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Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 29.04.2008

 

À LA UNE

La Lituanie bloque l'accord entre l'UE et la Russie

La Lituanie bloque l'accord entre l'UE et la Russie

 

L'UE cherche depuis des années à conclure un nouvel accord de partenariat avec la Russie. Après la Pologne, c'est au tour de la Lituanie de s'y opposer. Elle reproche notamment à la Russie ne pas lui livrer les quantités de pétrole convenues.

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Postimees - Estonie

Le Figaro - France

"Les relations avec le grand voisin russe bégaient", constate Pierre Avril. "Durant deux ans, c'est la Pologne qui a bloqué l'ouverture de ces pourparlers sur un grand rapprochement continental, au motif que Moscou imposait un embargo sur ses produits agricoles. Et maintenant que Varsovie a accepté de lever son veto, c'est la Lituanie qui accuse, pêle-mêle, la Russie de bloquer ses livraisons de pétrole vers son unique raffinerie de Mazeiku, de déstabiliser le régime géorgien et de refuser d'enquêter sur la disparition, dans les années 1990 en Russie, de citoyens lituaniens. (...) Si certains États membres, comme les Pays-Bas, sont prêts à renforcer, noir sur blanc, les appels à une meilleure 'coopération' judiciaire de la part de Moscou, la majorité des Vingt-Sept refusent d'aller trop loin." (29.04.2008)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le journal ne se montre guère compréhensif envers le blocage du "projet de politique extérieure le plus important de l'Union européenne. On constate que 26 des 27 Etats membres de l'UE ont réussi à faire passer leur intérêt commun avant leurs réserves à l'égard de Moscou. Tout espoir n'est donc pas perdu. Il ne reste plus qu'à la Lituanie de débloquer la situation. Le fait que les autres membres de l'UE fassent pression sur Vilnius est une attitude sensée. Car même le gouvernement lituanien doit comprendre que sa politique de blocage actuelle lui permet peut-être de satisfaire des sentiments nationalistes, mais pas de résoudre son problème avec la Russie. Bien au contraire. Si la Lituanie s'isole sur la scène européenne, elle ne sera pas prise au sérieux en tant que partenaire de Moscou. En revanche, si la Lituanie, composante de la grande Union européenne, décide de s'asseoir à la table des négociations, elle peut être largement gagnante." (29.04.2008)

Postimees - Estonie

Erkki Bahovski, qui comprend le blocage de l'accord par les Lituaniens, analyse la situation. "L'oléoduc alimentant la raffinerie de Mazeikiai fait régulièrement l'objet de prétendus travaux de réparation. En outre, il ne faut pas oublier que le Kremlin tenait le même genre de discours lorsque les Polonais ont boycotté l'accord suite au blocage [par la Russie] des exportations de viande. De petits problèmes ne devraient certes pas empêcher la mise en place d'accords d'envergure. Personne ne devrait se laisser influencer par ses propres intérêts. Mais c'est cette fois Moscou qui énonce ses exigences : l'accord doit mentionner la protection de la minorité russe en Estonie et en Lettonie. Mais lorsqu'il s'agit d'être borné, de préserver ses intérêts et de saboter un traité, comment faut-il envisager la situation ?" (28.04.2008)

RÉFLEXIONS

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Pour Peter Wagner, les intérêts particuliers menacent la démocratie

Selon le sociologue allemand Peter Wagner, qui enseigne à Trente, Silvio Berlusconi a remporté les dernières élections législatives italiennes car, sous son mandat, de nombreux électeurs espéraient pouvoir reprendre des activités illégales sans être inquiétés. "Parmi les électeurs qui ont voté pour le nouveau gouvernement, nombreux sont ceux qui savent qu'ils commettent des actes que les principes républicains réprouvent. (...) Les élections ont mis les Italiens face à un choix : développer leur communauté au nom de l'autodétermination ou mener rapidement à sa perte tout sentiment d'unité et faire disparaître progressivement les réglementations collectives en faveur de la 'liberté' des groupes et des personnes, au détriment des autres. (...) C'est précisément dans les démocraties riches et relativement expérimentées que la poursuite impitoyable des intérêts particuliers, qui peuvent déboucher sur une majorité aux élections, ont entraîné une perte de substance de la démocratie. Les conséquences seront peut-être visibles moins rapidement que celles d'un régime ennemi de la liberté mais elles sont tout aussi graves." (29.04.2008)

