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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 13.03.2008

 

À LA UNE

Les visas américains sèment la discorde dans l'UE

Les visas américains sèment la discorde dans l'UE

 

Après la République tchèque le mois dernier, la Lettonie et l'Estonie ont conclu le 12 mars des accords d'exemption de visas avec les Etats-Unis en vertu desquels leurs ressortissants devraient pouvoir entrer librement sur le territoire américain. Cette démarche va ouvertement à l'encontre de la Commission européenne qui négocie depuis des années avec les Etats-Unis un accord global applicable à tous les Etats membres.

Extraits des publications suivantes:
Diena - Lettonie, Postimees - Estonie, Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Diena - Lettonie

Aivars Ozolins voit dans l'accord [d'exemption des visas] un pas dans la bonne direction. "Au sommet de Bruxelles [des 13 et 14 mars], le ministre des Affaires étrangères [letton] Maris Riekstins et le Premier ministre [letton] Ivars Godmanis se verront reprocher leur non-respect des règles européennes. La Commission européenne a critiqué les accords bilatéraux de certains pays européens avec les Etats-Unis sur l'exemption des visas. En février, la République tchèque a signé un mémorandum similaire et la Hongrie et la Slovaquie vont bientôt faire de même. L'UE souhaite plutôt trouver une solution commune aux 27 Etats membres, et apparemment, il est encore trop tôt pour nous autres Européens de l'Est. Mais tous les 'anciens membres', à l'exception de la Grèce, bénéficient déjà de ce privilège. D'un point de vue moral,il est fâcheux de priver les 'nouveaux' de visas, en attendant que Bruxelles trouve une solution." (13.03.2008)

Postimees - Estonie

Erkki Bahovski rappelle que, au sein de l'UE, seuls le Danemark et la Grande-Bretagne ont d'abord permis aux Estoniens d'entrer sur leur territoire sans visa. La Finlande, puis d'autres Etats leur ont finalement emboîté le pas. "Désormais, l'UE souhaite que l'Estonie et les autres pays négociant l'exemption des visas avec les Etats-Unis passent par Bruxelles. Et c'est là que se trouve un paradoxe. L'Estonie a toujours approuvé une approche commune en matière de politique extérieure et de sécurité, notamment dans le cadre des relations avec la Russie. En outre, l'Estonie a toujours critiqué les accords bilatéraux avec la Russie. Et maintenant, nous faisons exactement la même chose : nous négocions bilatéralement avec les Etats-Unis." (13.03.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"Si la République tchèque, l'Estonie et la Lettonie négocient, comme c'est le cas actuellement, des accords bilatéraux pour permettre une entrée sur le territoire américain sans visa, c'est fâcheux, mais pas dramatique", relève Martin Winter. "Ces négociations affaiblissent la position de l'UE qui demande des négociations menées au nom de tous, et donc en position de force. Mais s'il s'agit d'un cas isolé, ce n'est pas catastrophique. Cependant, cette affaire n'est qu'un maillon d'une chaîne d'événements qui alimentent le doute : on peut se demander si les pays d'Europe de l'Est qui ont rejoint les rangs de l'UE il y a quatre ans se sont véritablement intégrés. (...) La tentation de faire cavalier seul avec les Etats-Unis et la Russie semble grande, mais l'attrait d'une force commune [européenne] devrait être encore plus fort. Rien ne prouve qu'un seul Etat européen peut accomplir plus de choses qu'une UE qui fait bloc." (13.03.2008)

RÉFLEXIONS

Der Tagesspiegel - Allemagne

Heinz Bude et l'égalité des chances

"L'époque à laquelle nous pouvions partir d'un centre-ville qui s'élargit et qui intègre sans cesse de nouvelles personnes est révolue. A l'avenir, notre société va devenir plus inégale et de plus en plus de personnes perdront le contact", explique le sociologue allemand Heinz Bude dans un entretien avec Angelika Brauer. "Dans certaines situations, les opportunités s'accumulent. Dans d'autres, ce sont les risques. Les personnes auront de moins en moins la possibilité de contrôler leur vie par elles-mêmes. (...) Le point central est le suivant : il dépend de chacun que notre société ne délaisse personne. Le message du néolibéralisme est : 'Beaucoup n'ont pas eu de chance. Ils sont inutiles et on ne peut rien y faire.' Nous devons examiner la société dans son ensemble et réfléchir aux raisons pour lesquelles les gens en sortent et comment il sera possible de réintégrer les 'exclus'." (12.03.2008)

