédent contre la société. Elle a raison. La préparation du hold-up révèle l'étendue des ressources de ces criminels en matière de stratégie, d'équipements et de personnel. (...) La réponse des politiciens n'a pas été vraiment convaincante. (...) Beatrice Ask, ministre de la Justice, a souligné l'importance de la coopération entre les autorités policières, les services fiscaux et le parquet. Certes, elle a raison, mais est-ce suffisant face à une telle situation, pendant laquelle le centre de la deuxième ville suédoise a été aux mains des criminels, même si cela n'a été que de manière temporaire ?" (23.01.2008)

ÉCONOMIE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Gazprom s'implante en Serbie

La Serbie a décidé de vendre l'entreprise publique NIS (industrie pétrolière de Serbie) au groupe russe Gazprom. Selon Thomas Fuster, cette transaction, qui manque de transparence, montre que la Serbie n'a pas réussi le 'test de maturité' de sa politique de privatisation. "On peut mettre en doute le fait que les considérations économiques aient été décisives pour la transaction. Au contraire, la vente de ce monopole d'Etat doit être interprétée comme la reconnaissance de Belgrade pour le soutien russe dans le conflit du Kosovo, d'autant plus que [le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica] n'a jamais caché sa sympathie pour la Russie. (...) Une fois encore, les candidats européens intéressés par cet achat, tels que le groupe autrichien OMV, et l'UE, qui avait demandé, en vain à laerbie d'évaluer les offres selon des critères objectifs, en sont pour leurs frais." (23.01.2008)

Alternatives économiques - France

Comment libérer la croissance française ?

La 'Commission pour la libération de la croissance française', présidée par l'économiste et essayiste français Jacques Attali, présente ce 23 janvier un rapport visant à moderniser l'économie française. "On y trouve rassemblées l'ensemble des réformes sur lesquelles s'accordent en privé les élites modernisatrices françaises depuis des décennies sans jamais oser les mettre en oeuvre", explique Philippe Frémeaux. "En clair : en finir avec tous les corporatismes, monopoles et autres règlementations (...). Mais est-il bien raisonnable de proposer une liste de 300 propositions propre à faire descendre dans la rue, sinon la totalité, du moins une large partie des Français, sans fournir le moindre mode d'emploi. (...) Le président Nicolas Sarkozy, lors de l'installation de la commission, s'était publiquement engagé à appliquer intégralement ses recommandations. Il doit commencer à le regretter." (21.01.2008)

CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

La quête historique du théâtre polonais

En Pologne, les pièces relatant l'histoire des villes du pays sont la nouvelle tendance de la scène théâtrale. Joanna Derkaczew estime néanmoins que ces pièces ne sont pas originales et n'apportent pas de nouvelle approche de l'histoire polonaise. "Une partie de ces pièces ratées de second ordre est née du succès de 'Transfer !' de Jan Klatas, un projet très apprécié relatant les souvenirs des Allemands et des Polonais expulsés et déplacés. Qui ne souhaiterait pas avoir le même succès ? Mais d'autres productions ont été créées en raison de la véritable mode qui sévit ces dernières années, et qui consiste à s'intéresser à tout ce qui relève de la 'nation'. En effet, de tels projets reçoivent facilement des subventions. (...) En Pologne, la phrase 'Nous nous souvenons' trouve un écho particulier, mais elle continue de résonner : 'Nous nous souvenons de ce qui est facile et approximatif'." (21.01.2008)

COULEURS LOCALES

Le Soir - Belgique

L'armée autrichienne recrute deux imams

"Une petite révolution est en cours dans la très catholique Autriche : à compter du mois de mars, deux imams seront nommés par l'armée autrichienne pour veiller sur ses jeunes recrues musulmanes", rapporte Maurin Picard, correspondant du quotidien à Vienne. "L'idée était dans l'air depuis 2006, mais de virulents débats internes ont demandé deux ans d'efforts pour mettre en place cette mesure controversée [annoncée dimanche 13 janvier]. (...) Avec plus de 1000 soldats de confession musulmane, soit 3,5 % du personnel militaire, l'islam constitue désormais la seconde religion au sein de l'institution, devant le protestantisme. (...) Contrairement aux idées reçues, véhiculées par l'extrême droite autrichienne, ce n'est pas la première fois que l'islam entre dans l'armée autrichienne. Avant l'effondrement de l'empire austro-hongrois en 1918, des unités entières composées de soldats venus de la province de Bosnie, annexée après une courte guerre, pouvaient déjà exercer librement leurs pratiques religieuses." (23.01.2008)

Postimees - Estonie

L'hymne estonien, une source de discorde

L'hymne national estonien 'Mu isamaa, mu õnn ja rõõm' (Ma patrie, mon bonheur et ma joie) est une source de discorde. Il a été composé en 1848 par l'Allemand Friedrich Pacius, qui a vécu ensuite en Finlande. Le chant est devenu l'hymne national en 1920, lorsque l'Estonie a acquis son indépendance. Toutefois, l'hymne finlandais possède la même mélodie. L'organisme regroupant les choeurs estoniens a donc demandé un nouvel hymne national. Alo Lohmus est indigné. "Je ne comprends pas pourquoi cet hymne devient subitement la cible des critiques pour des raisons esthétiques. Allez-vous également échanger votre grand-mère si son visage est trop ridé ? Cette question concerne les politiciens, les musiciens et les jeunes poètes qui souhaitent un nouvel hymne pour la cérémonie au cours de laquelle le drapeau est hissé sur le Toompea Loss [siège du Parlement]. (...) Un hymne ne sert pas à danser. C'est la tradition qui lui donne sa valeur." (23.01.2008)

 

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