Cyprus Mail - Chypre

Peter Singer à la recherche d'un progrès moral

Dans un texte diffusé par le site Project Syndicate, Peter Singer, professeur de bioéthique à l'université dd Princeton, se demande si, au vu des atrocités qui se sont succédé ces dernières décennies, il est possible d'affirmer que l'humanité progresse sur le plan moral. "La question ne se limite pas aux cas extrêmes d'effondrements moraux. (...) En réaction aux crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, la Déclaration universelle des droits de l'homme cherchait à établir le principe que chacun possède les mêmes droits de base, sans considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion ou de tout autre statut. Par conséquent, il est peut-être possible d'évaluer le progrès moral en nous demandant quels résultats nous avons obtenus dans la lutte contre le racisme et le sexisme. (...) Des récents sondages effectués par WorldPublicOpinion.org éclairent, quoique de façon indirecte, cette question. (...) Il semble probable que ces opinions reflètent de véritables changements, et qu'elles représentent des signes de progrès moral vers un monde dans lequel les gens ne se voient pas refuser leurs droits sous des prétextes de race, d'ethnie ou de sexe." (29.04.2008)

POLITIQUE

La Repubblica - Italie

Rome passe à droite

Quelques semaines après la victoire de Silvio Berlusconi aux élections législatives, le candidat de la droite Gianni Alemanno a remporté le 28 avril la mairie de Rome face à Francesco Rutelli (Parti démocrate, centre-gauche). Ezio Mauro note que toute l'Italie a ainsi basculé à droite. "Il ne manquait plus que Rome. (...). Rome est une citadelle historique de la gauche, qui a gouverné la ville sans interruption depuis quinze ans (...). La plus grande ville italienne était entre les mains de 'la gauche des maires', moderne et expérimentale, capable de conjuguer bonne administration et nouveaux langages culturels. Tout cela a explosé hier (...). Le résultat est clair : le nord est à la Ligue, le sud à Raffaele Lombardo [président de la région de Sicile, autonomiste proche de Berlusconi], Rome est à l'Alliance nationale et l'Italie à Berlusconi". (29.04.2008)

Die Presse - Autriche

Une nouvelle affaire de séquestration bouleverse l'Autriche

A Amstetten, en Basse-Autriche, un homme âgé de 73 ans a séquestré sa fille pendant 24 ans dans le sous-sol de sa maison. Il a reconnu être le père des sept enfants que sa fille a mis au monde. Michael Fleichhacker critique le comportement des médias, tout en indiquant que la police a usé de sensationnalisme, à force de conférences de presse en direct et de photos du lieu du crime. "Oui, des affaires comme celles-ci suscitent un grand intérêt du public, à cause de leur monstruosité, de leur ignominie et de l'intérêt scientifique de telles situations encore inconnues. La rhétorique du désarroi qui, avec maladresse, souhaite mettre en lumière une défaillance fondamentale de la société et trouver tous les coupables possibles - de l'institutrice du père jusqu'au chef de service du bureau local d'aide sociale - est vaine. Nous nous trouvons simplement face à un crime singulier. Il nous fascine et nous ne devons pas avoir honte, tant que nous respectons quelques règles de décence pour les victimes." (29.04.2008)