Libération - France

Giancarlo de Cataldo narre le goût des Italiens pour l'urgence

L'écrivain italien Giancarlo de Cataldo estime que ses compatriotes ne réagissent qu'en situation d'urgence face à des problèmes complexes, comme l'immigration, les incendies ou le traitement des déchets. "On désigne comme une 'urgence' notre incapacité à gérer les tensions ordinaires d'une grande démocratie occidentale. (...) Mais celui qui imagine que l'Italie est l'otage d'une caste de politiciens et de journalistes asservis qui suffoqueraient l'élan vital d'un peuple honnête et généreux ainsi que la prétendue société civile se trompe. Les Italiens réagissent mal aux appels à la mesure et au bon sens. Les Italiens adorent raisonner avec leurs tripes. Et un reportage à sensation ou une harangue démagogique d'un populiste au lexique incertain font beaucoup plus d'effets sur les tripes qu'une discussion argumentée. Le goût pour l'urgence vient d'en bas, les élites ne font que s'adapter." (13.03.2008)

POLITIQUE

ABC - Espagne

L'Union pour la Méditerranée, un projet mort-né

Le président français Nicolas Sarkozy présentera ce 13 mars son projet controversé d'Union lors du Sommet européen de printemps. Au terme d'un bras de fer diplomatique, la chancelière allemande Angela Merkel est parvenue à ce que les 27 membres de l'UE y soient associés. Du coup, le quotidien juge qu'il s'agit "d'un projet mort-né. Ces dix dernières années, le processus de Barcelone, censé favoriser ce qu'on appelle le 'dialogue méditerranéen', n'a jamais dépassé le stade des bonnes intentions et des photographies politiquement correctes. (...) Sarkozy voulait créer une structure dans laquelle les pays riverains auraient pu profiter de l'influence européenne en évitant la pesanteur des pays septentrionaux. Il était naturellement impossible d'accepter une telle prétention car elle aurait ouvert une brèche institutionnelle au sein de l'UE (...)." (13.03.2008)

Público - Portugal

L'Europe reste un nain politique

Luís Menezes Leitão aimerait voir lors des prochaines élections européennes le même intérêt que celui que suscitent actuellement les élections américaines. "Il y a un contraste flagrant entre la vitalité de la démocratie américaine et la manière dont les plus importantes décisions sont prises en Europe, dans le dos des citoyens, à l'image de la ratification du Traité de Lisbonne. (…) Nous avons déjà en Europe un Etat fédéral mais le processus démocratique du choix des gouvernants démontre le profond éloignement entre les citoyens et les institutions communautaires. Bien que le Parlement européen soit élu au suffrage universel, son élection tend à être vue comme un scrutin interne. (…) Ce qui devrait être décisif dans le débat démocratique, à savoir quels sont les candidats des divers partis européens à la présidence de la Commission européenne, et quelles sont leurs propositions sur l'Europe, est totalement ignoré. L'Europe ne peut pas continuer à être un géant économique et un nain politique". (13.03.2008)

Corriere della Sera - Italie

Les politiques italiens doivent s'atteler à la lutte contre la mafia

Le journaliste et écrivain Roberto Saviano, auteur de l'explosive enquête 'Gomorra' sur la mafia, intervient dans le débat électoral des législatives italiennes en dénonçant les silences des différents partis qui l'ont courtisé. "La lutte contre la mafia est la grande absente de cette campagne électorale, à gauche comme à droite. Il faut que la gauche reconnaisse qu'elle n'a pas toujours été très rigoureuse pour conjurer les affaires liées à la mafia (...). L'intelligence de la gauche a, depuis toujours, été de prétendre que la mafia concernait exclusivement le camp d'en face. Le complexe de supériorité appliqué au crime organisé ! Se croire exempte des infiltrations, penser que c'est seulement et toujours le problème des autres (...)." (13.03.2008)