Trouw - Pays-Bas

L'UE débat d'un accord de rapprochement avec la Serbie

Des tractations se déroulent actuellement à Luxembourg pour convaincre les Belges et les Néerlandais de signer un accord de rapprochement avec la Serbie, afin de soutenir les forces pro-européennes dans ce pays avant les législatives serbes du 11 mai. Les universitaires Mient Jan Faber et Sonja Licht critiquent la position de La Haye qui demande l'arrestation préalable du criminel de guerre Ratko Mladic. "Nous avons l'impression que les Pays-Bas appliquent une politique de deux poids deux mesures. Ainsi, tous les pays, y compris les Pays-Bas, ont bien signé le même type d'accord avec la Bosnie. Les Pays-Bas n'ont pas exigé l'extradition de Radovan Karadzic, l'autre principal suspect du génocide de Srebrenica, qui se cache en Bosnie. Pourquoi Mladic et pas Karadzic ? (...) Si les Pays-Bas continuent à prendre en otage l'UE et bloquent un accord de stabilisation et d'association, le camp de [Tomislav] Nikolic [nationaliste anti-européen] aura le vent en poupe." (28.04.2008)

Le Temps - Suisse

Berne et Berlin analysent leurs différends

A l'occasion de la visite en Suisse de la chancelière allemande Angela Merkel le 29 avril, l'éditorialiste François Modoux analyse les relations entre les deux pays. "Les contentieux se multiplient et la bonne volonté pour les résoudre fait défaut. Le climat n'a cessé de se détériorer. (...) L'Allemagne de Merkel force le respect. Nouvelle puissance moyenne en Europe, forte de son marché de 80 millions de consommateurs, pièce centrale de l'Europe élargie, elle joue dans une tout autre ligue que la Suisse déterminée à ramer en solitaire hors de l'UE. (...) Pour Berlin qui prône l'approfondissement de l'intégration européenne, la Suisse est d'abord et surtout un facteur de nuisances. Son secret bancaire fait perdre de l'argent au fisc allemand; sa fiscalité douce en faveur des entreprises est vue comme une concurrence déloyale ; son protectionnisme entrave certains échanges. Une Suisse si petite, si efficace à protéger ses intérêts à l'écart de l'Union, si irritante !" (29.04.2008)

ÉCONOMIE

Sme - Slovaquie

La Slovaquie fera bientôt ses adieux à la couronne

Le 28 avril, la Commission européenne a émis un avis favorable sur l'évolution de l'inflation en Slovaquie. Le pays a ainsi franchi une étape majeure en vue de l'adoption de l'euro en 2009. Ivan Stulajter commente l'événement. "On peut affirmer avec une grande certitude que la Slovaquie réussira assez facilement sa transition vers cette nouvelle réalité monétaire. En effet, elle s'est montrée à la hauteur en 1993, lorsque s'est produite la dissolution de l'Union monétaire avec la République tchèque, en introduisant sa propre devise. En outre, depuis la mise en place de la monnaie européenne commune, nous avons pu tirer de nombreux enseignements. Enfin, il n'existe pas d'autre solution que de s'habituer aux nouveaux billets et aux nouvelles pièces. D'autres l'ont déjà fait. Si les Italiens ont pu dire adieu à la lire, pourquoi les Slovaques ne pourraient-ils pas faire de même avec leur couronne ?" (29.04.2008)

Diario Sur - Espagne

L'Espagne s'inquiète pour sa croissance

Dans ses prévisions publiques de printemps annoncées le 28 avril, la Commission européenne revoit légèrement à la baisse ses estimations en envisageant une croissance de 1,7 % pour l'eurozone en 2008. Le quotidien juge cette analyse "cohérente au vu de l'ampleur des turbulences financières actuelles et de leurs conséquences sur l'ensemble du système. Les autorités communautaires insistent sur la solidité des économies de l'UE et leur capacité à affronter ce ralentissement. (...) Il est cependant inquiétant de constater que l'Espagne devrait le plus en souffrir, en passant d'une croissance de 3,8 % en 2007 à 2,2 % en 2008 selon ces prévisions. (...) Notre économie est celle dans l'UE qui devrait connaître la plus importante hausse de chômage lors des deux prochaines années, ce qui devrait entraîner une hausse des dépenses sociales et une baisse de la consommation, ainsi qu'un niveau d'inflation supérieur à la moyenne communautaire." (29.04.2008)

Jurnalul National - Roumanie

Les banques roumaines sous contrôle étranger

Par rapport aux normes et critères européens, le secteur bancaire roumain est considéré comme le secteur économique le plus développé. Cette situation est due au fait que quasiment toutes les banques roumaines appartiennent à des entreprises financières d'Europe de l'Ouest. Ilie Serbanescu estime que cette main mise sur le secteur bancaire influence toute l'économie. "Le capital roumain, bon ou mauvais, a été mis de côté. Les banques étrangères ont apporté, via leur maison-mère, des capitaux à un coût modéré et peuvent proposer des taux d'intérêt bas pour les crédits. (...) Pourtant, lorsqu'on examine la politique monétaire et économique, le pays n'y trouve pas son compte. Il est impossible de parler d'une politique des taux d'intérêt. La banque nationale roumaine est devenue prisonnière des banques commerciales étrangères. Son influence est proche du néant." (29.04.2008)

MÉDIAS

Libération - France

Les quotidiens français en voie de disparition

"Le mandat de Nicolas Sarkozy risque de s'achever sur la disparition des quotidiens nationaux ou de la perte d'indépendance des rares titres qui survivront", s'inquiète le journaliste Emmanuel Schwartzenberg. "La crise de la presse n'est pas loin d'atteindre, en France, son paroxysme. Pas un quotidien n'a été épargné par un plan social. Aucun n'est parvenu à atteindre l'équilibre d'exploitation. (...) Depuis la dernière guerre, le gouvernement de François Fillon et tous ses prédécesseurs considèrent qu'une presse fragile et vulnérable permet de gouverner avec plus d'aisance car elle ne peut survivre sans l'appui des pouvoirs publics. L'histoire a toujours démontré le contraire. En accentuant la fracture qui sépare les gouvernants des gouvernés, la méconnaissance de la société, induite par l'absence d'une presse d'information, ferme la porte des réformes et entrouvre celle des révoltes. Comme l'a montré Mai 68." (29.04.2008)

The Guardian - Royaume-Uni

Google a besoin d'un rival sur le web

Steve Ballmer, patron de Microsoft, décidera cette semaine de poursuivre ou non son offensive sur Yahoo!, trois semaines après avoir fait une offre d'achat. "Internet est devenu une ressource universelle qui joue un rôle vital dans l'éducation - et les moteurs de recherche sont maintenant le moyen privilégié pour y accéder", écrit le quotidien. "Etant donné le niveau d'influence, il est évidemment malsain que trop de pouvoir potentiel soit laissé dans les mains d'un seul moteur de recherche. (...) L'offre hostile de Microsoft sur Yahoo a pour objectif de contrer le pouvoir de Google et elle offre une opportunité de réfléchir à l'importance de la recherche sur Internet et de se demander s'il le réseau doit être dominé par une seule compagnie (...) Si Google continue de se développer au même rythme, il ne lui faudra pas longtemps avant de contrôler 80% du marché de la recherche. La fusion en question concerne la façon dont les autres acteurs peuvent combattre la mainmise croissante de Google sur la recherche et sur l'Eldorado de la publicité qui va avec." (29.04.2008)

CULTURE

Respekt - République tchèque

Bruxelles récupère le dossier de la bibliothèque de Prague

Marek Svehla déplore que la municipalité de Prague cherche à gagner du temps dans le cadre du conflit sur le projet futuriste de nouvelle bibliothèque nationale conçu par le célèbre architecte tchèque Jan Kaplicky. Le maire de la ville, Pavel Bem, qui était d'abord enthousiaste, a fini par prendre ses distances. "La municipalité a d'abord passé la patate chaude au ministère de la Culture, puis aux autorités de la concurrence, pour finalement savoir si l'auteur d'un projet doit le réaliser lui-même. Les autorités de la concurrence se sont ensuite adressées à la Commission européenne. On pourrait croire qu'il s'agit d'une mauvaise blague : le parti [ODS, droite] qui se plaint constamment de la limitation des compétences nationales par Bruxelles demande à la Commission de décider de la construction d'un bâtiment à Prague." (29.04.2008)

 

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