Le Soir - Belgique

Discrimination linguistique en Belgique

Les Nations Unies et la Commission européenne ont épinglé la Flandre pour 'discrimination' linguistique. Dans plusieurs rapports publiés cette semaine, elles s'inquiètent de l'adoption par le gouvernement flamand du 'wooncode', un code du logement qui restreint l'accès des logements sociaux aux locataires parlant le néerlandais et à ceux qui s'engagent à l'apprendre. Pour Martine Vandemeulebroucke, "l'existence de discriminations linguistiques et l'émergence d'un racisme entre les deux communautés du pays sont un tabou. Pourtant elles existent. La longue crise (...) a radicalisé les opinions publiques. Le Mrax [Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie], plus habitué à devoir défendre les sans-papiers ou les minorités marocaine et turque, commence à recevoir des plaintes pour racisme entre Flamands et francophones. (...) Mais cela peut être aussi des Flamands qui, dans certains hôpitaux, ont intérêt à être bons bilingues. Est-on dans le domaine de la discrimination raciale ? On n'en est sans doute plus très loin." (13.03.2008)

Le Figaro - France

Le dernier "poilu" français est mort

L'écrivain Marc Dugain rend hommage au dernier combattant français survivant de la Première guerre mondiale, Lazare Ponticelli, décédé le 12 mars à l'âge de 110 ans. "L'homme qui vient de nous quitter, Lazare Ponticelli, appartenait à une immense famille en voie d'extinction, celle des combattants survivants de la guerre de 14-18. (...) Désormais, la mémoire d'une des plus grandes boucheries de l'histoire de l'humanité n'appartiendra plus à un homme, mais à l'humanité tout entière. Par son dernier soupir, Ponticelli vient de nous la léguer. (...) Avec la disparition de cet homme modeste, ce n'est pas une relique qui disparaît, mais notre lien biologique avec un drame qui occupe une part importante de notre inconscient collectif. Il a pesé lourd, ce drame. Vingt ans plus tard, nos démocraties traumatisées ont laissé le champ libre à une autre forme de monstruosité. Quand le dernier survivant de la Shoah disparaîtra, peut-être en aurons-nous terminé avec ce siècle sans gloire qui nous a couvert de honte." (13.03.2008)

L'Hebdo - Suisse

La Suisse a-t-elle raison de refuser les déchets de Naples ?

L'éditorialiste Chantal Tauxe déplore amèrement le refus des autorités genevoises de traiter une partie des déchets de la ville de Naples. "Qu'ils finissent par se désintégrer dans nos usines ou pas, les déchets napolitains nous ont méchamment éclaboussés. On découvre une nouvelle sorte de protecteurs de l'environnement, les écolos nationalistes, Verts attitrés ou écologistes de pacotille électorale, qui ne veulent pas voir les ordures de Campanie brûlées ici, même si cela assurerait temporairement la rentabilité de nos usines surdimensionnées. Pour le dire crûment : que les Italiens gardent leur merde ! Sur une planète écologique et parfaite, que ces nouveaux ayatollahs de la bien-pensance verte brandissent en référence, il est certain que les ordures doivent être éliminées à proximité de leur lieu de production. (...) [Mais] face aux dérèglements climatiques et à la pollution, il faut être solidaires, se prêter assistance." (13.03.2008)

ÉCONOMIE

Delo - Slovénie

Quelle est la réussite de la stratégie européenne de Lisbonne ?

Le bilan du premier cycle de la "stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi" indique une croissance économique plus forte et un recul du chômage dans l'UE. La Confédération européenne des syndicats (CES) dresse, quant à elle, un bilan moins élogieux et appelle à une grande manifestation européenne le 5 avril à Ljubljana autour de la question des hausses de salaires. Bozo Masanovic analyse ce bilan. "Ces deux dernières années, l'UE a crée 6,5 millions d'emplois. Le taux de chômage (7,3 %) est à son plus bas niveau depuis 25 ans et le taux d'occupation se rapproche de l'objectif de 70 % de la stratégie de Lisbonne. (...) Cependant, selon la CES, presque un cinquième des salariés de l'UE ont vu leur temps de travail diminuer et, depuis 1997, on compte 10 millions d'intérimaires supplémentaires. Quasiment 31 millions de salariés touchent un salaire misérable et 17 millions vivent sous le seuil de pauvreté." (13.03.2008)

MÉDIAS

Sme - Slovaquie

Le Premier ministre slovaque sanctionne les médias critiques

Le Premier ministre slovaque Robert Fico a décidé de porter un nouveau coup aux médias nationaux qui critiquent l'action de son gouvernement. Les deux plus grands journaux, 'Pravda' et 'Sme', devraient ainsi être exclus de la campagne de communication gouvernementale sur l'introduction de l'euro. Lukas Fila trouve cette décision absurde. "Il est faux de penser que l'on s'oppose au gouvernement simplement parce qu'on le critique et que l'on remet en question certaines de ses mesures. Etre contre la coalition actuelle ne signifie pas un rejet de l'euro. (...) Nous devons tous accepter l'euro. Les fonds publics permettent de nous informer sur la monnaie européenne. Si le Premier ministre utilise ces fonds pour sanctionner ou récompenser les médias en fonction de leur appréciation de ses objectifs politiques personnels, nous nous trouvons face à une pratique condamnable." (13.03.2008)

CULTURE

Hospodářské noviny - République tchèque

Les théâtres de Prague face à l'économie de marché

La municipalité pragoise a décidé de ne plus accorder de soutien financier aux théâtres publics de la ville, ce qui suscite une vague de protestations chez les metteurs en scène. Jiri Leschtina commente cette décision. "Les théâtres ont des subventions dont la répartition est décidée par les politiciens. Ils sont un vestige de l'époque socialiste. Le projet de la municipalité marque une nouvelle étape, de même que celui consistant à mettre en place une commission d'experts qui décide à quels projets théâtraux reviendront les subventions. Ces dernières seront néanmoins attribuées automatiquement aux pièces qui accueillent de nombreux spectateurs, en raison du nombre élevé de touristes, par exemple. Tout le système de financement se trouve modifié. Ne devrait-il pas soutenir les théâtres incapables de survivre seuls et ne dégageant pas de bénéfices ?" (13.03.2008)

COULEURS LOCALES

Dilema Veche - Roumanie

De quel espace a besoin un détenu roumain ?

Andrei Manolescu décrit les conditions de vie des prisonniers roumains. "Certes, depuis quelques années, les prisons ne sont plus aussi surchargées, mais elles restent bien en dessous des normes européennes. Ainsi, chaque détenu devrait disposer d'un volume de huit mètres cubes. Dans les prisons roumaines, ce chiffre ne s'élève en réalité qu'à six mètres cubes et encore, sur le papier. (...) La situation actuelle, bien que mauvaise, est aujourd'hui bien meilleure que celle du passé. Il y a dix ans, un lit devait accueillir deux détenus au maximum et non trois, comme cela se produisait souvent. Aujourd'hui, chaque prisonnier a son propre lit, car le taux d'occupation des prisons est de 70 %. Le ministère de la Justice reconnaît officieusement que de nombreux malfaiteurs roumains ont émigré dans d'autres pays de l'UE." (13.03.2008)

The Times - Royaume-Uni

Robert Crampton ne veut pas être un Européen parmi d'autres

De retour au Royaume-Uni après un séjour à l'étranger, le journaliste Robert Crampton a été frustré de découvrir qu'il n'y avait pas de file réservée aux citoyens britanniques. Ils se retrouvent mélangés aux détenteurs de passeports européens. "Pourquoi est-ce important ? Parce que je rentrais chez moi. (...) Je voulais aussi partager la sensation de rentrer sur mon sol national, même si ce sol est le fade tapis gris d'un couloir interminable d'Heathrow, et je n'ai pas pu. (...) Un amour de ce qui est familier et sûr représente une émotion inoffensive, bénigne, et pourtant puissante. Quand l'Etat cherche à redéfinir une telle émotion, à redessiner notre maison, à rattacher notre loyauté à une autre entité, le ressentiment s'ensuit. Une minorité d'Européens se sent peut-être autant à la maison à Barcelone qu'à Birmingham, à Munich qu'à Manchester, mais le déracinement de la classe internationale politique et économique ne devrait pas imposer une telle allégeance à tout le monde." (13.03.2008)

 

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